Momo, de Michael Ende

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog. 

Momo est le personnage principal de cette histoire. C’est une jeune orpheline qui s’est enfuie de son orphelinat et a trouvé refuge dans un lieu étrange oublié de presque tout le monde : « au sud de cette ville, là où commencent les champs, où maisons et baraques se dégradent, un petit amphithéâtrre en ruine se cache dans un bois de pins ». Elle rencontre un vieux balayeur de rues, Beppo et un jeune homme très bavard, Gigi.  » On peut avoir beaucoup d’amis, mais ceux qui vous sont vraiment proches, ceux que vous aimez le plus sont en général peu nombreux ». Pourtant, bientôt, elle devra fuir des hommes habillés de gris, des agents de la « Caisse d’épargne du Temps ». Va-t-elle réussir à les semer et les empêcher de faire du mal  ? 

La seule chose qui importe dans la vie, poursuivit l’homme, c’est de réussir, de devenir quelqu’un, de posséder quelque chose. Quand on va plus loin que les autres, quand on devient plus important et plus riche qu’eux, le reste vous vient naturellement : amitié, amour, considération.

Momo va-t-elle croire en ces paroles ?

 

J’ai beaucoup ce livre car on suit l’histoire de l’héroïne, on la suit dans ses aventures. Je me suis vraiment attachée aux personnages. C’est une aventure pleine de rebondissements, une très belle histoire sur l’amitié qui permet de prendre conscience de la notion du temps et qu’il est plus important d’aimer les autres que d’avoir du pouvoir sur eux. 

Un livre que j’avais lu et que j’ai demandé à faire acheter au CDI tellement il m’avait plu. 

Mina, 5ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Une sorte de conte philosophique à lire à plusieurs niveaux, adolescents ou adultes car les thèmes de réflexion sont riches et nombreux. Une jolie histoire originale qui, malgré sa date d’écriture – 1973, n’a pas pris une ride.

Les enfants de Timpelbach, de Henry Winterfeld

Les enfants de TimpelbachLe petit village imaginaire surnommé Timpelbach, semble calme et paisible, mais depuis quelques temps il ne l’est plus vraiment : les enfants enchaînent bêtises et mauvais coups, que cela soit contre leurs camarades ou leurs parents. Désespérés, les parents se réunissent et décident alors d’abandonner les enfants pendant une journée entière, en leur faisant croire qu’il partent à tout jamais… histoire de leur donner une bonne leçon. Mais tout cela ne va pas se passer comme prévu. Les enfants se retrouvent donc seuls, paniqués et apeurés. Ils vont devoir s’organiser. Deux clans se forment, l’un mené par Oscar, dans la violence, l’autre par Thomas.

Niveau de lecture : assez facile

Un passage sur un personnage qui m’a plu : « Enfin, je m’assignais à deux grands garçons, Walter et Fredéric, une mission beaucoup plus périlleuse : ils espionneraient les pirates et chercheraient à percer leur intention. Je leur recommandais la plus grande prudence car il était certain que, s’ils tombaient aux mains de nos adversaires, ils passeraient un mauvais quart-d’heure. »

J’ai bien aimé ce roman car il y a du suspense. .J’ai moins aimé lorsque les enfants se retrouvent seuls sans leurs parents !

Axelle, 5ème

Freak City, Kathrin Schrocke

Un amour silencieux

97887253Mika est un garçon de 16 ans profondément malheureux. La fille avec qui il sortait depuis un an, Sandra, vient de le quitter sans lui donner d’explication qui tienne la route. Elle souhaite faire une pause, une longue pause…

Un jour, alors que toujours éperdument amoureux il suit de loin Sandra et ses amies, Mika se retrouve au Freak City, un café alternatif. Contre toute attente, il va y faire la connaissance d’une brune magnifique que ses copains et lui avaient malmenée dans la rue quelques jours plus tôt. Il comprendra rapidement pourquoi la demoiselle n’avait pas répondu à leurs propos : elle est sourde.

