A copier 100 fois, d’Antoine Dole

Tous les jours, au collège, notre narrateur se fait harceler, frapper, humilier, insulter par la même bande qui le traite de « pédé », de « fiotte ». Il ne sait plus comment se défendre, se cacher. Chez lui, aucun soutien. Il vit seul avec son père qui ne semble pas mesurer la gravité des choses, qui aimerait bien que son fils arrête d’être une mauviette et apprenne à se battre.

Et mon père se trompe, suffit pas de le vouloir pour que les choses s’arrêtent.

Heureusement, sa route va croiser celle de Sarah, une camarade de classe, qui va avoir le courage de prendre sa défense et ainsi, lui redonner espoir. Mais comment renouer le dialogue avec ce père qui est dans le déni ? Comment lui faire accepter son homosexualité ? Comment lui faire prendre conscience qu’il a besoin de son soutien sans faille ?

Un texte très court mais très dense, qui nous plonge sans ménagement dans l’univers sans pitié du harcèlement scolaire. Le fait que le personnage-narrateur n’ait pas de nom apporte un côté à la fois intimiste et universel  à ce récit coup de poing. L’écriture directe et incisive de l’auteur donne une force supplémentaire à ce témoignage émouvant sur des faits hélas, encore trop souvent d’actualité. Ecrit à la première personne, le texte est également ponctué de phrases en italique correspondant aux paroles que le jeune garçon aimerait avoir le courage de dire à ses agresseurs, à son père, à Sarah :

Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi, j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout.

A lire à partir de la 3ème.

 

La dame blanche, de Philippe Napoletano

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Un match de handball se prépare, garçons contre filles. Les meilleurs formeront une équipe mixte pour participer à un tournoi…

Le jour du départ, dans le bus qui doit les conduire sur les lieux du match, l’ambiance est bizarre, presque tout le monde dort.

Soudain le conducteur freine brusquement. Le bus s’arrête net, une fumée blanche pénètre dans le bus.

Peu à peu, la fumée prend forme et devient presque humaine. Puis, c’est le trou noir.

Quand les jeunes enfants se réveillent,  ils sont retenus prisonniers dans un vieux manoir ! Affamé, ils ont peur…

Que va-t-il leur arriver ?

Une histoire fantastique  à ne pas lire le soir,  pour les sportifs et les courageux.

Une histoire pour ceux qui aiment le sport, en particulier le handball. Et pour ceux qui aiment l’esprit de compétition mise à rude épreuve. Car bientôt, les adolescents vont être confrontés à de terribles épreuves où il faudra que l’esprit d’équipe survive coûte que coûte… jusqu’au sacrifice de l’un d’entre eux ?

Une aventure fantastique, sordide, ensanglantée remplie d’affreux monstres, une dame blanche immatérielle et d’étranges vieillards qui font peur, à l’image de la couverture du livre…

A lire dès la 6ème pour les adeptes des livres d’horreur et du fantastique !

Mais moi, personnellement, je n’ai pas trop aimé  (j’ai trouvé qu’il parlait un peu trop longtemps, au début, du match de handball qui n’ était pas finalement  si important) tout simplement parce que ce n’est pas trop mon genre de lecture.

Alors, venez l’emprunter au CDI pour nous donner votre avis !

 

Judith, 6ème – 11 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

 

Dysfonctionnelle d’Axl Cendres.

Alyson, J.R., Dalida, Jésus et les autres !

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     Fidèle, qui vit dans une famille nombreuse mais surtout atypique, nous raconte sa vie, de sa naissance jusqu’à l’âge adulte : la rencontre de ses parents, les mauvais coups de son père, la folie de sa mère, le quotidien de ses frères et sœurs, ses joies et déboires amoureux… Une série de portraits qui se transforment en aventures dans les rues de Belleville et le bistrot familial.

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     Un roman très touchant, des personnages attachants qui peuvent faire penser aux Malaussènes de Pennac, l’insouciance en moins. L’héroïne jette un regard franc sur ce/ceux qui l’entourent, ce qui donne une lecture très agréable et assez drôle bien que les faits évoqués ne le soient pas toujours.

Lecture à réserver aux plus âgés.

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot.

Le lendemain.

Samedi-14-novembre

     Le vendredi 13 novembre 2015, B. était à la terrasse d’un des cafés pris pour cible par les terroristes. Il a tout vu et s’en sort vivant, ce qui n’est pas le cas de son frère qui était assis en face de lui.

     Le lendemain, choqué, comme hors de lui, il quitte l’hôpital et prend le métro. C’est alors qu’il voit l’un des tueurs et décide de le suivre…

    Choisira-t-il de se venger ? De pardonner ? D’oublier ? Deviendra-t-il lui aussi un meurtrier sans compassion ?

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     Un roman dont la lecture et la réflexion qu’elle implique peuvent sembler difficiles pour des collégiens, surtout si peu de temps après les événements. A réserver aux plus âgés et à lire jusqu’au bout.

L’écrivain abominable, de Anne-Gaëlle Balpe

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L’écrivain abominable, de Anne-Gaëlle Balpe

L'écrivain abominableManolo n’aime pas  DU  TOUT  les livres ! Alors imaginez sa réaction quand sa maîtresse annonce qu’elle a invité un auteur nommé Roland Dale (clin d’oeil probable à l’auteur Roald Dahl). Manolo va passer la pire journée de sa vie entre incompréhension, peur et aventure car le comportement de l’auteur va très vite devenir inquiétant et suspect .

