L’agenda du (presque) poète, de Bernard Friot

Un jour, un poème….

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365 pages pour voyager à travers les mots, 365 pages pour voyager au gré de notre imagination. L’agenda du (presque) poète est une sorte de bible pour les poètes en herbe. Ce livre regorge d’idées pour se lancer dans l’écriture. Chaque page comporte la citation d’un poète et les propositions de Bernard Friot pour s’essayer à la poésie. Un trésor d’activités qui montre que la poésie est avant tout un jeu d’écriture et qu’elle ne s’adresse pas forcément aux plus érudits d’entre nous. Elle est accessible à tous. Il faut savoir attendre l’inspiration, trouver ce petit quelque chose qui fera briller cette petite étincelle qui se trouve au fond de chacun de nous. Bernard Friot nous insuffle ce coup de pouce. Mais la poésie ce ne sont pas que des mots, des vers, ce sont des couleurs, des sons qui vont éveiller des émotions, des sensations transmises également par les dessins très colorés qui illustrent chaque page. Ce livre est un véritable mode d’emploi pour la poésie et souligne que pour être touchant, un texte n’a pas besoin d’être excellent, mais doit dégager avant tout quelque chose d’humain. On peut utiliser cet ouvrage lors d’ateliers d’écriture et pourquoi pas en classe pour démarrer des séquences sur la poésie.Un agenda à consulter au gré de ses envies et de ses humeurs. C’est certain, ce livre  a sa place dans les CDI.

Alors tous à vos crayons, oser, inventer, retrouvons le plaisir d’écrire! Je me lance…

Les mots sont des caresses

les mots sont des épines

les mots blessent

les mots égratignent

les mots sont des couleurs

les mots sont amour

les mots illuminent le cœur

les mots c’est pour toujours

Histoires pressées, de Bernard Friot

Un zeste d’humour et quelques cuillères d’imagination

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Bernard Friot nous livre 4 volumes d’histoires courtes, d’histoires d’enfants, d’histoires du quotidien. Des récits plein d’émotions avec parfois de petits appels au secours qui font réfléchir sur les relations aux autres, sur l’importance des sentiments. Et puis au détour d’une page, des objets prennent vie, s’animent et se révoltent ! Le lecteur est projeté dans une autre dimension, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Le quotidien est chamboulé, tout est sens dessus dessous.

La magie de la plume de Bernard Friot opère. Humour, poésie, tous les ingrédients pour passer de bons moments. Des nouvelles pour nos plus jeunes mais pas seulement, car les adultes se laisseront séduire par la subtilité des textes.

Histoires minute, de Bernard Friot

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Bernard Friot nous propose des petites histoires simples, faciles à lire, présentées sous forme de recettes de cuisine : prenez quelques ingrédients, des personnages, mélangez et laissez prendre. Ces courts récits sont des tranches de vie d’enfants à consommer sans modération, à déguster avec gourmandise.

Un bon moment pour nos plus jeunes lecteurs qui apprécieront l’écriture de Bernard Friot.

Le journal nul de mes amours nulles, de Bernard Friot

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le journal nul de mes amours nulles, de Bernard Friot

9782081344716fsCe petit livre très rapide est à conseiller à tous les élèves dès le CM2 car il risque de bien vous faire rire.

Ben, élève de 5ème va être obligé, par sa professeur de français, de rédiger un journal intime, ce qui ne va pas forcément lui plaire ! Il se demande bien quelles sont les choses qu’il va pouvoir raconter dans son petit carnet que leur professeur de français va ramasser et lire, voire même parfois devant toute la classe.  Ca n’est sur le coup pas très intime… Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir dire et que va-il découvrir sur ses camarades de classe ? Un jour,  alors que Ben va  dans son grenier, il va tomber sur le journal intime de sa sœur. Il va décider de s’en inspirer… Il ne sait pas encore les conséquences que cela va avoir !

Ce livre est vraiment génial, il est rapide à lire et très marrant. Le personnage est attachant, rigolo, l’histoire est remplie de petites anecdotes. Le texte lui-même se lit comme un journal intime, avec des annotations, des gribouillis dans les marges, ce qui rend la lecture vivante.

