Jusqu'à la dernière dernière page, de Laura Ferracioli – ill. Alice Coppini

Un écrivain, totalement dévoué à son travail, ne sortant que très rarement de chez lui, rencontre un jour au supermarché, une vilaine fée qui lui jette un sort : « tant que vous serez écrivain, vous perdrez toujours la dernière page de chaque histoire que vous écrirez ! »

Plus personne ne s’intéressant à ses histoires, notre écrivain, ruiné, part à l’aventure autour du monde. Un univers nouveau, riche et peuplé de belles rencontres s’offre alors à lui.

A lire dès 5 ans.

Découvrez également aux éditions Balivernes un livre cartonné pour les plus jeunes, adaptation des Trois mousquetaires d’après Alexandre Dumas, aux illustrations vives et colorées de Frédéric Laurent.

La promesse de l’aube de Romain Gary

A ma mère…

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La promesse de l’aube est un roman autobiographique dans lequel Romain Gary dresse le portrait de sa mère, une russe juive, Mina Kacew. Une mère hors norme, extravagante, battante, intransigeante, exigeante, une mère aimante. Une mère dévouée à son fils, qui ne vit que pour lui, voyant pour lui un avenir glorieux. Un amour sans borne, un amour démesuré, un amour fusionnel, un amour éprouvant, trop lourd à porter pour ce petit garçon, dont le seul but dans la vie sera de ne pas décevoir sa maman. Romain est élevé par sa mère, qui a fui la Russie. Une enfance pauvre mais durant laquelle il ne manquera de rien.Très courageuse, Mina fait toujours en sorte de trouver les moyens de s’en sortir, elle veut que son fils s’élève au-dessus de la médiocrité, qu’il devienne quelqu’un de respectable, quelqu’un dont le monde parlera. Elle émigre en France, à Nice. Elle a beaucoup d’ambition pour lui, une ambition sans limite. Elle trace la voie et lui, doit y sceller ses pas. Elle lui façonne une vie, lui inculque également l’amour de la France. Ce gamin n’a pas le choix et durant toute son existence, il fera ce que sa mère exige de lui, même au péril de sa vie. Romain Gary a eu une vie extraordinaire grâce à cette femme qui l’a porté à bout de bras. Il a vécu pour accomplir les rêves immenses de sa mère. Il l’admire et il est prêt à tout pour elle. Il faut qu’il soit le héros qu’elle espère qu’il devienne.

La promesse de l’aube, un roman fort, bouleversant, un amour dévorant qui fera de l’auteur la personne que l’on connaît. Une belle histoire qui fait sourire, qui fait pleurer. Une fin qui nous serre les tripes. Un tandem auquel on s’attache, avec lequel on aurait encore aimé faire un bout de chemin. Que dire de cette mère, cette force inépuisable, ce courage à tout épreuve, son fils le combat de sa vie, cette mère qui aura mis son existence à faire que son petit gars devienne quelqu’un de bien, de célèbre. Epoustouflante d’énergie, de volonté… Avant d’être Romain Gary, il est Roman Kacew, un fils qui donnera tout à sa mère, conscient de son sacrifice, il fera tout pour lui faire honneur.

Comment peut-on se construire lorsque la mère est si présente, si étouffante? Y a-t-il de la place pour une autre femme, tant l’amour de cette mère a été fort ? Une adaptation cinématographique sortie en décembre 2017 m’a donné envie de lire ce roman. J’ai été totalement captivée et émue par l’un et l’autre.

La petite femme du père Noël, de Kochka

A chacun son étoile…

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Rose d’Hiver est une auteure à succès, qui va dans les écoles à la rencontre de son jeune public. A quelques jours de Noël, elle va parler de son nouveau roman Vanille, fraise et praliné à des élèves de primaire. Elle est accueillie par maîtresse Barbara et très vite son regard est attiré par Noëlle, une fillette handicapée. Celle-ci dit être la femme du père Noël et quiconque ne l’aimera pas sera privé de cadeaux. Cela fait bien rire ses camarades de classe notamment Max et Gaspard très crédules sur l’existence du vieil homme en rouge. Rose d’Hiver va alors leur raconter une histoire pour leur démontrer qu’il faut croire parfois à l’impossible pour voir ses rêves se réaliser. La journée s’achève et Rose doit repartir mais Noëlle la rattrape en la suppliant de l’emmener voir le père Noël. Elle caresse l’espoir d’aller un jour en Finlande pour  rencontrer celui qui, dans la nuit du 24 au 25 décembre, distribue des cadeaux dans le monde entier. Rose pourra-t-elle aider la petite fille ? Un pari fou mais fermons les yeux et pensons très fort à ce moment si féérique et peut-être verrons nous les petits lutins s’activer auprès du Père Noël pour que la magie de Noël opère.

Kochka nous livre un beau conte sur la force de l’imaginaire. Nos petits héros vont vivre une folle aventure qui va leur donner un regard neuf sur ce qui les entoure, sur leur existence. C’est un récit plein de magie, de tolérance et d’amitié. N’avons-nous pas besoin, par moment, de croire en nos rêves pour donner un sens à notre existence ?

Crime de papier, de Robert Belfiore

Un écrivain dans la tourmente

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Julien est un écrivain un peu trop fleur bleue. Il a du mal à percer. Un jour, il présente à son éditeur une histoire plutôt sombre de tueur en série. Le personnage principal, Emile, doit commettre un meurtre le 21 juin à 21h30. L’éditeur tombe sous le charme et accepte de le publier en feuilletons dans l’Echo d’Oudignac. Julien est enthousiaste et prêt à signer un contrat pour plusieurs histoires.

