Jusqu'à la dernière dernière page, de Laura Ferracioli – ill. Alice Coppini

Un écrivain, totalement dévoué à son travail, ne sortant que très rarement de chez lui, rencontre un jour au supermarché, une vilaine fée qui lui jette un sort : « tant que vous serez écrivain, vous perdrez toujours la dernière page de chaque histoire que vous écrirez ! »

Plus personne ne s’intéressant à ses histoires, notre écrivain, ruiné, part à l’aventure autour du monde. Un univers nouveau, riche et peuplé de belles rencontres s’offre alors à lui.

A lire dès 5 ans.

Découvrez également aux éditions Balivernes un livre cartonné pour les plus jeunes, adaptation des Trois mousquetaires d’après Alexandre Dumas, aux illustrations vives et colorées de Frédéric Laurent.

Le crayon qui voulait voir la lune – Le crayon qui voulait voir la mer, de Eric Simard et Africa Fanla

Le voyage d’un crayon

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Le crayon de Lulu rêve de s’envoler pour aller sur la lune. Mais il a un souci, il n’a pas d’ailes et personne ne veut lui en prêter. Lulu va donc tout mettre en œuvre pour lui offrir le plus beau des voyages.

Une histoire mignonne qui va charmer les tous petits. Elle va attirer l’attention des plus jeunes sur l’utilisation de la lettre «L» qui seule ou en binôme n’aura de cesse de rendre service.

Vogue, vogue petit crayon

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Nous retrouvons Lulu et son crayon qui souhaiterait voir la mer. Un parcours semé d’embûches qui va mettre à mal le projet des deux amis.

Les lettres vont servir de décor à cette petite histoire qu’apprécieront les plus jeunes de nos lecteurs.

Ces deux petits ouvrages démontrent que la lecture et l’écriture sont de bons moyens d’évasion et d’imagination. C’est un beau voyage à travers les mots. A lire dès le CE1 en autonomie.

A noter les très jolies illustrations très colorées qui accompagnent merveilleusement le texte.

Tant que durent les rêves, de Roland Fuentès

Nathan a une passion : la natation. Il s’entraîne matin et soir, des heures durant pour espérer atteindre un haut niveau de compétition… Mais plus il progresse, et plus il sent la « Bête » au fond de son ventre, une « Bête » qui prend de plus en plus de place et qui semble là pour le faire douter, se décourager, abandonner. La peur de ne pas y arriver devient trop forte et le ronge de l’intérieur. Un jour, il se réveille dans la peau de son propre fantôme et devient le témoin impuissant d’un Nathan qui va tout abandonner. Ce fantôme va rencontrer celui de Alicia, son amie, qui, elle, ne croit plus en son rêve de devenir écrivain. Ensemble vont-ils réussir à surmonter leurs doutes ?

Un roman étrange, entre compétitions sportives et fantastique. Etonnamment, le fantastique semble « irréel » ! Ne sommes-nous pas plutôt là en présence d’un dédoublement des personnalités, dans une période de doute où les personnages cherchent une réponse en eux. Des personnages qui se dessinent au fur et à mesure de l’histoire et qui nous accompagnent dans une réflexion sur notre chemin de vie, nos doutes, nos regrets, l’aboutissement de nos rêves

Un roman qui laisse un sentiment bizarre, car autant je ne l’ai pas lu avec un grand enthousiasme malgré un thème très porteur, autant, une fois le livre refermé, il laisse des traces dans votre esprit, on y repense, on y revient…

Un jour, une jeune comédienne a dit à la grande actrice Sarah Bernhardt : « Moi, je n’ai jamais le trac sur scène. – Ne vous inquiétez pas, ma petite, a répondu l’actrice, ça vous viendra avec le talent. » Cette anecdote, il faut que tu la fasses tienne. Tu ne pourras jamais te débarrasser de ta peur. Ce que tu peux, c’est apprivoiser.

