Le buveur d’encre, d’Eric Sanvoisin

Le père d’Odilon est libraire. Il adore les livres, ce qui paraît quelque chose de bien incompréhensible à Odilon… qui, lui, n’aime pas les livres. Durant les grandes vacances, il va néanmoins aider son papa à la librairie, mais il n’a pas le droit de toucher à quoi que ce soit… Alors, il observe les clients, ceux qui n’arrivent pas à se décider, ceux qui prennent au hasard… et même les pickpockets. Un jour, un nouveau client débarque dans la boutique… Il a l’air étrange, il ressemble un peu à un fantôme avec son teint gris et sa drôle de façon de flotter dans les airs. Tout à coup, il sort une paille et aspire les pages d’un livre comme s’il le buvait. Se sentant repéré par Odilon, il sort rapidement… Odilon, ayant remarqué que le texte du livre avait disparu,  décide de le suivre…. Où cette aventure va-t-elle le mener ? Est-il en danger ?

Le buveur d’encre ou une façon détournée de dire au lecteur que lorsqu’on a pris goût à la lecture on ne peut plus s’en passer ! Une très belle image pour un texte facile à lire, qui utlise toutes les ficelles du roman à suspens : une sorte de vampire, une filature, un cimetière, le danger…  On ne décroche de sa lecture une fois qu’on l’a bu jusqu’à la dernière goutte !

Le plus étonnant, c’était que le goût  changeait suivant les mots et les passages du texte. Je ne buais pas de l’encr, mais de l’aventure ! Je ne lisais pas ce qui arrivait, je le vivais…

A lire dès le CE1.

Une collection Premières lectures adaptée pour les enfants dyslexique et ceux qui ont du mal à entrer dans la lecture, utilisant le label Dyscool : une police de caractères adaptée, une mise en page très lisible avec un système de couleur pour repérer les difficultés de lecture ou les personnages, un texte adapté par l’auteur lui-même afin de rendre certains passages plus faciles à comprendre.

Ma vie en vlog, tome 3. Hermione se déconnecte (trop c’est trop !)

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Après deux tomes de Ma vie en vlog où Lucy et Abby ont pu chacune raconter leur histoire c’est au tour de Hermione de nous raconter la sienne qui ne commencera pas si bien après la terrible annonce du divorce de ses parents… Elle pourra se réconforter en sachant qu’elle va partir skier dans les Alpes, même si l’idée de devoir descendre de grandes pentes la terrifie.
Ses craintes ne seront pas là pour rien car elle se fera très vite une entorse à la cheville.
Sa rencontre assez inatenndue  avec Nathan, un jeune français accro à la lecture, va néanmoins pouvoir lui remonter le moral.
Pour couronner le tout, après quelques vidéos postées sur son vlog, elle reçoit des commentaires haineux et raciste qui la démoralisera plus qu’autre chose.
Alors comment s’en sortira-t-elle ?
Arrivera-t-elle à avoir à nouveau une vie sans problème ? Peut-être est-il temps de déconnecter !

Un livre aussi passionnant que les deux tomes précédents ! J’aime beaucoup la façon dont est écrit ce livre, mêlant le récit, les vlogs, les messages. Cela permet de varier tout en faisant une pause dans le récit, et d’avoir un petit aperçu des vidéos. On a égaleemnt une découverte assez surprenante concerant le divorce des parents de Hermione.

J’adore vraiment cette série dont j’ai dévoré les trois tomes ! J’espère qu’un tome 4 est prévu, concernant Jessie !

Chloé, 13 ans – 4ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

L’écrivain abominable, de Anne-Gaëlle Balpe

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L’écrivain abominable, de Anne-Gaëlle Balpe

L'écrivain abominableManolo n’aime pas  DU  TOUT  les livres ! Alors imaginez sa réaction quand sa maîtresse annonce qu’elle a invité un auteur nommé Roland Dale (clin d’oeil probable à l’auteur Roald Dahl). Manolo va passer la pire journée de sa vie entre incompréhension, peur et aventure car le comportement de l’auteur va très vite devenir inquiétant et suspect .

