Coup de batte, de Ahmed Kalouaz

La vengeance

batte.jpg

Pourquoi Félix s’en est-il pris à son entraîneur, monsieur Morel, en lui assénant des coups de batte de base-ball ? Lui, un jeune garçon si doux et sans problème ? Que lui est-il passé par la tête?

Félix est sportif, il fait de la course de demi-fond et appartient au club d’athlétisme de son village. Tout le monde le connaît et personne ne comprend le geste du jeune adolescent. Mais les révélations de Félix vont faire l’effet d’une bombe… En effet, Charlotte, sportive elle aussi, se confie à son ami Félix sur les agissements douteux de son entraîneur à son égard.. Celui-ci aurait eu des gestes déplacés et répétitifs….Et puis de confidences en confidences, les langues se délient et Félix s’aperçoit avec effroi que Charlotte n’est pas la seule victime. D’autres sportives ont subi les attouchements d’un entraîneur trop entreprenant. Alors Félix décide d’agir, de dénoncer ce que personne n’ose avouer. Il va être interrogé par la police sur son agression envers monsieur Morel et il risque gros. Mais peu importe, Félix décide de faire la lumière sur cette sombre affaire.

Coup de batte est un roman qui traite d’un sujet sensible présenté avec beaucoup de délicatesse. Il est difficile pour les victimes de dénoncer leur bourreau sans que leur parole soit mise en doute. En général, les langues ont dû mal à se délier par peur. Le harcèlement, les abus sexuels restent encore des sujets tabous.

Les tours du bois-Maury, 1. Babette – de Hermann

Aymar, le chevalier au grand coeur

babette.jpg

Avec Hermann, le lecteur se retrouve au Moyen-âge, période de souffrance où on se bat, on torture, on meurt de faim. Aymar de Bois Maury est un chevalier, dépossédé de ses terres, qui erre et qui n’a de cesse de se battre pour récupérer son domaine et connaître ses origines. C’est un homme bon, courageux qui combat l’injustice. Il est accompagné de son fidèle écuyer Olivier, tout dévoué à sa cause. De l’Europe à la Palestine, tous deux font un long voyage à travers le monde, côtoient la misère, font de belles rencontres, apportent leur aide à ceux qui en ont besoin.

Aymar de Bois Maury va notamment voler au secours de Germain, un maçon dont la belle, Babette, une paysanne, a été violentée par un chevalier, grossier et loin des codes de la chevalerie. Celui-ci va trouver la mort, un épieu planté dans le dos. Germain est accusé de meurtre et remis au Jugement de Dieu : sa main plongée dans la braise devra guérir au bout de 3 jours sinon ce sera la pendaison. Qui a tué le chevalier ? Aymar arrivera-t-il à prouver l’innocence de Germain avant l’exécution de la sentence.

Aymar de Bois Maury va traverser un Moyen-âge tourmenté, rude, noir, plein de désespoir. Il a conscience de son rang mais sera toujours du côté du faible qu’on méprise, qu’on accable. Il rêve d’un avenir meilleur.

Vous aimez l’Histoire, l’aventure, cette bd est pour vous. Hermann nous fait entrer dans un Moyen-âge de sang où la violence est omniprésente. Les paysans sont malmenés par des seigneurs sans scrupules et exploités par une Eglise, au pouvoir absolu, qui profite de leur ignorance. Dans ce volume, Hermann décrit des personnages proches de la terre dont le seul but est de survivre.Toutes les vies n’ont pas la même valeur à cette époque. Les illustrations traduisent très bien cette ambiance, ces moments durs et parfois tragiques.

L’affaire Caïus, de Henry Winterfeld

Accusé à tort…

Eléa est élève de 6ème et passionnée par l’Antiquité. C’est avec un grand plaisir qu’elle m’a confié ses impressions sur L’affaire Caïus.

affaire.jpg

Eléa, peux-tu en quelques mots nous résumer cette histoire ?

