Baby-sitter blues, de Marie-Aude Murail

1er tome de la série des Émilien.

Baby-sitter blues - Poche - Marie-Aude Murail - Achat Livre | fnac

Émilien voudrait bien s’acheter un magnétoscope*, comme ses copains. Mais son argent de poche ne suffira pas. Son amie Martine-Marie a la solution : faire du baby-sitting ! Grâce à elle, Émilien se retrouve baby-sitter et se découvre un vrai don avec les enfants. Grâce à Ranflanflan le lapin et ses histoires incroyables, il devient la star des nounous pour Martin et Axel, des frères pour le moins turbulents. Pour s’occuper du petit Anthony, 6 mois, Émilien décide de se renseigner sur les bébés et le livre Comprendre et aimer son enfant n’a plus de secret pour lui ! Ainsi va la vie d’un adolescent qui découvre les responsabilités des adultes. Et puis changement de programme : Émilien entre en 3ème et il doit se concentrer davantage sur ses études. Il trouve un nouveau job : professeur particulier de français. Comme toujours, il prend ses fonctions très à cœur. C’est ainsi qu’un sujet de rédaction le mène tout droit dans le grenier d’Amandine. Amandine, c’est la cousine de Martine-Marie. Émilien ne devrait-il pas se méfier de cette fille vraiment bizarre ? Attention, ennuis en vue !

Baby-sitter blues est donc le premier volet des aventures d’Émilien. C’est ici qu’on fait la connaissance de cet adolescent à la répartie vive et piquante, de ceux que Marie-Aude Murail sait si bien façonner. L’histoire d’Émilien a la saveur des années 80* : une époque où les ados rêvaient de s’acheter un magnétoscope pour visionner des cassettes VHS, et l’argent de poche se comptait en francs… Mais on retrouve aussi des ingrédients intemporels : les réflexions du jeune garçon sur la vie, sur les adultes, ses relations avec sa mère, l’humour toujours très présent… tout ce qui fait de la lecture de ce roman un moment très agréable. Bonne nouvelle, on peut retrouver Émilien dans d’autres aventures, puisque ce n’est que le premier volet !

*On ne trouve le magnétoscope que dans les ouvrages antérieurs à la réédition de 2006, où Émilien fait peau neuve : parce qu’il faut vivre avec son temps, le magnétoscope devient un ordinateur et le franc passe à l’euro. Sans nul doute le lecteur de 2020 appréciera cette attention de l’autrice à son égard.

Le trésor de mon père, de Marie-Aude Murail

Sur les traces de mon père…

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Emilien est un jeune adolescent qui n’a jamais connu son père. Alors qu’il passe ses vacances chez un oncle, sa mère lui apprend le décès de son père. Celle-ci lui demande de revenir pour se rendre à l’enterrement. Emilien hurle, s’insurge, revendiquant le fait que son géniteur est un parfait inconnu … Pour quelle raison se rendrait-il à son enterrement ?

De mauvaise grâce, le jeune  garçon se rend à la cérémonie. Il va faire la connaissance de la famille de son père et, le même jour, apprend qu’il va hériter d’un trésor. Emilien est excité mais va très vite déchanter quand il va savoir qu’il lui faudra résoudre des énigmes pour arriver sur les lieux où repose l’héritage paternel !

Nous retrouvons Emilien avec toute sa spontanéité et son naturel. Beaucoup de fraîcheur pour une histoire qui traite du deuil et de la recherche de soi.

Rendez-vous avec M. X, Marie-Aude Murail

7ème et dernier tome de la série des Nils Hazard.

Nils, professeur d’étruscologie à l’université, reçoit un jour une étrange lettre : « Monsieur, suite au décès de votre fille A, nous vous informons que A’ est à votre disposition aux laboratoires Vorillon. M. X »
Est-ce une simple blague ? Qui est ce M. X ? Peut-il y avoir un lien avec la mise à sac de son appartement ? Il n’en faut pas plus pour que Nils commence à enquêter sur ce mystère. S’attendait-il à découvrir de sombres affaires de fécondation in vitro et de clonage humain ? Lui qui justement va être père et dont la paternité future torture l’esprit : être ou ne pas être père…

Une aventure trépidante qui s’apparente au polar. Le sujet est sérieux, le danger indéniable et le suspense bien présent. Et tout au long du récit, l’humour de Nils, ce héros immature et attachant qu’on a plaisir à retrouver. Un Nils que l’on découvre aussi pour la première fois sous les traits d’un papa. À lire d’une traite !

