Quand tout nous oppose !

La bande des Pommiers. Pas de chance pour Magali, de Chantal Cahour

Résultat de recherche d'images pour "pas de chance pour magali"Vous vous rappelez de la bande des Pommiers ? Plus particulièrement de Pauline et de Pierrick ? Des élèves de CM1 de l’école des Pommiers en classe avec Madame Limay ? Une école bien agitée où les élèves n’ont pas le temps de s’ennuyer. Après l’élection de Pauline au conseil municipal, l’enquête de Pierrick,  place à Magali qui accueille sa correspondante venue tout droit de Paris.

Tous les élèves de l’école de la rue des Pommiers sont surexcités ! Les élèves de CM1 accueillent leur correspondant venant de l’école Charlemagne à Paris. Les élèves de Charlemagne sont accompagnés par Paul, leur instituteur. Quant à ceux de l’école des Pommiers, ils sont avec Mme Limay. Au moment de trouver leur correspondant, Magali ne trouve pas la sienne, elle sait juste qu’elle s’appelle Cindy. Pas de chance, c’est celle qui pleurniche et qui ne veut pas lâcher son maître. Magalie est pétillante et pleine de vie, elle adore le foot et le rock ! Cindy est plutôt sérieuse et un rien a tendance à la faire pleurer. Elle préfère la mode, la flute et la lecture. Magali est désemparée et ne sais plus quoi faire pour que Cindy s’amuse. Elle finit par jouer avec Lucinia, la correspondante de Lucie et Cindy se rend compte qu’elle a plus de points communs avec Lucie. Mais Magali est tracassée, Cindy est sa correspondante ! Le choix des correspondants a visiblement été fait en dépit du bon sens. Comment s’entendre lorsque l’on est si différent ?

Le premier tome de la bande des pommiers traitait du vote et de la démocratie à travers l’élection des représentants de l’école au conseil municipal, le deuxième était axé sur la gestion de conflit à l’école. Celui-ci traite de la différence de l’autre, des centres d’intérêt et de caractère. Peut-on s’entendre quand tout nous oppose ? Magali aime s’amuser et Cindy apprécie le calme et le sérieux. Difficile de trouver des activités communes lorsque l’une aime le foot et l’autre la mode. Le mieux est de trouver un terrain d’entente mais même cela est compliqué, pourtant Magali fait des efforts pour tenter de satisfaire sa correspondante.

Ce petit roman de la bande des pommiers montre qu’il ne faut pas repousser l’autre lorsqu’il est différent ou lorsque que peu de points communs nous rassemblent. Même si à la lecture de ce roman, il semble difficile de s’entendre avec quelqu’un qui nous paraît opposé. Nous apprenons toujours des autres et il est enrichissant de fréquenter d’autres personnes que ses semblables !

Ce roman est destiné à des élèves du cycle 3 (CM1 – CM2 – 6ème) et peut être lu dans le cadre de la liaison CM2-6ème surtout si un projet de correspondance est mis en œuvre entre deux écoles. Chantal Cahour répond aux élèves qui ne seraient pas satisfaits de leur correspondant !

Pour retrouver les chroniques des tomes précédents, c’est par ici :

La bande des Pommiers. Votez Pauline.

La bande des Pommiers. Pierrick mène l’enquête.

Femme de l’ombre

La marraine de guerre, de Catherine Cuenca

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Etienne a 22 ans. Il essaie de rester en vie, de sauver son pays, de survivre dans les tranchées. Nous sommes en novembre 1916 dans l’Est de la France. Les combats sont atroces, les hommes progressent dans la boue, dans le sang. Le moral est au plus bas. Essayer de résister sans dormir, en mangeant peu, au milieu des cadavres et de la saleté. Penser à ses proches qui souffrent et tremblent de les savoir à chaque instant aux portes de la mort …..Etienne tente de tenir et ne comprend pas toujours pourquoi il doit tuer, pourquoi cette guerre. Il voit mourir ses camarades, il n’en peut plus. Etienne est jeune, innocent, sa place n’est pas dans ces tranchées, au milieu de tant de barbarie !

Est-ce vraiment dans cette direction que je devrai envoyer mes balles, pour abattre tant d’hommes innocents?  » Oui, il le faudra « , pense Etienne. Pourquoi ? Parce que sinon, c’est moi qui mourrai. Pourquoi ne pas mourir ? Parce que l’espoir idiot me tient que la guerre finira un jour et que je pourrai encore profiter de la vie.

