Un espace vide plein de ressources

Le zéro d’Oxymoron, de Pierre Moessinger

zero.jpg

Oxymoron, mathématicien dans la Grèce Antique, fut le premier à additionner des loups et des chèvres. Jusqu’à présent, il n’était pas concevable d’additionner ce qui ne se ressemblait pas. Par exemple, un loup additionné à une chèvre n’était pas possible car le loup mangeant la chèvre il ne pouvait que faire un. Oxymoron ne se lassait pas de dire qu’additionner c’est assembler. Mais beaucoup avait du mal à le suivre. Alors, quand il fut question de soustraire ce fut encore une autre paire de manche… Surtout quand le zéro fit son apparition ! Effectivement, soustraire deux quantités égales donne rien… Mais, là encore, la notion de rien perturbe car pour beaucoup il y a toujours quelque chose quelque part. Oxymoron s’arrache les cheveux en entendant de telles « niaiseries ». Sa théorie est remise en cause et fait peur. Il sera même exclu de l’Académie. Quelques siècles plus tard, ses idées sont reprises et l’utilité du zéro est reconnue.

Les personnages sont pures fiction mais les réflexions sont bien réelles.

Il faut dire que c’est difficile de concevoir que rien c’est quand même quelque chose alors que le zéro non.

Ce livre est plutôt un conte philosophique alimenté de discussions de sages, chacun argumentant à sa façon. On s’aperçoit combien le zéro était source de tracasseries.

La lecture est facile malgré le sujet car le ton est léger sur fond d’une petite histoire très abordable avec de belles illustrations sur l’Antiquité.

Enregistrer

Enfant d’autrefois

La vie des enfants au temps du Roi- Soleil, de Claude Grimmer

roi.jpg

A l’évocation du Roi Soleil, on imagine une période heureuse, chatoyante, le soleil n’étant pas le symbole de la joie ? Louis XIV est devenu roi à 5 ans mais n’a régné qu’à partir de 13 ans, âge de la majorité à cette époque. Il s’est identifié au soleil voulant de la splendeu , ayant toute une cour autour de lui. Il a encouragé les artistes et fait construire de somptueux monuments. Mais derrière tout cela, ce fut un siècle marqué par les épidémies, la famine, la misère. Les enfants en furent les premières victimes.

La majorité d’entre eux vivent à la campagne. Et nombreux meurent de mauvais soins, d’alimentation insuffisante. Dès la naissance, on fait partie d’une catégorie sociale  : celle des parents. Tu nais paysan tu resteras paysan, tu nais noble tu resteras noble.Les enfants le savent. Qu’ils soient fille ou garçon,  ils n’ont pas une éducation semblable et donc sont voués à un destin bien différent.

Ce livre nous raconte leur vie au quotidien à travers des portraits d’enfants de diverses origines sociales .

Tour à tour, on fait la connaissance de Louis le Grand Dauphin, Antoine, l’apprenti orfèvre, Louison la paysanne, Charles-Henri le collégien, Catherine la religieuse, Jean-Marie, demoiselle de Saint- Cyr, Honoré le laquais et Yves le mousse. Le lecteur apprend que l’accès à l’éducation n’était pas chose facile pour tous. Les filles vont rarement à l’école et seuls les plus aisés des garçons y ont accès. Et les jeux d’enfants dans tout ça ? Suivant la catégorie sociale, forcément, les jeux n’étaient pas identiques, faute de moyens.

Un ouvrage très intéressant avec de belles illustrations et photos d’objets d’époque qui va permettre aux enfants d’aujourd’hui de s’interroger sur la vie des enfants d’autrefois. Il faut préciser tout de même que malgré les progrès dans les conditions de vie, les différences sociales sont toujours présentes dans les différentes parties du monde.  Il y a encore des enfants qui souffrent et qui sont maltraités. Dans certains pays, dès leur plus jeune âge les enfants sont même obligés de travailler.