Lou après tout, 2. La communauté, de Jérôme leroy

Survivre pour un nouveau bonheur ?

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Nous retrouvons le monde noir dans lequel nos héros essaient tant bien que mal de survivre. La douleur et l’incertitude d’un futur auquel on ne croit plus, la question de l’utilité ou non de se battre pour survivre est de nouveau le thème de ce nouveau volet.

Les personnages sont tout aussi touchants, fragiles, attachants et tellement vrais. On retrouve également les alternances passé-présent. Autant d’ingrédients qui font qu’on ne peut se détacher de ce roman qui, pour moi, est un véritable coup de cœur. La communauté serait elle peut-être un début d’espoir. Il nous renvoie au collectif, alors y aurait-il de la lumière dans ce futur si sombre ?

Je ne peux vous en dire plus sur ce tome 2 de peur de trop dévoiler le premier. J’étais à la fois excitée et curieuse de me lancer à l’assaut de ce second roman, le second d’une trilogie. Je n’ai pas été déçue et je ne peux que vous le conseiller.

Je tiens également à préciser que les deux tomes font souvent référence à Guillaume Apollinaire. La poésie restera tout au long du périple de nos héros, un refuge, une aide à la survie, une sorte de protection intellectuelle pour supporter la déchéance. J’avoue que les vers cités, font du bien et quelque part apaisent non seulement les survivants mais aussi les lecteurs. C’est une sorte de bol d’oxygène dans ce dédale de cadavres, dans ces odeurs de sang.

Lou après tout, 1. L’effondrement, de Jérôme Leroy

Il est peut être trop tard….

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Lou et Guillaume tentent de survivre dans un monde détruit, dans un monde en lambeau, dans un monde qui n’existe plus. Lou et Guillaume sont en fait des survivants qui errent dans un monde apocalyptique. Nous sommes en France en 2050. Pour nos héros, déjà 10 ans d’errance…

Et puis il y a tous ces flashs, ces retours en arrière. Guillaume repense au passé, au temps d’avant l’effondrement. Des souvenirs qui le ramènent à sa famille, aux moments partagés, à son histoire personnelle dont il ne reste rien. Il nous raconte les moments qui ont précédé l’effondrement, ce qui a conduit à la fin. Que s’est-il passé, pourquoi ce chaos, cette errance à travers la mort ?

Lou est trop jeune pour avoir connu le monde avant, Guillaume tente de la protéger du présent, un présent obsédant, noir et sans issue. Il faut survivre sans regarder derrière soi. Ils se battent et vont de l’avant malgré tout et le lecteur se bat avec eux. On ressent leur peur, leur angoisse mais on partage aussi leurs petits moments de joie qui nous font espérer.

Lou et Guillaume en fait, c’est vous, c’est moi. Des victimes malheureuses d’une fin annoncée. Nous vivons dans un monde menacé par le réchauffement climatique, la pollution, la surconsommation et j’en passe. Un monde qui va mal  et Jérôme Leroy se sert de ce qu’on connait, de ce qu’on vit, des cris d’alarme qui sont sans cesse poussés mais dont on ne tient pas suffisamment compte. Il souligne avec une telle justesse  le mauvais état de notre planète, que ce futur si désastreux qu’il nous peint à travers Guillaume, peut être le nôtre.

Cette lecture me donne le vertige, me terrorise tant elle nous lance à la figure ce que l’on connaît déjà, tant elle nous met face à notre perte. C’en est glaçant de réalisme ! On est en complète immersion et je dois dire que l’effet que ce roman a eu sur moi est saisissant. J’ai eu du mal à faire la part des choses, persuadée que cette noirceur sera la nôtre. C’est en quelque sorte une prémonition qu’il serait bon de mettre entre toutes les mains, pour dire qu’il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard…Tout porte à croire que Lou après tout est le reflet d’un monde qu’on peut laisser à nos enfants.

L’avertissement des abysses, de Arthur Ténor

Menace imminente…

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L’avertissement des abysses est un roman d’anticipation, un roman qui nous projette à la fin du XXIème siècle, un futur pas si éloigné que ça, en fait. Un futur où le réchauffement climatique gagne du terrain, mais n’en est-il pas déjà ainsi ?