«Eh bien, nous sommes à l’époque de la Rome Antique, et au début du roman, nous sommes dans une salle de classe, réservée à l’élite. Caïus est interrogé par son professeur, mais tous les élèves autour de lui ricanent. Le professeur surprend alors une inscription qui pend au mur : «Caïus est un âne». C’est Rufus qui l’a écrit donc il est sanctionné. On lui demande de quitter la classe avec toutes ses affaires. Mais le lendemain, ni Rufus, ni Caïus, ni le maître ne se rendent à l’école. Mais que ne fut pas la surprise des élèves de découvrir la salle sens dessus-dessous, leur professeur ligoté et enfermé dans une armoire. Mais plus grave, en fin de journée, ils remarquent une inscription sur le mur du temple de Minerve : «Caïus est un âne».

A cette époque, inutile de dire que taguer un temple entraînait de grosses sanctions, comme des mains coupées par exemple ! Et c’est encore Rufus qui est accusé, forcément. Celui-ci nie tout en bloc et les élèves décident alors de mener leur propre enquête.

Qu’as-tu trouvé de si passionnant dans cette histoire ?

En fait, le lecteur mène son enquête en même temps que les élèves, comme dans un jeu de piste. On pense avoir trouvé l’auteur des faits et au même moment un élément vient tout remettre en question.

Comment pourrais-tu qualifier ce roman ?

C’est à la fois un roman historique et policier. Historique, car on apprend beaucoup de choses sur le mode de vie de cette époque. Policier, car il entraîne nos héros dans une quête de la vérité bien rythmée.

Est-ce-que le fait de choisir des enfants pour incarner les héros rend le roman plus accessible, plus captivant ?

Personnellement, je trouve qu’on peut s’identifier à eux donc on y trouve plus d’intérêt.

Je te remercie Eléa pour ce bon moment et j’invite donc tous nos jeunes lecteurs à participer à cette enquête hors du temps. Si vous aimez les histoires d’entraide, d’amitié et de suspens, je vous conseille de suivre le choix d’Eléa. Bonne lecture !

Après vous, M. de La Fontaine… « Contrefables », de Gudule

La raison du plus fort n’est plus la meilleure !

fable.jpg

Qui ne connaît pas les fables de La Fontaine ? Dès notre plus jeune âge, on apprend qu’un corbeau a perdu un fromage, qu’une grenouille jalouse un bœuf au point de vouloir lui ressembler, que le lièvre s’est fait battre à la course par une tortue, bref autant d’histoires que de personnages ! Des récits croustillants et ironiques où la force et la ruse sont toujours victorieuses. Un petit manque d’humanisme quand même. Après tout, Jean de La Fontaine ne faisait que dépeindre la société. Et si on bousculait tout ça ? Ainsi le loup deviendrait aussi doux que l’agneau qu’il comptait dévorer, il deviendrait reconnaissant de ce qu’a fait pour lui la cigogne. En rêve peut-être ?

Un peu osé comme pari ! Eh bien, Gudule l’a fait, et de très belle manière. L’auteur a revisité près de 23 fables. Elle n’a en rien modifié le contenu de l’histoire mais elle a tout simplement imaginé une suite où le faible serait mieux défendu. La médiocrité, la méchanceté, la tromperie n’ont plus leur place. Enfin une justice pour les plus malchanceux ! Gudule se fait l’avocate des plus démunis, de ceux qui n’ont que leur gentillesse et leur loyauté pour se défendre. Après vous, M. de La Fontaine est un petit bijou. Gudule a un vrai talent d’écriture nous faisant presque oublier l’original. Qu’il serait bon que la réalité dépasse les contrefables de Gudule…..

Doublement piégé, de Dounia Bouzar

« L’ignorance mène à la peur. La peur mène à la haine. La haine mène à la violence. »

Alex Edouk, 17 ans, est en recherche d’identité : un prénom français mais un physique marocain, une mère française, mais un père marocain, juge anti-terroriste, qui a plutôt tendance à renier ses origines. Ce qui fait le lien, c’est son grand-père paternel. Sa sagesse est source d’apaisement. Très pieux, celui-ci  pratique néanmoins un islam modéré et permet à Alex de mieux appréhender ses origines multiples.

