Les esclaves oubliés de Tromelin, de Savoia

Une histoire de l’esclavage

A la fin du XVIIIème siècle, un navire, l’Utile, part de l’île de la Réunion avec à son bord des esclaves Malgaches. Le capitaine Lafargue les a embarqués contre l’avis du gouverneur. Enfermés dans la cale, entassés à plus de 180, ils ne semblent avoir aucune chance de survie, lorsque le navire fait naufrage.

Pourtant, 17 marins et 70 esclaves en réchappent et trouvent refuge sur un minuscule  îlot désert, perdu dans l’Océan indien, à 500 kilomètres des côtes, à fleur d’eau, sans arbres ni cours d’eau… Comment vont-ils pouvoir survivre dans ces conditions, comment esclaves et équipage vont-ils réussir à cohabiter, quels sont les moyens à leur disposition pour quitter ce morceau de caillou ?

Un récit des plus poignants, tiré d’un fait réel. La bande dessinée fait alterner deux récits : celui du XVIIIème siècle et celui actuel, d’une expédition de fouilles archéologique afin de comprendre comment certains naufragés ont pu survivre des années dans de pareilles conditions. L’île de Tromelin accueille une station météorologique dont la capacité d’accueil se limitait à 10 et la durée de 30 à 45 jours. Dans ces conditions  et avec les difficultés liéss à l’isolement, la solitude, le travil s’avérait délicat. Cette bande dessinée est là pour témoigner de leur travail et faire revivre la mémoire de ces esclaves oubliés de tous. Les passages concernant le XVIIIème siècle seront probablement plus facile à lire pour les élèves, même si le début est particuièrement dur (la montée à bord du navire des esclaves, nus et maltraités). Le récit est relaté du point de vue de l’une des jeunes esclaves, courageuse et déterminée et permet une approche très humaine et touchante de cette tragédie. La partie actuelle, sur l’expédition archéologique, d’une précision quasi-documentaire sur les fouilles réalisées et les difficultés rencontrées permet une mise à distance qui enrichit et complète parfaitement cette histoire sortie de l’oubli, même si certains aspects peuvent paraître complexe au lecteur. En tout, quatre missions ont dû être organisées, entre 2006 et 2013 pour comprendre le quotidien de cette poignée d’hommes et de femmes qui y survécurent de 1761 à 1776. Un dossier en fin d’ouvrage apporte un éclairage précis sur les faits. Coup de coeur.

 

Zombillénium, 3. Control Freaks, de Arthur de Pins

Descente aux enfers

Ce troisième opus noZombillenium-Tome-3-Control-Freaks-Zombillenium-626762-d256us révèle enfin la présence de Gretchen au sein du parc d’attractions Zombillénium. Sa propre mère serait prisonnière des enfers. La jeune sorcière veut donc renverser à tout prix Behemoth, chef et propriétaire des lieux mais aussi du parc, et pour cela elle compte sur notre cher démon Aurélien. Or, ce dernier n’est pas dans son assiette. Il souffre de Blues Post Mortem, phase normale après la découverte de son immortalité et qui dure entre 20 et 50 ans… Bref, il déprime. Et comme s’il n’était pas suffisamment perturbé, un consultant arrive, chargé de seconder Francis, le patron du parc. Envoyé par le big boss lui-même, il n’est pas seulement là pour accroître le chiffre d’affaire de la société mais aussi pour augmenter le nombre d’âmes englouties par le parc. Car ce lieu d’amusement envoie directement les âmes des défunts à Behemoth et ce dernier a faim.

Cette série est un des grands succès du CDI, sans cesse empruntée, et le tome 3 ne déroge pas à la règle avec son univers toujours aussi décalé et drôle. Il nous amène à découvrir les bas-fonds du parc, ses profondeurs et son fonctionnement réel. Il nous révèle aussi la logique financière des actionnaires qui veulent toujours plus de profits et sont prêts à tout pour cela : magouilles les plus sombres, pression sur les employés …. Finalement, cette bande dessinée humoristique n’est pas si loin de la vérité…. A consommer sans modération en attendant le tome 4 ! Et l’année 2016 nous réserverait une belle suprise pour les amateurs de la série : une adaptation au cinéma !

Zombillénium, 2. Ressources humaines, d’Arthur de Pins

Un job en or pour les zombies

Nous voici de retour au parc d’attractions le plus étrange : Zombillénium.  Tim et ses parents arrivent d’ailleurs sur place, non sans avoir dû demander leur chemin à un mindexystérieux joggeur. Mais une journée riche en émotions les attend. Après une altercation avec des soeurs siamoises, la maman de Tim est emmenée au PC de sécurité. Mais Francis von Bloodt, le directeur des lieux, a l’impression de connaître cette femme. Comme s’il n’avait déjà pas assez de travail entre les graffitis des villageois qui voient le parc comme une menace et l’absence de Sirius qui n’est pas revenu après une virée en moto.

