Maïté Coiffure, de Marie-Aude Murail

Louis Feyrières est un collégien qui n’aime pas l’école. Comme tous les élèves de 3ème, il doit trouver un stage en entreprise. Il n’a aucune idée, et surtout aucune motivation. C’est sa grand-mère qui lui parle du salon Maïté Coiffure. Louis rencontre ceux qui vont être ses collègues le temps d’une semaine : Madame Maïté la patronne, Fifi le jeune coiffeur aux ciseaux virevoltants, Carla la belle blonde aux talons aiguilles, et Garance l’apprentie pas motivée. Et il découvre le parfum entêtant des laques, les clientes et leurs conversations, l’ambiance animée d’un salon qu’il ne voudra plus quitter. À partir de ce moment, une petite machine se met en marche dans sa tête, la fibre pour la coiffure vient de naître en lui.

Mais comment réaliser son rêve quand, à 14 ans, il faut retourner en cours et finir une scolarité qui ne l’intéresse pas ? Et surtout quand son père, qui est chirurgien, ne jure que par grandes études et carrière brillante… ?

L’histoire attachante d’un adolescent, comme Marie-Aude Murail sait si bien les dépeindre. De petits arrangements en gros mensonges, Louis nous entraîne dans ses tribulations, nous laissant impressionnés devant tant d’ingéniosité et de ténacité. Dans Maïté Coiffure, avec en toile de fond le thème des relations père-fils, on aborde l’orientation scolaire, des risques du décrochage à la véritable vocation professionnelle.

Des sujets qui peuvent parler à nombre de lecteurs au collège.

Mamie Ouate en Papoâsie de Joël Jouanneau et Marie-Claire Le Pavec

Une étoile pour Mamie Ouate

ouate.jpg

Kadouma, noir, grand et fort a longtemps pensé qu’il était seul sur Blupblup, sa minuscule île de Papoâsie. Et bien non ! Une vieille dame, blanche et toute petite, a débarqué avec en tête, de capturer le Virginia, un papillon femelle très rare, si rare qu’il en existe qu’un. Elle s’appelle Mamie Ouate et elle ment tout le temps et de manière naturelle. Elle plante son laboratoire ambulant sur l’île, bien déterminée à mener à bien sa mission ou pas. Elle est la seule à savoir que le Virginia s’est réfugié sur Blupblup, ou pas. Elle se dit entomologiste, experte en papillons ou pas. Quelle est la vérité ? Avec Mamie Ouate on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Mais il faudra bien que ces deux spécimens cohabitent. Comment Kadouma va s’accommoder de la présence de cette intruse ? D’autant plus que la nourriture vient à manquer et que l’île n’est plus approvisionnée…

Une rencontre improbable… Tout oppose nos protagonistes et pourtant leur différence va les rapprocher, cette différence sera leur force. Ils vont devoir s’entraider, car réunis sur une île déserte. Kadouma deviendra même le bras droit de Mamie Ouate. Une amitié, une complicité va petit à petit les unir.

L’accent est mis aussi sur le mensonge définit par mamie Ouate comme une vision du monde, une manière culturelle de manipuler les pensées. La vie est toute tracée mais un mensonge peut quelque fois aider à survivre, à sortir d’une situation délicate, utiliser le mensonge parce qu’on ne peut pas faire autrement. A nous ensuite d’écrire la suite…

Joêl Jouanneau s’amuse également des stéréotypes, à travers le personnage de Kadouma qui n’est pas l’image du sauvage, cannibale avec un os dans le nez que les gens civilisés avaient l’habitude de se représenter. Mamie Ouate et Kadouma sont touchants, plein de tendresse , inséparables ou pas…

C’est écrit sur ses lèvres, de Brigitte Aubonnet

Maman, laisse moi vivre…

sourd.jpg

C’est écrit sur ses lèvres est une belle rencontre. C’est l’histoire de Valériane et Ludo, deux adolescents de quinze ans, fous amoureux. Banale comme histoire ! Ah oui mais j’oubliais, ils sont sourds. Et alors ? Ils font avec et s’en sortent très bien. Mais pour la mère de Valériane, ce handicap est un obstacle au bonheur. C’est en grande partie la source des conflits qui opposent Valériane et sa mère. La jeune fille veut vivre, ne pas avoir de chaînes aux pieds, la surdité étant déjà un enfermement en soi. Les deux ados s’aiment, ils ne font qu’un. Leurs mères respectives, qui ne s’entendent pas, s’opposent à cette relation. Mais les adolescents plein de ressources n’ont pas dit leur dernier mot.

Etre parents n’est pas toujours chose facile. Il faut composer avec les caractères, gérer les conflits et malgré l’éducation qu’on essaie de transmettre à nos enfants, on n’est à l’abri de rien. Un dérapage, de mauvaises fréquentations et tout peut basculer … sans même parler de la période de l’adolescence !

Mais quand on est parents d’enfants à handicap, la vie est bouleversée, on se demande que sera leur avenir, leur place dans une société qui a du mal avec le «vivre ensemble», avec la différence. Alors on veut les protéger et parfois on dresse un mur tout autour d’eux en pensant que c’est mieux ainsi. C’est humain, car le regard des autres qui jugent une différence qu’ils ne connaissent pas, peut faire beaucoup de dégâts.