Alors, le jour où celui-ci décède d’une crise cardiaque, sans prévenir, Alex s’effondre. Il va chercher des réponses sur Internet sur la mort, sur la religion. Peu à peu, il tisse des liens avec une certaine Bachira… C’est le début de l’embrigadement… Jusqu’où Alex est-il prêt à aller par amour et par désespoir ? Comment tombe-t-on entre les mains de Daesh ? Y a-t-il un profil-type des jeunes manipulés ?

Un roman à destination d’adolescents avertis à partir de 14-15 ans qui mêle quête d’identité, souffrance psychologique, et action. Le jeune Alex, issu d’une famille très intégrée à la culture française, qui a tendance à dénigrer la religion  va se faire piéger par des discours sur la vie après la mort et l’accès au paradis. C’est en espérant sauver ses parents mécréants et leur ouvrir les portes de ce paradis afin d’y retrouver le grand-père qu’Alex, vulnérable, commence à tisser des liens sur internet. Son départ-enlèvement vers la Syrie est un tournant dans l’histoire qui devient roman d’action. On vit avec Alex les tortures que les djihadistes lui infligent pour savoir s’il est apte à intégrer leur rang et mourir pour la cause.

C’est un roman à deux voix où les points de vue alternent à chaque chapitre du récit. La voix d’Alex, adolescent vulnérable et la voix du père, juge anti-terroriste qui met tout son coeur à défendre son pays d’adoption par la voie de la justice, quitte à renier ses propres origines.

Cette histoire est aussi une histoire de famille. Quelle est la place de chacun dans le cercle familial. Comment être présent en tant que parent sans pour autant imposer sa propre vision du monde. Comment les liens familiaux se resserrent dans l’adversité et aident à affronter les épreuves. Au final, chacun fait son chemin de vie et se remet en question par rapport aux valeurs qu’il souhaite défendre et ce en quoi il croit. Le chemin que l’on prend n’est pas toujours le bon et l’on fait des erreurs mais tout reste possible. Finalement, malgré le propos dur de ce livre, il s’en dégage un parfum d’optimisme. Faisons confiance en l’Humanité.

Un livre sur les rouages de la manipulation et de l’embrigadement qui permet de mieux comprendre de l’intérieur comment tout cela est possible et que tout n’est pas forcément noir ou blanc. Un roman d’actualité bien construit qui permet aux jeunes lecteurs d’appréhender un sujet difficile et hélas trop présent dans leur quotidien.

L’arbre aux fruits amers, de Isabelle Wlodarczyk

La couleur interdite…

fruits.jpg

Isabelle Wlodarczyk nous offre là un récit plein d’émotions et de sensibilité. Sensible par le thème et par les émotions qu’il dégage. Une histoire émouvante qui nous transpose dans les années 1930 où deux mondes sont en opposition : les Blancs et les Noirs. D’une part, nous avons les haineux qui malmènent cette communauté noire qui ne devrait pas avoir le droit d’exister et de l’autre un peuple qui essaie par tous les moyens de vivre. Et la réalité est terrible, on assiste impuissant au massacre des Noirs, à cette lutte acharnée contre la différence de couleur. C’est un véritable lynchage.

On va suivre en parallèle deux histoires. Celle de James, un adolescent noir qui va se trouver embarqué dans une sordide histoire de viol et de meurtre d’un homme blanc et de sa petite amie. Au dernier moment, pris de panique et de honte, il s’enfuit alors que ces deux copains n’hésiteront pas à massacrer le couple. Mais James a été vu en compagnie des agresseurs, deux afro-amériains qui seront matraqués à mort puis pendus. Il n’y a pas de procès, les Blancs font leur propre loi et la seule sentence est la mort immédiate. James va sauver sa tête mais sa vie va basculer…Ce fait divers va déchaîner un déferlement de haine de la part des Blancs. Et puis il y a Sam, un Blanc, fils du shérif, adepte du Ku Klux Klan , des fanatiques anti-noirs. Il a participé à la mise à mort des deux afro-américains.

