Caballero, de Lenia Major

Sauvons les lévriers d’Espagne…

Résultat de recherche d'images pour "caballero lenia major fnac"Lorsque l’hôpital appelle Lucia, c’est pour lui annoncer que son fils, Genaro, adolescent de 13 ans, est hospitalisé pour un malaise proche du coma éthylique après un binge-drinking. Si son père ne sait plus comment parler à son fils, perd patience et se met en colère, sa mère, elle, essaie de le comprendre et cherche le moyen de renouer le dialogue. Comment cet enfant, doux, brillant scolairement, avec un an d’avance, a-t-il pu en une année, passer de 18 de moyenne à 4, comment ce sportif peut-il rester enfermer à jouer à des jeux vidéos et se faire des relations toxiques qui l’entraînent dans des plans aussi foireux ? Alors, Lucia a une idée : envoyer, le soir-même  de sa sortie d’hôpital son fils chez un cousin en Espagne. Et si Genaro se voit déjà à se dorer la pilule sous le soleil pour un séjour relax, la réalité en sera toute autre ! Car son cousin, Pepito, tient un refuge pour lévriers… et il n’y a pas le temps de chômer. Loin de son pays, de ses connaissances, Genaro va devoir s’adapter et sera bien obligé de quitter son masque d’insolence ou de nonchalance et se confronter à ce monde où les convictions  font aller de l’avant tout ce petit monde dans un seul et même but : atténuer les souffrances et sauver ces animaux -les galgos- utilisés, maltraités, torturés, abandonnés par des chasseurs – des gualgueros sans états d’âme.

Pepito et Lucy, 15 ans, une jeune bénévole de l’association qui se destine à une carrière de vétérinaire, véritable passionnée, vont aider Genaro à se confronter de nouveau au monde réel et à sa dure réalité et l’aider à reprendre confiance en lui et en ses capacités.

 

Un récit initiatique qui montre comment la confiance qu’on lui accorde et les responsabilités qu’on lui confie permettent à un adolescent à retrouver l’estime de soi. En trois semaines, Genaro va passer d’un état végétatif à un engagement sans limite pour la cause à défendre. Tous ses savoirs-faire vont être exploités : de ses connaissances en nouvelles technologies à ses talents de pâtissier ou de couturier… Parallèlement à cela, il va apprendre beaucoup dans bien des domaines et surtout, finira par accepter d’avoir des failles et les montrer.

Ce roman fait tout de même 500 pages. Au bout de 300, même si j’accrochais bien, je me disais que 150 de moins auraient peut-être été mieux… et puis, un nouveau cap est passé et la fin est arrivée très vite. Néanmoins, il doit être réservé à des lecteurs avertis et pas trop sensibles car le sujet principal reste quand même la maltraitance animale. Mais les personnages sont très vrais et nous apparaissent avec leurs qualités et leurs défauts et ce refuge devient un havre de paix et de solidarités pour tous, bénévoles comme lévriers sauvés, grâce à l’humanisme de son propriétaire : Pepito

La cause défendue dans ce livre, celle des lévriers d’Espagne, est décrite avec toute son horreur et nous révèle une réalité que le lecteur ne connait pas forcément mais qui est réelle. L’Espagne reste l’un des seuls pays d’Europe à encore autoriser la chasse sans fusil. Les lévriers (galgos) sont utilisés par les chasseurs (gualgeros) qui les maltraitent au quotidien, puis les torturent avant de les abandonner.

Et si cette cause vous a ému ou vous intéresse, un site Internet, donné en fin d’ouvrage, est à consulter : https://www.crel.fr/   et   http://scooby-france.e-monsite.com/

 

Ma gorille et moi, de Myriam Gallot

Mona, toi ma sœur..

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Jeanne a 12 ans, ses parents, vétérinaires, sont responsables d’un zoo. Leur maison est plantée au beau milieu de ce parc animalier. Quand Jeanne est née, ses parents ont recueilli un bébé gorille, Mona, rejetée à la naissance par sa mère. Jeanne et Mona sont élevées ensemble et sont inséparables. Devenue adulte, Mona doit rejoindre le zoo de Milan. C’est un déchirement pour Jeanne. C’est une moitié d’elle-même qui s’en va. Des liens particuliers unissent la gorille et la jeune fille. Une complicité évidente, un amour mutuel. Jeanne souffre de cette séparation future tandis que les parents sont satisfaits de l’envol de Mona pour d’autres horizons. Mais le transfert de l’animal va être contrarié par une manifestation de militants qui s’insurgent contre l’enfermement de la gorille. Ils exigent la fermeture du zoo. Ils ne veulent plus d’animaux en captivité, tous doivent être relâchés dans la nature. Profitant que ses parents soient partis s’occuper des volatiles, Jeanne va alors tenter une approche pour raisonner les manifestants. Mais cet élan d’apaisement va la mettre dans une situation délicate qu’elle n’arrivera pas à maîtriser. Jeanne va écouter leurs arguments et réfléchir sur le sort des animaux privés de liberté. Se laissera-t-elle convaincre au risque de trahir ses parents ?

Ma gorille à moi est un roman engagé sur la cause animale. L’auteur s’adresse au jeune public, sans pour autant prendre parti. Deux clans : les propriétaires du zoo et les défenseurs des animaux. Entre eux, Jeanne qui veut le bonheur de Mona et qui, en fait, est vite déstabilisée par les paroles des militants. Des propos cousus de fils blancs pour que la jeune fille soit sous leur coupe. Elle est sensible, fragile donc influençable. Jusque-là, elle ne s’était jamais posée de questions sur ce qui était le mieux pour ces animaux vivant en captivité. Le zoo est accueillant, les animaux manquent de rien, ils semblent heureux. Qui a tort, qui a raison, ceci reste un long débat… Un livre agréable sur un sujet sensible pour des lecteurs dès la 6e, malgré un propos peut-être un peu simpliste.

Cette histoire est à mettre ne parallèle avec celle, véritable, de la célèbre ethnologue américaine, Dian Fossey, qui a passé sa vie aux côtés des gorilles, dans les forêts du Rwanda. Elle avait établi un centre de recherches au sein d’un parc naturel pour étudier leurs comportements et contribuer à la sauvegarde de l’espèce, tout en luttant contre les braconniers. Petit à petit elle a été acceptée par les primates auxquels elle a consacré sa vie, avant d’être assassinée en 1985.