Qui veut la peau de Maori Cannell ? de Marie-Aude Murail

6ème tome de la série des Nils Hazard.

Comme toujours malgré lui, Nils se retrouve embarqué dans une enquête trépidante. Cette fois, il s’agit de trouver qui envoie des poupées Bardy piégées à des top models célèbres. Jusque-là ont été visées Claudia Fisher, Estelle Sunday, Maori Cannell… Un contexte tendu alors que sa petite amie Catherine a justement décidé de se lancer dans le mannequinat. Nils découvre l’univers des agences de mode. Il fait la connaissance de cet Ange, jeune mannequin androgyne qui n’a pas froid aux yeux. Mais attention, Nils risque que tomber sous le charme de la jeune fille, et il n’est pas exclu qu’elle soit le démon responsable des envois piégés…

Dans cette aventure de Nils Hazard, l’intrigue évolue dans une ambiance plutôt pesante. En effet, sont abordées des notions telles que le terrorisme, la drogue, on croise des « fachos », des gens meurent. Un environnement plus dur peut-être que dans les précédents opus, et qui pourra déstabiliser le jeune lecteur. En revanche, l’humour est là, fidèle à la plume de Marie-Aude Murail. Une plume que je retrouve toujours avec autant de plaisir !

L’assassin est au collège, Marie-Aude Murail

Tome 2 de la série des Nils Hazard, chasseur d’énigmes.
C’est l’inspecteur Berthier qui vient chercher Nils et Catherine, sa petite-amie, pour résoudre une affaire préoccupante. Le collège de Saint-Prix est le théâtre d’étranges événements : des lettres anonymes envoyées au directeur au bord de la folie, des copies dérobées dans les casiers des profs et corrigées à l’encre de sang humain, une élève qui se jette par la fenêtre… C’est ainsi que Nils se retrouve professeur d’histoire-géo pour infiltrer les lieux et enquêter sous couverture… Mission qu’il regrette d’avoir acceptée au bout d’une journée de cours ! Pas facile d’enquêter au milieu des adolescents tout en restant crédible dans sa tenue de prof

Une enquête qu’on dévore d’un trait. L’écriture de Marie-Aude Murail est si limpide ! On se laisse porter jusqu’au dénouement. En dosant savamment le suspense, elle maintient le lecteur en haleine et donne le tempo au récit. Attention, il est impossible de refermer ce livre avant de savoir ce qu’il se passe réellement dans ce collège !

Au bonheur des larmes, Marie-Aude Murail

Cet été, Émilien a décidé d’être moniteur dans une colonie de vacances. Étonnant pour quelqu’un qui a toujours refusé d’y aller étant enfant. A priori rien de bien compliqué. Il suffit d’avoir un peu d’autorité, un peu d’organisation et ne pas détester les enfants. C’est un job facile. A priori. Lors de la réunion de préparation, avant le départ, Émilien réalise que parmi les animateurs il est le seul à ne pas avoir de projet psychopédagogique. Les autres monos ont tous un domaine de prédilection, du secourisme à l’expression corporelle. À vrai dire, il n’y avait pas pensé avant. Et puis une fois sur place, il y a des enfants qui l’agacent, des traits de caractère qui l’exaspèrent : pas si facile à gérer ! Mais le pire, c’est quand ses collègues le critiquent sur sa conception de l’autonomie, et que les tensions montent. Émilien pourra-t-il aller jusqu’au bout de cette colonie de vacances qui se révèle être, peu à peu, une véritable épreuve ?

Le 4ème opus d’une série de sept romans, dont Émilien est le héros.