Lire, c’est comme vivre en deux endroits à la fois. Vu de l’extérieur, le lecteur se situe au même emplacement que son corps, mais son esprit se trouve en voyage, loin, très loin. Comme si deux personnes existaient en lui.

Alicia a toujours privilégié la lecture plaisir. Pour elle, ce qu’on nous impose de lire au lycée se trouve inévitablement défavorisé par rapport à ses lectures personnelles, comme si en obtenant l’aval de l’Éducation nationale un livre perdait de sa puissance. J’ai essayé de lui dire que les romans, ça existe d’abord « dans la nature », et que ça intègre ensuite (ou pas) les programmes scolaires.

Mon angoisse, c’était de porter toute ma vie le regret de n’avoir pas donné le meilleur de moi-même. J’avais toujours trouvé pitoyables ces adultes assurant qu’ils auraient pu être bons si

Croire en ses rêves, voilà le véritable secret du Bonheur.

Il était 6 fois Hanaé, de Matt7ieu Radenac

Hanaé  a été adoptée par le couple Saunier. Hanaé est une jeune fille très curieuse qui cherche des réponses sur les trois premiers mois de sa vie. Pour trouver des réponses, la collégienne se confie à Paul, le bibliothécaire qui lui propose alors de faire un défi : écrire les trois premeirs mois de sa vie sous toutes ses formes : policier, conte, théâtre, etc… Mais Paul, âgé de 783 ans fait une chute ; alors, tout se précipite…

J’ai ADORÉ ce livre ! Il m’a transporté dans l’histoire et l’émotion de ce roman. Le contexte du monde du livre et l’écriture est « cool »  et le questionnement sur ses origines rend Hanaé très attachante. C’est un livre très positif malgré un sujet difficile et c’est bien écrit. Je l’ai dévoré d’une traite ! Un coup de coeur.

Judith, 6ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

 

L’élan bleu, Daniel Pinkwater

C’est l’histoire de Monsieur Breton, un cuisinier vivant à l’orée de la grande forêt. Un matin, un élan bleu entre dans le restaurant de Monsieur Breton. Monsieur Breton lui apporte une soupe aux chipirons, débute alors une amitié entre le cuisinier et l’élan bleu.

A partir de 9 ans

Maryna,  CM2 – une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

 

Résumé de l’éditeur : Depuis qu’un élan bleu a débarqué dans le restaurant de M. Breton pour lui proposer son aide, celui-ci ne sait plus où donner de la tête : les clients viennent en hordes voir le spectacle… et se régaler de sa fameuse soupe aux chipirons ! M. Breton est ravi… jusqu’au jour où l’élan bleu déniche une vieille machine à écrire et décide de rédiger ses mémoires. Qu’a-t-il donc de si extraordinaire à raconter ?

 

43, rue du Vieux Cimetière, 2. Il faudra me passer sur le corps, de Kate et M. Sarah Klise

Halloween, néfaste pour les enfants ?

il-faudra-me-paer-sur-le-corpsLa vie quotidienne a pris sa routine au manoir Vranstock. M. Bronchon écrit ses livres de jeunesse, aidé du fantôme Adèle, et le jeune Lester se charge des illustrations… Hélas, c’est sans compter l’intervention de Dick Tatter, le dirigeant du Mouvement International Autoritaire pour la Sauvegarde Morale de nos Enfants, appelé plus brièvement le MIASME. Celui-ci n’admet pas que Lester vive au manoir Vranstock sans ses parents. Pour remédier à ce problème, il fait interner Ignace Bronchon – sous prétexte qu’il croit aux fantômes –  dans un asile psychiatrique et Lester dans un orphelinat. Et comme si cela ne suffisait pas, il impose au pays de brûler les livres sur les histoires de fantômes et veut interdire Halloween, cette fête si néfaste pour les enfants ! On aura tout vu …