Ce récit ne nous parle pas simplement de racisme mais évoque également la souffrance d’une mère et d’un père.

Vera, la mère de James, est impuissante face à la descente aux enfers de son fils qui devient l’homme à abattre. Le shérif a honte de son fils, il a honte de ce qu’il est devenu. Il a arrêté James mais il est persuadé de son innocence. Il fera tout pour que la vérité éclate, quitte à renier son fils, auquel il ne pardonnera jamais les agissements. Arrivera-t-il à se faire entendre ? Quel sort la population blanche va-t-elle réserver à James ?

Isabelle Wlodarczyk est vraie, directe. Elle livre cette histoire sans détour plongeant ainsi le lecteur dans une période sombre des Etas-Unis. Les mots sont forts, les personnages sont attachants car chacun d’eux se débat dans des situations délicates : un shérif dont le fils tourne mal, un pauvre noir qui n’est pas né avec la bonne couleur dans le bon pays à la bonne époque. Il est intéressant de voir la progression de la relation de l’ homme de loi  et du jeune adolescent, complètement improbable vu le climat de violence de l’époque.

Ce récit est tiré d’une histoire vraie, ce qui accentue l’émotion qu’on éprouve. L’histoire de James est une histoire parmi tant d’autres. Rappelez-vous celle de Rosa Park qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus. Autre figure mythique, Martin Luther King qui se battra pour les droits des Noirs. De quel droit un homme peut prétendre être supérieur à un autre en fonction de sa couleur de peau ? Pourquoi tant de haine?  A cette époque, de nombreux Noirs seront pendus aux peupliers, dans les rues, pour symboliser cette supériorité et ce mépris.

Un dossier très complet et très bien fait sur la ségrégation, complète de belle façon le roman. On y apprend entre autre que le titre du roman s’inspire d’un magnifique poème Strange Fruit écrit par Abel Meeropol et chanté par Billie Holiday, une afro-américaine. Je cite :

Les arbres du Sud portent un étrange fruit. Du sang sur les feuilles et du sang aux racines. Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud. Etrange fruit suspendu aux peupliers.

L’homme de la grue, de Eric Sanvoisin

SOS d’un père en détresse

grue.png

Un divorce, deux parents qui se déchirent et au milieu Camille qui ne comprend pas la haine de sa mère pour son père… Tout ce qu’elle sait c’est qu’elle ne voit plus son père et elle souffre. Ce père tenu éloigné de son enfant, ce père en plein désespoir, privé de la garde de sa fille depuis un an, n’en peut plus. Alors pour marquer cette année d’absence il décide de monter sur une grue et de manifester cette injustice.Est-il fou?Est-il inconscient ? « l’homme de la grue » comme le surnomment les médias ne sait pas où tout ça va le mener. Camille est ballotée entre une mère bien décidée à l’éloigner de son père, les médias et sa vie au collège.

Inspiré d’un fait réel, ce livre alterne le témoignage direct du père et les sentiments de Camille qu’elle exprime dans un journal. Cet écrit dégage une grande sensibilité et met à nu l’amour d’un père pour sa fille. Le journal intime fait le balancier dans le roman et permet aux lecteurs de se rapprocher du personnage de Camille. Au début on ne sait pas bien pourquoi cet homme va sur un chantier la nuit pour monter sur une grue. L’auteur sait ménager le suspens. Le lecteur ne sait pas où il va. Puis on fait la connaissance de Camille et tout commence à prendre forme. Eric Sanvoisin met l’accent sur le côté psychologique des personnages. La maman de Camille a une haine démesurée envers son ex-mari et on apprendra pourquoi à la fin du roman. Elle ne veut pas que sa fille voit son père ou qu’elle parle de lui. En fait, elle utilise Camille pour faire payer à son ex-mari ce qu’elle a subi. Les relations mère / fille sont donc tendues. D’une certaine manière, Camille est prise en otage par ses parents. Elle ne sait même pas pourquoi ses parents ont divorcé. Heureusement, elle a une amie qui vit elle aussi une situation difficile et à qui elle peut se confier.