Et pourtant le quotidien est moins dur depuis qu’il échange une correspondance avec une femme qui a accepté de devenir sa marraine de guerre. Elle lui envoie des lettres de réconfort avec des colis qu’Etienne partage avec ses amis. Le jeune soldat s’est attaché à elle, il puise ses forces dans l’écriture. Il se fait gentiment chahuter par ses camarades mais qu’importe, Marie-Pierre l’apaise.

Cher Etienne,
Je vous envoie quelques provisions, en espérant qu’elles vous parviendront intactes. Comme j’aimerais que Noël soit une trêve qui vous redonne force et espoir ! Je prie chaque jour pour vous. Quoi qu’il advienne, écrivez moi. Je vous embrasse affectueusement.
Marie-Pierre

Il ne sait pas grand chose d’elle, elle habite Saint-Etienne et s’appelle Marie-Pierre. Son souhait le plus cher serait de la rencontrer. Mais cette saleté de guerre lui laissera-t- il le temps d’aller la voir ?

La marraine de guerre est un témoignage poignant du calvaire des soldats. Le lecteur est en immersion dans les tranchées avec ces hommes. C’est un roman très réaliste qui met en avant le ressenti des poilus de 14-18 exposés à de terribles combats. Une véritable « boucherie » …. la vision de l’horreur s’agrandit de jour en jour, c’est à la limite du supportable. Le récit est entrecoupé des lettres échangées entre Etienne et Marie-Pierre ce qui permet au jeune engagé, ainsi qu’au lecteur de souffler entre deux combats. Ce récit met en avant aussi le rôle important de toutes ces femmes qui ont soutenu les soldats. D’une certaine façon, elles aussi ont fait la guerre.

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De Sacha à Macha de Rachel Hausfater-Douieb Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

De Sacha à Macha, de Rachel Hausfater-Douieb Yaël Hassan

Résultat de recherche d'images pour "de sacha à macha"Voici l’histoire de Sacha, un jeune garçon qui envoie des mails à des adresses imaginaires… jusqu’au jour où Macha, une de ses correspondantes lui répond. Une amitié va naître mais prendre des tournures inattendues à cause des problèmes de famille de Sacha. Comment Macha le raisonnera t-il ? Que fera Sacha ?
Un livre plein d’émotions, des personnages attachants et une histoire d’amitié et de famille très touchante.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de  Mumu58 :

Sacha envoie des messages à des adresses mail qui n’existent pas. Contre toute attente, il reçoit une réponse d’une dénommée Macha. Commence alors un échange de correspondance. Sacha et Macha ne peuvent plus se passer de cet échange et chaque jour, ils guettent fébrilement un signal de l’autre. Petit à petit, ils apprennent à se connaître. Macha va vite découvrir le côté un peu sombre de la vie de Sacha. Elle va le pousser dans ses retranchements pour qu’il se livre, qu’il se confie.  Macha a touché un point sensible en évoquant sa maman. Sacha ne sait pas où elle est et son père se mure dans un silence quand il essaie d’évoquer le sujet. Macha incite avec force Sacha à découvrir ce qui est arrivé à sa mère. Et finit par le persuader. Puis un jour, silence, plus de messages de son ami. Il ne répond plus. Que s’est-il passé ? Macha a-t-elle été trop loin ?

Il y a des vérités qui font mal. Se taire parait donc plus simple pour éviter de faire souffrir. De Sacha à Macha évoque l’absence d’une mère, un fils en souffrance face à un père qui ne veut pas parler. Alors Sacha s’invente une mère de rêve et poussé par Macha, il décide de partir à sa recherche . Mais la réalité va ternir cette image de mère modèle. Ne pas savoir par peur d’être déçu. Le personnage du père est touchant. Il a le mauvais rôle. Sacha lui reproche d’entretenir le mystère autour de la disparition de sa mère, il va même penser qu’il en est responsable. Un récit écrit à quatre mains intégralement en temps réel sur internet, constitué uniquement des messages échangés par Sacha et Macha qui toucheront nos lecteurs.