Un deuxième tome dans la même veine que le premier. Contrairement à ce que l’on pourrait croire si l’on n’a pas lu le livre, ce n’est pas un roman d’horreur. Le titre de la série est le nom de la rue dans lequel se trouve le manoir, et les fantômes y sont bien gentils … Ce sont les adultes qui ne sont pas à la hauteur, sont étroits d’esprit et ne comprennent rien, à part notre ronchon M. Bronchon, peut-être ! C’est un livre plein d’humour, à l’écriture imaginative puisqu’elle alterne lettres et articles de presse et très agréablement illustré en noir et blanc. Et toujours des jeux de mots bien trouvés (Dick Tatter (dictateur), Gemma C. Vossoux (la banquière), etc. Une série qui connaît toujours un très grand succès -mérité- au CDI (ce que je n’avais pas imaginé en lisant le tome 1 -voir ma précédente chronique-… et je suis très heureuse de m’être trompée) ! C’est très rapide à lire, et peut être une entrée en matière  idéale pour des élèves rebutés par la lecture.

Pour les adeptes de cette série, le CDI  possède d’autres titres à découvrir.

Présentations de l’éditeur :

43, rue du Vieux Cimetière43, RUE DU VIEUX-CIMETIERE T3 - Jusqu'à ce que la morsure nous sépareTome 3, Jusqu’à ce que la morsure nous sépare  : Lorsqu’un chien fait son apparition au manoir Vranstock, Lester est fou de joie ! Ses parents adoptifs, Adèle I. Vranstock et Ignace Bronchon, beaucoup moins… particulièrement depuis que le fameux chien, baptisé Secret, passe ses nuits à aboyer. Mais pourquoi Secret aboie-t-il ainsi ? Est-ce parce qu’il souffre de la disparition des son ancien maître, le vieux et richissime Placid Mac Abbey dont les deux enfants se battent à présent comme chien et chat pour toucher l’héritage ? Ou bien, Secret cacherait-il un secret ? Lester se retrouve mêlé, grâce à son nouveau compagnon, à un fabuleux jeu de piste, orchestré par le regretté et fantaisiste Placid avant sa mort : un défi lancé à ses enfants mais aussi à tous les habitants de Livid City dont le destin pourrait bien être transformé par les dernières volontés du vieil homme…

43, rue du Vieux Cimetière43, RUE DU VIEUX-CIMETIERE T4- Le fantôme hante toujours deux foisTome 4, Le fantôme du bureau de poste : Le trio du manoir Vranstock va bientôt devoir faire le deuil d’un de ses plus grands plaisirs : le courrier. Le bureau de poste de Livid City est sur le point de fermer et Ignace, Lester et Adèle seront bientôt coupés de tout contact avec leurs fans. Une nouvelle invention appelée VEXTO, menace de remplacer non seulement les lettres, mais aussi les livres, les sèche-cheveux et même les portes de garages ! Le mystérieux propriétaire de la boîte postale n°5 pourra-t-il grâce à son plan sinistre (en apparence) sauver le bureau de poste ? Dans ce quatrième tome de 43, rue du vieux cimetière Lester et son nouvel ami Owen vont devoir résoudre un mystère… avant qu’il ne soit trop tard !

43, rue du Vieux Cimetière43, rue du vieux-cimetiereTome 5, Ca tourne (mal) à Hollywood ! Le producteur Phil Massuxay veut adapter 43, rue du vieux cimetière au cinéma et promet d’en faire un succès. Aveuglés par les sunlights et les paillettes, Ignace Bronchon, Adèle I. Vranstock, Lester Perrance font leurs valises.Mais une fois à Hollywood, Adèle est effrayée de découvrir combien la célébrité fait rapidement tourner la tête d’Ignace et de Less. Pire encore, Adèle a été effacée du scénario « Ce que l’Amérique désire est un fantôme terrifiant, nommé Délira » explique Phil Massuxay.Bien, s’ils veulent du Délira, ils auront du Délira. Et Adèle sait précisément comment faire mourir de peur, le producteur le plus méprisable d’Hollywood…

 

 

Un roman d’aventures…(ou presque !), de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Un roman d’aventures…(ou presque !), de Yaël Hassan