Une histoire  très originale, prenante jusqu’à la fin et très facile et rapide à lire. Ce livre est vraiment très bien. Il parle de lecture, des auteurs, mais à la manière d’une enquête et sur fond de fantastique, ce qui peut donner le goût de lire à tous ! Et n’oublions les illustrations de Ronan Badel, en noir et blanc, très bien faites et tout à fait adaptées au texte

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Des lauriers pour Momo, de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Des lauriers pour Momo, de Yaël Hassan

Et voilà une nouvelle aventure pour Momo qui part dans un internat d’excellence grâce à son comportement sérieux et ses bons résultats. Mais il va devoir quitter sa famille et son quartier. Se fera-t-il les amis qu’il n’a jamais eu ?

Un livre vraiment très bien, et toujours très touchant, mais je trouve que le personnage d’Ahmed, le frère, est vraiment très violent.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Momo est triste car sa meilleure amie Emilie va déménager à Nice. Il fera donc sa rentrée en 5ème sans elle. Dans un même temps, au vu des ses résultats, le principal du collège envisage d’orienter le jeune garçon dans un internat d’excellence qui offre toutes les conditions de travail des plus favorables et qui renforce les chances de réussite des élèves. Momo est un très bon élève, un élève surdoué même. Le fait de partir en internat provoque en lui de l’enthousiasme mais de la peur aussi. Aller vers l’inconnu, vers une liberté nouvelle, quitter les siens, changer de vie, Momo est envahi par des sentiments contradictoires. Il écrit dans son journal intime et s’adresse à Monsieur Edouard. Que lui aurait-il conseillé ? Après avoir bien réfléchi, Momo accepte. Ce sera la première fois qu’il part de chez lui. Que va-t-il advenir de son amitié avec Emilie ?

Momo continue à être un parfait enfant plein de sagesse et de compassion pour les autres. Il passe une étape importante de sa vie et tombe amoureux. Cet excès de qualités rend presque le héros trop idéaliste, avec trop de bons sentiments. Momo est un saint. Mais nos jeunes lecteurs resteront, je n’en doute pas , encore sous le charme d’un Momo qui grandit et qui doit apprendre à se débrouiller seul. Des lauriers pour Momo fait référence aux deux premiers tomes mais peut se lire indépendamment des deux autres.

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La fille qui n’aimait pas les fins, de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

