Le génie du pousse- pousse, de Jean-Côme Noguès et de Anne Romby

La voie de la sagesse…

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Chen possède dans la vie deux choses importantes : un pousse-pousse de bambou, qui est son gagne-pain, et son amitié pour Wang, un pêcheur. Modeste, il se nourrit chaque jour d’un bol de riz. Mais alors qu’il veut cueillir une branche de jasmin, il passe par-dessus le mur qui le sépare d’un palais et d’un parc merveilleux. Fasciné par la beauté et la richesse des lieux, il se met à rêver à une existence luxueuse, pleine de faste, inaccessible pour lui, pauvre tireur de pousse-pousse… Sa vie lui paraît bien terne soudain. Chen veut devenir riche à son tour. Alors il réfléchit à ce qui pourrait lui rapporter de l’argent. Mais il va rapidement apprendre que rien n’est acquis d’avance, qu’il faut se donner les moyens pour y arriver et que la vraie richesse reste l’amitié.

Ce conte chinois va enivrer le lecteur de saveur, de parfum. L’écriture est apaisante, les illustrations fines, colorées sur un papier à dessin que l’on appelle du papier d’ingres, similaire à celui d’un parchemin. Tout y est soigné, minutieux. On s’attarde sur les détails, on part véritablement en voyage. Le génie du pousse-pousse est un conte qui nous transporte.

Le voyage inspiré, de Jean-Côme Noguès

Terre, terre !

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Grenade 1492…Pedro Alvarez se souviendra à jamais de cette année. Il n’a que quatorze ans. Seul, sans attaches, sans maison, il est livré à lui-même. Une vie de misère à laquelle il doit s’habituer. Il veut fuir Grenade mais pour aller où ? Jusqu’au jour, où son chemin croise celui d’un homme qui va bouleverser le cours de sa vie, qui va l’entraîner dans une folle aventure sur les eaux. Cet homme n’est autre que Christophe Colomb qui projette d’aller aux Indes, pays de l’or et des épices. Il propose à Pedro de l’accompagner. Il lui donne un surnom, Chinito qui veut dire petit caillou en espagnol. Le gamin décide alors de se laisser emporter par un destin dont il n’aura pas la maîtrise.

C’est un récit qui mêle histoire et fiction car l’auteur a imaginé que Christophe Colomb avait emmené pour son premier voyage, un jeune garçon rencontré sur un chemin à Grenade. Il sera témoin d’un événement historique mais il ne le sait pas encore..

Pedro Alvarez, devenu un vieillard, raconte cette expédition tourmentée et merveilleuse qu’il a fait avec Christophe Colom b. Un périple pas  facile car Pedro n’a pas été accepté par les autres matelots et son maître n’a pas toujours été tendre.Un récit sous forme de journal de bord dans lequel cet ancien mousse va livrer les sentiments qu’il a ressentis tout au long de son voyage. L’histoire s’articule autour de la période où Pedro est enfant et la période d’écriture où le vieil homme laisse aller ses émotions. Il embellit ses souvenirs.

Le voyage inspiré souligne tous les dangers d’un voyage de l’époque : le manque d’hygiène, les changements climatiques auxquels l’équipage n’était pas préparé, le risque de mutinerie, la façon de s’orienter. Il y aussi l’envers du décor avec le mauvais traitement que subira le peuple découvert par les marins à leur arrivée sur terre. Un peuple nu dont la seule richesse est une nature que l’homme n’a pas encore transformée. Mais Christophe Colomb a déjà de grandes idées pour exploiter les terres sans faire de sentiments pour ceux qui y habitent.

Un récit historique qu’on prend plaisir à lire.

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