Raymond Kopa, premier ballon d’or, d’Eric Simard

Un ouvrage d’Eric Simard de la collection J’ai réussi ! des éditions Oskar, consacrée à des personnalités qui sont allées au bout de leurs convictions, malgré les difficultés. Des récits courts très accessibles pour les plus jeunes lecteurs.

 

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Raymond Kopa, une légende……

Raymond Kopa est un footballeur international français des années 50, un joueur vedette de son époque. Il est issu d’une famille de mineurs avec des grands-parents polonais venus en France en 1919 trouver du travail. Passionné de football, il consacre tout son temps à ce sport. Mais il sait que son destin est de travailler à la mine. A 14 ans, il va donc effectuer sa première descente au fond de ce trou noir. La poussière du charbon, les coups de grisou, les accidents voilà ce que va être sa vie ?

Un combat pour réussir à tout prix, pour sortir d’une vie de misère. Pas facile quand on est jeune, quand la guerre est présente et que le destin est déjà tout tracé. Se résigner ou se battre… Raymond Kopa a choisi de se battre et ce n’est pas pour rien qu’il est devenu la légende que l’on connaît.

Kill the Indian in the child, d’Elise Fontenaille.

Tuer l’Indien…

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     Dans les années 70, au Canada, Mukwa, un jeune Indien, doit – comme tous les enfants de son peuple – quitter sa famille pour aller étudier dans un pensionnat religieux. Si la famille de Mukwa l’encourage à partir s’instruire, l’objectif de ce type d’écoles est pourtant clair : faire oublier aux élèves leur culture et leur langue maternelles, éliminer en eux l’Indien pour qu’ils deviennent des citoyens lambda. Dans ce but, une multitude de mauvais traitements sont employés.

Attention, plusieurs scènes évoquées sont violentes. 

Récit inspiré d’une histoire vraie.

 

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     La première réaction du lecteur ne peut être que l’effarement devant la quantité de mauvais traitements évoqués dans un texte si court : on se dit que l’auteur exagère et tombe dans les clichés (celui du prêtre pédophile par exemple). On peut donc avoir du mal à accrocher à l’histoire. 

     Cependant, l’intrigue fait qu’on est finalement happé, pris dans le tourbillon qu’est le récit, et qu’on en oublie ce qui nous avait gêné au départ, d’autant plus que ce qu’on avait pris pour des lourdeurs de narration s’explique par la situation particulière du narrateur. Il faut donc absolument aller jusqu’au bout de ce livre !

     De plus, quelques recherches permettent de voir que tout, ou presque, est vrai, que rien n’est exagéré. L’histoire de ces enfants est tout simplement atroce, et il faut la connaître. 

     Aussi, cette dernière se fait l’écho de faits similaires – et même plus récents – concernant d’autres peuples qu’on a voulu assimiler à la culture dominante. Cette lecture peut donc amener à un questionnement intéressant sur l’éducation, l’identité, la culture, la langue maternelle et sur l’assimilation d’individus de différentes cultures. En effet, grâce à ce récit, on peut entrevoir l’effacement, l’élimination de l’identité que cette assimilation peut entraîner. 

     Il s’agit donc d’une lecture réellement importante – bien que dure dans les faits évoqués, d’autant plus si elle est suivie de recherches, de réflexion et de discussions sur le sujet. 

Au collège, à réserver aux classes de 4e et de 3e. Peut cependant se montrer pertinente en 5e dans l’objet d’étude de Français « aller vers l’autre / vers l’inconnu ». 

 

La Vague, Todd Strasser et Stefani Kampmann

« L’histoire est-elle amenée à se répéter »

Dans un lycée, un professeur veut faire comprendre à ses élèves la montée du nazisme. Les réactions sont nombreuses et marquent l’incompréhension : Comment le peuple allemand a-t-il pu laisser le régime d’Hitler s’installer ? Pourquoi n’a-t-il pas réagi contre l’atrocité des camps de concentration ? Comment peut-il affirmer qu’il ignorait jusqu’à la solution finale ? L’enseignant décide alors de faire l’expérience de l’idéologie de la puissance au sein de sa classe, à l’insu des élèves, en créant un mouvement : la Troisième Vague… … Contre toute attente, l’expérience va fonctionner… mieux que prévu… et sera même exportée en dehors de la classe. Leader, délation, espionnage, pression du groupe, tabassage, tous les ingrédients du totalitarisme vont être réunis dans ce « jeu de rôle » tragique… L’enseignant va vite se retrouver dépassé par l’ampleur du phénomène…
Adapté d’un roman qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires, et inspiré d’une histoire vraie, cette bande dessinée s’adresse avant tout aux adolescents. Le graphisme est simple et intègre des images historiques intéressantes lors des explications du professeur. Le noir et blanc convient bien à l’histoire ajoutant comme de la noirceur au propos…
« L’histoire est-elle amenée à se répéter » ? C’est la question que pose ce récit assez terrifiant sur la capacité qu’a la nature humaine à se laisser diriger par le groupe. Seul bémol : sous forme de bande dessinée, l’expérience semble assez précipitée -nombre de pages restreint pour raconter l’histoire, je suppose- et il sera intéressant de lire le roman en parallèle, bientôt disponible au CDI.