Io, pour l’amour de Zeus, de Clémentine Beauvais

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

 

Io vit une existence heureuse, avec son père, Inachos, le roi d’Argos. Elle est l’une des plus belles prêtresses du temple d’Héra, qui protège sa vallée. Elle sacrifie et prie avec dévotion, prenant en pitié la déesse, victime d’un mari infidèle, Zeus. Mais ses convictions, ses désirs, sa vie changent quand elle-même rencontre Zeus, le dieu des dieux, le mari et frère de la déesse qu’elle adorait autrefois, le dieu qu’elle va aimer jusqu’à en oublier toute prudence. Mais elle doit désormais payer le prix de cet amour…

J’adore la mythologie grecque, alors j’ai dévoré ce livre. J’ai beaucoup aimé ce livre, émouvant et passionnant. J’ai beaucoup apprécié le personnage de  Io, si courageuse et attachante. Je conseille vivement ce livre, mais, une fois n’est pas coutume, plutôt pour des élèves plus âgés que ceux étudiant la mythologie en 6ème.

Eléa, 5ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

La revanche des princesses, collectif d’auteurs

Sois belle et tais-toi ? Ça, c’était avant…

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1/ La princesse est en colère, d’Anne-Fleur Multon

Attention, méfiez-vous des princesses surtout quand elles sont en colère ! La princesse d’Anne-Fleur Multon fait du théâtre. Elle en a plus que marre d’avoir des rôles ennuyeux aux dialogues plus que niais. Elle se sent inutile. Elle veut jouer de vrais personnages, changer de costumes, vivre des aventures, avoir un vrai rôle. La voici décidée à faire bouger les choses. Elle erre alors à travers le théâtre pour crier haut et fort à qui veut l’entendre, tout  ce qu’elle a sur le cœur.

2/ # charming, d’Alice Brière-Haquet

Mathilde et sa classe visitent le centre pénitentiaire des princesses. Les princesses n’ont plus la cote et comme pour se rappeler de leur gloire passée, elles sont parquées dans une sorte de refuge pour princesses déchues. Un endroit super sécurisé mais dont les conditions de «détention» sont déplorables. Elles s’ennuient et ne semblent pas heureuses. Elles ne sont plus très nombreuses, presque en voie de disparition. Donc, pour sauvegarder l’espèce, il a été décidé de les mettre «sous cloche». Quel destin cruel pour celles qui ont fait les beaux jours des contes pour enfants. Elles qui resplendissaient, elles si sages et si coquettes ! Les voilà enfermées comme des animaux en cage. Mathilde n’a pas l’intention de se taire. Il faut que tout le monde sache ce qui se passe derrière ces murs. Elle est prête à tout, pour dénoncer cet emprisonnement.

3/ La princesse aux mille et un reflets, de Carole Trébor

Il était une fois un roi et une reine qui rêvaient d’avoir la plus belle des petites filles. Il faut dire que dans leur royaume tout le monde est beau, tout le monde se doit d’être beau. C’est le culte de la beauté avant tout. Mais voilà… ce qui aurait dû être le plus heureux des événements est vite devenu un cauchemar pour le couple royal. La reine a mis au monde une fille quelque peu particulière. Sa peau, ses cheveux, ses dents changent de couleur au gré de ses émotions et du duvet commence même à recouvrir son corps. Quelle honte ! Aucun remède miracle n’a été trouvé pour la guérir de cet état. Les parents prennent alors la décision de l’enfermer dans une tour. Elle y restera jusqu’au jour de son évasion. Mais où s’est enfuie la princesse  ? Que va-t-il lui arriver ?

   Une histoire qui commence comme un vrai conte mais qui va vite prendre une direction moins princière. Une histoire qui va traiter de la différence, de l’apparence physique qui reste pour certains encore un critère de réussite, de reconnaissance. Que fait-on alors quand on ne répond pas à ces codes ? La beauté est-elle la chose la plus importante ?