Alors que tout semble les opposer, Mika va tomber sous le charme de Léa, au point de suivre des cours intensifs de langage des signes. S’il garde son attirance pour Léa secrète, il est bientôt obligé d’en parler à ses amis et va alors devoir affronter leurs sarcasmes et préjugés face au handicap. Difficile dans ces conditions de débuter une histoire d’amour, d’autant que Léa reste sur la défensive et que Sandra prend un malin plaisir à jouer avec les sentiments du jeune homme…

Ce roman aborde de façon assez directe un thème peu souvent traité en littérature jeunesse : la question du handicap et plus précisément ici celle de la surdité. Il permet donc de sensibiliser les ados auxquels il se destine à ce problème et surtout va permettre une réflexion sur les clichés et préjugés des jeunes et moins jeunes à ce sujet grâce aux personnages secondaires qui représentent malheureusement le peu d’ouverture d’esprit dont est capable de faire preuve une large partie de la population (non, les sourds ne sont pas des attardés mentaux, oui ils ont des sentiments et envie de communiquer comme tout le monde…). Le personnage de Mika, s’il est hautement positif dans la mesure où justement il parvient à dépasser toute cette bêtise et à être assez fort pour imposer ses convictions, n’en reste pas moins un ado avec ses doutes et ses pulsions hormonales. C’est justement ce dernier point, assez copieusement développé dans le texte, qui me pousse à ne pas conseiller ce titre à des élèves avant la classe de 3ème. Non pas qu’il y ait quelque chose de choquant, mais je pense que certains – ou plutôt certaines, les garçons seront moins dérangés – pourraient être déstabilisés par quelques propos ou scènes (je rappelle que le narrateur est un garçon de 16 ans et que l’auteure, réaliste, n’a pas choisi de faire dans la guimauve). Cela mis à part (et encore, ce n’est pas une critique, je fais juste une mise en garde puisque la chronique s’adresse également au comité de lecture d’un CDI de collège), ce roman engagé est très agréable à lire. Il permet d’aborder l’épineuse question des sentiments et de la différence à un âge où faire un choix qui sort du lot n’est jamais simple. Les ados pourront très facilement s’identifier au jeune Mika, constamment tiraillé entre ses propres envies et ce que lui conseillent ses amis et parents. Enfin, on ne s’ennuie pas une seconde, le rythme est rapide grâce notamment aux nombreux dialogues (de sourds parfois ! 😉.

Invasion extraterrestre

Pampa Blues, de Rolf Lappert
Ben, un jeune homme de 16 ans, a perdu depuis longtemps son père. Sa mère, chanteuse de jazz et toujours en tournée aux quatre coins du monde, ne peut s’occuper de lui. C’est pampa-blues-589608pourquoi il vit avec son grand-père dans un hameau au milieu de nulle part. L’âge avancé de son grand-père a cependant fait déjà beaucoup de dégâts chez celui-ci, et c’est à Ben que revient la lourde charge de prendre soin de son aïeul. Les jours se ressemblent dans ce coin perdu de la campagne, surtout lorsqu’à 16 ans, on a pour seuls amis des adultes… comme Maslow, le gérant de l’épicerie qui fait aussi bureau de poste et station service. Mais un évènement aussi étrange qu’inattendu va venir bouleverser leur petit routine : l’apparition d’n OVNI au-dessus du village. Si certains voient là l’occasion rêvée de transformer leur bourgade en nouveau Roswell, Ben, lui, préfère rester méfiant. Et l’arrivée de Lena, une jeune demoiselle à la fois belle et mystérieuse et dont la voiture serait justement tombée en panne dans le coin, ne fait que renforcer ce sentiment. Et si c’était en fait une journaliste venue enquêter sur l’affaire ?
Ce roman se lit comme une enquête policière tant les mystères vont s’accumuler au fil des pages. Il fonctionne pour ainsi dire comme un huis-clos, puisque toute l’intrigue se déroule dans un endroit très délimité, et on se retrouve rapidement dans une partie de Cluedo à suspecter tout le monde. Pourtant, on n’ose croire à leur possible culpabilité tant ces personnages sont attachants. De par leur proximité constante, ils ont en effet tissé des liens très étroits, formant presqu’une famille. La personnalité la plus intéressante reste tout de même celle de Ben qui, à la force des choses, est devenu bien plus mature que son âge et tout à la fois inexpérimenté pour ce qui est des rapports humains.
Ce roman a eu beaucoup de succès en Allemagne, il a d’ailleurs été adapté au théâtre et au cinéma, et j’espère qu’il en aura tout autant parmi nos jeunes lecteurs.

La classe volante, de Erich Kästner

Les copains d’abord
La classe volan51Zz6XUeGuL._SY344_BO1,204,203,200_te est le nom de la pièce de théâtre qu’a écrite Johnny Trotz. Il a prévu avec ses amis Martin, Uli, Matthias, Sebastian de la jouer lors de la fête de Noël. Ils sont tous élèves au collège de Kirchberg et, comme leurs familles sont loin, dorment à l’internat. Ils ont tous des caractères différents (Uli est peureux, Martin est le premier de la classe, Matthias a toujours faim …) mais ont malgré tout un lien d’amitié très fort. C’est pourquoi ils ont de la peine pour le Non-Fumeur et pour sa solitude. Le Non-Fumeur est un adulte qui vit dans un wagon de train juste à côté de l’école. La bande d’amis va souvent lui rendre visite. La fin de l’année approche à grands pas et tous nos amis sont excités par la représentation mais aussi par les fêtes de fin d’année.

