Il y a un garçon dans les toilettes des filles, de Louis Sachar

« Bradley Chalkers – Classe de Mme Elbel – Derrière place du dernier rang »
Bradley est en CM2 et n’a pas d’ami. Et ce n’est pas étonnant, il déteste tout le monde. En plus, il ne raconte que des mensonges. À tout le monde. Ses seuls amis sont ses petits animaux en peluche, qu’il retrouve dans sa chambre en rentrant de l’école. Quand Jeff, un nouvel élève s’assoit à côté de lui, c’est parce qu’il n’a pas le choix. Même la maîtresse lui dit qu’elle est « désolée, c’est la seule place libre ». Pourtant Jeff lui propose d’être son ami. Tenté de refuser parce qu’il déteste tout le monde, il finit par accepter, car il trouve qu’ils se ressemblent, et surtout, parce que Jeff est entré dans les toilettes des filles !
Et puis à l’école, il y a une nouvelle conseillère d’éducation, Carla. Après leur premier entretien, Bradley est déconcerté. Il n’a pas l’habitude d’entendre ces mots-là :

« Bonjour Bradley, ça me fait plaisir de te voir. Je suis très contente que tu sois venu ».

Bien sûr, Bradley la déteste aussitôt. En plus il se dit que c’est un piège.
Peut-être a-t-il raison et que la bienveillance de Carla saura le transformer à son insu ?

L’histoire touchante d’un enfant en marge, qui a du mal à trouver sa place. C’est une spirale sans fin : Bradley déteste les autres parce qu’ils ne le comprennent pas. Les autres ne l’aiment pas et le mettent à l’écart. Se sentant rejeté, il les déteste. Alors on comprend que le point de vue différent des deux nouveaux arrivants change la donne. Rien de tel pour briser un schéma qui semblait ancré à jamais. On suit la transformation du jeune Bradley avec beaucoup d’intérêt. De l’émotion, de l’humour et beaucoup d’éducation positive dans ce roman. Une lecture qui fait du bien !

Dorothy Counts -affronter la haine raciale- de Elise Fontenaille

Le courage contre l’injustice…

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1957 dans l’état de Caroline du sud, aux Etats-Unis. Dorothy Counts, une adolescente noire âgée de 15 ans, va faire sa rentrée dans un collège de Blancs. C’est l’une des premières étudiantes noires admise dans une université ségrégationniste. Dès le premier jour, le collège devient pour elle un lieu de souffrance, de maltraitance physique et morale. Une haine indescriptible va se déchaîner sur Dorothy et sa famille. Comment une Noire peut-elle fréquenter la même école qu’un Blanc, partager les mêmes repas, assister aux mêmes cours. Impensable, inimaginable, on ne se mélange pas et gare à ceux qui voudraient l’aider… Et pourtant, malgré sa souffrance, Dorothy ne va pas flancher. Il lui faut trouver la force de tenir, de résister. Mais à quel prix et pendant combien de temps ?

Elise Fontenaille nous livre le portrait poignant d’une adolescente courageuse et obstinée, qui gardera toujours la tête haute, impassible malgré les brimades, les menaces et les mauvais traitements. Sa persévérance portera ses fruits et lui permettra de tenir tête à tous ceux qui voulaient perpétuer la ségrégation.

Dorothy Counts rejoint les Harriet Tubman, les Rosa Parks qui se sont toutes battues pour que les Noirs aient leur place dans une société blanche qui le leur refusait. L’image de couverture du roman est la photographie qui a fait la uUe des journaux du monde entier : l’entrée de Dorothy au collège. Un témoignage fort, le courage contre la haine.

Le garçon qui parlait avec les mains, de Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont

Le langage du coeur

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Victoria est ravie, la maîtresse a présenté à la classe un nouvel élève. Il s’appelle Manolo et la petite fille tombe immédiatement sous son charme. Manolo est espagnol, craquant mais…. il est sourd et communique uniquement avec les mains. Par chance, la maîtresse connaît la langue des signes, ce qui étonne tous les élèves d’ailleurs. La présence de Manolo va soulever des protestations et des hostilités de la part des parents qui voient d’un mauvais œil son arrivée, par crainte que son handicap accapare trop l’institutrice ou ralentisse l’apprentissage de leurs enfants. Par ailleurs, une réelle amitié naît entre Victoria et Manolo, ils deviennent inséparables. Alors que certains vont l’aider à s’intégrer, d’autres vont se moquer. Victoria va alors mener un combat pour faire changer les comportements et le regard sur son ami.

Le garçon qui parlait avec les mains est un petit bijou. C’est un roman jeunesse qui pousse la porte du handicap, notamment de la surdité. Il nous fait ressentir les difficultés à s’intégrer pour la personne différente et les réactions des gens dits «normaux». Des réactions négatives pour certains car ils ne comprennent pas le handicap. L’inconnu fait peur et de là naissent les préjugés. Cet ouvrage est juste et très réaliste et pourrait servir de base aux enseignants pour expliquer l’importance de l’intégration des élèves différents, l’importance du vivre ensemble. Sandrine Beau nous fait également une petite initiation à la langue des signes qui, je trouve, devrait avoir sa place au sein des programmes scolaires.

Cette année au collège, une interventant extérieure est venue proposer l’apprentissage de la langue des signes aux élèves sur la base du volontariat. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’intégrer ces cours et ce fut un réel plaisir. Tellement enrichissant et expressif ! Une transmission des émotions particulières car tout passe par le visuel, l’expression du visage étant très importante. C’est pourquoi aussi ce livre est d’autant plus important pour nous !

Il faut signaler également les belles illustrations fraîches et colorées qui donnent à ce roman tout son sens. Un gros coup de cœur pour ce superbe roman.