Oh, boy !, de Marie-Aude Murail

Oh, boy !Trois enfants sont orphelins depuis quelques heures. Siméon Morlevent, 14 ans, lui, c’est le surdoué. Morgane Morlevent, 8 ans, celle qu’on oublie tout le temps. Venise Morlevent, 5 ans, une bouille de princesse. Ils se font le «jurement» qu’on ne les séparera jamais. 

Leur sort est entre les mains d’une assistante sociale et d’une juge des tutelles, qui doivent décider qui des deux tuteurs potentiels obtiendra leur garde. Sachant que ces derniers ignoraient jusqu’alors l’existence de leurs demi-frère et sœur. Alors comment Josiane Morlevent, ophtalmologue psycho-rigide et Barthélémy Morlevent, jeune homme fantasque qui fuit les responsabilités, vont-ils prendre cette nouvelle ? L’histoire captivante d’une fratrie soudée et touchante, frappée par l’adversité, qui se met en quête d’une famille. 

Un roman très agréable à lire, et qui se dévore d’une traite. On découvre et on s’attache à ces enfants orphelins qui s’unissent et font bloc dans l’épreuve. Et comment ne pas s’attacher aussi à ce grand-frère sans filtre, haut en couleurs ? Barthélémy devient vite le pilier, celui autour de qui le récit s’articule. Ce sont ses propres mots « Oh, boy ! » qui donnent le titre au roman. Et puis l’émotion va crescendo. Tout en abordant des thèmes sensibles tels que l’homosexualité, l’adoption, la maladie, la mort, la violence conjugale, Oh, Boy ! est une pépite où l’humour est habillement distillé.

À lire sans hésiter !

Il suffirait d’un signe, de Tiffany Schmidt

Superstition ain’t the way

Afficher l'image d'origineL’été de Mia s’annonce des plus banal : la journée au bord de la piscine avec ses amies pom-pom girls à discuter de garçons ou le soir à faire le tour des fêtes du coin… Pourtant, un rendez-vous chez le médecin va tout changer : les bleus qu’elle se fait au moindre coup sont loin d’être anodins. Mia a une leucémie. Comment vivre avec ça lorsque l’on n’a que 17 ans ? Entre les rendez-vous à l’hôpital, les traitements et ses effets secondaires, Mia n’a plus beaucoup de temps à consacrer à ses amies et ne sait plus quels mensonges inventer pour cacher la sinistre vérité. Seul son ami d’enfance, Gyver est dans le secret et va tout faire pour la soutenir et l’empêcher de baisser les bras. Mais combien de temps le mensonge va-t-il pouvoir durer ? Ses amis seront-ils prêt à l’accepter, même malade, elle qui était la coqueluche du lycée ? Ne pas dévoiler sa maladie n’est-il pas le signe qu’on ne l’accepte pas. Comment alors avoir la force de la combattre si toute son énergie est accaparée par les mensonges ?

Un sujet très grave abordé ici en littérature de jeunesse de manière juste et sensible. Il est question ici de la maladie, de ses effets secondaires, des changements physiques qu’elle implique, il est question des séjours à l’hôpital, de la relation avec les parents, les amis, du regard des autres. Mais il est question aussi d’amour et d’amitié, et de toutes les préoccupations d’adolescents, futiles ou moins futiles. Un adolescent ne peut être un malade comme un autre, car c’est un être en construction, en devenir qui ne sait plus comment anticiper l’avenir. Malgré ses 500 pages et un sujet difficile, ce roman se lit finalement assez vite tant on est happé par ce combat pour la vie. Bouleversant.