La curieuse histoire d’un chat moribond, de Marie-Renée Lavoie

  Ti-Chat s’est perdu dans la forêt « à cause d’une grosse mouche moche aux pattes pleines de crottes avec des yeux de merlan frit ».  Après avoir marché longtemps, il s’effondre de fatigue.

Heureusement, il est trouvé par une fillette qui arrive à convaincre ses parents qu’il n’est pas mort et qu’il faut l’emmener pour prendre soin de lui. Il découvre alors les délices du thon en boîte et d’un foyer aimant. Mais notre petit chat est bien fragile, ne grandit pas et ses huit vies risquent d’être mises à rude épreuve dans ce monde brutal !

Il fait alors la connaissance de Prémâché, un gros  chat si amoché qu' »on aurait dit qu’on lui avait prémâché la tête et qu’on l’avait recrachée » qui va le prendre d’affection, mais aussi de Billy le voisin et… d’une armée d’araignées !

De très nombreuses illustrations humoristiques en noir et blanc ponctuent ce roman tout mignon pour jeunes lecteurs, sur le thème de la solidarité et de l’amitié.

 

Le garçon qui parlait avec les mains, de Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont

Le langage du coeur

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Victoria est ravie, la maîtresse a présenté à la classe un nouvel élève. Il s’appelle Manolo et la petite fille tombe immédiatement sous son charme. Manolo est espagnol, craquant mais…. il est sourd et communique uniquement avec les mains. Par chance, la maîtresse connaît la langue des signes, ce qui étonne tous les élèves d’ailleurs. La présence de Manolo va soulever des protestations et des hostilités de la part des parents qui voient d’un mauvais œil son arrivée, par crainte que son handicap accapare trop l’institutrice ou ralentisse l’apprentissage de leurs enfants. Par ailleurs, une réelle amitié naît entre Victoria et Manolo, ils deviennent inséparables. Alors que certains vont l’aider à s’intégrer, d’autres vont se moquer. Victoria va alors mener un combat pour faire changer les comportements et le regard sur son ami.

Le garçon qui parlait avec les mains est un petit bijou. C’est un roman jeunesse qui pousse la porte du handicap, notamment de la surdité. Il nous fait ressentir les difficultés à s’intégrer pour la personne différente et les réactions des gens dits «normaux». Des réactions négatives pour certains car ils ne comprennent pas le handicap. L’inconnu fait peur et de là naissent les préjugés. Cet ouvrage est juste et très réaliste et pourrait servir de base aux enseignants pour expliquer l’importance de l’intégration des élèves différents, l’importance du vivre ensemble. Sandrine Beau nous fait également une petite initiation à la langue des signes qui, je trouve, devrait avoir sa place au sein des programmes scolaires.

Cette année au collège, une interventant extérieure est venue proposer l’apprentissage de la langue des signes aux élèves sur la base du volontariat. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’intégrer ces cours et ce fut un réel plaisir. Tellement enrichissant et expressif ! Une transmission des émotions particulières car tout passe par le visuel, l’expression du visage étant très importante. C’est pourquoi aussi ce livre est d’autant plus important pour nous !

Il faut signaler également les belles illustrations fraîches et colorées qui donnent à ce roman tout son sens. Un gros coup de cœur pour ce superbe roman.

La louve, d’Antoine Déprez

Métamorphose…

Un jour d’hiver, alors qu’elle passe chercher son amie Lucie avant de se rendre à l’école, Romane apprend que celle-ci est malade. Sur le chemin, elle croise une louve qui la regarde et dont l’ombre grossit en la voyant. En arrivant sur la place, elle remarque un attroupement. Une colombe de glace est installée en haut d’un perchoir avec un mot de la louve laissée aux villageois : la colombe est un sortilège. Avant sa fonte complète, les villageois doivent rendre à la louve sa fille capturée par le père de Lucie sinon Lucie mourra… Or, cela est impossible, la peau du louveteau a déjà servi à confectionner un manteau à sa fille… Romane va chercher le moyen de sauver son amie… Aidée de ses amis, elle va se glisser dans la peau du louveteau et aller à la rencontre de la louve.

Dans le froid hivernal qui nous saisit, on traverse ce texte très original qui parle de thème durs comme la mort, le sacrifice, la transformation de l’être humain en bête avec un . Le point de vue du texte qui donne la parole à Romane adoucit cette sensation d’étrange puisque, elle, pour sauver son amie, va accepter cette transformation. Elle, l’orpheline, gagne une famille mais perd ses amis. Romane a un fort caractère, beaucoup d’assurance, elle sait ce qu’elle fait et n’hésite pas dans sa démarche. Un texte fort, poétique, dérangeant, à la construction répétive, où les illustrations parfois rondes et colorées, parfois sombres et presque effrayantes crée une atmosphère propice à l’imaginaire.

 

Sélection du comité de lecture-élèves

Bonjour,

Les élèves membres du comité-lecture ont fait leur petite sélection à destination de leurs camarades et enseignants. Voici les résultats pour la période de janvier-février 2018 !

sélection du blog janv fév 2018

Bonnes lectures !