La fille qui n’aimait pas les fins, de Yaël Hassan

Est-ce que vous, vous lisez les fins des livres ? Maya, elle, ne les lit pas… Elle adore lire, voudrait acheter tous les livres de la terre, mais sa mère ne peut quand même pas tout prendre ! Alors, celle-ci l’inscrit à la méditahèque, ce qui n’enchante pas du tout Maya… Mais qui est ce vieil homme, assis à une table ? Ce mystérieux Manuelo, que cache-t-il ? Si vous voulez le savoir, ouvrez ce livre, mais surtout, ne vous arrêtez pas, continuez jusqu’à la fin (même si moi, j’ai deviné le dénouement de l’histoire avant la fin…  je ne me suis pas arrêtée !) Un livre sur le plaisir de la lecture et une belle histoire d’amitié, construite sur une omission, et qui montre que celle-ci peut exister, quelle que soit la différence d’âge. Touchant.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Maya Alvéras, 14 ans, adore lire, elle envahit son espace vital à force d’acheter des livres. Sa maman excédée par un tel débordement, décide de l’inscrire dans une bibliothèque. Mais le concept ne plaît pas à la jeune fille. Ne pas pouvoir garder un livre, être obligée de le rendre une fois lu n’est pas concevable pour Maya. Un livre c’est personnel, lorsqu’on l’emprunte il a déjà été manipulé par d’autres. Pour sa maman ce sera un gain de place, lorsqu’on sait que Maya possède pas moins de trois cent trente quatre livres ! Cependant, elle a une petite particularité, elle ne finit jamais ses bouquins. Elle s’arrête quand elle ne veut plus en savoir d’avantage, quand elles sent que ça va mal tourner, elle met un marque-page et ferme l’ouvrage. Elle se décide à franchir le pas mais arrivée à la bibliothèque, elle prend au hasard un livre sans daigner le regarder. Le hasard a fait que le livre emprunté n’est autre que Robinson Crusoé, livre préféré de son père décédé trois ans auparavant. Maya est troublée. Après une rencontre mystérieuse dans les rayonnages, la jeune fille va être tentée d’y retourner et va être attirée par les  choix qui se présentent à elle. Cet inconnu d’un certain âge qui s’adresse à elle lui a fait un cadeau. Ils se retrouvent régulièrement  et échangent autour du livre. De retour chez elle, Maya ouvre son présent, ce sont deux livres dont les pages sont blanches. Incompréhension totale. Manuelo, son nouvel ami lui explique que c’est à elle de le remplir, parce qu’elle a des choses à raconter. Une sorte de journal intime. Plus tard, il lui offrira les Trois Mousquetaires, détail troublant, encore un livre qui lui rappelle son père…Ils vont échanger leurs adresses mail, la bibliothèque n’ouvrant pas tous les jours. Ils prennent l’habitude de se voir. Ce curieux vieil homme lui occupe pas mal l’esprit, l’apaise et aiguise sa curiosité. Qui est-il ? Elle apprend qu’il a le même nom qu’elle et après quelques recherches elle apprend qu’il est écrivain. On sent petit à petit que Manuelo est sur le point de lui révéler quelque chose d’important. On le devine tendu alors que Maya est toute excitée par ce qu’elle vit. Elle commence à lui poser des questions plus personnelles et apprend qu’il est veuf, qu’il avait un fils mort depuis peu avec lequel il n’avait plus de contact.

L’histoire va vite rebondir et tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin même si on se doute de ce que va nous apprendre l’intrigue. Mais on se trouve quand même dans un grand questionnement, espérant que les héros prennent la bonne décision ou ferons-nous comme Maya, mettrons nous un marque-page avant que tout bascule, avant que notre espoir soit réduit à néant ?

Un beau roman plein de délicatesse, touchant, qui parle du difficile travail de deuil. L’écriture est alors un refuge qui permet d’exorciser ses douleurs. Les personnages ont de la  fraîcheur et nous montrent que l’être humain a des failles, qu’il peut commettre des erreurs et que pardonner reste important. Le temps passe trop vite, donc communiquer est essentiel pour retrouver une sérénité et profiter de ses proches. La fille qui n’aimait pas les fins est un bel hommage aux livres, à la littérature, une ode à l’amour familial.

Momo des Coquelicots, de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Momo des Coquelicots, de Yaël Hassan

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Après la mort de Monsieur Edouard, Momo est bien triste, mais il rêve toujours de devenir écrivain. A sa rentrée au collège, il se fait une nouvelle amie, Emilie, une fille qui adore lire et écrire, comm lui. Mais, malgré ce bonheur, Momo a toujours des soucis : son père est gravement malade et Ahmed, son frère, est de plus en plus autoritaire… Comment va-t-il se sortir de cette situation ? Quel sera le mot de la fin ?