14-14, de Silène Edgar et Paul Beorn

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

14-14, de Silène Edgar et Paul Beorn

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Hadrien et Adrien ont 13 ans et sont meilleurs amis. Ils s’écrivent souvent par lettres surtout quand ils ont des problèmes. Dans les lettres d’Adrien, Hadrien ne comprend pas toujours les mots de son ami. Un jour, Adrien décide de rendre visite à son ami mais il se rend compte qu’il y a des choses louches : la ville d’Hadrien n’existe pas, les timbres semblent dater d’une autre époque … Mais c’est normal ! Ils ne vivent pas à la même époque ! Hadrien vit en 1914 alors que Adrien, lui, vit un siècle plus tard, en 2014 !!! Malgré les années qui les séparent, ils s’écrivent et s’envoient des lettres grâce à une boîte aux lettres magique. Mais une chose est sur le point de les séparer, La Guerre. Adrien décide alors de prévenir Hadrien pour ne pas le laisser en danger…

Avis : Un roman qui se lit vite, qu’on comprend facilement et quand on le commence, on a du mal à en sortir ! En effet, l’action et les nombreux rebondissements tiennent en haleine le lecteur. Malgré le contexte de la guerre qui n’est pas si central, on a plaisir à suivre les personnages et c’est malgré tout une histoire qui n’est pas si triste. et on peut voir la différence entre chacune des époques évoquées, le mode de vie.

Alicia, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et la chronique de mumu58

Un siècle chargé d’histoire

Deux siècles qui s’opposent, deux vies qui se croisent à cent ans d’intervalle : Adrien, jeune écolier en 2014 et Hadrien, un enfant paysan en 1914, qui va connaître les horreurs d’une guerre imminente. Une boîte aux lettres, surgie de nulle part, va être le témoin d’une correspondance étroite entre les deux jeunes.

Dans un premier temps, Adrien et Hadrien s’échangent leurs bons vœux pensant s’adresser à un cousin éloigné. Mais petit à petit, ils prennent conscience que chacun fait un voyage dans le temps. Mais peu importe, ils vont tisser des liens d’amitié malgré qu’ils ne fassent pas partie du même monde, de la même époque. Et pourtant, ils ne sont éloignés que de vingt kilomètres…..L’aventure commence, déstabilisante et inimaginable.

Hadrien, fils de paysan, rêve de continuer ses études mais son père s’y oppose car il a besoin de lui à la ferme. La misère, la maladie partagent son quotidien.

 Dans la bassine d’eau très froide, le garçon fait une toilette de chat avec un peu de savon noir. Il a entendu dire que dans les maisons des riches de la ville, l’eau arrivait toute seule dans les tuyaux, c’est peut-être le cas chez Adrien ? En tout cas, ici, à Corbeny, il faut la tirer du puits.

Adrien vit dans le confort, déteste l’école. Mais pourtant ils ont tous les deux les mêmes interrogations et progressivement l’un deviendra le soutien de l’autre. Les lettres leur apportent réconfort et conseils. Les deux adolescents se comprennent. Ils ont des relations tendues avec leurs parents et ont les mêmes préoccupations. Tout va s’accélérer quand Adrien et Hadrien vont déceler des choses bizarres dans leurs courriers. Notamment l’aspect du timbre sur les enveloppes, le fait qu’ils n’emploient pas le même vocabulaire, le même style d’écriture ou tout simplement qu’Hadrien ne connaisse pas le téléphone, internet ou qu’il n’ait jamais entendu parler de la sécurité sociale. Adrien prend conscience alors qu’il a un siècle d’avance et qu’il peut prévenir son ami que la guerre va bientôt faire rage. Il se documente et s’aperçoit que le village de celui-ci a été la cible de combats atroces. Une course contre la montre va commencer pour sauver Hadrien et les siens.

La tête lui tourne , il s’adosse au mur de la maison. Il ne comprend toujours pas comment il a pu écrire à un garçon qui vit cent ans dans le passé. Il n’a pas d’explication pour cela. Mais maintenant, il a une certitude : Hadrien est en danger de mort.

14-14 est un roman poignant, plein de magie et d’originalité. Ce n’est pas une histoire sur la guerre mais sur la vie d’avant guerre. Le titre est en cela un peu trompeur. La guerre reste en toile de fond.