Une histoire  très originale, prenante jusqu’à la fin et très facile et rapide à lire. Ce livre est vraiment très bien. Il parle de lecture, des auteurs, mais à la manière d’une enquête et sur fond de fantastique, ce qui peut donner le goût de lire à tous ! Et n’oublions les illustrations de Ronan Badel, en noir et blanc, très bien faites et tout à fait adaptées au texte

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans…

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Dans une banlieue parisienne feuillue, Tatiana, 14 ans, fait la connaissance de Eugène, 17 ans, garçon de bonne famille, benjamin de trois sœurs. Elle a une soeur Olga. Eugène est aussi l’ami du petit copain de Olga. Tout l’été, les jeunes garçons rendent visite aux deux sœurs. Au début, Eugène et Tatiana sont un peu maladroits mais peu à peu ils s’apprivoisent. Tatiana est obsédée par Eugène, elle n’en dort plus. Elle décide alors de lui écrire une lettre pour lui avouer ses sentiments. Depuis cette déclaration, Eugène ne donne plus de nouvelles. Un drame et dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard dans le métro.

Songe à la douceur est un roman déroutant, écrit en vers. Un formidable exercice d’écriture inspiré  par Eugène Onéguine de Alexandre Pouchkine et de l’opéra de P.I Tchaïkowski. Une double histoire d’amour séparée de dix ans. Le thème de l’amour-passion est abordé de belle manière alternant un style moderne et classique. Tatiana est tiraillée entre les compliments d’un homme qui est obsédé par elle mais qui dix ans auparavant l’a laissée, et le souhait de se protéger d’un amour qui peut encore lui faire mal. Les liens qui les unissent vont faire qu’ils se revoient. Tatiana veut des réponses sur le passé, Eugène veut construire quelque chose au présent. Il découvre l’adolescente devenue une femme mûre, confiante. Les relations amoureuses sont complexes. Deux personnages, deux êtres qui se tournent autour mais les rôles sont inversés. Il y a dix ans, Tatiana se mourait d’amour alors qu’Eugène la délaissait, aujourd’hui c’est lui qui se trouve à ne vivre que pour cet amour ressurgi du passé. La jeune femme a une vie professionnelle bien remplie, elle a des projets, lui ne vit que pour elle. L’auteur joue avec les mots en alternant les périodes dans le temps. Leur histoire est simple et le style de Clémentine Beauvais lui donne un côté poétique. Peut-on reconstruire une histoire d’amour dix ans après ? Peut-on rattraper le temps perdu ?Dix ans qui ont changé leur vie …

Je pense que Songe à la douceur s’adresse à de bons lecteurs. Attendons les réactions qu’il peut susciter sur les adolescents. Je dois avouer que par moment, j’ai eu du mal avec ce style d’écriture qui m’obligeait à faire des pauses. Attention, je ne remets pas en cause le talent de Clémentine Beauvais. Je m’explique. J’ai simplement eu l’impression d’être plus « envahie » par la forme d’écriture que par le sujet en lui -même,  bien que mettre en parallèle deux histoires d’amour à dix ans d’intervalle est original. Pour moi, le style a pris le dessus sur le contenu. Mon attention s’est portée d’avantage sur la façon d’ écrire de Clémentine Beauvais que sur le récit. Une fin surprenante qui me laisse un goût d’inachevé tout simplement parce que je ne suis pas fan de ce genre d’épilogue. Avec du recul, l’histoire reste belle. Bien que mon avis soit mitigé, j’espère que beaucoup seront tentés par ce roman… et feront des commentaires sur notre blog !

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Antoine et la fille trop bien, d’Alexandre Franc

Premier de la classe ou mauvais garçon ?

Antoine et la fille trop bien par FrancCe sont les vacances d’été. Antoine les passe avec son plus jeune frère et leur mère dans la grande demeure familiale. Arrivent bientôt les Lacoste, une amie de leur mère,accompagnée de  ses enfants : une fille, Adèle,  et un garçon, Bruno. Dans la chaleur de l’été, entre oisiveté et ennui, un lien fragile se noue entre cette jeune fille « trop bien » et Antoine, timide garçon capable de parler d’Einstein au petit déjeuner. Mais bientôt débarque le grand frère, Guillaume, un adolescent provocateur et casse-cou, qui étouffe dans ce milieu bourgeois.  Adèle semble pourtant attiré par lui et va le suivre dans ses mauvais coups… Antoine, si sage et si sérieux, est déçu par le comportement des deux adolescents  et sa mère est dépassée…

La première page est un flash-back qui résume très bien les relations entre les deux frères et leurs différences de personnalité  : Guillaume se promène dans le jardin en compagnie d’Antoine et tue une limace sous les yeux horrifiés d’Antoine… Il lui fait croire aussi que le pays va entrer en guerre… Puis, ils décident ensemble de construire une cabane. Cette cabane est le lien qui les unit malgré leurs profondes différences… Et la destruction de celle-ci au cours de l’histoire sera pour Antoine un moment très violent. Une bande dessinée sensible aux dessins à la ligne claire. Le temps semble s’être arrêté durant ce chaud été pour laisser place à l’hésitation des sentiments et des premiers émois amoureux. Tout passe par le regard d’Antoine, observateur plutôt passif et désabusé.  Une douce promenade dans le monde de l’adolescence…