Art et politique, de Nicolas Martin et Eloi Rousseau

We don’t need another hero

Un ouvrage passionnant pour comprendre comment l’art  peut être une forme de pouvoir. Parfois, les artistes se mettent au service du pouvoir dominant, et leur art devient instrument de propagande, même d’un pouvoir totalitaire. Parfois, au contraire, les artistes se mettent au service de mouvements contestataires pour dénoncer l’oppression, les injustices, parfois au péril de leur vie.

Cet ouvrage, abondamment illustré, présenté de manière très agréable et aérée, en courts chapitres bien construit, dresse un aperçu à travers l’Histoire de l’artiste qui est là  non seulement pour représenter le monde, mais bien aussi pour le faire bouger ! Les différents mouvements sont présentés (du portrait de cour aux surréalistes, du réalisme au constructivisme), ainsi que différentes techniques ou supports (street art, affiches, photomontages, détournements, etc). Cet ouvrage s’articule autour de 7  thématiques présentées en chapitres : Révolte, Guerre, Révolution, Dictature, Dissidence, Luttes, Mondialisation. La palette d’artistes cités permet de plus  un éventail très large et varié  : David, Goya, Grosz, Warhol, Bansky, Heartfield, Ai Weiwei.

 

Les spectateurs, de Victor Hussenot

Le spectacle de la ville

Cette bande dessinée évoque de courtes anecdotes mettant en scène plusieurs personnages et décrivant leur relation, leurs sentiments vis à vis de la ville où ils vivent. Ils observent, comme des spectateurs, le monde qui continue de tourner autour d’eux.

Cet ouvrage magA66898nifique, don des éditions Gallimard, ne sortira que le 7 janvier et  met en avant les créations d’un jeune artiste, Victor Hussenot dont c’est la quatrième publication. Il a un blog sur lequel il publie régulièrement ses dessins et que nous vous invitons à visiter. Et c’est bel et bien ses dessins qui nous interpellent : ils sont beaux, colorés… et aussi très profonds et lourds de sens. L’artiste porte en effet un regard très cru sur les gens qui vivent en ville et se croisent sans pour autant faire véritablement attention à ce qu’il se passe autour d’eux, aux paysages ou aux gens qu’ils rencontrent. L’album comporte peu de texte mais ceux-ci aident à expliciter les illustrations et à en révéler le sens caché. Ces pensées philosophiques amènent à réfléchir sur la place de l’homme dans la ville mais aussi au sein de sa propre vie. Le sujet, bien qu’intéressant me semble néanmoins ambitieux pour des collégiens qui risquent, sans accompagnement d’un adulte à leur lecture, de passer à côté du message implicite de l’oeuvre. Cependant, l’ouvrage peut être une excellente base pour un travail en classe sur la vision de la ville, thème de l’Histoire des Arts.

L’enfant aux pistolets, de Séonnet et Pilorget, d’après le tableau de Delacroix Le 28 juillet : La Liberté guidant le peuple

Allons z’enfants

Sans-Nom est un garçon des rues qui vit en bande, dans un Paris secoué par la révolte. Le 28 juillet 1830, il se trouvera sur les barricades, guidée par une jeune femme chantant la Marseillaise pour entraîner le peuple avec elle.

Cet album raconte une histoire, celle d’un garçon témoin d’événements historiques qui le dépassent. A travers ce personnage attachant de gamin des rues, des notions d’histoire sont habilement parsemées tout au long de ce récit : la vie des enfants des rues au XIXème siècle, la chute du roi Louis XVI, la révolte de Paris appelée les Trois glorieuses en 1830, le pouvoir et la presse, etc. Les références au Gavroche de Victor Hugo et au tableau d’Eugène Delacroix La liberté guidant le peuple sont claires. L’allégorie de la Liberté est ici développée à travers le personnage d’une institutrice dont le message, en parlant de son école, est celui-ci : « Tu crois que c’est celui qui s’échappe par la fenêtre qui est libre ? Tu te trompes. Celui qui est libre, c’est celui qui sait lire, qui sait écrire et qui sait réfléchir ». Deux pages en fin d’ouvrage clôt le récit sur des notes historiques.
Très accessible, agréable à lire, cet album permet d’entrer dans une œuvre connue pour aborder l’Histoire des Arts en douceur.

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Les mythes racontés par les peintres, de Marie Bertherat

Musée imaginaire

Vingt mythes de la mythologie greco-romaine sont présentés dans ce livre et illustrés par vingt tableaux célèbres de peintres connus : par exemple, La Naissance de Vénus de Botticelli, Le Cheval de Troie de Tiepolo, Composition au Minotaure de Picasso, La chute d’Icare de Chagall, etc.
Inscrit au rallye lecture 6ème, ce livre n’est pas une fiction, mais les élèves m’ont quand même demandé de mettre une chronique sur le blog pour pouvoir poster un commentaire dessus… alors, je m’exécute !
Cet ouvrage documentaire est intéressant pour l’option Histoire des Arts niveau 6ème. Non seulement il apporte des notions sur les mythes les plus célèbres, mais initie à l’histoire de la peinture. Chaque épisode mythologique est expliqué sur la page de gauche avec le détail d’un tableau célèbre qui illustre l’histoire sur la page de droite. Puis, sur la double page suivante, le tableau dans son entier est accompagné d’une explication qui permet de décoder l’oeuvre présentée. Tableaux et mythes ont été choisis avec discernement et on sort nourri de ces récits merveilleux qui ont traversé les siècles. Expliqués de manière succincte avec des mots simples, ces récits sont mis à la portée de n’importe quel lecteur. Le texte de Marie Betherat est intelligemment complété de citations présentées en gras de poètes antiques, référencés dans la table des matières en fin d’ouvrage (par exemple, les métamorphoses d’Ovide, l’Odyssée d’Homère, etc. ). Je regrette simplement que les sources ne soient pas citées au fur et à mesure du texte, car cela aurait été plus clair…

Marie Bertherat a également écrit des romans. On possède au CDI : La fille au pinceau d’or qui parle également de peinture et dont je ferais la chronique un de ces jours !