Sortie prévue le 7 septembre

Quand Nathan perd son travail, il peut enfin réaliser son rêve : écrire un roman d’aventures. Dans son roman, il racontera la vie de six enfants qui, le jour de Noël, se lèvent et se retrouvent suels : leurs parents ont disparu ! Un mot laissé par leurs parents leur indique qu’ils doivent se rendre chez un certain Jean. La tempête gronde dehors. rien ne se passera comme prévu. Parallèlement à l’écriture de son roman, Nathan l’écrivain vit aussi des aventures : sa maison de Blanchac vient d’être cambriolée et Broussard, un ancien camarade de collège,  a un comportement vraiment bizarre… Un roman d’aventures (ou presque !) vous attend, alors foncez ! C’est un livre vraiment très bien, j’ai beaucoup aimé lire deux histoire en parallèle, avec le roman de Nathan et sa propre vie. Les commentaires d’écriture qui ponctuent l’écriture du roman est original, de même que ce soit par la voix de Simon (le fils adolescent de Nathan) que la 4ème de couverture soit écrite. En fin d’ouvrage, des lettres d’éditeur en réponse à l’envoi du manuscrit de Nathan étaient vraiment très drôles !

Chloé, 5ème – 12 ans, memebre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de Mu :

Nathan est catastrophé : il vient de perdre son travail ! Mais sa femme le rassure, avec ses indemnités chômage et son salaire à elle, ils ont le temps de voir venir un peu… Pourquoi ne profiterait-il pas de cette occasion pour réaliser son rêve : écrire un roman… d’aventures ? Il n’en faut pas plus à Nathan pour retrouver le moral et commencer le projet de sa vie. son meilleur critique : son propre fils qui va lire son manuscrit au fur et à mesure et lui donner des conseils avisés. Le jour où leur maison de famille de Blanchac est cambrioléE, Nathan en profite pour s’installer là-bas, au calme, pour se concentrer sur sa tâche… Lui-aussi va vivre des aventures !

Le roman est double : d’un côté l’histoire de Nathan, ancien journaliste, qui avait enquêté sur le nucléaire à ses débuts et qui est l’auteur du roman d’aventures en cours d’écriture, de l’autre, l’histoire de six adolescents qui ne se connaissent pas mais qui, le  matin de Noël vont se retrouver seuls et se regrouper : leurs parents, qui travaillent  à la Centrale nucléaire voisine, ont tous été réquisitionnés ! Que se passe-t-il ? En plus de  la tempète qui se prépare, ils vont devoir affronter bien d’autres péripéties ! Vont-ils en sortir indemnes ? Vont-ils revoir leurs parents ?

Un roman à plusieurs voix, à plusieurs écritures, plein de rebondissement et joyeux. Les deux histoires sont écrites avec des polices de caractères différentes, ce qui permet  aux lecteurs moins aguerris de se repérer facilement dans l’histoire.  De plus, le roman de Nathan est parsemé de notes sur les personnages, les règles d’écriture, le vocabulaire qui sont vraiment rigolotes ! Même si ce genre d’exercice est original de la part de Yaël Hassan, on retrouve néanmoins ses thèmes fétiches de la famille, et elle a su apporter une touche sérieuse en choisissant le sujet brûlant du nucléaire.

Un très bon petit moment de lecture !

Momo des Coquelicots, de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Momo des Coquelicots, de Yaël Hassan

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Après la mort de Monsieur Edouard, Momo est bien triste, mais il rêve toujours de devenir écrivain. A sa rentrée au collège, il se fait une nouvelle amie, Emilie, une fille qui adore lire et écrire, comm lui. Mais, malgré ce bonheur, Momo a toujours des soucis : son père est gravement malade et Ahmed, son frère, est de plus en plus autoritaire… Comment va-t-il se sortir de cette situation ? Quel sera le mot de la fin ?