On a plaisir à retrouver l’écriture fluide de Marie-Aude Murail qui se met dans la peau du jeune Émilien. On écoute ses réflexions qui sonnent juste sur les difficultés de la vie en communauté, et la notion de trouver sa place au sein du groupe. Une colonie de vacances qui souligne la dualité entre le monde de l’enfance et le monde des adultes. Le passage de l’un à l’autre, pour Émilien, comme un rite initiatique qui le fait grandir.
Un récit empreint d’humour, une écriture rythmée, des thèmes qui parlent à l’adolescent… Il ne fait aucun doute que ce sera pour le jeune lecteur un agréable moment de lecture !

Maïté Coiffure, de Marie-Aude Murail

Louis Feyrières est un collégien qui n’aime pas l’école. Comme tous les élèves de 3ème, il doit trouver un stage en entreprise. Il n’a aucune idée, et surtout aucune motivation. C’est sa grand-mère qui lui parle du salon Maïté Coiffure. Louis rencontre ceux qui vont être ses collègues le temps d’une semaine : Madame Maïté la patronne, Fifi le jeune coiffeur aux ciseaux virevoltants, Carla la belle blonde aux talons aiguilles, et Garance l’apprentie pas motivée. Et il découvre le parfum entêtant des laques, les clientes et leurs conversations, l’ambiance animée d’un salon qu’il ne voudra plus quitter. À partir de ce moment, une petite machine se met en marche dans sa tête, la fibre pour la coiffure vient de naître en lui.

Mais comment réaliser son rêve quand, à 14 ans, il faut retourner en cours et finir une scolarité qui ne l’intéresse pas ? Et surtout quand son père, qui est chirurgien, ne jure que par grandes études et carrière brillante… ?

L’histoire attachante d’un adolescent, comme Marie-Aude Murail sait si bien les dépeindre. De petits arrangements en gros mensonges, Louis nous entraîne dans ses tribulations, nous laissant impressionnés devant tant d’ingéniosité et de ténacité. Dans Maïté Coiffure, avec en toile de fond le thème des relations père-fils, on aborde l’orientation scolaire, des risques du décrochage à la véritable vocation professionnelle.

Des sujets qui peuvent parler à nombre de lecteurs au collège.

Sauveur et fils – saison 4, de Marie-Aude Murail

Sauveur, for ever…

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Marie-Aude Murail nous ramène tout naturellement rue des Murlins, dans l’univers de Sauveur Saint-Yves, psychologue. Après un petit rappel sur les personnages, cette nouvelle saison ne nous laisse pas de répit et nous envoie avec délice dans l’environnement privé et professionnel de ce beau martiniquais au grand coeur. Il est toujours aussi généreux, à l’écoute mais toujours malhabile pour gérer sa famille ! Du reste, il arrive à faire des miracles avec les patients les plus récalcitrants ou perdus. Pousser la porte de son cabinet c’est déjà prendre une grande bouffée d’air frais. Les sujets traités restent liés au mal-être, à l’enfance, l’adolescence, la famille, l’école… Des situations réalistes qui mettent à mal grand nombre de personnes de tous âges et on se prête à croire qu’il existe quelque part, un homme de la trempe de Sauveur Saint-Yves, un genre de «Zorro» des causes perdues. Cette saison 4 entretient l’espoir que chacun de nous peut trouver le bonheur parce qu’il existe.

On retrouve avec plaisir le 12 de la rue des Murlins où règnent la même agitation, ce même vent de folie qui nous ont accompagnés lors des 3 précédentes saisons. On reste sous le charme de Sauveur et de son fils et de tous ceux qui gravitent autour d’eux. On s’est attaché à cette petite tribu dont on a partagé depuis un moment le quotidien et qu’on regrette déjà de voir partir.On n’écoutera plus aux portes, le rideau se ferme sur le cabinet de Sauveur Saint juste, une page se tourne, une page qui nous laisse triste de devoir nous séparer d’êtres si attachants.

