Pour nos grands lecteurs…

Pour vous, lecteurs adultes qui nous lisez, un petit lien sympa pour aller fouiller dans votre bibliothèque personnelle et y dénicher quelques livres oubliés mais tellement d’actualité :

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/covid-19-de-sophocle-a-stephen-king-quinze-livres-inspires-par-des-epidemies-a-lire-ou-a-relire_3853615.html

Bon… peut-être pas l’idéal pour garder le moral en ces temps troublés, mais ça m’a bien donné envie d’en lire ou relire quelques uns, alors peut-être que vous aussi !

source – France info

De cette liste, j’ai déjà lu dans ma vie (mais c’était il y a maintenant bien longtemps…) : Oedipe-roi, Le sixième jour, La peste, Le hussard sur le toit, Peste et la Peste écarlate… Aujourd’hui, mon choix se porterait bien sur l’Aveuglement de José Saramago, prix Nobel de littérature en 1998 … qui, d’après ce que l’on m’en a dit « est trop bien mais fait flipper »lecture violente réservée aux adultes avertis) !

Et vous ? Partagez vos lectures en commentaires !!!

Et si vous n’avez pas La Peste de Camus dans votre bibliothèque, sachez que La grande librairie a lancé une lecture participative du roman, avec le soutien des éditions Gallimard. A retrouver tous les jours sur les réseaux sociaux de l’émission.

Bonnes lectures et prenez soin de vous !

La chute, de Jared Muralt

Avez-vous entendu parler de la sortie en mars 2020 de cette bande dessinée à destination des grands ados / adultes aux éditions Futuropolis ? Je ne l’ai pas lu mais cette histoire d’anticipation d’une réalité saisissante m’a beaucoup interpellée et j’aimerais des avis de lecteurs !

Une grippe extrêmement contagieuse et mortelle incite les autorités à déclarer l’état d’urgence… ça ne vous rappelle rien ?

Une bande dessinée visionnaire d’une actualité saisissante, prévue en 6 tomes et sortie à l’heure où les librairies fermaient leurs portes.

Pour plus d’informations, suivez le lien de l’article du Monde : https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/03/26/bd-la-chute-ou-la-vision-chaotique-d-un-monde-ravage-par-un-virus_6034467_3246.html

A vos commentaires !

Petit message personnel : Judith, abstiens-toi de cette lecture, s’il te plaît ! (mon élèves comprendra)

Lou après tout, 1. L’effondrement, de Jérôme Leroy

Il est peut être trop tard….

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Lou et Guillaume tentent de survivre dans un monde détruit, dans un monde en lambeau, dans un monde qui n’existe plus. Lou et Guillaume sont en fait des survivants qui errent dans un monde apocalyptique. Nous sommes en France en 2050. Pour nos héros, déjà 10 ans d’errance…

Et puis il y a tous ces flashs, ces retours en arrière. Guillaume repense au passé, au temps d’avant l’effondrement. Des souvenirs qui le ramènent à sa famille, aux moments partagés, à son histoire personnelle dont il ne reste rien. Il nous raconte les moments qui ont précédé l’effondrement, ce qui a conduit à la fin. Que s’est-il passé, pourquoi ce chaos, cette errance à travers la mort ?

Lou est trop jeune pour avoir connu le monde avant, Guillaume tente de la protéger du présent, un présent obsédant, noir et sans issue. Il faut survivre sans regarder derrière soi. Ils se battent et vont de l’avant malgré tout et le lecteur se bat avec eux. On ressent leur peur, leur angoisse mais on partage aussi leurs petits moments de joie qui nous font espérer.

Lou et Guillaume en fait, c’est vous, c’est moi. Des victimes malheureuses d’une fin annoncée. Nous vivons dans un monde menacé par le réchauffement climatique, la pollution, la surconsommation et j’en passe. Un monde qui va mal  et Jérôme Leroy se sert de ce qu’on connait, de ce qu’on vit, des cris d’alarme qui sont sans cesse poussés mais dont on ne tient pas suffisamment compte. Il souligne avec une telle justesse  le mauvais état de notre planète, que ce futur si désastreux qu’il nous peint à travers Guillaume, peut être le nôtre.

