La politique pour débutants – Collectif

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

 

La politique pour débutantsUn documentaire à lire dès 10 ans – 127 pages

 Ce livre apporte des réponses sur un sujet  bien spécifique : la politique,  tels que la démocratie, le droit de vote,  les élections, les idéologies, avec des thématiques comme les droits de l’homme, la révolution, la guerre, le terrorisme, l’immigration, la liberté d’expression, etc.  Toutes les notions de base sont traitées et permettent de mieux comprendre ce que l’on appelle  » politique  » dans nos relations à travers le monde. C’est simple, précis et complet. Une bonne approche du sujet pour se familiariser et apprivoiser avec douceur la politique sans prendre peur !

 

 On peut apprécier la mise en page des livres de cette collection. Il y a beaucoup de couleurs, des encadrés, des fonds à motifs, des tas d’illustrations sur chaque page… C’est à la fois bien rempli tout en étant très clair. C’est un livre que l’on peut lire ou feuilleter en prenant une page au hasard ou bien par chapitre. Chaque information commence d’abord par un titre ou une question puis viennent les explications et les précisions accompagnées d’illustrations colorées qui rendent les faits plus clairs. C’est un livre complet, diversifié.  A la fin de l’ouvrage, on retrouve une table des matière ainsi que les définitions de termes qui nous semblent souvent complexes. Une nouvelle façon d’apprécier et de comprendre la politique autrement, à travers des dessins, des schémas simples et des petites planches de BD souvent drôles . C’est un ouvrage qui se complète bien avec les 100 infos insolites à travers l’histoire que je conseille vivement de lire simultanément. Je recommande ce livre autant aux jeunes qui, d’ailleurs, retrouveront les thèmes abordés dans les programmes scolaires, qu’aux adultes pour revoir un peu leur culture générale !

Axel, 14 ans – 3ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Lettres à une disparue, de Véronique Massenot

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Lettres à une disparueMélina est une maman qui habite dans un pays d’Amérique latine soumis à la dictature. Elle pleure depuis des années la disparition de sa fille Paloma, enlevée par des militaires avec son mari et sa petite-fille de 3 ans. Elle espère un jour qu’elles reviendront vivantes à la maison. Alors, Mélina décide de lui écrire des lettres imaginaires dans l’espoir de pouvoir lui donner un jour en main propre. Les reverra-t -elle un jour vivantes ?…
Le livre m’ a beaucoup plu, il est plein d’émotions !  Nous y découvrons la souffrance de vivre avec un être porté disparu et la violence d’un régime dictatorial.  On ressens bien la tristesse de Mélina car en lisant les lettres cela fait comme si elle nous les envoyaient. C’ est un bon coup de cœur que je recommande vivement !

Lenny, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Art et politique, de Nicolas Martin et Eloi Rousseau

We don’t need another hero

Un ouvrage passionnant pour comprendre comment l’art  peut être une forme de pouvoir. Parfois, les artistes se mettent au service du pouvoir dominant, et leur art devient instrument de propagande, même d’un pouvoir totalitaire. Parfois, au contraire, les artistes se mettent au service de mouvements contestataires pour dénoncer l’oppression, les injustices, parfois au péril de leur vie.

Cet ouvrage, abondamment illustré, présenté de manière très agréable et aérée, en courts chapitres bien construit, dresse un aperçu à travers l’Histoire de l’artiste qui est là  non seulement pour représenter le monde, mais bien aussi pour le faire bouger ! Les différents mouvements sont présentés (du portrait de cour aux surréalistes, du réalisme au constructivisme), ainsi que différentes techniques ou supports (street art, affiches, photomontages, détournements, etc). Cet ouvrage s’articule autour de 7  thématiques présentées en chapitres : Révolte, Guerre, Révolution, Dictature, Dissidence, Luttes, Mondialisation. La palette d’artistes cités permet de plus  un éventail très large et varié  : David, Goya, Grosz, Warhol, Bansky, Heartfield, Ai Weiwei.

