Gardiens des cités perdues, 5. Projet Polaris, de Shannon Messenger

Gardiens des cités perduesProjet PolarisAprès quelques semaines à Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie, Dex, Biana, Fitz et Keefe sont de retour à l’académie Foxfire. Membres du Cygne Noir depuis peu, ils luttent toujours contre les Invisibles, qui multiplient leurs attaques. Lorsqu’ils risquent une guerre avec les ogres, ils entendent parler d’un mystérieux « projet Polaris »… dont la clé serait liée à Keefe, qui tente en vain de se dépêtrer de son passé. 

Tout comme pour les quatre premiers tomes, on ne peut plus s’arrêter une fois le livre commencé ! Quand j’ai fini ce tome et comme je n’avais pas le tome 6, je n’avais tellement pas envie de quitter cet univers que j’ai relu les tomes 1 et 2 pour y rester !

Eléa, 11 ans -6ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Les chaussures, de Gigi Bigot et Pepito Matéo – ill. Isabelle Chatellard

« Elles », ce sont les chaussures…

Perdues, ne voulant plus avancer… Pourquoi ? C’est la guerre. Après une vie glorieuse, on leur a demandé de raser les murs, puis de ne plus sortir du tout, puis de se cacher, et finalement de partir.

Un album tout en finesse et en suggestions, où les chaussures sont une métaphore de l’enfance. Ni date, ni lieu. Nous sommes dans « les rues d’une ville sans nom ».

A travers les non-dits, sont évoqués des thèmes très graves comme la guerre et l’exode, mais également l’entraide et la solidarité. Car les chaussures finiront par trouver un cordonnier pour les réparer et une petite fille pour les porter. Les illustrations aux tons sépia, aux contours anguleux, aux ombres menaçantes donnent à cet album au message historique une sorte de portée universelle à l’image d’un conte. Et à la limite de la poésie…

Marche aujourd’hui marche demain, à force de marcher les souliers sont arrivés dans une ville où les maisons blessées se remettaient debout tant bien que mal, où les trottoirs défoncés guidaient malgré tout les pas sans se tromper à travers le dédale des rues cabossées.

 

Les auteurs reversent leurs droits à la CIMADE (le Comité Inter-mouvements auprès des evacués).

Une petite place sur cette Terre de Hélène Montardre

Un coin de paradis

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Rudy et sa maman Stela, vivent dans le grenier d’un immeuble. Ils doivent se faire discrets, ils sont étrangers, sans-papiers, sans famille. Mais un jour, la concierge les chasse, ils sont alors contraints de se trouver un autre endroit. Peu importe où ils vont, Rudy ne veut pas quitter son école qui constitue pour lui un refuge où il se sent bien. Malgré les difficultés qui se multiplient, une mère épuisée qui s’effondre, Rudy ne perd jamais l’espoir d’avoir une vie meilleure. Surtout lorsqu’il écoute une histoire mythologique racontée par les dames du bibliobus. Une histoire qui l’emmène loin, loin, sur une île qui flotte, une île qui se promène sur la mer. Alors, comme aucune terre n’est prête à l’accueillir, Rudy se met en tête de trouver cette île pour se mettre en sécurité. Un rêve fou qui va le rendre plus fort et qui sait, finira peut être par se réaliser.

Un roman qui traite du sujet des migrants, des sans-papiers qui fuient leur pays en quête d’un Eldorado. Ils n’ont plus rien et se battent pour survivre. Une petite place sur cette terre évoque toutes ces difficultés à travers les yeux d’un enfant qui croit en sa bonne étoile, prêt à vaincre tous les défis d’une vie qu’il n’a pas choisie.

La décision, de Christophe Léon

Un choix difficile

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Zaïm, un jeune orphelin syrien qui vit dans un camp de réfugiés au Liban, a tout de la graine d’un champion. Il adore le football et ne cesse de taper dans la balle surtout dans la cour de récréation. Dans la balle ? Devrais-je dire plutôt dans une vulgaire boule de tissus entourée d’une corde. Il est doué. Un jour alors qu’il est avec ses copains, le chef de la Croix rouge s’avance vers lui, accompagné d’un homme. Ce dernier est un recruteur allemand, il est intéressé par Zaïm. Il lui tend un ballon en cuir et lui demande de montrer ce qu’il sait faire. Le jeune garçon s’exécute et réalise de véritables prouesses. Sa vie va alors basculer, lui qui jusque-là menait une existence plus que modeste, au fin fond d’un camp. Mais sera-t-il prêt à tous les sacrifices pour y arriver ?

La décision nous fait pénétrer dans le milieu du football, notamment dans les centres de formation. Pour certains jeunes, la technique et la volonté ne suffisent pas toujours. Certains recruteurs se font une fortune en «misant» sur des gamins comme Zaïm, ils profitent de leur désarroi, leur font miroiter monts et merveilles. Ils leur promettent un bel avenir qui les sortirait de leur misère mais attention aux personnes mal attentionnées… !

Un texte très court sur un sujet sensible.