Ce deuxième tome est aussi réussi que le premier grâce à un savant mélange de mystère et d’humour noir. L’histoire gagne en profondeur car on en apprend plus sur les personnages à travers les différentes affaires qui s’entrecroisent au fil de la lecture. J’ai particulièrement apprécié de revenir sur les formalités de recrutement des employés du parc, thème que le titre nous laissait deviner. La couverture est très réussie et attise la curiosité dès le premier regard.

Ici, on embauche… pour l’éternité.

Zombillénium, 1. Gretchen, de Arthur de Pins

Un parc d’attraction très réaliste

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Zombillénium est un parc d’attraction et, comme son nom l’indique, le thème principal est les zombies et tout ce qui fait peur. Mais les employés n’enfilent pas des costumes, ce sont de réels zombies. Aurélien Zahner, qui vient d’apprendre que sa femme couchait avec son prof de tai-chi, s’apprête à commettre l’irréparable : un braquage à main armée. Il a dès lors vendu son âme au diable. Et lorsqu’il décède dans un bête accident, il est aussitôt embauché au parc. Blaise veut en faire un loup-garou et le mord mais Francis le mord à son tour pour en faire un vampire. La multiplication des morsures va faire d’Aurélien un être unique qui va vite devenir la coqueluche de Zombillénium.
Une bande dessinée avec des dessins simplistes et un humour noir et décalé qu’apprécieront les amateurs du genre. On suit les pérégrinations des habitués du parc : momie, fantôme, sorcière et de notre nouvel employé qui a bien du mal à se faire à ce nouvel univers. L’histoire se poursuit tout au long de la bande-dessinée, en nous en apprenant un peu plus sur chacun des personnages. Certains semblent cacher leur véritable identité, ce qui crée un fil rouge et on a vite envie de savoir la suite.

Les aventures de Spirou et Fantasio : Alerte aux zorkons, de Yoann et Vehlmann

Alerte à Champignac !

Alors que le comtSpirou_et_Fantasio_n51e Pacôme de Champignac se préparer tranquillement un chocolat chaud de sa recette, l’affreux Zorg débarque à bord de sa Zorgmobile. Lorsque le comte le prend pour le plombier, on comprend que son ennemi a fait usage de sa zorglonde. Quelques temps plus tard, Spirou et Fantasio, alors en pleine tournée promotionnelle, reçoivent un étrange coup de fil de leur ami Pacôme. Ils décident de se rendre immédiatement à Champignac mais s’aperçoivent alors que tout le village a été mis en quarantaine suite à l’apparition d’une faune et d’une flore jusqu’alors inconnues et surtout dangereuse.

Voici le 51ème tome des aventures de Spirou et Fantasio, deux journalistes qui bien souvent délaissent leur métier pour résoudre des enquêtes. Si certains des albums précédents valent le détour et m’ont laissé un très bon souvenir, ce n’est pas le cas de celui-ci. L’enquête à mener est trop rapidement résolue et lorsqu’on découvre la cause, on est bien déçu. C’est le premier tome que je lis depuis que Yoann et Vehlmann ont repris les rennes de la série en 2010, il m’est donc difficile de dire s’il s’agit là du style des nouveaux auteurs ou s’il s’agit simplement de ce numéro. Mais l’impression que j’ai, c’est qu’on a ici à faire à un album vide d’histoire simplement pour relancer les aventures de nos deux héros et comptant sur l’engouement du public dû au succès des tomes précédents. Heureusement il reste le personnage maladroit et parfois loufoque de Fantasio et surtout les réflexions de Spip, l’écureuil de compagnie de Spirou, qui apportent un peu d’humour à l’ensemble.

Seuls- tome 1 : La disparition, de Gazzoti et Vehlmann

Seuls au monde

Un sseulsoir d’été, nous faisons la connaissance de cinq enfants : Yvan, dont le papa est très riche mais tellement occupé que bien souvent Yvan se retrouve seul, Leïla, jeune fille bricoleuse et au caractère bien trempé, Camille, dont le principal souci reste ses résultats scolaires, Terry, le plus jeune des cinq et le plus pleurnichard, et enfin Dodji qui a perdu ses parents et vit dans un orphelinat où les autres lui mènent la vie dure. Ils vivent dans la même ville sans pour autant se connaître. Du moins, pas avant ce fameux matin. Car à leur réveil, il n’y a plus personne. Tous les habitants de la ville ont mystérieusement disparu. Tous sauf eux. Pourquoi ? Ils n’auront pas trop le temps de se poser la question, trop occupés à chercher d’autres survivants et de quoi manger. Mais tout va se compliquer quand ils vont découvrir des animaux sauvages. Mais que font un tigre et des rhinocéros en plein centre ville ?

Avec une touche de Lost ou d’Autre-Monde de Maxime Chattam, mais en beaucoup plus accessible (dès la 6ème), cette BD nous plonge dans un monde sans adultes où cinq enfants vont devoir s’organiser pour survivre. Cela implique de cuisiner, de conduire … mais aussi de combattre. Evidemment, ce premier opus ne nous révèle que peu de réponses et les mystères ne vont faire que se multiplier dans les tomes suivants. De quoi nous tenir en haleine …

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