 

Mort d’un dictateur

La mort de Staline : une histoire vraie soviétique, tome 1 – Agonie et tome 2 – funérailles, de Nury (scénario) et Robin (dessins)

Couverture la mort de Staline tome 1 - agonieURSS. Staline est à l’agonie. Nous sommes le 2 mars 1953 et Joseph Staline vient de faire une attaque cérébrale. Tous ses collaborateurs arrivent à son chevet… Mais qui va prendre la décision d’appeler un médecin ?  Qui va être Couverture la mort de staline tome 2 - Funéraillestenu responsable d’avoir mal fait ? Et si le but de cette attente était tout simplement la mort du dicateur pour une quête du pouvoir ? Lutte acharnée et cruelle pour le pouvoir suprême, magouilles politiques, folie meurtrière, avidité de l’homme à régner, ambition personnelle, peur des rouages d’une dictature implacable, peur d’un tyran à l’agonie… Cette bande dessinée est fidèle à la réalité historique : il a fallu deux jours pour que Staline soit déclaré mort, et on ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé durant ce laps de temps… La tyrannie impitoyable de Staline, qui a mis en place de son vivant un système de purge et de déportation à grande échelle, voit son système se tourner contre lui : le complot des blouses blanches a mis au ban de la société la plupart des médecins ! Qui va venir le soigner ?

Une bande dessinée qui place également comme central le personnage de Beria, le bras droit de Staline qui rêve de prendre sa place… Et Staline s’en doutait et voulait l’éliminer. La mort tombe bien pour lui. Beria était un personnage sans scrupule, qui exécutait les ordres sans états d’âme et a sur la conscience des millions de morts et de déportations… Ce personnage impitoyable  est parfaitement décrit dans cette bande dessinée : meurtres, viols, pressions, torture, rien n’est ici passé sous silence. La débauche des hommes de pouvoir est également bien présente. D’où une bande dessinée à réserver aux lecteurs avertis de fin de 3ème pour le collège, et tout à fait adaptée aux adultes. Le ton est à la fois cinglant et ironique. Dans cette course au pouvoir, tout le monde a peur pour sa peau, a peur de devenir la prochaine victime,  a peur d’un système qu’il a lui-même aidé à mettre en place. Un système qui va s’étioler à la mort du dictateur. La cérémonie de funérailles se prépare, et en coulisse, c’est une lutte sans merci pour le pouvoir qui se trame… Un diptyque sombre à l’humour glacial avec des illlustrations de qualité et tout à fait adaptées au sujet.

Cette bande dessinée a reçu le Prix Historia 2011, même si elle annonce en avertissement « bien qu’étant inspiré de faits réels, cette histoire n’en demeure pas moins une fiction, librement construite d’après une documentation parcellaire, parfois partiale et souvent contradictoire… Les auteurs précisent toutefois qu’ils n’ont guère eu besoin de forcer leur imagination, étant incapables d’inventer quoi que ce soit d’équivalent à la folie furieuse de Staline et de son entourage ». Le ton est donné !

La ferme des animaux, de George Orwell

Bêtes d’Angleterre

product_9782070375165_195x320A la ferme du Manoir, les animaux se regroupent afin d’écouter le rêve de Sage l’Ancien. Celui-ci prédit à ses comparses que d’ici peu, ils seront libres. Ils se soulèveront contre les humains et deviendront alors leur propre maître. Finie dès lors la vie de labeur, les animaux seront tous égaux ! Peu de temps après, Sage l’Ancien s’éteint. Mais sa prémonition fait son chemin dans les esprits des animaux. Si bien qu’un jour où Mr. Jones, le propriétaire, fut effectivement mis à la porte de chez lui. Dorénavant, la ferme du Manoir s’appellera la Ferme des Animaux et sera soumise à sept règles : Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.

Ce classique de la littérature, qui convient aux adolescents comme aux adultes, est bien plus qu’une histoire de révolution du monde animal. Il nous dépeint, à travers les comportements de chacun des personnages, la mise en place d’un régime totalitaire basé sur la manipulation. Et pour manipuler les gens, il suffit de miser sur une peur commune : ici, le retour de Mr. Jones et des humains à la ferme. Petit à petit, nous voyons apparaître une figure emblématique qui deviendra le dictateur et qui s’attribuera tous les privilèges. Entourés de ses sbires, il fera régner la crainte en pourchassant les traîtres et exploitera la naïveté de ses congénères pour restreindre toute contradiction sur sa façon de gouverner. Cette satire écrite en 1945 par George Orwell est en fait une critique à l’encontre de l’Union Soviétique. La révolution de 1917, censée libérer le peuple de l’oppression du tsar, va prendre un courant inverse sous l’égide de Staline. Mais l’auteur veut aussi tirer les leçons du passé et mettre en garde le lecteur contre les révolutions qui, justement, ont trop souvent pour conséquence la mise en place d’un autre régime dictatorial.

 Bien sûr, j’ai conçu ce livre en premier lieu comme une satire de la révolution russe. Mais, dans mon esprit, il y avait une application plus large dans la mesure où je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être affamés de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes.

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