Le jour des premières fois, 3. Croquette et Cie, de Marie Colot – ill. Florence Weiser

Jusqu’au dernier souffle…

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Savanna est triste en allant à l’école, aujourd’hui. Son chien, Bestiole, est gravement malade et il n’a plus que quelques jours à vivre. Devant la détresse de sa petite élève, maîtresse Coline va avoir une idée géniale pour transformer les derniers instants de Bestiole en moments de joie. L’institutrice propose à Savanna d’emmener son chien en classe pour profiter au maximum de son ami jusqu’au jour de son départ. Rires et larmes mêlées, toute la classe va se préparer à faire vivre des moments inoubliables et magiques à Bestiole.

Une histoire touchante qui s’adresse à nos très jeunes lecteurs. Le thème du deuil est ici traité de manière délicate à travers le personnage de maîtresse Coline. Plein de délicatesse, ce récit explique simplement ce qu’est la mort et le rituel qui entoure le départ du défunt. Malgré le thème évoqué, ce petit roman jeunesse est plein de fraîcheur et d’humour. Ce n’est pas facile d’aborder un tel sujet en gardant ce petit côté léger mais Marie Colot y est parvenu. L’auteur nous montre également que tout doit être  expliqué aux enfants. La mort fait partie de la vie, il ne faut pas hésiter à en parler. A noter les belles illustrations de Florence Weiser qui apportent de la douceur et de l’éclat. J’ai eu un coup de cœur pour cette auteure, pour sa plume qui a su également séduire et émouvoir l’adulte que je suis.

Le jour des premières fois, 1. Mouettes et Cie, de Marie Colot-ill Florence Weiser

La mer, les oiseaux et la pluie…

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Maîtresse Coline est effarée quand elle se rend compte que ses élèves n’ont jamais vu la mer. Elle renonce à sa leçon de géographie sur les mers et les océans. A quoi bon apprendre à les situer sur un planisphère si ces petits de la cité ne savent pas à quoi ça ressemble ! Le lendemain, l’institutrice affiche un visage radieux en voyant ses élèves. Elle annonce que toute la classe va partir une journée à la mer. Une escapade financée par l’argent issu de la vente de crêpes à Noël. Les petits ne tiennent plus en place et rêvent déjà à ce qui sera une journée inoubliable. Mais rien ne va se passer comme prévu, à commencer par une météo très capricieuse qui a décidé que ce jour serait pluvieux et froid. Sur place, les enfants ne sont ni emballés par le paysage, ni charmés par les plages de la mer du nord. Le programme de maîtresse Coline semble compromis, ce qui la plonge dans un état de découragement et de tristesse. La journée tourne au fiasco. Les enfants comprennent aussi qu’ils ont été injustes avec leur institutrice en boudant tout ce qu’elle avait mis en place. Ils vont alors trouver le moyen de se faire pardonner et de rattraper tout ce désastre.

Marie Colot nous séduit par son écriture légère, pleine de sensibilité. Une histoire pleine d’humour qui nous invite au cœur d’une excursion scolaire avec des enfants remuants et une institutrice dépassée par la tournure des événements. Mais ce récit parle avant tout des enfants qui n’ont pas la chance de partir en vacances, de voir la mer. Des enfants de banlieue, des enfants de la cité qui ne connaissent la mer qu’à travers la télévision. A noter les belles illustrations chatoyantes de Florence Weiser.

Retrouvez la chronique du tome 2 sur Le Coin lecture d’Arsène : Le jour des premières fois, 2. Salades et Cie

Un son a disparu, de Rodrigo Muñoz Avia

Un son a disparu

Un son a disparu, de Rodrigo Muñoz Avia

Jorge, jeune garçon de onze ans, vit dans le centre ville de Madrid. A l’école, c’est un très bon élève qui a une amie quelque peu bizarre : Eléonore. Elle ne parle pas beaucoup sauf à lui et vit dans une maison d’accueil. Mais un mardi, elle disparait subitement ce qui provoque chez Jorge quelques soupçons. Pour la faire revenir plus vite,  Jorge décide de ne plus utiliser la lettre -E- dans son langage, celle qui était la lettre favorite de son amie. Et comme l’enquête policière menée sur cette affaire ne fait pas revenir Eléonore, Jorge commence alors à faire sa propre enquête sur le sujet…

Le contexte crée un lien avec la Russie, pays d’origine d’Eleonore, dont le deuxième nom est Anouchka. Sa famille est- elle venue la chercher ? A-t-elle été enlevée ?
Jorge arrivera-t-il à retrouver son amie qui lui manque tant ? Telle est la question. Et vous le découvrirez par vous-même en lisant ce livre, original.

Un clin d’oeil à La Disparition de Georges Perec, dont le personnage du père de Jorge dans le livre est fan … d’où le nom de son fils et celui de sa librairie : Perec.

Ce livre est très intéressant, simple à lire et contient environ 160 pages. Le personnage principal est très attachant et nous fait vivre beaucoup d’actions à travers son histoire. Ce livre est assez touchant et nous montre ce que chacun devrait faire si son ami(e) venait à disparaitre : ne pas l’abandonner. Cette histoire est très bien écrite et je vous la recommande ! Bonne lecture.

Guillaume, 3ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène