Dorothy Counts -affronter la haine raciale- de Elise Fontenaille

Le courage contre l’injustice…

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1957 dans l’état de Caroline du sud, aux Etats-Unis. Dorothy Counts, une adolescente noire âgée de 15 ans, va faire sa rentrée dans un collège de Blancs. C’est l’une des premières étudiantes noires admise dans une université ségrégationniste. Dès le premier jour, le collège devient pour elle un lieu de souffrance, de maltraitance physique et morale. Une haine indescriptible va se déchaîner sur Dorothy et sa famille. Comment une Noire peut-elle fréquenter la même école qu’un Blanc, partager les mêmes repas, assister aux mêmes cours. Impensable, inimaginable, on ne se mélange pas et gare à ceux qui voudraient l’aider… Et pourtant, malgré sa souffrance, Dorothy ne va pas flancher. Il lui faut trouver la force de tenir, de résister. Mais à quel prix et pendant combien de temps ?

Elise Fontenaille nous livre le portrait poignant d’une adolescente courageuse et obstinée, qui gardera toujours la tête haute, impassible malgré les brimades, les menaces et les mauvais traitements. Sa persévérance portera ses fruits et lui permettra de tenir tête à tous ceux qui voulaient perpétuer la ségrégation.

Dorothy Counts rejoint les Harriet Tubman, les Rosa Parks qui se sont toutes battues pour que les Noirs aient leur place dans une société blanche qui le leur refusait. L’image de couverture du roman est la photographie qui a fait la uUe des journaux du monde entier : l’entrée de Dorothy au collège. Un témoignage fort, le courage contre la haine.

Alcatraz Indian land, d’Elise Fontenaille

Alcatraz Indian land par FontenailleMarilyn Miracle, de son nom indien Little Bird, vit une vie misérable dans une réserve indienne paumée, aux côtés d’une mère alcoolique. Depuis ses treize ans, elle ne va plus à l’école et pour oublier le suicide de sa meilleure amie, elle sniffe de la colle toute la journée… Mais un jour, Richard Oakes, un Indien parti en Californie faire des étues est venu la chercher.

Faut que tu t’en ailles, Little Bird… Déploie tes ailes, fous le camp d’ici

l’encourage sa grand-mère, Dana, la seule personne qui ne se soit jamais occupée d’elle et l’ait jamais aimée.

Alors, Little Bird part avec Richard et est accueillie dans sa famille auprès de sa femme Alicia et leur fille Yvonne.

On est en 1969 et Richard Oakes est le leader d’un groupe d’activistes qui se bat pour la défense des droits des Indiens d’Amérique. Leur rêve : créer une université pour les Indiens. Leur projet : investir l’ancienne prison d’Alcatraz, désertée depuis 5 ans. Ils choisiront la journée symbolique de Thanksgiving, jour où l’Amérique commémore l’aide que les Indiens ont apportés aux premiers colons. Alicia, Little Bird et Yvonne seront de la partie mais pas seulement… Tous les jour, un nombre de plus en plus important d’Indiens de toutes les tribus arriveront et s’installeront sur l’île… Ce roman retrace cette action, ce combat.

Ce récit est construit sous la forme d’un flash-back, raconté par Little Bird, âgée, qui écrit à sa petit-fille Eden pour partager avec elle les souvenirs de ses seize ans. C’est une lettre envoyée par la mairie de San Francisco l’invitant à revenir sur les lieux de l’occupation et de repeindre les graffitis  du château d’eau dans le cadre de la célébration pour l’anniversaire de l’occupation d’Alcatraz qui fera remonter ses souvenirs et lui donnera envie de témoigner pour perpétuer cet héritage pour la génération future. Un court roman très intéressant qui met à la portée de tous une page d’Histoire pas forcément connue du grand public et des adolescents en particulier. On prend conscience de la force de l’engagement et des dérives que toute action, même pacifiste au départ peut déclencher lorsque l’intérêt personnel prend le pas sur le collectif. A lire.