Ce livre, très connu en Allemagne et adapté en film, est un éloge à l’amitié. Ces cinq garçons ont des liens très forts, d’autant plus forts qu’ils vivent à l’internat de l’école et ne rentrent chez eux qu’aux vacances. Ils se voient donc plus souvent que leur propre famille. Et là aussi, chacun vient d’une famille différente. Ils ont pour exemple leur surveillant, lui-même ancien élève de l’établissement. Ce roman n’est pas facile à résumer car il y est question non d’une aventure mais de plusieurs et fait penser à La guerre des boutons de Louis Pergaud. Le contexte est certes un peu dépassé mais les attitudes des enfants restent, elles, intemporelles et les élèves pourront malgré tout s’y reconnaître.

Le coupeur de mots, Hans Joachim Schädlich

Un marché avec le diable

Paul est un petLe_coupeur_de_motsit garçon assez distrait et il aime bien mieux se balader et observer le monde plutôt que de faire ses devoirs. C’est pourquoi lorsqu’il croise Filolog, un genre de marchand, qui lui propose de les faire à sa place, il n’a qu’une envie : accepter. Mais rien n’est jamais gratuit et Paul devra en échange lui donner ses prépositions et ses articles définis. Des prépositions et des articles définis contre une semaine de devoirs ? Le marché semble alléchant et puis ces mots sont-ils vraiment importants ? Paul s’empresse d’accepter. Mais lorsque les autres personnes ne comprennent plus ce qu’il dit, il commence à se demander s’il a bien fait …

Même si le début peut sembler un peu long, ce livre mérite d’être lu, notamment par tous les réfractaires à la grammaire. On assiste ici à une adaptation du mythe de Faust. Faust est un jeune homme qui a vendu son âme au diable contre le savoir absolu. Paul serait donc ici Faust, mais un Faust un peu fainéant qui est plus attiré par du temps libre que par le savoir et Filolog (jeu de mot avec Philologue qui désigne un personne qui étudie la langue) correspond en tout point à Méphisto, le messager du Diable. Cette drôle d’aventure permet à Paul, mais aussi au lecteur, de se rendre compte à quelle point la grammaire est importante si l’on veut être compris des autres.

Le môme en conserve, de Christiane Nöstlinger

Un enfant sur commande
Berthe Bartolotti eLe_mome_en_conservest une femme assez exubérante et originale. Elle aime s’habiller de manière excentrique et n’a que faire de ce que les gens pensent. Elle fabrique des tapis mais ne travaille que lorsqu’elle en a envie ou lorsque le besoin (financier notamment) s’en fait sentir. Elle vit seule mais a un ami, qui est tout son contraire : M. Alexandre, pharmacien. Un jour, elle reçoit un drôle de colis : un immense boîte de conserve. Mme Bartolotti, qui ne se souvient pas d’avoir commandé quelque chose, décide malgré tout d’ouvrir la boîte et découvre … un enfant. Frédéric a 7 ans et a été programmé pour être l’enfant idéal : travailleur, poli, gentil … Cet enfant va chambouler complètement le quotidien de Berthe qui va devoir s’astreindre à des règles de vie : ne pas fumer le cigare, manger autre chose que des bâtonnets de réglisse pour dîner … Elle qui détestait par dessus tout les mots ordre, discipline et politesse va devoir changer du tout au tout ses habitudes ! Et comme si cela ne suffisait pas, M. Alexandre va lui aussi s’en mêler puisqu’il a décidé de se considérer comme le père de Frédéric.

J’ai beaucoup aimé ce livre pourtant destiné à un public jeune (cm2 – 6ème/5ème) et j’ai particulièrement apprécié le personnage de Berthe Bartolotti et son quotidien loufoque. On a l’impression que les rôles sont inversés : c’est Frédéric qui explique à sa nouvelle maman comment elle doit se comporter ! On y découvre aussi le quotidien de Frédéric à l’école  avec les moqueries de ses camarades face à sa politesse et gentillesse. Lorsque chacun arrive plus ou moins à trouver sa place, l’histoire n’est pas finie, loin de là…. puisque, forcément, d’autres difficultés vont pointer leur nez. Le livre se finit par un mélange d’action et d’espionnage.