C’est un bon livre, accessible à tout lecteur, mais avec quand même quelques moments assez violents. Une histoire touchante.C’est la suite de Momo, petit prince des Bleuets

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

L’amour des mots

Momo 11 ans, toujours passionné de lecture, rentre en sixième. Il partage sa passion avec Emilie, une amoureuse des mots. Mais depuis que son ami monsieur Edouard est décédé, rien n’est plus comme avant à la cité des Bleuets. Il lui reste des souvenirs et surtout les deux caisses entières de livres qu’il lui a léguées. Ces livres prônent désormais sur des étagères au-dessus de son lit. Monsieur Edouard devient son ange gardien. Il veille sur lui de là-haut. La vie de Momo n’est pas facile. Son père va de moins en moins bien suite à sa chute d’un échafaudage. Il reste des journées entières assis, le regard tourné vers son pays natal. Il est au plus mal. Il sent sa vie le lâcher. Au collège, Momo se réfugie au CDI et s’attaque aux dictionnaires. Il veut apprendre tous les mots car il souhaite devenir écrivain. Et puis il y retrouve Emilie. Mais bientôt, le frère de Momo, Ahmed, décide de prendre le rôle de chef de famille, lui qui n’a jamais rien fait pour aider sa famille, passant ses journées à lézarder. Mais il est trop autoritaire et devient de plus en plus violent. Heureusement, Fatima, la sœur si douce est là, pour redonner force et énergie à Momo. La maman du jeune garçon va réagir en s’opposant à Ahmed.

Avec Momo des Coquelicots, Yaël Hassan nous fait pénétrer dans le monde des cités où différentes générations cohabitent dans un même logement. Abordant le thème de la maltraitance des femmes qui n’hésitent pas à se rebiffer, l’auteur pose aussi le problème des conflits entre frères et sœurs. La solidarité entre habitants est aussi mise en avant. Les enfants grandissent en s’aidant les uns et les autres dans les petites corvées du quotidien. Arrive également le temps où les tours trop vétustes vont être détruites emportant avec elle des souvenirs, une vie. Au-delà de toutes ces souffrances, l’auteur transmet un joli message d’espoir. Quelles que soient nos origines, nos drames, il est possible de réussir dans la vie, de poursuivre ses rêves. D’ailleurs Yaël Hassan fait référence au livre le journal d’Anne Frank qui illustre parfaitement cette volonté de se battre envers et contre tout. Momo aime tout le monde, il est dévoué, naïf, ce qui le rend attachant. Pour Momo, les mots sont un remède aux maux.

La bibliothécaire, de Gudule.

Apprendre à aimer lire et écrire

Guillaume, un jeune garçon qui est souvent endormi en classe, se retrouve interrogé par son maître pour raconter le sujet de ses rêveries.

gudule

Il raconte que tous les soirs, il regarde une vieille dame écrire et écrire encore et encore et que quand elle éteint la lumière, il voit, sortir de l’immeuble, une belle jeune fille. Le professeur, épaté par son histoire, lui dit, avec humour, qu’il devrait faire autant d’efforts à l’écrit qu’à l’oral.

Après la classe, Doudou, son meilleur ami, lui fait de nombreuses éloges sur son histoire, et Guillaume lui répond que ce ne sont pas des histoires mais ce qu’il vit tous les soirs.

Alors intrigué, une nuit, il décide de suivre la jeune fille dans la rue et de voir ce qu’elle fait. Elle se rend dans la bibliothèque pour trouver « LE GRIMOIRE ». La jeune fille n’est autre que… la vieille dame, Ida, qui veut écrire ses mémoires.

Guillaume et Doudou vont aider Ida à retrouver le grimoire en partant dans un long voyage dans les livres de la bibliothèque, en croisant Alice aux pays des Merveilles, Poil de Carotte, le Petit Prince etc… Vont-ils le retrouver?

Ce livre est vraiment passionnant et nous entraîne dans une aventure un peu spéciale, puisque nous entrons dans l’univers des livres et des auteurs. Les enfants discutent avec des personnages inventés et leur demande conseil. Il est plein d’humour et de fraîcheur.