Un gigantesque rassemblement de baleines a lieu au Triangle des Bermudes. Mais c’est étrange car ce phénomène a lieu d’habitude vers le mois de novembre, or on est en été. Fascinés par ces espèces, Jason et son père Jack, se rendent sur les lieux et plongent pour les observer de plus près. Une plongée qui va s’avérer bouleversante, qui va faire basculer l’existence du jeune adolescent. Jason qui a nagé au plus près des baleines, a le sentiment étrange qu’elles lui ont transmis un message. Un message d’alerte pour les hommes.

Ce roman se veut le miroir d’une future humanité, ce roman est l’image d’une humanité qui a laissé notre planète se consumer, se détériorer. La planète est de santé fragile et chacun de nous doit la soigner . L’environnement est au coeur des préoccupations mais pas assez encore pour beaucoup d’entre nous. Il faut prendre conscience que notre planète est trop malmenée, qu’elle part à la dérive, qu’elle s’abîme, qu’elle souffre.
J’ai relevé une phrase qui m’a interpellée, je cite :

L’humanité est comme un fumeur qui voit sa santé se dégrader et ne fait rien pour changer de comportement. Il répète en boucle : « pour le moment ça va. »

Tout est parfaitement résumé dans ces quelques mots. Il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard, un comportement passif ne fera qu’aggraver les choses.

Nicolas Hulot a signé la préface de ce roman, ce qui apporte une certaine crédibilité à cette fiction pleine de réalisme. Je suis sûre que le message véhiculé par Arthur Ténor va sensibiliser nos jeunes lecteurs.

Angels can fly, 1. Le chant des murmures, d’Anaïs Montreau et Sandra Szaja

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

A des centaines d’années de nous. Dans un nouveau monde où le gouvernement cache des choses, il est difficile d’évoluer sans se sentir observé ! Dans un monde où règne l’intelligence artificielle et les robots, survivent trois jeunes filles :

Zoé est une jeune fille sans histoire, appréciée par le directeur de son école car très travailleuse. Elle vit tranquillement sa vie de citoyenne.  Elle est bonne élève et vit dans un quartier chic où les robots sont partout.

Sa meilleur amie, Leïla est  moins travailleuse et plus rebelle. Elle est moins riche que Zoé et ne possède pas de robot.

Héloa, qui vient de s’installer avec son frère Thiago et leur mère dans cette grande ville  qu’ils ne connaissent pas. Leur but en s’installant ici : reprendre leur vie du début, dans l’espoir de ne pas éveiller les soupsçns sur leur identité.

Lorsque Héloa entre dans l’école de Zoé et Leïla,  tout de suite, elle et Leïla sympatisent. Zoé est plus distante et sur ses gardes car on ne sait rien de cette fille qui dessine alors que cette pratique a disparu ! Que cache t-elle ??                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Une histoire de science-fiction dans un monde éloigné du nôtre, et pourtant si proche, en particulier dans les émotions et dans certains sujets de société abordés.

J’ai bien aimé ce livre même si j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, car au début, je  trouvais que la construction du récit était un peu brouillon et que le groupe de rebelles qui s’oppose au gouvernement n’était pas assez mis en avant. Le duo de personnages, l’une bonne élève et l’autre un peu rebelle manquait un peu d’originalité même si cette une recette qui marche bien.

Je le conseille tout de même car il apporte une vision intéressante du monde, du gouvernement, de l’engagement, du pouvoir. J’ai trouvé également que le titre était très beau et qu’il donnait très envie de le lire, de même que la couverture lumineuse et très réussie. Un livre de dystopie intéressant qui aborde les thèmes classiques du genre. 