C’est un bon livre, accessible à tout lecteur, mais avec quand même quelques moments assez violents. Une histoire touchante.C’est la suite de Momo, petit prince des Bleuets

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

L’amour des mots

Momo 11 ans, toujours passionné de lecture, rentre en sixième. Il partage sa passion avec Emilie, une amoureuse des mots. Mais depuis que son ami monsieur Edouard est décédé, rien n’est plus comme avant à la cité des Bleuets. Il lui reste des souvenirs et surtout les deux caisses entières de livres qu’il lui a léguées. Ces livres prônent désormais sur des étagères au-dessus de son lit. Monsieur Edouard devient son ange gardien. Il veille sur lui de là-haut. La vie de Momo n’est pas facile. Son père va de moins en moins bien suite à sa chute d’un échafaudage. Il reste des journées entières assis, le regard tourné vers son pays natal. Il est au plus mal. Il sent sa vie le lâcher. Au collège, Momo se réfugie au CDI et s’attaque aux dictionnaires. Il veut apprendre tous les mots car il souhaite devenir écrivain. Et puis il y retrouve Emilie. Mais bientôt, le frère de Momo, Ahmed, décide de prendre le rôle de chef de famille, lui qui n’a jamais rien fait pour aider sa famille, passant ses journées à lézarder. Mais il est trop autoritaire et devient de plus en plus violent. Heureusement, Fatima, la sœur si douce est là, pour redonner force et énergie à Momo. La maman du jeune garçon va réagir en s’opposant à Ahmed.

Avec Momo des Coquelicots, Yaël Hassan nous fait pénétrer dans le monde des cités où différentes générations cohabitent dans un même logement. Abordant le thème de la maltraitance des femmes qui n’hésitent pas à se rebiffer, l’auteur pose aussi le problème des conflits entre frères et sœurs. La solidarité entre habitants est aussi mise en avant. Les enfants grandissent en s’aidant les uns et les autres dans les petites corvées du quotidien. Arrive également le temps où les tours trop vétustes vont être détruites emportant avec elle des souvenirs, une vie. Au-delà de toutes ces souffrances, l’auteur transmet un joli message d’espoir. Quelles que soient nos origines, nos drames, il est possible de réussir dans la vie, de poursuivre ses rêves. D’ailleurs Yaël Hassan fait référence au livre le journal d’Anne Frank qui illustre parfaitement cette volonté de se battre envers et contre tout. Momo aime tout le monde, il est dévoué, naïf, ce qui le rend attachant. Pour Momo, les mots sont un remède aux maux.

Grammaire de l’imagination, de Gianni Rodari

Jeu de mots

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Grammaire de l’imagination est très agréable à lire. L’auteur nous présente avec une touche d’humour ses méthodes pour développer l’imagination et pour produire ses histoires.

Profitant de son expérience en tant qu’instituteur, il a pu développer des ateliers autour du mot et de l’imagination avec ses élèves. Ce livre est donc illustré par de nombreux exemples .
Gianni Rodari développe des systèmes permettant d’aider l’enfant à l’écriture.
L’auteur part du principe que tout élément peut déclencher l’écriture d’une histoire. Ainsi, même les fautes d’orthographe peuvent servir de prétexte à l’écriture.
Ce livre est donc une sorte de répertoire d’idées pour jouer avec les mots, avec les enfants. Il s’agit plus du témoignage de Gianni Rodari se servant de sa propre expérience, qui montre et qui donne envie de jouer avec les mots pour réinventer sans cesse des histoires. « Imaginez » est le mot d’ordre de ce livre. L’imagination, c’est la liberté de l’esprit puisque imaginer c’est penser à des choses qui n’existent pas .