14-14 explique de belle manière comment était le quotidien d’une famille au siècle dernier, aux portes de la première guerre mondiale et nous dépeint la société actuelle. D’un côté, des conditions de vie difficiles où tout le monde était lié à la terre, où il était hors de question de laisser les fils faire des études. Ils étaient plus utiles pour travailler dans les fermes. D’un autre côté, un adolescent en manque de repères, peu motivé par les études, des parents divorcés. Les inquiétudes sont les mêmes : l’amitié, l’amour, la famille, l’école… Un parallèle futur-passé bien mené, à travers le regard d’adolescents, qui tient le lecteur jusqu’à la fin. Le thème de l’éducation est très présent. On perçoit qu’en 1914 la réussite scolaire est une réelle chance de s’en sortir, de devenir quelqu’un. Le maître est une personne écoutée et respectée. De nos jours, certains écoliers ne prennent pas toujours conscience de l’importance d’étudier qu’ils considèrent plutôt comme une corvée …

La première guerre mondiale est présentée comme un événement lointain pour Adrien alors que pour Hadrien elle est proche. Des reproductions de documents ou de photos d’époque viennent merveilleusement illustrer un texte clair et précis. Deux jeunes gens attachants : Hadrien, dans sa lutte pour accéder à une classe sociale meilleure et qui pour y arriver , doit combattre l’ autorité d’un père hermétique. Et Adrien qui manque de confiance en lui entre un père absent suite au divorce et une mère protectrice. Une belle histoire d’amitié à travers le temps qui ne peut laisser le lecteur indifférent et qui peut servir de support pour une étude de l’histoire dans les établissements scolaires.

 

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Interrogation existentielle

Oscar et la dame en rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt

Afficher l'image d'origineUn livre touchant et très réaliste sur Oscar, enfant de dix ans qui sait qu’il va mourir, et Mamie-Rose, sa visiteuse, « accompagnante » à l’hôpital, qui l’invite à instaurer une correspondance par le biais d’un cahier, avec Dieu, lien invisible et présent, qui l’aidera sur une multitude d’interrogations philosophiques. L’histoire, obligatoirement, nous rend spectateur, et nous mènera à une interrogation existentielle sur nous-même : vie, mort, maladie, jeunesse, vieillesse, …A aucun moment on ne versera dans le pathétique ni la religiosité : le récit reste honnête.

A lire absolument ! Une interview de l’écrivain en fin d’ouvrage nous renseigne sur la démarche de l’auteur et nous livre son point de vue et comment il a adapté ce texte pour le théâtre, sous la forme d’un monologue.

 

Do you speak english ?

Kamo, l’agence Babel de Daniel Pennac
Kamo vit seul avec sa mère depuis la mort de son père. Un jour, alors qu’ils se disputent au sujet des résultats scolaires de Kamo en anglais, ils décident de se lancer un défi : si sa mère arrive à garder plus de trois mois le même emploi, Kamo aura trois mois pour apprendre l’anglais… Sceptique, Kamo pense ne rien risquer… Et pourtant, trois mois après, il est bien obligé de se rendre à l’évidence : sa mère a réussi son pari.

« Et le dernier soir du troisième mois, quand sa mère vint l’embrasser dans son lit, Kamo trembla en voyant son sourire d’ange victorieux.
– Bonsoir, mon chéri, tu as exactement trois mois pour apprendre l’anglais !
Nuit blanche. »

Il va donc falloir qu’il se mette aussi au travail. Pour l’aider dans sa tâche, sa mère l’inscrit dans une agence linguistique « l’agence Babel ». Il y correspond alors avec une étrange Cathy … Mais que cache donc cette agence mystérieuse ?

Petit livre très facile et très agréable à lire. La qualité littéraire est aussi au rendez-vous, forcément, c’est quand même Daniel Pennac qui a écrit ce roman. L’histoire est très originale, assez drôle et mystérieuse. Le narrateur de l’histoire est le meilleur ami de Kamo. Ceci est important à relever car ce point de vue de l’histoire n’est pas forcément évident pour le jeune lecteur. Les titres de chapitres en anglais apportent une petite touche british sympathique et l’histoire est autant de clins d’oeil à la littérature classique. Pour les enfants à partir de 10 ans et pour les adultes qui aiment Daniel Pennac et Les Hauts de Hurlevent d’Emilie Brontë. Du pur bonheur !
J’espère que les élèves aussi apprécieront. D’ailleurs, nous l’avons mis sur la liste « Plaisir de lire 5ème ». Au CDI, nous avons également dans la série des Kamo : L’évasion de Kamo… que je vais m’empresser de lire !