Judith, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

En exergue, une citation de Albert Einstein qui fait réfléchir  :

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Super Héros épisode 1 : Origines, de Maxime Gillio

Le voyage de Sam

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N’est ce pas un rêve pour certains d’avoir des super-pouvoirs, comme par exemple de savoir à l’avance ce qui va se passer ? Sam a 13 ans. Il fait partie de ces personnes qui ont ce petit quelque chose qui font d’eux un être humain spécial. Sam adore dessiner et chaque illustration est prémonitoire. Sam prédit le futur à chaque coup de crayon. Pourtant, il n’a pas vu le guet-apens organisé à son insu par deux élèves de son école… Heureusement qu’il a pu compter sur l’aide de deux ados qui l’ont sauvé de ce mauvais pas. Mais cette rencontre n’est pas fortuite car les deux jeunes sont là pour emmener Sam dans un lieu étrange, une sorte d’école où vivent les adolescents spéciaux comme lui. Une école pour apprendre à contrôler et utiliser ses pouvoirs. Mais ce n’est pas tout, Sam va devoir remplir des missions, devenir en quelque sorte un super-héros.

Un roman qui nous entraîne dans un monde parallèle, avec Sam, un personnage très touchant et très attachant. Avec en toile de fond, l’idée que posséder des pouvoirs peut être dangereux si on les utilise de mauvaise manière. De l’aventure, du suspense … bref tous les ingrédients d’une histoire hors du commun qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final !

Stephen Hawking, la fille d’Arkas et moi de Emmanuelle Kecir-Lepetit

Bye, bye la Terre !

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C’est l’été et notre jeune héros, Elliot, rêve de passer ses vacances avec ses copains. Mais ses projets vont être quelque peu mis à mal quand son père, Andrew, lui propose de l’emmener à Dublin, pour assister à un grand congrès d’astrophysique. Elliot n’est pas franchement emballé. D’un côté, pour le jeune garçon qui reproche souvent à son père de passer plus de temps sur son ordinateur qu’avec lui, ce voyage serait alors l’occasion de partager un moment avec lui, de mieux connaître aussi le sens de son travail. Mais ce qui fâche aussi Elliot c’est que son père, tellement absorbé par son travail en oublie l’essentiel, la famille. Et là, Elliot a l’impression que par cette proposition tout va encore tourner autour des centres d’intérêt de son père. Mais il n’a pas le choix au final, il faut qu’il y aille.

Ce congrès réunit les plus illustres scientifiques dont Stephen Hawking qui entre autre a émis une théorie sur les trous noirs. Elliot est impressionné par cet homme au physique si particulier. Il ne sait pas encore que cette rencontre va bouleverser le cours de sa vie.

Emmanuelle Kecir-Lepetit va emmener le lecteur dans un grand voyage à travers les plus grandes théories de la physique. Galilée, Copernic, Newton, de grands noms associés à de grandes découvertes. L’Homme s’est toujours posé des questions sur l’univers, sur son origine, sur sa fin. Beaucoup se sont penchés et se penchent encore sur les mystères qui l’entourent. Alors préparez-vous pour un long voyage interstellaire qui vous fera pénétrer dans un autre espace-temps en compagnie de Stephen Hawking, un illustre physicien. Ce roman est non seulement une approche ludique et pédagogique des théories scientifiques mais conduit également le lecteur à réfléchir sur le devenir de la Terre, une planète en danger. Un moment de lecture passionnant, emmené par un binôme plein de ressources.

Je dois préciser que la plume de l’auteur est légère et simple à comprendre. C’est un récit très instructif, très dynamique à l’image de notre jeune héros. 