Seuls dans la ville entre 9h et 10h30, d’Yves Grevet

Lire entre les lignes

Résultat de recherche d'images pour "seuls dans la ville entre 9h et 10h30 syros"Mme Darlène, professeur de français a une riche idée.  Elle propose à sa classe de terminale une expérience littéraire : « Postez-vous seul(e) à un endroit du centre-ville entre 9 heures et 10h30, et écrivez ce que vous voyez ou ce que cela vous inspire. La forme est libre : description, fiction, poésie… ». Les vingt-quatre élèves de la classe se prêtent au jeu et tous rendent un texte à leur professeur écrit durant ce temps de « Création-récréation ». Depuis, ils ont appris que le notaire de la ville, Maître Marideau a été assassiné ce matin du 23 mars où ils étaient répartis dans le centre-ville pour rédiger leur chef-d’œuvre. Le corps de celui-ci a été retrouvé à l’arrière d’une Mercedes bleue. Deux semaines après, Erwan est préoccupé par cette affaire et souhaiterai pouvoir aider la police à résoudre l’enquête. Les copies des élèves révèlent peut-être des éléments étant susceptibles d’élucider la situation. Mais Madame Darlène refuse de l’entendre et conseille plutôt à Erwan de se concentrer sur l’examen du baccalauréat qui approche à grand pas. Néanmoins Erwan ne compte pas en rester là. Avec Cassandre, ils décident d’entremêler leurs révisions avec l’étude des éléments qui pourraient aider la police à résoudre cette enquête criminelle.

Yves Grevet maîtrise l’art de laisser planer le mystère dès les premières lignes jusqu’au dernier signe de ponctuation du livre.  Pour écrire ce roman à énigme, il invente vingt-quatre copies d’élèves où potentiellement se trouvent des informations pour clarifier l’enquête. Erwan et Cassandre décortiquent ces copies en espérant élucider le meurtre du notaire. L’auteur livre des textes différents tant sur la forme que sur le fond, de la science-fiction à la poésie en passant par des textes plus techniques. Le lecteur s’amuse de surcroît à lire les commentaires de l’enseignante qu’elle inscrit sur chaque copie.

Par cette initiative astucieuse, il suscite un vif intérêt chez le lecteur, curieux de découvrir au fil des pages les textes rédigés par Erwan, Cassandre, Clémence, Apolline, Milan, Philémon, Salomé, etc. Et montre par ce biais que l’écriture est un terrain où l’imagination peut se laisser déborder à l’infini.

Les écrits laissent transparaitre par ailleurs la personnalité de chaque adolescent de cette classe de terminale littéraire. En quelques lignes, Yves Grevet crée des personnages divers et dresse le portrait d’une classe de lycéens ordinaires. Il expose les agréables années au lycée, les relations nouées à un âge où les amis et les premiers amours deviennent sérieux et capitaux.

Seuls dans la ville entre 9 heures et 10h30 évoque aussi les différentes classes sociales auxquelles appartiennent les personnages à travers la relation entre Cassandre et Erwan. Cassandre, issue de classe très aisée voit son père rejeter Erwan car appartenant à un milieu modeste où son père enchaîne les CDD et l’intérim. Néanmoins, Cassandre ne perçoit aucun problème à fréquenter Erwan et refuse de se plier aux ordres de son père. Yves Grevet parle aussi d’un âge où les jeunes commencent à s’émanciper et se construire.

Rarement déçue par Yves Grevet, Seuls dans la ville entre 9 heures et 10h30 est une réussite. Un roman à énigme ultra original où l’histoire mêle le goût pour les lettres et pour les enquêtes. Nous retrouvons dans cet ouvrage les thèmes phares de l’auteur comme les liens familiaux et l’apprentissage de l’autonomie et de la liberté. Suspens, rebondissements et inattendus, l’auteur joue avec les mots pour tenir le lecteur et éveiller sa curiosité. Il partage et transmet de surcroit par cette expérience littéraire son amour pour l’écriture. Un roman que je recommande infiniment aux jeunes et moins jeunes lecteurs mordus de lecture et d’enquête !

L’expérience littéraire proposée par Madame Darlène « Création-récréation » m’a personnellement convaincue, et si on tentait avec nos dévoreurs de livres ? En espérant qu’un meurtre ne se produise pas ce jour-là…