Le journal nul de mes amours nulles, de Bernard Friot

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le journal nul de mes amours nulles, de Bernard Friot

9782081344716fsCe petit livre très rapide est à conseiller à tous les élèves dès le CM2 car il risque de bien vous faire rire.

Ben, élève de 5ème va être obligé, par sa professeur de français, de rédiger un journal intime, ce qui ne va pas forcément lui plaire ! Il se demande bien quelles sont les choses qu’il va pouvoir raconter dans son petit carnet que leur professeur de français va ramasser et lire, voire même parfois devant toute la classe.  Ca n’est sur le coup pas très intime… Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir dire et que va-il découvrir sur ses camarades de classe ? Un jour,  alors que Ben va  dans son grenier, il va tomber sur le journal intime de sa sœur. Il va décider de s’en inspirer… Il ne sait pas encore les conséquences que cela va avoir !

Ce livre est vraiment génial, il est rapide à lire et très marrant. Le personnage est attachant, rigolo, l’histoire est remplie de petites anecdotes. Le texte lui-même se lit comme un journal intime, avec des annotations, des gribouillis dans les marges, ce qui rend la lecture vivante.

Chloé, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Rouge tagada, de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Une histoire d’amour ou d’amitié…

Le premier jour de laCouv_183136 rentrée, Alex repère une autre jeune fille, Layla, assise seule sur un banc mais n’ose pas lui parler. Elle est avec ses deux amis : Jade et Benjamin. Lors d’une sortie théâtre, les deux adolescentes se rapprochent jusqu’à devenir inséparables. Elles font désormais tout ensemble : écouter de la musique, se déguiser, faire du shopping … Jusqu’au jour où Layla, en vacances chez son père, rencontre un garçon. Alex ressent alors un drôle de sentiment qu’elle a du mal à s’expliquer : de la jalousie.

Les auteurs abordent dans cette courte bande-dessinée le thème de l’homosexualité ou du moins de l’attirance entre deux jeunes filles à un âge où non seulement on se cherche mais où aussi il est important d’être comme les autres pour être accepté. Dommage que le thème ne soit pas plus approfondi : il nous manque la réaction des autres camarades, la réciprocité ou non des sentiments… La fin est très soudaine, il n’y a pas vraiment de conclusion. En fait, on effleure à peine le sujet que le livre touche à sa fin et on se sent frustré.

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Sous la peau d’un homme, de Praline Gay-Para et Aurélia Fronty

La théorie du genre

Ils étaient deux frères : l’aîné avait sept garçons, le plus jeune, sept filles. Lorsqu’ils se croisaient, ils se saluaient ainsi : « Journée de bienfaits, père des sept lumières » disait le plus jeune. « Bonjour, père des sept misères ! »répondait l’aîné. Un jour, pour lui prouver que  la femme est l’égale de l’homme, la fille aînée propose un marché à son oncle : « Si tu veux savoir qui de ton fils ou de moi est la misère, retrouvons-nous demain, ici, à la même heure. Nous partirons de par le monde pendant un an et un jour et celui de nous deux qui reviendra en ayant le mieux tiré profit de son voyage te montrera qui est la vraie misère ! » Ainsi fut dit, ainsi fut fait… Mais pour réussir, la fille aînée se fera tout de même passer pour un garçon !  Elle se rend en effet, « sous la peau d’un homme », chez un prince voisin connu pour sa misogynie.

Servi par des illustrations aux couleurs vives que je trouve pour ma part vraiment très réussies,  ce conte librement adapté d’un conte d’Afrique du Nord, bouscule les idées reçues sur les hommes et les femmes et sur les sentiments amoureux.  Traitant avec finesse de thèmes comme la théorie du genre, l’homosexualité, la condition féminine, les préjugés sexistes et l’égalité des sexes,  cet album nous fait se poser la question suivante : faut-il que la femme montre des compétences généralement attribuées à l’homme (jouer aux échecs, parler politique) pour se faire respecter ? Et l’homme n’a-t-il pas une part de féminin en lui tout comme la femme une part de masculin qu’il serait temps d’accepter comme un fait ?