Libérez l’ours en vous, de Carole Trébor

Kolia, lycéen entrant en classe de 1ère L, a quitté sa Russie natale huit ans auparavant avec sa petite soeur, son père et sa belle-mère qui a imposé ce choix de vie à toute la famille. Sa mère était décédée dans un accident… Et il y a laissé là-bas un être qui lui était très cher : sa grand-mère, décédée d’un cancer voilà 4 ans… Maintenant, il vit en Ardèche. Tous ces événements de sa vie l’ont particulièrement marqué et l’ont rendu sensible et à fleur de peau.. Ses relations avec son père et sa belle-mère sont très conflictuelles et la seule chose qui lui permet de garder pied  est le club de théâtre du lycée dont il fait partie depuis longtemps avec ses amis Lisa, Cyril, Olivier, Natacha et les autres et qui est tenu par Patricia Valente, une professeur de français passionnée. Pourtant, en cette veille de rentrée, leur petit monde va s’écrouler : le groupe d’adolescents vient de recevoir un mail de leur professeur adorée : une grave maladie l’empêche de reprendre les cours à la rentrée. Elle en a au moins pour 6 mois de traitement mais ne veut pas les abandonner car ils avaient prévu de faire participer leur troupe au concours lycéen. Alors, elle a demandé au surveillant, Christophe, élève à l’école dramatique, de prendre le relais de club durant son absence et de monter Les Justes de Camus. Mais le projet va être bousculé. Le mari de Patricia leur propose de monter, en secret,  la pièce semi-autobiographique que Patricia a écrite : Merci l’ours… Il va falloir être prudent pour qu’elle ne se rende compte de rien, elle qui prend si souvent des nouvelles d’eux et de leur avancée dans la mise en scène de la pièce prévue.

Un roman sur des adolescents menant leur passion envers et contre tout, mais aussi un roman sur les relations familiales, souvent difficiles avec les parents mais privilégiées avec les petites soeurs, un roman sur la transmission, l’amitié, l’amour, l’exil.  Pour les passionnés de théâtre.

Et un grand merci à Carole Trébor pour sa dédicace !

Gardiens des cités perdues, 2. L’exil, de Shannon Messenger

Gardienne de l’alicorne…

Sophie tente de reconstruire une vie « normale » après son enlèvement et son retour auprès de sa famille d’accueil, le couple d’elfes Grady et Edaline. Affublée d’un gobelin, Sandor,  qui lui tient lieu de garde du corps et qui ne la lâche pas d’une semelle,  elle cherche tout de même à trouver des réponses sur l’organisation secrète du  Cygne Noir : Dans quel but l’ont-ils créé ? Sont-ils responsable de la mort de Jolie ?  Qui sont-ils réellement ?

Son répit va être de courte durée car un événement extraordinaire va survenir : un jour, elle se retrouve nez à nez avec une alicorne, cet animal légendaire, recherché depuis des décennies par les elfes pour le symbole qu’elle véhicule… rien de tel pour le Conseil que cette découverte pour apaiser l’angoisse de la population qui n’est pas habituée à vivre des heures sombres et des drames… Mais peut-on faire confiance à Sophie pour s’occuper de cet animal si précieux, sous prétexte qu’elle a créé un lien particulier avec elle ? Les aventures ne font que commencer…

Difficile de résumer sans dévoiler des faits que le futur lecteur n’a peut-être pas envie de connaître à l’avance. En tout cas, ce nouveau tome est plein de rebondissements, un peu plus sombre que le précédent avec des sentiments plus exacerbés. Notre petite Sophie, bien mature pour ses treize ans, prend les décisions qu’il faut quand il faut et fait preuve d’un courage à toute épreuve, malgré sa peine, sa souffrance, ses doutes. Des personnages bien campés, une histoire riche, un univers original. Bref, une petite série qui mérite le succès qu’elle connaît, même si le côté « tous les jeunes garçons de mon âge sont fous de moi » de Sophie n’était peut-être pas nécessaire à son personnage… On sourit, on tremble, on a de la peine, on t’attache aux personnages, peut-être surtout à Keefe et sa nonchalance qui cache profondes blessures et grand coeur.

Deux tomes suivants sont prévus en 2018 aux éditions PKJ. Une série à suivre…

Mortelle Venise, de Michel Honaker

Meurtre à l’italienne mortelle venise image.jpg

Venise 1536, au temps des guerres de pouvoir. Un crime est commis au pied du Palais des loges. Le célèbre embaumeur Marcello Benvolio est retrouvé mort. Puis c’est au tour de son assistant Abelardo. Tout semble laisser croire qu’une créature diabolique est responsable de ces mystérieux assassinats qui hantent les canaux de Venise. C’est le chevalier Ardani, en exil depuis quelques années, qui sera chargé de l’enquête. Homme provocateur, malin, il rencontrera beaucoup d’obstacles. Mais remarquablement secondé par son page Piccolmano, il va devoir faire preuve de beaucoup d’audaces pour parvenir à démêler cette sombre histoire.

Mais quel est le mystère qui entoure la mort de Benvolio ? Qui avait intérêt à le voir disparaître ?

Joli petit roman à la fois policier et fantastique emmené par un duo attachant. D’un côté Ardani, homme intelligent fan des sciences criminelles, fou de peinture en particulier de Léonard de Vinci et de l’autre Piccolmano, peureux mais qui a le verbe facile. Le héros est un fervent défenseur de la justice. D’ailleurs, son retour à Venise sera aussi pour lui l’occasion de faire la lumière sur une affaire de vol dont son père fut accusé. Il a un caractère bien trempé, il est courageux mais tourmenté.

Le roman commence par un meurtre qui va déclencher l’enquête. Tout s’enchaîne rapidement. Pas de temps mort !

Un récit dynamique, plein d’humour, rythmé où se mêlent complots et attaques. Le style épuré de l’auteur nous entraîne brillamment dans l’époque des capes et des épées avec des références historiques et géographiques très soignées. On sent que Venise tient une place importante dans le récit avec ses sombres ruelles et ses îles mystérieuses. Venise est une grande dame énigmatique pleine de surprise.

Le lecteur en prend plein la vue et passe un moment de pur bonheur.

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