4/ La Belle et la Bête, de Clémentine Beauvais

Un roi, une reine, le désir d’être parents. Jusque là rien de très original. Sauf que madame la reine ne parvient pas à être enceinte. Quelle galère ! Elle qui veut une fille, belle, coquette. Bref la fille parfaite, mais pour l’instant rien arrive. Le couple royal à qui rien ne résiste, habitué à la réussite ne supporte pas cet échec. Mais bingo, au bout de trois ans, ça y est, la reine attend un enfant. La nouvelle est fêtée en grande pompe dans tout le royaume. Le jour tant attendu arrive mais quand le bébé pointe le bout de son nez, c’est l’effroi. Ce n’est pas une petite fille, ce n’est pas un bébé ordinaire……

5/ La flamme de cristal, de Charlotte Bousquet

Après la mort de sa mère, Ana et son père ont quitté leur village. Un village sous l’emprise d’un tyran, un village où la misère est présente. Sécheresse et famine se succèdent, appauvrissant les habitants. Beaucoup fuient vers la ville. Les années passent, le père d’Ana a trouvé du travail mais a perdu sa joie de vivre. Un jour, il fait la connaissance d’une femme dont il tombe amoureux. Elle déteste Ana et lui rend la vie impossible. Subissant la méchanceté de sa belle-mère, la jeune fille est obligée de partir, seule. Malgré de nombreuses péripéties, Ana va faire preuve de courage, prouver qu’une fille peut se battre et se montrer pleine de ressources quand il y a danger.

   Un joli conte qui sort du cliché de la princesse rêveuse, délicate et fragile.

6/ Tapisserie, jarrets dodus et dragon rugissant, de Sandrine Beau

Céleste est une princesse de quinze ans. Mais elle est très loin de l’image lisse, sage et sans relief de la fille de bonne famille. Plutôt intrépide, elle aime rire et surtout casser les codes de la royauté. Elle est rondelette, elle ne passe pas de temps devant le miroir. Ses préoccupations sont ailleurs. Son père est désespéré d’avoir une fille comme elle. Elle se moque du protocole et veut simplement vivre une vie ordinaire et joyeuse. Un jour, le roi lui fait comprendre qu’il serait grand temps qu’elle se marie. Quoi ? Un mariage, à quinze ans ! Ce n’est pas possible pour Céleste ! Oh la la c’est la cata… Une affiche est placardée dans le royaume, invitant tous les chevaliers à se présenter au roi, qui promet de donner sa fille à celui qui vaincra le terrible dragon. Comment Céleste va-t-elle réussir à sortir de ce pétrin ?

  Cette histoire est très drôle, emmenée par Céleste, la narratrice. La jeune fille est pétillante, moderne, face à un père très carré et empêtré dans les traditions. Ce conte met en avant l’image des princes auxquels tout est imposé. La princesse doit être belle et obéissante mais les princes n’ont pas trop leur mot à dire non plus. Ils n’ont pas forcément le choix de leur destin.

La revanche des princesses est un recueil de six contes engagés, détournés, qui cassent l’image lisse des princesses. Pourquoi une princesse ne pourrait-elle pas grimper aux arbres, jouer dans le boue..?

 

 

La louve, d’Antoine Déprez

Métamorphose…

Un jour d’hiver, alors qu’elle passe chercher son amie Lucie avant de se rendre à l’école, Romane apprend que celle-ci est malade. Sur le chemin, elle croise une louve qui la regarde et dont l’ombre grossit en la voyant. En arrivant sur la place, elle remarque un attroupement. Une colombe de glace est installée en haut d’un perchoir avec un mot de la louve laissée aux villageois : la colombe est un sortilège. Avant sa fonte complète, les villageois doivent rendre à la louve sa fille capturée par le père de Lucie sinon Lucie mourra… Or, cela est impossible, la peau du louveteau a déjà servi à confectionner un manteau à sa fille… Romane va chercher le moyen de sauver son amie… Aidée de ses amis, elle va se glisser dans la peau du louveteau et aller à la rencontre de la louve.