 

 

Cinq jours par mois dans la peau d’un garçon, de Lauren McLaughlin

Navet…

Jill, 17 ans a une anomalie qu’aucun médecin n’a jamais pu expliquer. Tous les mois, pendant cinq jours, juste avant ses règles, elle se transforme en un garçon, Jack. Ses absences au lycée sont justifiées par de soi-disantes transfusions sanguines. Durant ces cinq jours, Jack, lui, doit rester enfermé chez lui pour que personne ne le voie.

cinq-jours-par-mois---dans-la-peau-d-un-garcon-46967Pour une fois, voici la chronique d’un livre que nous n’aurons pas au CDI. Reçu gratuitement, je me refuse à mettre un tel navet dans le fonds du CDI. En faisant quelques recherches sur Internet, ce livre, édité en littérature jeunesse se trouvait dans plusieurs bases de CDI de collège, se trouvait également  dans plusieurs blogs de littérature jeunesse classé dans les lectures 12-15 ans, avec généralement de bonnes critiques…pas de quoi s’affoler, donc.  Et pourtant ! Les chapitres donnent la voix tantôt à Jill et ses histoires très « girly » de garde-robes, d’amourettes et de bal de fin d’année, tantôt à Jack, et c’est là que ça se corse. Le ton devient d’une vulgarité sans nom. Le cliché des filles très superficielles et des garçons totalement obsédés ne relève  vraiment pas le niveau des débats sur l’égalité fille/garçon ou sur la théorie du genre ! Ce livre cherche peut-être à soulever les problèmes d’identité, d’orientation sexuelle (c’est ce que j’ai compris) mais il n’y a aucune réflexion intelligente derrière qui pourrait amener l’adolescent à être pondéré face à ses représentations. Me disant que j’étais peut-être un peu vieux jeu, je l’ai donné à feuilleter à ma collègue Vij (qui, je l’espère, m’excusera du temps qu’elle aura perdu !) qui a confirmé mon opinion. La fin tourne au mauvais thriller et aucune explication n’est donnée à rien…  nous avons néanmoins décidé d’en publier la chronique pour que vous, parents, documentalistes, adultes qui nous lisez ne donniez pas ce livre à un adolescent sans l’avoir lu vous-même avant.  Je ne saurais même pas le classer dans une tranche d’âge :  ni adolescents, ni jeunes adultes, ni même adultes. Bref, vous l’aurez compris, on a détesté !

Boys don’t cry, de Malorie Blackman

My heart belongs to daddy…

Dante, 17 ans, vient de passer ses examens de fin d’année qui vont lui permettre d’entrer à l’université afin de réaliser son rêve, devenir journaliste. Il attend le facteur avec impatience et angoisse. Lorsque la sonnette de l’entrée retentit, il est surpris de voir Mélanie, son ex-petite amie qu’il n’a pas revu depuis près de deux ans. Elle a un bébé dans les bras. La jeune maman va lui révéler qu’il est le père de l’enfant, née après leur courte liaison. Puis, prétextant quelques courses à faire pour son départ dans le Nord avec l’enfant, elle lui laisse la petite Emma. Les heures passent, Mélanie ne revient pas. Lorsqu’elle l’appelle enfin, c’est pour lui avouer qu’elle ne reviendra pas, qu’elle ne se sent plus capable d’assumer l’enfant. Exténuée, mise à la porte de chez elle, elle a peur de ce qu’elle serait capable de faire à l’enfant. Les rêves de Dante s’effondrent. Il vit seul avec son frère, Adam, et son père, sans beaucoup de moyens financiers. Il va devoir trouver du travail et assumer sa paternité. Mais sa famille est là pour le soutenir et l’aider. Cette situation va même permettre à ces trois hommes de renouer un dialogue perdu suite au décès de la mère. Ecrit sous forme de chapitres donnant la parole tantôt à Dante, tantôt à Adam, son jeune frère, l’histoire va se nouer autour de la petite Emma qui, sans le vouloir, va devenir le révélateur de bien des sentiments enfouis chez chacun.
Tous les thèmes chers à l’adolescence et ses questionnements sont présents dans ce roman touchant et facile à lire : les premiers rapports sexuels, le décès d’un parent, l’homosexualité du frère Adam et les violences homophobes, la paternité précoce et le choix d’assumer ses responsabilités, des secrets de famille dévoilés… Peut-être un peu trop de thèmes pour un seul ouvrage, c’est sûrement le défaut de ce livre, mais ce n’est pas grave, on accroche quand même et les adolescents en redemandent !
A partir de 14 ans