Cette lecture me donne le vertige, me terrorise tant elle nous lance à la figure ce que l’on connaît déjà, tant elle nous met face à notre perte. C’en est glaçant de réalisme ! On est en complète immersion et je dois dire que l’effet que ce roman a eu sur moi est saisissant. J’ai eu du mal à faire la part des choses, persuadée que cette noirceur sera la nôtre. C’est en quelque sorte une prémonition qu’il serait bon de mettre entre toutes les mains, pour dire qu’il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard…Tout porte à croire que Lou après tout est le reflet d’un monde qu’on peut laisser à nos enfants.

Ceux des limbes, de Camille Brissot

Menace intérieure

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Le monde est menacé par une infection qui ne cesse de s’étendre. La nature a pris l’ascendant sur l’homme, ne lui laissant aucune chance. Elle envahit les villes, la forêt encercle le Mont-Survie, qui sert de refuge aux survivants de l’épidémie. Cette montagne ressemble à une pyramide, véritable forteresse habitée par les miraculés. Séparés de l’extérieur par une porte, cette poignée d’hommes refonde une société qui a régressé, régie par des règles strictes. Le virus, responsable de ce chaos, est un champignon qui se transmet par le sang et la salive. On l’appelle le virus limbe. Les humains contaminés sont réduits, seules les fonctions vitales sont préservées. Ils s’assemblent en grappes et se déplacent en horde dans le but de transmettre la maladie. Leur peau est grise, leur chair momifiée. Et gare à celui qui les entend, leur cri est dévastateur. Leur voix insupportable pour le cerveau, crée un mouvement de panique pour celui qui l’écoute. Une sorte de chant des sirènes. Le limbe reste un être humain mais il faut le détruire pour sauvegarder la survie de l’espèce. Parmi les rescapés, deux jeunes adolescents, Naha et Otolan. Dès 15 ans, tous les jeunes doivent faire leur preuve en évoluant seuls dans la forêt pendant dix jours, dans le seul but de prouver qu’ils peuvent survivre dans ce milieu hostile, pris d’assaut par les limbes. Naha doit passer cette épreuve, Oto, lui, bénéficie d’une immunité. En effet, à l’âge de cinq ans, il a survécu à une horde de limbes. Il est devenu une sorte de héros mais attise également les jalousies. Chaque personne qui quitte le Mont-Survie emporte avec lui un venin. Une pilule blanche destinée à être avalée en cas d’attaque. La mort survient dix minutes après l’absorption du comprimé. Le jeune garçon amoureux, n’a pas l’intention de laisser Naha seule, face à son destin. En grand secret et au péril de sa vie, il décide de la suivre, bravant ainsi les règles établies par les maîtres de la communauté. Les jours qui se succèdent ne sont que meurtrissures et cauchemars. La forêt c’est la mort assurée, cette mort qui rôde, qui agrippe et qui enlace. Une expédition sous haute tension commence.

Ceux des limbes est un roman qui met l’homme face à la nature. L’être humain l’a toujours contrôlée, l’a toujours façonnée. Ici, la forêt si belle pourtant, est une menace oppressante qui envahit l’espace. Elle se rebelle. Le lecteur part pour une folle aventure, dans un nouveau monde sauvage où l’homme est une proie pour l’homme. Le royaume sombre des morts-vivants nous plonge dans une atmosphère surnaturelle. Les limbes sont en quelque sorte des zombies, personnages qui ont beaucoup été utilisés au cinéma ou dans la littérature, une sorte de réflexion sur la nature humaine. L’homme qui se veut maître du monde, qui veut tout contrôler se retrouve face à lui-même, victime de son acharnement.

Ceux des limbes est un récit rythmé, préservant un suspens soutenu jusqu’à la fin. L’écriture de Camille Brissot est fluide, précise et met le lecteur aux premières loges. Chaque page est une image dont on ne peut se défaire. Ceux des limbes est un roman qu’on ne peut pas lâcher, une belle histoire d’adolescents amoureux qui passent à l’âge adulte, sur fond d’apocalypse. Oto et Naha sont des personnalités fortes avec, et c’est rare, le personnage féminin qui est plus robuste que les hommes, qui s’impose. Camille Brissot m’a réconciliée avec ce genre de récit dont je ne suis pas fan à l’origine. Un véritable coup de cœur.

Sortie le 05 avril – A ne pas rater !