Dans le froid hivernal qui nous saisit, on traverse ce texte très original qui parle de thème durs comme la mort, le sacrifice, la transformation de l’être humain en bête avec un . Le point de vue du texte qui donne la parole à Romane adoucit cette sensation d’étrange puisque, elle, pour sauver son amie, va accepter cette transformation. Elle, l’orpheline, gagne une famille mais perd ses amis. Romane a un fort caractère, beaucoup d’assurance, elle sait ce qu’elle fait et n’hésite pas dans sa démarche. Un texte fort, poétique, dérangeant, à la construction répétive, où les illustrations parfois rondes et colorées, parfois sombres et presque effrayantes crée une atmosphère propice à l’imaginaire.

 

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans…

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Dans une banlieue parisienne feuillue, Tatiana, 14 ans, fait la connaissance de Eugène, 17 ans, garçon de bonne famille, benjamin de trois sœurs. Elle a une soeur Olga. Eugène est aussi l’ami du petit copain de Olga. Tout l’été, les jeunes garçons rendent visite aux deux sœurs. Au début, Eugène et Tatiana sont un peu maladroits mais peu à peu ils s’apprivoisent. Tatiana est obsédée par Eugène, elle n’en dort plus. Elle décide alors de lui écrire une lettre pour lui avouer ses sentiments. Depuis cette déclaration, Eugène ne donne plus de nouvelles. Un drame et dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard dans le métro.

Songe à la douceur est un roman déroutant, écrit en vers. Un formidable exercice d’écriture inspiré  par Eugène Onéguine de Alexandre Pouchkine et de l’opéra de P.I Tchaïkowski. Une double histoire d’amour séparée de dix ans. Le thème de l’amour-passion est abordé de belle manière alternant un style moderne et classique. Tatiana est tiraillée entre les compliments d’un homme qui est obsédé par elle mais qui dix ans auparavant l’a laissée, et le souhait de se protéger d’un amour qui peut encore lui faire mal. Les liens qui les unissent vont faire qu’ils se revoient. Tatiana veut des réponses sur le passé, Eugène veut construire quelque chose au présent. Il découvre l’adolescente devenue une femme mûre, confiante. Les relations amoureuses sont complexes. Deux personnages, deux êtres qui se tournent autour mais les rôles sont inversés. Il y a dix ans, Tatiana se mourait d’amour alors qu’Eugène la délaissait, aujourd’hui c’est lui qui se trouve à ne vivre que pour cet amour ressurgi du passé. La jeune femme a une vie professionnelle bien remplie, elle a des projets, lui ne vit que pour elle. L’auteur joue avec les mots en alternant les périodes dans le temps. Leur histoire est simple et le style de Clémentine Beauvais lui donne un côté poétique. Peut-on reconstruire une histoire d’amour dix ans après ? Peut-on rattraper le temps perdu ?Dix ans qui ont changé leur vie …

Je pense que Songe à la douceur s’adresse à de bons lecteurs. Attendons les réactions qu’il peut susciter sur les adolescents. Je dois avouer que par moment, j’ai eu du mal avec ce style d’écriture qui m’obligeait à faire des pauses. Attention, je ne remets pas en cause le talent de Clémentine Beauvais. Je m’explique. J’ai simplement eu l’impression d’être plus « envahie » par la forme d’écriture que par le sujet en lui -même,  bien que mettre en parallèle deux histoires d’amour à dix ans d’intervalle est original. Pour moi, le style a pris le dessus sur le contenu. Mon attention s’est portée d’avantage sur la façon d’ écrire de Clémentine Beauvais que sur le récit. Une fin surprenante qui me laisse un goût d’inachevé tout simplement parce que je ne suis pas fan de ce genre d’épilogue. Avec du recul, l’histoire reste belle. Bien que mon avis soit mitigé, j’espère que beaucoup seront tentés par ce roman… et feront des commentaires sur notre blog !