Opération Lovelace de Emmanuelle Kécir-Lepetit

Un voyage spatio-temporel

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New York, hiver 2030. Nancy Watson, une adolescente de 12 ans, vit avec sa mère, directrice réseau d’un grand groupe. Son père est docteur en informatique, il a d’ailleurs conçu le système numérique de sécurité du Pentagone. Des parents divorcés, accaparés par leur profession, Nancy se sent souvent seule. Et aujourd’hui plus que les autres jours car c’est son anniversaire et elle n’a reçu aucun appel de sa mère et encore moins de son père. Alors qu’elle prenait un chocolat dans un bar avec sa meilleure amie, Jesse, toutes les lumières se sont brusquement éteintes. Par la baie vitrée, elle se rend compte que la ville est également plongée dans la pénombre. Quelques secondes avant cette coupure, Nancy a reçu un message codé de sa maman l’invitant à l’appeler en urgence, suivi d’un sms de même nature provenant de son papa. Comprenant vite que la situation est grave, l’adolescente retourne précipitamment à son domicile. Arrivée sur place, elle s’empare d’un vieux téléphone portable que son père a bricolé et qui doit être utilisé uniquement dans les situations extrêmes.  Ses parents lui apprennent alors que les systèmes informatiques occidentaux ont été endommagés par un virus. L’humanité est menacée par des pirates qui peuvent à tout moment envoyer la bombe, sans que personne ne puisse les arrêter. Il faut qu’ils partent, une mission de la plus haute importance les attend. Une cellule de crise est alors mise en place dans un chalet appartenant aux parents de Nancy. Les gens du Pentagone, des militaires y sont réunis, dans le plus grand secret. Les visages sont graves, les discussions longues et animées. Pour remédier à cette catastrophe qui paralyse le monde, il faut remonter le temps pour réparer le mal à sa source. Ainsi, il est nécessaire de se rendre à Philadelphie, en 1943, l’année où a été créé le premier ordinateur. Alors, quand monsieur Watson explique son idée de retour dans le passé, tout le monde le prend pour un fou. Mais ont-ils le choix ? Chacun y va de son commentaire, pour enfin se rallier à sa cause. L’opération Lovelace est lancée. Lovelace est un programme mis au point par le docteur Watson qui permet de voyager dans le passé et qui est équipé d’un logiciel de retour. Il a fabriqué un siège installé sur une plate forme, entourée d’une paroi vitrée reliée à un grand ordinateur. Maintenant, il s’agit de trouver le candidat idéal pour cette mission de la dernière chance. La soirée s’achève, les parents accompagnent les visiteurs à la porte. Nancy n’a pas perdu une miette des débats et, vu l’urgence de la situation, elle décide de se porter volontaire. Au détail près, personne n’est au courant de sa décision. Profitant que ses parents soient occupés, elle s’assoit dans la machine sans trop réfléchir. Au dernier moment, prise de remords, elle leur griffonne un mot. Elle se colle au siège, qui commence à tourner si rapidement que tout se mélange dans sa tête, des lumières vives surgissent de partout, des bourdonnements, un tunnel, le vide puis plus rien … Nancy perd connaissance … Mais juste avant ce chaos, elle se rend compte qu’elle n’a pas emporté le drone de retour….

Avec l’Opération Lovelace, le lecteur se laissera facilement captiver par les aventures trépidantes de Nancy dans Londres, au XIXème siècle – puique le programme s’est trompé de 100 ans ! Entre passé et futur, pas le temps de s’ennuyer ! Une véritable aventure vous attend.

Un roman sans temps mort qui sait mélanger les genres avec succès, édité par une très sérieuse maison d’édition scientifique : les éditions Le  Pommier. Si les éléments de fantastiques ou science-fiction sont faux, il n’en est pas de même de toutes les données sur les personnages historiques réels présentés dans ce livre de manière très documenté. D’ailleurs, en fin d’ouvrage, une annexe fait le point pour nous aider à démêler le vrai du faux, complété d’une biographie d’Ada Lovelace.

Un petit point d’Histoire maintenant :

Ada Lovelace, de son nom complet Augusta Aida King, comtesse de Lovelace, née Aida Byron le 10 décembre 1815 à Londres et morte le 27 novembre 1857, est une pionnière de la science informatique. Elle est principalement connue pour avoir réalisé le premier programme informatique lors de son travail sur un ancêtre de l’ordinateur : la machine analytique de Charles Babbage. En référence à sa découverte scientifique, son prénom sera donné au langage de programmation, créé dans les années 80, par le département de la défense des Etats-Unis. En mémoire à son travail et dans le but de promouvoir le travail des femmes en science, une journée Ada Lovelace a été lancée par un journaliste britanique: le Ada Lovelace day.

La collection Les Savantissimes aux éditions Le Pommier a pour but de mettre à la portée de tous la vie et l’oeuvre d’un scientifique dont les découvertes ont marqué durablement l’histoire des sciences, le tout sous la forme d’un roman plein d’aventure. C’est réussi !