Sauveur et fils -saison 2 et 3- de Marie-Aude Murail

La vie n’est pas un long fleuve tranquille…

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Nous poussons de nouveau la porte du cabinet de Sauveur, psychologue. Nous retrouvons d’anciens patients auxquels s’ajoutent d’autres « écorchés de la vie ». Sauveur,  dévoué à tous ces gens dont la vie est une souffrance, n’arrive toujours pas à être à l’écoute de Lazar, son fils, qu’il a du mal à voir grandir. Si sa vie professionnelle paraît équilibrée, il n’en est pas de même pour le côté privé. Une vie sentimentale qui peine à s’installer dans une existence trop portée par le mal-être des patients. Sauveur reste brillant de sagesse, d’écoute. Il a envie de changement, de stabilité mais ne maîtrise pas toujours les événements qui surgissent dans sa vie privée. Il est maladroit et ne sait pas comment s’y prendre. Les confessions de ses patients commencent aussi à peser, Sauveur se sent un peu prisonnier de son dévouement. Nul n’est infaillible. C’est en cela que nous nous sentons proches des personnages. Personne est parfait et il n’y a pas forcément de « happy end » pour tous !

Marie-Aude Murail nous dresse avec réalisme une galerie de portraits très touchants. Ce tome est principalement orienté vers l’adolescence, une période difficile, pleine de doutes. Mais pas seulement, car toutes les générations sont présentes avec leur histoire et leurs blessures. L’auteur garde toujours ce regard juste, tendre et non critique. Elle manie l’humour pour parler de sujets graves et laisse toujours entrevoir un espoir.

Dans la saison 1, Lazar très curieux nous servait de guide. C’est lui qui nous prenait par la main pour nous faire découvrir son environnement. Dans la saison 2, Sauveur est plus en avant et devient plus présent pour nous livrer ses failles et ses ressentis. Le personnage progresse et nous prépare à la saison 3. Et puis n’oublions pas tous les petits animaux, hamsters, ouistitis avec lesquels l’auteur s’amuse à faire un parallèle avec les humains. Toutes ces situations nous font réfléchir au droit à la différence, à l’acceptation de soi, à la tolérance. Chaque être humain a ses faiblesses, personne n’a de solution miracle. Le tout est d’y croire et parfois d’avoir la chance que notre chemin croise celui d’un être compréhensible, prêt à nous donner ce coup de pouce qui nous fera rebondir…

Sauveur et fils -saison 3- de Marie-Aude Murail

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La maison de Sauveur devient un lieu de transit pour les âmes en errance. Sauveur se laisse déborder par son trop plein de bienveillance. La situation lui échappe et que reste-t-il pour sa famille ? Sa vie reste un véritable casse-tête… A sa place on aurait envie de pousser un cri et de tout envoyer balader. A force, on se demande si Sauveur n’aurait pas besoin à son tour d’aller consulter pour y voir plus clair dans toute cette joyeuse pagaille qui règne autour de lui. Ce tome 3 met d’avantage en avant les soucis d’ordre privé de Sauveur avec toujours en toile de fond ses patients. Mais Marie-Aude Murail resserre l’étau autour d’un homme qui a du mal à se construire et qui pourtant trouve une solution pour tous ceux qui viennent le voir. Il est sur une corde raide et doit faire attention de ne pas pencher du mauvais côté. Comme ce roman se termine en décembre 2015, l’auteur évoque l’actualité notamment les attentats de novembre 2015 à Paris. Un moment d’émotion sans voyeurisme, la difficulté des adultes à répondre aux questions des enfants, toutes les interrogations sur les raisons d’une telle violence. Nous revivons les événements de l’intérieur.

On prend vraiment plaisir à suivre tous ces personnages, on pénètre dans leur intimité, on fait partie de leur univers. On s’attache et on compatit.

La couverture de ce tome 3 est fraîche et pétillante de couleurs. Présage-t-elle de beaux changements pour Sauveur et son fils ?

Trois sagas qui jettent un regard juste sur notre société. A chaque début de tome, l’auteur fait un bref rappel de ce qui s’est passé précédemment, ce qui permet au lecteur de replonger facilement dans l’univers de Sauveur. Personnellement, j’aurai aimé que Sauveur soit un peu plus vif pour s’investir un peu plus. Notamment concernant sa vie sentimentale, je le trouve un peu mou et par moment j’aurais envie de le secouer.

Je pense qu’un tome 4 devrait suivre car ce troisième volet nous laisse un peu sur notre faim avec des situations proches du dénouement.