Aujourd’hui est un drôle d’anniversaire. Je n’ai pas très envie de le fêter. Il n’y aura pas de bougie. Pas de gâteau. Comment célébrer quelque chose qu’on a envie d’oublier ? Ça fait tout juste un an que je n’ai pas vu papa. C’est long, un an. Je n’en parle plus à maman. À chaque fois que je prononce le mot « papa », elle s’énerve, se fâche et monte sur ses grands chevaux. Ça me décourage. Alors je me tais. Je ne parle plus jamais de lui.

Trois personnages, trois souffrances. C’est la dure réalité des déchirements familiaux…Les enfants n’ont rien demandé mais se trouvent au milieu des conflits des « grands ». On ne peut pas juger le père qui veut défendre ses droits ou la mère terriblement marquée par la trahison de son ex-mari. Chacun réagit suivant un vécu, leur réaction est légitime.

Un roman court, accessible dans lequel les adolescents se sentiront proches de Camille. Un récit poignant, émouvant qui ne laissera personne indifférent.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Elliot, de Graham Gardner

Violences à l’école.

Elliot, elliot-graham-gardner-9782081626348un collégien ordinaire, a une vie plutôt compliquée : un père, qui après une agression, a perdu toute envie de vivre ; et au collège, il est le souffre- douleur : il se prend des coups par ses camarades, et personne ne fait rien.

Alors, quand sa mère, pour le protéger, décide de déménager pour la rentrée au lycée, Elliot est heureux mais a toujours peur. Il ne veut pas se faire remarquer ou alors se faire remarquer mais en positif. Il s’inscrit donc au club de natation.

Les semaines passent et Elliot est spectateur de ce qu’il a vécu au collège. Il est impuissant face à cela et regarde d’autres élèves se faire massacrer par les plus forts.

Mais tout bascule quand on vient lui demander de faire partie des « Gardiens », ce groupe d’élèves haut placé qui décide de qui se fait tabasser ou non, persécuter ou non. Ils font la justice à l’école.

Elliot va-t-il se laisser entraîner là dedans ?

Ce livre aborde les relations entre élèves et les violences à l’école de manière très réaliste. Ce roman est touchant, il montre le courage de ces enfants dans des situations compliquées. Elliot est un élève ordinaire, il ne réagit donc pas en tant que héros mais de manière simple et par moment avec lâcheté.

Ce livre se lit très bien et l’auteur nous laisse imaginer la suite avec une fin que je vous laisse découvrir.

Enregistrer

Mauvais sangs, de Sarah Cohen-Scali

Une vengeance peut en cacher une autre …

9782081613478FSLe livre contient six nouvelles policières relatant six faits divers différents mais avec un thème commun « la vengeance ».

Chaque histoire est étonnante et a une chute inattendue : on croit savoir mais on ne sait pas… Les histoires sont très courtes ce qui permet à tout lecteur, quel que soit son niveau, de pouvoir entrer dans l’univers du genre policier.

Le récit est bien mené, le suspense est parfait, il y a toujours un petit détail qui annonce la fin et nous fait complètement tourner la tête concernant l’identité du ou des meurtriers.

Le langage peu paraître un peu brutal, mais cela vient du fait que l’auteur s’est vraiment mise à la place des personnages (tueurs, cambrioleurs …) Le jargon utilisé correspond tout à fait et nous fait directement entrer dans le contexte.

Juste un petit bémol pour la dernière nouvelle qui, me semble de trop car  traitant moins directement le sujet.

Petit résumé bref de chaque nouvelle, juste pour le plaisir de donner envie :

  • Mauvais plan

Un homme accidenté de la route, se retrouve sur un lit d’hôpital, sans pouvoir ni parler, ni bouger. La seule chose, une femme le hante, mais pourquoi est-il si mal à l’aise face à celle-ci ?