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Les petites reines, de Clémentine Beauvais

Road trip …. mais à vélo s’il vous plait !!!

Couv-Les-petites-reines-620x987Mireille, Hakima et Astrid viennent d’être élues : « Boudins de l’année », grâce ou à cause, d’un concours organisé sur le fameux réseau Facebook par des garçons, dont l’ancien meilleur ami de Mireille. Titre pas très glorieux, diriez-vous !

Si Mireille est habituée, depuis trois ans, à obtenir une place et un prix dans ce classement, pour les deux autres, c’est une première.

Elle est néanmoins un peu déçue cette année car elle n’a pas obtenu le boudin d’or mais seulement celui de bronze. Mais ses deux camarades, Hakima et Astrid, respectivement élues boudin d’argent et d’or, ne prennent pas la nouvelle avec enthousiasme, c’est même dur à supporter….

Mireille, grâce à sa joie de vivre, son impertinence et sa repartie extraordinaire va remonter le moral des troupes et leur donner de l’espoir et un but. Par un concours de circonstances et au fil des discussions, elles décident  de se rendre à Paris, le 14 juillet précisément, pour s’introduire à la garden-party, qui se déroulera à l’Elysée ce jour, avec chacune une chose bien particulière à y faire.

Mais BOURG-EN-BRESSE …… PARIS, le trajet parait bien longgggggggggggggggg !!! Pour trois mineurs ….. SEULES !!!

Elles ont le physique, elles ont des jambes ………………. mais surtout des vélos au fond du garage !!!!Pour accompagner ce road-trip, mais surtout pour le financer, elles vont vendre de la nourriture, mais quoi ? …. Des boudins bien sûr et ce, tout au long de leur traversée.Jolie pied de nez aux détracteurs qui les ont élues.

Les trois « boudinettes » sont extraordinaires, drôles, sympathiques et bien d’autres qualificatifs encore. On se prend au jeu de leurs ventes de boudins et de leur parcours atypique et improbable à vélos entre Bourg-en-Bresse et la capitale.

L’action est là où il faut, le rythme est énergique, ni trop, ni pas assez, on ne s’ennuie  jamais.

Ces trois filles nous emmènent dans de bons fous rires, les blagues (parfois cruelles et déplacées) et la repartie de notre Mireille LAPLANCHE donne un rendu comique au roman.

Entre gourmandise, gastronomie, philosophie, adolescence et handicap, tout un condensé de vie dans un grand livre jeunesse. Vous ne serez pas déçu.

Après les fous rires et les sourires, on perçoit au fil des pages, toujours très subtilement et bien placée, une trace de la vie des adolescents, rythmée par les réseaux sociaux, l’image de soi et ses selfies en tout genre …  La vie des adultes avec les médias, leurs infos, ou intox, à profusion, et enfin cette société tout entière obsédée par l’image et l’image qu’elle renvoie aux autres.Ce livre porte une belle charge de féministe, une ode à la vie.

Frais et énergisant. Ce livre est juste génial.

Vous l’avez lu ? … tant mieux. Vous ne l’avez pas lu ? … VITE …VITe … VIte … Vite … vite !!!!!

Sa belle couverture rose et ses quelques pages vous donneront le sourire.

Suite à quelques recherches, je viens d’apprendre qu’une adaptation cinématographique est en cours ….. pas de date précise concernant le tournage ou la sortie …. dans plusieurs années sûrement. Affaire à suivre, mais si tel est le cas et si le film se révèle aussi bien que le livre, il faudra courir dans les salles de cinéma pour prendre une grande bouffée de bonne humeur.

Merci à Clémentine Beauvais pour son écriture si dynamique et un style bien à elle, qui fait sourire et surtout rire.