Star trip, d’Eric Senabre

Les dévoreurs de livres dArsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Star tripEté 1968, aux Etats-Unis. May, une jeune adolescente de 15 ans, dépérit d’ennui dans son village perdu au fin fond de ldaho. Son petit frère, Sam, handicapé, est fan de science-fiction. Ils avaient prévu de passer des vacances d’été « spéciales science-fiction », Mais après le départ rapide des parents pour une mission secrète, les vacances sont annulées… May, aidée de son petit ami Will, va tout faire pour le distraire. Mais un matin, May retrouve l’acteur de la série favorite de Sam « Star Trip » dans la grange… Sam voit son rêve se réaliser… rejointe par un Indien chaman un peu fou, notre petite bande va entamer un road trip rempli d’humour et de rebondissements.

J’ai dévoré ce livre ! Une pépite ! L’histoire est fluide et on s’attache aux personnages haut en couleur. Plein d’humour et de fraîcheur, ce livre nous transporte jusqu’à la fin dans une histoire au rythme effréné  ! Et, en final, je vous informe de l’apparition d’un personnage connu assez étonnant !

A emmener d’urgence dans ses bagages de l’été !

Johanne, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de mumu58 :

Des étoiles plein les yeux !

Nous sommes en 1968 aux USA. May, 15 ans, va devoir s’occuper de son petit frère Sam, après le départ précipité de ses parents pour une mission secrète. Sam, handicapé depuis qu’il est tombé d’un toit, est fan de la série de sciences fiction Star trip. Il passe tout son temps à regarder les épisodes qu’il connaît par cœur. Pour le distraire, May a l’idée de fabriquer en secret la réplique de la navette de Star Trip dans la grange de la maison. Partie en ville avec son petit ami Will, elle tombe par hasard sur une séance de dédicaces de Benjamin Spike, le héros principal de la série. Bouleversée, May va lui demander de rendre visite à Sam qui ne peut se déplacer. Le comédien refuse catégoriquement, il se montre même très désagréable. Déçue et très désappointée, May en reste là. Le lendemain, alors que l’adolescente se remet au travail, elle voit une forme étrange sur le plancher de la navette. Elle s’approche et quelle n’est pas sa surprise de voir Benjamin Spike en personne ! Et là débute une histoire folle qui va conduire nos héros dans un voyage peu commun et captivant qui va vite les dépasser.

L’auteur nous plonge dans l ‘univers des années 60 avec des références musicales de l’époque, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Un petit clin d’oeil aussi en passant à la série Star Trek de 1966. Des personnages hauts en couleur et déjantés, de l’humour, de l’émotion, tous les ingrédients qui font de ce roman un beau moment de lecture, d’évasion. On aime May, cette adolescente qui pour compenser l’absence de ses parents, va se lancer le défi fou d’entraîner son frère dans un voyage qu’il n’oubliera jamais. Elle qui rêve aussi d’autres horizons va vivre la plus palpitante période de sa vie. C’est aussi une belle histoire sur les liens forts qui unissent un frère et une sœur. Chaque personnage est une pièce maîtresse de l’histoire. On les aime, ils nous touchent. Lorsqu’on finit Star Trip, on a vraiment l’impression d’avoir vécu dans un autre temps.

Sauvons notre école !

La famille Cerise – l’effet champignon, de Pascal Ruter

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La famille Cerise habite dans une roulotte et a décidé d’arrêter la vie de bohème pour s’installer à Savigny-les-Mimosas. Les jumelles Zouille et Yoyo se sont vite adaptées et sont super amies avec Max et Papillon Belpom. Et ce matin-là , la classe unique du village donne une fête en l’honneur du petit Benjamin qui va déménager. Un événement un peu triste car c’est un copain qui s’en va.

Mais une mauvaise nouvelle va mettre à mal le moral de la population : l’école risque de fermer à la rentrée car il manque un élève. C’est la décision sans appel du Ministre ! Chacun y va de son commentaire et les habitants projettent de déménager si aucune solution n’est trouvée. Le maire se sent impuissant. Plus d’école et c’est la mort du village ! La bande des quatre est catastrophée et décide de chercher une solution pour sauver leur classe. Ils peuvent compter sur leur amie Clarisse qui prétend détenir la clé du problème. Mais que lui arrive-t-il ? Du jour au lendemain, la voilà qui perd la tête et qui se prend pour la factrice ? Intrigués, les enfants vont mener leur enquête.