  • The end

Un homme est abattu d’une balle, sur une scène de théâtre devant des dizaines de spectateurs … Réalité ou fiction ???

  • La maison

Une guide touristique, une maison abandonnée en haut d’une colline et des touristes curieux et impatients. La visite de la maison fera ressortir un passé troublant.

  • Justice

Au coeur d’un procès pour meurtre, le suspect avoue à son avocat sa culpabilité. A la veille de sa plaidoirie, que va faire l’avocat ? Continuer ou renoncer à le défendre ?

  • Le prince charmant

L’arrivée d’une SDF à Aube-sur-Loing ne passe pas inaperçue, cela perturbe l’ensemble des habitants pendant des mois. Jusqu’au jour où le baron De Chauda prend les choses en mains.

  • Un p’tit beur en or

Yassin, sportif, rentre à Paris avec comme fierté sa médaille d’or olympique. Paris est calme, trop calme en ce matin d’avril, mais bientôt les manifestants envahissent les rues ….

Amateurs de policier :  à lire …. non amateurs : il faut le devenir !!!!!!

L’affaire Jennifer Jones, d’Anne Cassidy

Enfance meurtrie

Alice Tully, jeune femme de 17 ans, est serveuse dans un bar. Elle vit chez Rosie, assistante sociale. Depuis quelques temps, elle s’intéresse beaucoup aux articles concernant la libération après 6 ans d’emprisonnement, d’une enfant-meurtrier du nom de Jennifer Jones. Et pour cause, Jennifer Jones, c’est elle. Pour avoir une chance de refaire sa vie, elle a été libérée six mois avant l’annonce officielle de sa libération. Cela devait lui laisser la possibilité de s’installer incognito dans une nouvelle ville, dans une nouvelle vie, loin du passé. Mais ce passé va bien vite la rattraper avec l’arrivée en ville d’un détective privé qui fouine partout en brandissant une vieille photo d’elle.

Ce livre, vivement conseillée par une élève du collège, est intéressant du point de vue du thème de l’enfant-meurtrier, très peu voire pas abordé en littérature jeunesse. Ce qui intéresse l’auteur n’est pas tant l’enquête en elle-même, puisque celle-ci est terminée depuis longtemps lorsque commence le récit. En cela, le roman s’apparente plus à un récit de vie qu’à un roman policier. Les chapitres alternent entre la vie actuelle de « Alice Tully » et son passé jusqu’au moment du meurtre. La grande réussite du roman du point de vue de l’intrigue est de ne révéler l’identité de la victime et les circonstances du drame que vers la fin. D’ailleurs, Jennifer Jones est-elle réellement coupable ? D’un hyperréalisme assez cru, les faits sont racontés de manière presque clinique. En aucun cas larmoyant, ce livre est plutôt une analyse des causes qui peuvent pousser un enfant au geste extrême. Une mère-célibataire plus préoccupée par sa carrière en déclin de mannequin, un sentiment profond d’abandon, etc. Est-on réellement coupable à 10 ans ? Peut-on vraiment SE reconstruire alors que l’on a été condamné pour un tel acte ? Quelle est la part de responsabilité de la société dans un cas pareil ? Le pire n’aurait-il pas pu être évité ?

Ce qui est le plus intéressant à mon avis dans ce livre, c’est le traitement du fait divers, et en cela, il devrait être lu par les 3ème du club journal du collège : qu’est-ce qu’un fait divers ? Quel rôle joue la presse dans le traitement de cette information ? Jusqu’à quel point les journalistes peuvent-ils disposer d’une histoire alors que les protagonistes sont encore vivants ? Ne s’agit-il pas là d’une double peine infligée aux coupables que la révélation des faits dans la presse ? Est-il possible de refaire sa vie lorsque l’on est sous le feu des médias pour une affaire aussi sordide ?

Enregistrer