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Sauveur et fils – saison 1- de Marie-Aude Murail

Des vies cadenassées

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Sauveur Saint-Yves est psychologue. Avec un tel prénom comment ne pas être à l’écoute des autres et vouloir sauver tout le monde, en particulier les ados. Il a quitté sa Martinique natale pour s’installer à Orléans. Il est veuf et s’occupe seul de son fils de 8 ans, Lazare. A force de vouloir jouer le bon samaritain, il délaisse sa vie privée. Pas facile de trouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Sauveur a beaucoup de qualités, un cœur gros comme ça, une bonne écoute avec ses patients mais avec son fils il ne sait pas faire, il est maladroit et démuni. Les cas dont il s’occupe sont divers et variés. Il est contacté par des parents mal divorcés dont les enfants sont devenus des enjeux pour régler leurs conflits, par la maman qui n’aime pas son enfant, l’adolescente qui ne s’y retrouve plus entre sa mère qui s’est remise avec une femme et son père qui est avec une jeune qu’elle traite de pétasse. Il essaie de comprendre les tentatives de suicide, les phobies scolaires… Son bureau est attenant à la maison et Lazare qui se passionne pour la profession de son père, n’en rate pas une miette. Quand il le peut, il se cache et espionne les consultations. Un jour, Lazare demande à son père de lui acheter un hamster. Il étudie son comportement comme Sauveur le fait avec ses patients. Le petit garçon veut d’ailleurs devenir psychologue de tout le monde et en particulier de ces rongeurs. Il est trop craquant Lazare, souriant, attachant, rigolo avec ses « blagounettes » qui n’interpellent pas toujours son père trop préoccupé par son métier. Sauveur est une sorte de mère Thérésa mais aurait-il des ennemis ? Pour preuve, les lettres de menace qu’il reçoit ou les pièges contre le mauvais sort qu’il trouve au pied de sa porte. A ce moment, Lazare commence à se poser des questions sur ses origines et sur sa maman décédée peu après sa naissance. Sauveur ne lui parle pas de sa mère, évite les questions, reste secret. Que cache Sauveur à son fils ? Pourquoi n’arrive -t-il pas à lui en parler ?

L’ombre de la maman plane sans cesse sur le récit. On ne sait pas qui elle était, comment elle était. Sauveur évite d’en parler mais pourtant il faut attendre les ¾ de l’histoire pour s’étonner des confessions que Sauveur fait à une patiente. Les rôles sont inversés. Il parle de sa famille et envisage même d’emmener son fils en Guadeloupe. Le lecteur sent que le dénouement est proche. La fin nous délivrera d’un lourd secret.

Ce livre scanne les problèmes, le mal-être des adolescents. On ressent toutes les difficultés que les parents rencontrent avec eux. Les situations familiales sont complexes et Marie-Aude Murail n’a aucun tabou sur les sujets traités : l’homosexualité, la phobie scolaire, les familles recomposées, la scarification, la drogue, la dépression, la pédophilie, le racisme dont sont victimes Sauveur et Lazare, particulièrement par la nounou du jeune garçon, femme aux préjugés très présents sur les noirs.

Chaque chapitre correspond à une semaine de consultations. On se rend compte au final que les enfants sont trop impliqués dans les histoires « de grands ». Il n’y a plus aucune barrière, les parents exposent leurs enfants à des problèmes qu’ils devraient résoudre entre adultes. Les enfants sont des éponges et craquent. Ce roman est une sorte de miroir du quotidien qui pour certains part à la dérive. Mais heureusement, l’auteur manie l’humour pour aborder ces malaises et permet au lecteur de souffler entre chaque tranche de vie en le faisant pénétrer dans l’intimité de Sauveur et son fils. Marie-Aude Murail nous offre des personnages variés, reflet de notre société. J’appréhendais un peu ma lecture, peur de trouver ennuyeux les énumérations des états d’âmes de chacun. Mais pas du tout, Sauveur et fils est un coup de cœur. Le lecteur est invité sans voyeurisme dans le cabinet de consultations, prend sous son aile Sauveur et Lazare en croisant les doigts pour que le père se libère du poids d’un passé lourd et omniprésent. L’adage qui dit « le cordonnier est le plus mal chaussé » s’adapte parfaitement à la situation de Sauveur. Il soigne les blessures de la vie de ses patients mais est incapable de refermer ses propres plaies. Hâte de me plonger dans la saison 2.