Il pourra plaire aux élèves qui sont réticents à la lecture, comme Guillaume, et qui ne trouve pas d’intérêt à cela. Car il ne faut pas l’oublier, la lecture est un vrai voyage…

 

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La mort nous raconte…

La voleuse de livres, de Markus Zusak (2005) -réédité en format poche, janvier 2017, PKJ

La voleuse de livres, c’est la petite Liesel. Et cette histoire, c’est la Mort elle-même qui la raconte. Il faut dire qu’elle va la croiser à plusieurs reprises…

On est en Allemagne et le parti nazi est au pouvoir. Sur fond de guerre et de peur (le contexte historique est très clairement explicité), cette fillette découvre le pouvoir des mots que les livres renferment comme des trésors. Ils vont l’aider et en quelque sorte la sauver. Son chemin de vie sera jalonné de rencontres qui seront de véritables rayons de soleil. Mais le prix de la Mort est lourd ; Liesel perdra presque tous ceux qu’elle aime… presque !

Un roman exigeant, déconcertant, qui vaut la peine d’être lu, mais il faut accepter de forcer la lecture des premiers chapitres afin d’entrer pleinement dans l’histoire. Des scènes dures de guerre peuvent heurter la sensibilité des lecteurs non avertis de collège. Les adultes en revanche, sauront apprécier ce roman au cynisme féroce, qui défend la solidarité contre la barbarie à travers le pouvoir des mots.

Une adaptation cinématographique de ce roman au succès international est sorti sur grand écran en 2014.

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Avec un peu d’amour et beaucoup de chocolat. L’écrivaine, Christian Grenier

Écrire pour ne pas subir

Afficher l'image d'origineEmma Dufay devenue auteur à succès, primée par le célèbre prix Goncourt est l’invitée d’une émission télévisée où elle revient sur son parcours relatif à l’écriture. C’est surtout l’occasion de découvrir ce qui l’a conduit à devenir l’écrivain renommée qu’elle est aujourd’hui. L’émission a pris soin de reconstituer, avec l’aide des personnes de son entourage, les scènes marquantes de la vie d’Emma l’ayant amené à consacrer pleinement sa vie à l’écriture. L’émission lui réserve par ailleurs une surprise révélée à la fin de celle-ci en organisant une rencontre avec le fameux Domi avec lequel elle entretient une relation épistolaire 2.0, correspondance uniquement par mail, depuis qu’elle a 17 ans. Revenons trente ans en arrière grâce aux vidéos reconstituées par l’émission. Emma a 17 ans lorsqu’elle prend le TGV de 8h46 pour se rendre dans le Périgord, dans la maison de campagne de ses grands-parents. Elle vit avec ses parents, au bord du divorce, qui passent leur temps à se disputer. Lorsque Emma part en toute hâte pour ne pas rater son TGV, ses parents se disputent, ne lui prêtant aucune attention. Arrivée à la gare, elle aperçoit dans le kiosque la revue Jeunes écrits qui a organisé un concours d’écriture auquel elle a participé. Dans ce numéro, ils ont publié les trois gagnants et Emma aimerait savoir si elle en fait partie ! Étant en retard, elle n’a pas le temps de l’acheter au risque de rater son train. A bord du train, elle se retrouve à côté de Nelson Rapur, un écrivain qu’elle admire, en train de lire la nouvelle d’Emma publiée dans la revue Jeunes écrits intitulée Avec un peu d’amour et beaucoup de chocolat ayant remporté la deuxième position au concours. Nelson Rapur ayant été président du jury de ce concours, les deux protagonistes échangent alors sur ce sujet et commencent à nouer une relation. Mais Nelson Rapur est condamné à mort par les « Vengeurs de Dieu », une condamnation qui va finalement avoir des conséquences sur la vie d’Emma. Le TGV va être la cible d’un attentat contre Nelson Rapur, Emma portera les conséquences de cet évènement.