Pascal Ruter nous livre une belle petite histoire amusante. Des personnages drôles et attachants avec des prénoms rigolos qui charmeront sans aucun doute nos jeunes lecteurs. Un roman plein d’humour et de bonne humeur. Soulignons également, les illustrations pleine de vie de Maureen Poignonec. En parallèle, le récit  pose le réel problème de la désertification des villages liée aux fermetures des établissements scolaires.

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La théorie du genre

Sous la peau d’un homme, de Praline Gay-Para et Aurélia Fronty

Ils étaient deux frères : l’aîné avait sept garçons, le plus jeune, sept filles. Lorsqu’ils se croisaient, ils se saluaient ainsi : « Journée de bienfaits, père des sept lumières » disait le plus jeune. « Bonjour, père des sept misères ! »répondait l’aîné. Un jour, pour lui prouver que  la femme est l’égale de l’homme, la fille aînée propose un marché à son oncle : « Si tu veux savoir qui de ton fils ou de moi est la misère, retrouvons-nous demain, ici, à la même heure. Nous partirons de par le monde pendant un an et un jour et celui de nous deux qui reviendra en ayant le mieux tiré profit de son voyage te montrera qui est la vraie misère ! » Ainsi fut dit, ainsi fut fait… Mais pour réussir, la fille aînée se fera tout de même passer pour un garçon !  Elle se rend en effet, « sous la peau d’un homme », chez un prince voisin connu pour sa misogynie.

Servi par des illustrations aux couleurs vives que je trouve pour ma part vraiment très réussies,  ce conte librement adapté d’un conte d’Afrique du Nord, bouscule les idées reçues sur les hommes et les femmes et sur les sentiments amoureux.  Traitant avec finesse de thèmes comme la théorie du genre, l’homosexualité, la condition féminine, les préjugés sexistes et l’égalité des sexes,  cet album nous fait se poser la question suivante : faut-il que la femme montre des compétences généralement attribuées à l’homme (jouer aux échecs, parler politique) pour se faire respecter ? Et l’homme n’a-t-il pas une part de féminin en lui tout comme la femme une part de masculin qu’il serait temps d’accepter comme un fait ?

 

 

Amour sorcier

Yeghvala, la belle sorcière de Catherine Gendrin et Nathalie Novi

Yeghvala est née dans une roulotte, d’une mère tsigane. En voyant sa bosse derrière sa tête, sa mère comprend tout de suite qu’elle est une sorcière. Sans que celle-ci s’en aperçoive, la petite sorcière est enlevée la nuit de sa naissance par une forme noire et emmenée au grand sabbat des sorcières où elle entre dans le grand cercle des sorcières du monde. Chacune se penche sur l’enfant pour lui prédire son avenir : sa beauté inégalée ne se flétrira jamais, ses cheveux longs seront sa force, le feu ne pourra pas la brûler, celui qui l’aimera voudra la tuer, etc. Le lendemain matin, sa mère la retrouve tranquillement endormie.
Les années passent. Yeghvala, jeune fille d’une grande beauté, tombe amoureuse d’un pauvre tsigane, Zlato. Ils se marient, ont cinq enfants en sept ans, travaillent dur dans la misère mais Yeghvala semble de plus en plus belle, de plus en plus jeune… Comment cela est-il possible ? Le mari commence à se poser des questions…
« Je suis née sorcière, qu’est-ce que j’y peux ? »
Un beau texte desservi par des illustrations fortes, en particulier celles représentant le sabbat des sorcières ou la nuit de pleine lune lorsque Yeghvala murmure ses incantations qui sont en couleur sepia. Le reste est dans les tons chauds à dominance rouge. Ce conte tzigane fait un peu penser à l’histoire de Tristan et Yseult puisque pour se faire aimer de Zlato, Yeghvala use de ses pouvoirs. Peut-on alors réellement venter l’amour plus fort que tout s’il est faussé dès le départ ? Lorsque son mari décide de couper les cheveux de sa femme-sorcière et qu’il l’accepte vieillie, est-ce une preuve que son amour est devenu véritable et n’est plus dû à la magie ? De multiples lectures sont possibles sur ce conte très riche parlant d’amour, de liberté et du poids de l’apparence.