Le miel de la rue Jean Moulin, de Rémi Courgeon

Dans la rue Jean Moulin, la ruche de Monsieur Pierrot est en plein effervescence. La reine des abeilles a lancé un défi à ses ouvrières : pour les dix ans de la ruche, il  va falloir faire un miel de mille fleurs différentes… Mais où trouver mille fleurs différentes en pleine ville ? Heureusement que la rue Jean Moulin est un lieu de toutes les diversités culturelles, cela va peut-être pouvoir aider !

Un petit texte court et sympathique d’un auteur d’albums de jeunesse que j’aime particulièrement et qui signe ici son premier roman. La narratrice est une des abeilles, qui raconte sa petite histoire à la première personne : Num

Je suis une abeille et je m’appelle Num. C’est l’abréviation de « numéro 157 ». Nous, les abeilles dela ruche de monsieur Pierrot, on porte toutes des numéros, mais comme c’est trop long à prononcer, on s’appelle toutes Num.

J’ai lu avec un petit pincement au coeur ce petit roman, car il a fait remonter quelques souvenirs de mes courtes années passées dans la ville de Ris Orangis dans l’Essonne en banlieue parisienne, ville où se trouve cette fameuse rue Jean Moulin. Et pourquoi la rue Jean Moulin de Ris Orangis est-elle le théâtre de ce roman ? Et bien parce qu’elle accueille, côte à côte, une église, un temple, une synagogue et une mosquée et est le symbole de la diversité culturelle et du respect mutuel, de la mixité acceptée et paisible.

Un roman abondamment illustré en couleur où, page 14, l’auteur-illustrateur n’a pas pu s’empêcher de glisser le petit tigre Timoto, personnage d’une série d’albums pour jeunes enfants !

Les fleurs, il n’y en a pas deux pareilles. Elles ont toutes des formes, des couleurs, des odeurs différentes, des origines multiples, un peu comme les gens.

 

Pas d’orchidées pour Miss Andréa, de Chrystine Brouillet.

Andréa et Arthur vont au jardin botanique pour observer les orchidées et suivre une conférence. Le lendemain Andréa et Arthur vont dans la serre du professeur et ils apprennent qu’il vient de se faire cambrioler. Andréa et Arthur vont mettre au point un plan pour retrouver le coupable.

Clara, CM2 – une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

Résumé de l’éditeur :

« – Une orchidée ?
– ça peut valoir des milliers de dollars ! ai-je dit. Le Balafré veut se venger du professeur… et être le premier à créer une orchidée noire.

Une passionnante enquête menée tambour battant par Andréa-Maria et son ami Arthur. »

 

Et un clin d’oeil fait sans conteste aux adultes avec un titre rappelant le fameux  roman noir du célèbre auteur britannique James Hadley Chase : Pas d’orchidée pour Miss Blandish.

 

Les fleurs parlent, Jean-François Chabas ; Joanna Concejo

Le pouvoir des fleurs

Trois nouvelles dans lesquelles les fleurs sont des révélateurs de sentiments :

  • Dans la Hollande du XVIIe siècle, un botaniste crée la plus belle tulipe de tous les temps, d’un mauve extraordinaire, à une époque où les tulipes sont très en vogue. Elle suscite tellement de convoitise et vaut tellement chère que pour ne pas se la faire voler, il décide de tout quitter. Il errera des jours et des mois, sans le sou, sa fleurs merveilleuse sous le bras, dans un état proche de la folie. Puis un jour, il se persuade que tous ses malheurs viennent non de la cupidité des hommes mais de la tulipe qui serait maléfique, il la plante dans un bois et rentre chez lui.
  • – Deux garçons indiens, nés le même jour, sont très dissemblables : autant l’un est fort, vigoureux, courageux autant l’autre est chétif, peureux, mais sage. Le deuxième vit sous la coupe de l’autre qui se sert de lui comme faire-valoir de sa force. Cette relation malsaine dure des années. Mais un jour, seuls dans la forêt, ils rencontrent un ours. Le plus frêle sauve le plus fort. Il cueille alors un oeillet qu’il offre à son « double » pour sceller un pacte et une amitié nouvelle, mais ne cherchera jamais à profiter de cette situation.
  • Selma, une jeune fille d’une beauté parfaite, intelligente mais fière et froide trouve la compagnie des autres rabaissante pour elle. Elle refuse les avances du seul garçon qui osera se déclarer à elle, un jeune homme bon, beau et fort, qui l’attendra des années. Le jour où, se sentant vieillir, elle comprend son erreur, il sera trop tard : il se meurt suite à un accident dans le bois… Elle le quittera, folle de douleur, foulant à ses pieds des pivoines rouges.

Trois fleurs, trois couleurs, trois nouvelles inspirées du Langage des fleurs de G.W.Gessmann, naturaliste du début du XXème De magnifiques nouvelles sur les thèmes de la vanité humaine, des sentiments et de la jalousie, de la convoitise, dans une écriture proche du conte et de la poésie. Le format tout en hauteur et la beauté de cet album en papier bistre assez rigide ajoutent énormément au plaisir de la lecture de ces textes d’une force rare dans la littérature jeunesse. Les illustrations donnent à ce livre un air proche du cahier de botaniste, avec ces croquis aux crayons noir ou couleurs. Les fleurs parlent un langage universel à l’Homme et dévoilent toute sa noirceur quel que soit l’époque et le lieu où il se trouve. Mais l’espoir d’une transcendance est toujours présent. A lire absolument.