Le récit s’ouvre sur le début de l’émission par un dialogue entre Emma et le journaliste, Frédéric. Cette ouverture nous plonge directement dans la forme du récit et marque l’originalité du livre rythmé par les dialogues sur le plateau et de la description des scènes reconstituées. L’histoire d’Emma montre que le destin peut parfois totalement changer notre vie et nombreuses sont les questions que nous nous posons au long de l’histoire : et si Emma avait raté son TGV ? Et si Emma était assise à une autre place dans le train ? Car chaque moment vécu avant qu’elle attrape son train est détaillé avec minutie afin d’interroger le lecteur. L’écrivaine est un récit intéressant et très plaisant qui parle du destin mais aussi de l’écriture à travers le discours d’Emma qui donne goût à écrire. Elle nous livre aussi quelques clés pour écrire un bon roman et nous fait part de ses références littéraires. Un suspens règne par ailleurs en permanence au fil des pages, tient le lecteur en haleine et l’incite à continuer pour toujours en savoir plus. C’est un récit très émouvant avec une fin complètement inattendue, un récit qui nous conduit à réfléchir notamment sur des questions cruciales : faut-il  s’apitoyer sur son sort ou accepter le sort qui nous est réservé pour avancer ?

Je conseille la lecture de ce récit dès la 5ème pour se divertir et réfléchir mais aussi pour en apprendre sur l’écriture, notamment aux collégiens ayant un goût prononcé pour la lecture et l’écriture.

L’ambition de Christian Grenier, auteur de ce roman, s’inscrit dans la perspective de nous interroger sur le destin, sur les évènements inattendus qui font basculer notre vie. Il propose d’autres tomes indépendants de celui-ci sur la vie d’Emma :

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Jack Bright, de Cédric Janvier

Le livre maléfique

Afficher l'image d'origineC’est la rentrée et Monsieur Dray, professeur de français en collège, essaie comme chaque année d’intéresser ses élèves à la lecture. Franchement, ce n’était pas à quoi rêvaient Léo et Pierre pour leur premier jour en 5ème !

Monsieur Dray, fan de piraterie, leur impose d’étudier les aventures de Jack Bright. Les deux collégiens ne sont pas adeptes de la lecture donc inutile de dire que s’adonner à cet exercice ne les emballait pas beaucoup. Mais contre toute attente, ce livre va captiver les enfants qui vont se lancer sur les traces d’un célèbre corsaire dans un périple plein de mystères, à la recherche d’un livre mystérieux.

L’histoire commence en milieu scolaire, avec une réalité toute évidente sur la lecture : les enfants ne sont pas forcément très heureux d’avoir des textes imposés. Notamment pour les réfractaires qui n’y voient qu’une perte de temps. Mais un sujet comme celui des pirates ne pouvait qu’intéresser les garçons !

C’est une histoire facile à lire, sans surprise au niveau du dénouement, mais je ne pense pas que ce soit le plus important. En fait, comme dans le récit, ce livre va réconcilier les enfants avec la lecture. Il est très accessible, plein de fraîcheur. Le vocabulaire est simple, les chapitres s ‘enchaînent facilement. Petit clin d’oeil au moment d’évoquer l’immersion des collégiens dans une famille anglaise avec quelques phrases en anglais non traduites.

On y retrouve l’ambiance des rentrées des classes, les retrouvailles avec les professeurs, l’angoisse de savoir avec qui on va se retrouver. Et puis, plus tard dans l’année , l’incontournable voyage en Angleterre. Tout ceci nous prête à sourire car pour les plus grands, ce sont beaucoup de souvenirs et pour les plus jeunes c’est une situation vécue tous les ans dans le collège  !

Chacun peut donc s’identifier facilement aux jeunes héros et une fois le roman terminé, on peut espérer que nos jeunes lecteurs prendront le chemin du CDI afin d’y trouver des histoires tout aussi palpitantes !  Ce récit procure vraiment un bon moment de détente.

Ce livre me fait penser aussi à « Jumanji ». Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’enfants qui ont trouvé une boîte mystérieuse, dans une malle. Cette boîte contient un jeu : le « jumanji ». En débutant la partie, un enfant se fait aspirer par le jeu.