Mais un matin, il reçoit une lettre très étrange signée du nom de son personnage, Emile le détraqué. Celui-ci se dit heureux d’avoir été créé, il remercie son auteur et attend avec une impatience diabolique la journée du 21 juin. Julien croit alors à une mauvaise farce, soupçonnant même sa femme d’être à l’origine de ce canular.

Mais la fiction va dépasser la réalité…

Une histoire originale qui plaira aux jeunes lecteurs.

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Enfermements

Le fantôme qui écrivait des romans, de Eric Sanvoisin

Afficher l'image d'origineLeï est un personnage de roman. Il est enfermé dans un asile psychiatrique avec le fantôme du chien des voisins que sa mère a sciemment écrasé sur la route.

Emilia est une adolescente que le mal-être empêche de vivre. Anorexique, le monde extérieur l’effraie tant qu’elle ne sort plus de chez elle et survit grâce à la lecture. Elle va s’attacher au personnage de Leï.

Antonin est un fantôme. Tué par son père, gourou d’une secte, lors d’un sacrifice qui a mal tourné, il hante l’ancienne demeure désertée et supporte sa condition grâce à son accès à un ordinateur et une connexion Internet. Il est l’auteur  du roman  de Leï.

Ces trois être en souffrance vont tisser des liens étroits. Trois adolescents au bord du gouffre qui cherchent à s’agripper à un espoir.

Un récit à trois voix où fiction et réalité s’entremêlent, dans la chaleur moite de la Nouvelle-Calédonie. Des parcours de vie tristes qui rendent le lecteur que nous sommes vulnérables à la souffrance d’autrui. Des thèmes forts sont abordés, effleurés, évoqués : l’anorexie, le suicide et les tentatives de suicide (TS), la folie, la vie dans l’au-delà, les relations familiales, les sectes, le corps, la mort, l’assassinat, l’anonymat d’Internet. Une histoire à la construction complexe, bien écrite, toute en finesse et poétique qui nous emmènent dans les méandres psychologiques d’êtres en souffrance. Un texte exigeant à réserver aux bons lecteurs de 4e-3e.

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Ecrivains, qui êtes-vous ? de Flaubert à Hemingway, 18 écrivains se dévoilent, de Pierre Ducrozet et Anna Forlati

Les écrivains nous parlent…

Afficher l'image d'origineDans la même collection que Poètes, qui êtes-vous ? , dont nous avons déjà fait la chronique sur ce blog, voici un très bel album illustré. Le principe est le même : sur la page de gauche, une biographie écrite à la première personne, comme si l’écrivain nous parlait, avec ses doutes, ses ambitions, ses rêves. Une sorte d’autobiographie fictive, quoi.  Un extrait d’oeuvre judicieusement choisi et bien référencé complète ce texte. A droite, une illustration pleine page de l’écrivain en question, avec un encart présentant une biographie plus officielle. Cette double approche est idéale pour les jeunes lecteurs travaillant sur une biographie d’écrivain ! Et, ce qui n’est pas à négliger,  un très bel ouvrage grand format doté de très belles illustrations. Les écrivains présentés ne sont pas seulement français, mais sont tous des grands noms de la littérature ce qui ouvre aux lecteurs d’autres horizons : Kerouac, Flaubert, Stendhal, Camus, Céline, Hemingway, Proust, Balzac, Cortazar, Perec, Kafka, Borges, Dostoïevski, Simenon, Woolf, Orwell, Calvino, Dumas… Mais toujours cette question : quel est l’ordre retenu pour cette présentation (ni alphabétique, ni chronologique). Si l’auteur ou l’éditeur me lit, j’aimerais bien une réponse car je ne trouve pas la solution de cette énigme qui me turlupine depuis la lecture du premier ouvrage (je dois être un peu psycho-rigide !). Une approche intéressante, originale et très plaisante. Un album vraiment réussi !

Les écrivains nous parlent. Ecoutons-les. Ils ont mis le monde entier dans des objets rectangulaires aux pages reliées. Ouvrez-les. Il y a là des voix, des hommes, des aventures ; la vie réinventée. […] Ils créent des mondes, ils sentent les choses, les saisissent en quelques mots. Ecoutons-les. Ils détiennent la clef.

Comment on écrit des histoires ?, de Yaël Hassan et Raoul Fuentès

9782748517378Et si j’écrivais mon propre roman ?

Deux auteurs de littérature jeunesse se livrent au jeu des questions-réponses de leur héros respectif. Momo et Gérald rêvent en effet tous deux de devenir écrivain comme leur « père ». Combien de temps faut-il pour lire un livre ? Faut-il aimer lire pour écrire ? Comment inventer des personnages ? Les deux garçons passent au crible tous les mystères de ce métier passionnant. Yaël Hassan, tout comme Roland Fuentès, répondent avec des mots simples puisqu’ils s’adressent à des enfants : Momo et Gérald, mais aussi aux lecteurs. Ici, donc pas de leçon ni de cours, seulement des conseils, des pistes… Chaque réponse est ensuite illustrée, souvent avec humour, par un témoignage fictif des personnages des romans des deux auteurs.

Une fois n’est pas coutume, nous présentons ici, non pas un roman, mais plutôt un documentaire. Mais rassurez-vous, rien de barbant dans celui-ci puisqu’il est interactif. Les passionnés de lecture se posent tous un jour la question : et si j’écrivais moi-même un livre ? Malgré les exercices d’écriture de l’école, pas si évident de se lancer dans l’aventure et nombreux sont ceux qui abandonnent faute de méthode. Ce livre est donc fait pour eux, pour les guider, leur permettre de s’exercer et progresser. En plus des conseils, Roland Fuentès et Yaël Hassan nous livrent des petits exercices tout prêts et simples à réaliser qui intéresseront aussi les professeurs de français ou les professeurs des écoles.

Un petit guide, ludique et passionnant.