Le point commun à ces deux situations est qu’on veut toujours le meilleur pour nos enfants, on veut qu’ils réussissent, qu’ils se construisent, qu’ils soient heureux tout simplement. Mais faut-il pour autant les «enfermer» dans une bulle, les isoler pour mieux les protéger ?

A travers le regard de Valériane, le lecteur part à la découverte du monde des sourds. Détermination et combat sont les mots clefs de ce roman. Ce livre fort et émouvant nous parle de l’adolescence, de l’exclusion, des doutes, des relations humaines et de la vie. Souffrance et acceptation de soi cohabitent mais là encore, pour exister, il faut persévérer, ne pas lâcher prise. Une dure bataille pour pouvoir voler de ses propres ailes… Et puis il y a tous les autres, ceux qui jugent, qui regardent la personne à handicap avec mépris, qui la snobent. La différence naît dans le regard des autres, de ceux qui ne savent pas, qui ignorent toute la difficulté à être différent. Mais heureusement, il y a encore des gens qui font preuve d’empathie et de tolérance, qui acceptent que la personne à handicap puisse vivre, travailler. Le chemin vers l’égalité des droits et des chances est encore bien long…

Un hymne à la tolérance, à lire !

Qui ment ? de Karen McManus

Le meurtrier est dans la salle…

index     Dans un lycée américain, cinq adolescents se retrouvent ensemble en retenue, cinq adolescents populaires et déjà étiquetés par leurs camarades :  Bronwyn l’intello, Simon la commère, Nate le délinquant, Addy la jolie fille et Cooper le sportif. Etrangement, tous disent avoir été piégés et se retrouver là par erreur. Tous semblent aussi avoir un secret à cacher …

     De ces cinq protagonistes, seuls quatre sortiront vivants : une seule certitude pour les enquêteurs, le meutrier se trouvait dans la salle de colle !

_______________________________

     Un roman qu’on ne lâche pas tant le suspens est intense. Puisque les quatre suspects se relaient à la narration, on ne peut que les croire et on les pense forcément honnêtes : c’est un très bon moyen de tenir le lecteur en haleine.

     L’intrigue est très bien ficelée et le quotidien de ces adolescents est très proche de nous : leurs secrets pourraient-être les nôtres. Ce roman est également un bon moyen de réfléchir à des thèmes d’actualité : le harcèlement, les dangers des réseaux sociaux, la souffrance que peuvent apporter les secrets …

A lire absolument, dès la 4e pour les bons lecteurs.

Bruits de couloir, de Roger Judenne

Rumeur

couloir.jpg

Tristan, élève de quatrième au collège Anne Frank, est le fils du professeur de gym. Tout se passe bien, le jeune garçon a des copains, une vie familiale sereine et un père passionné par ce qu’il fait, bien considéré au sein de l’établissement par ses collègues et par les élèves. Paul est son meilleur ami. Mais une rumeur va parcourir les couloirs du lycée. Tristan se sent mal à l’aise. Les regards sont pesants. Quand il passe, les élèves chuchotent. Il ne comprend pas. Paul va lui apprendre que son père serait accusé d’agression sexuelle sur un élève. Tout bascule, la vie de Tristan et de ses parents va s’écrouler.

Bruits de couloir,  un roman qui va faire prendre conscience du danger d’une accusation. Un élève décide de se venger de son prof de gym mais le moyen qu’il emploie va détruire la vie de celui-ci. Comment la rumeur peut faire des ravages… Même si la vérité arrive à être rétablie, les accusations laissent des traces. Comment retrouver une crédibilité ? Le mensonge peut être lourd de conséquences. Un roman qui fait réfléchir…

Enregistrer

La remplaçante, de P.J. Petersen

Afficher l'image d'origine

Inversion

Raymond et Jacques sont les meilleurs amis. Le jour où leur maître est absent, ils décident de faire une farce à la remplaçante en se faisant passer l’un pour l’autre.
Oui mais voilà ! la remplaçante reste plusieurs jours !
Difficile de ne pas s’empêtrer dans une farce qui se transforme en mensonge et de se mettre dans la peau d’un autre.

Ce  livre est facile à lire. Malgré l’inversion des personnages, on ne perd pas l’identité de chacun.

Enregistrer

J’ai osé dire non !, de Roland Godel

Je dirai toute la vérité

Thomas se trouve pris au piège par les deux caïds de la classe qui J'ai osé dire non! par Godelvont le harceler. S’il dénonce ses deux ravisseurs, son intégrité risque d’être compromise.
Cette histoire montre de façon très claire comment un enfant peut se laisser abuser et être victime de harcèlement mais aussi la manière de s’en sortir.

Ce livre, facile à lire, est bien instructif sur un sujet qui touche beaucoup d’enfants. Le lire leur permettra sans doute de comprendre que parler reste le meilleur moyen de dédramatiser une situation  qui leur semble impossible à gérer et qui pourrait pourtant parfois sembler anodine d’un regard extérieur.
Les adultes ne sont pas là uniquement pour punir mais aussi pour protéger et aider les jeunes à grandir !

Enregistrer

Enregistrer