Un lapin peut changer une vie – on ne le dit pas assez !, de Sandrine Kao

Et si on changeait de vie ?

Dans la famille Ribout, rien ne va plus. Paul, le père, a démissionné de son travail de graphiste et personne ne sait ce qu’il fait de ses journées ; Alicia, la fille cadette, première de la classe a été changée de place pour se retrouver à côté de Keja, une fille du voyage qui a des poux ; Agathe, la fille aînée,  tombe amoureuse d’un inconnu alors qu’elle se produit sur scène avec son groupe de musique, et cela va révolutionner sa vie ; quant à Emmanuelle, la mère, elle n’arrive plus à signer aucun contrat en tant qu’illustratrice… Dépassée, démodée…elle occupe ses journées à tenir son blog culinaire, à dessiner des plats et à inventer des recettes qu’elle n’a pas les moyens de cuisiner. Et bien sûr, sans revenus, la famille est au bord du goufre ! Tous leurs repères se brisent, le quotidien est totalement chamboulé… mais finalement, est-ce si dramatique ? La vie n’est-elle pas faites de chemins qui arpentent des lieux parfois clairs, parfois sombres, parfois vides et parfois luxuriants. Tant qu’on est en vie, tout est possible !

Et le lapin, dans tout ça ? Un petit effet d’écriture qui trace un lien ténu entre tous les personnages de cette histoire familiale qui est en train de remettre en cause ses acquis. Le titre et la couverture du livre ne reflètent pas tant que ça la réalité du roman. C’est plus un accessoire qui pimente un peu le récit mais qui pourrait tout à fait être enlevé sans que cela ne change rien… D’ailleurs, notre lapin Django n’apparaît qu’au milieu du récit, même si avant l’importance de l’animal dans la vie de cette famille est évoquée. Pour ma part, cet artifice n’était finalement pas nécessaire, mais cela n’engage que moi…

Un récit joyeux, positif, sur le thème des grands bouleversements dont on peut avoir peur dans la vie mais qui sont parfois la meilleure façon de rebondir et continuer à aller de l’avant. Un récit à plusieurs voix, sur fond de musique jazz qui aborde en même temps que les relations familiales, le thème plus grave des sans-papiers, des gens du voyage et des préjugés. Un roman qui se lit comme un roman, en dépassant notre besoin de rationalité et de cohérence…et en acceptant la facilité des situations, surtout pour le final.

Mes pieds dans tes chaussures, de Stéphanie Dumas

Une roulotte pour toi(t)

Afficher l'image d'origineLes huissiers ont débarqués chez les Mammon, les obligeant à quitter leur maison. A la rue, ils trouvent refuge chez le grand-père. La petite Hortense, 10 ans, est inquiète de cette situation. Bientôt, elle sympathise avec Juan, le nouveau de la classe, qui l’emmène visiter son campement… Ce sont deux mondes, deux cultures qui vont se rencontrer, sans préjugés, et dont le lien se fera grâce à une paire de chaussures trouvée dans une roulotte.
Une écriture extrêmement poétique, ponctuée de phrases en espagnol dans une atmosphère à la lisière du fantastique. On y parle de solidarité, d’entraide, mais aussi de l’histoire du peuple gitan, de leurs croyances et superstitions. De magnifiques -mais trop rares- illustrations déservent ce texte exigeant et original, mais qui peut laisser perplexe certains lecteurs. La police de caractères est adaptée à la lecture pour dyslexique.

L’enfant volé, de François David

Fugue en ut mineur

Hugues Micol et François David - L'enfant volé.Lorsque Josepha va vendre ses paniers d’osier dans un quartier chic de la ville, elle ne se doute pas du drame qui l’attend. Endormie par une “gadjo”, une “pas tzigane”, elle se fait voler son enfant et débarquer à deux jours de marche de son campement. Et lorsque, quelques jours plus tard, des policiers arrivent au campement suite à une plainte, le mari de Josepha, Altrato a beau expliquer le vol du bébé, on ne le croit pas… N’est-ce pas les Tsiganes, les voleurs ? Comment ceux-ci pourraient-ils être volés de quoi que ce soit ? Alors que les riches kidnappeurs ont fui et changé d’identité, sera-t-il possible à l’enfant, rebaptisé Louis-Rodolphe, de retrouver un jour ses racines ?

Un petit roman au goût de plaidoyer contre l’intolérance et les préjugés. Ecrit en 1999, il est encore de grande actualité. Peut-on échapper au destin ? Quel est le poids des racines familiales ? Jusqu’où peuvent aller les hommes au nom de l’égoïsme ? Voici les questions que pose ce livre.

Merci à mon élève Léo pour le don de ce livre au CDI.