Chloé, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

C’est encore loin, la vie ? de Bernard Friot

C’est encore long l’adolescence ?

Afficher l'image d'origineDeux récits d’adolescence, autobiographiques, qui relatent une période sombre pour l’auteur.

Bernard, 14 ans mais n’en paraissant que 10, est un garçon réservé, mal dans sa peau.

Je ne suis pas un enfant. Je n’ai jamais été un enfant. Trop sage, trop peureux, trop appliqué à plaire aux adultes. « Tellement mûr pour son âge », n’est-ce pas… Oui, j’ai des pensées de vieux, et ça fait une drôle de discordance avec mon corps de garçonnet épargné par la puberté ».

Dans la première nouvelle intitulée « Un dernier été », Bernard et son frère sont en camp de vacances, lorsque leur père vient les chercher pour les ramener à la maison familiale… Leur grand-père est à l’hôpital… Va-t-il mourir ? Cette fin d’été coïncide également avec l’attente de l’entrée en pension pour l’auteur… moment vécu comme une autre mort.

Dans deux jours je serai mort et vous ne le saurez pas. Parce que je bougerai encore, je parlerai, je marcherai sous vos regards étrangers. Mais celui qui sera là, ce ne sera pas moi.

Les deux thématiques de l’attente et de la mort sont omniprésents dans ce texte où l’adolescence est vécue comme une véritable souffrance.

Dans la deuxième nouvelle intitulée « Un autre que moi », l’auteur relate ses années de pension, douloureuses, qu’il vit comme un étranger à sa propre vie. Les journées sont ponctueés par les cours, les heures d’étude, et l’attente de ce dimanche où il rentrera chez lui… mais toujours avec cette sensation d’être étranger dans cette famille qui reste ensemble toute la semaine, etdans l’attente du soir et de son retour en pension au lycée.

C’est encore loin ? Ca dure encore longtemps ? Autour de moi, ils vont tous à un rythme différent, je ne sais pas à quel pas marcher. Alors, je reste immobile à les regarder. Et j’attends. Je n’attends rien ni personne. J’attends que ça se termine.

Très poétique, très bien écrit, ces textes ont une réelle force, mais sont si noires…L’adolescence est une mort et la fin de l’adolescence sera peut-être l’entrée dans la vie… En attendant, il faut vivre, survivre, comme un étranger, et attendre des jours meilleurs, s’ils arrivent un jour, au milieu d’une famille qui semble ne pas faire cas de lui, de ses sentiments et de ses réelles souffrances ! Un texte qui s’adresserait plutôt à des adultes déjà passés par les affres de l’adolescence, ou à des adolescents heureux, qui seront émus par ce récit mais ne le prendront pas pour eux… Mal-être, malaise, attente, mort.

En vrai, je lis par paresse de vivre. Il faut si peu d’énergie pour lire, et il en faut tant pour vivre. Je lis en tournant le dos, pour fuir les regards et disparaître entre les lignes.

 

Le livre de mes records nuls, de Bernard Friot

Autodiplômé…

Afficher l'image d'origineBen Letourneaux, 11 ans, en a plus qu’assez de passer pour un nul aux yeux de tout son entourage. Il est nul ? Qu’à cela ne tienne, il va écrire un livre strictement confidentiel de ses records… nuls ! Voici donc son journal imtime, son carnet de bord où il va noter ses « exploits » et ses ressentis.  Le jury, composé uniquement de lui-même lui décernera un diplôme  en fin de chaque chapitre  : records de rots à table, record du fils indigne, records d’insultes, de sourires, de la fiche de lecture la plus nulle et la mieux notée, et j’en passe.

Un petit récit de vie amusant qui retourne la thématique de l’excellence et de la performance  prônée dans notre société pour la porter en dérision. Donc, finalement, c’est plus profond que le titre pourrait le laisser penser. Car l’auteur est tout de même Bernard Friot, un grand nom de la littérature de jeunesse. En parallèle à cette liste de records, l’auteur a eu l’intelligence de relater des événements de la vie quotidienne de Ben, en particulier sa passion pour l’école de cirque qu’il fréquente et le lien qu’il tisse avec le clown qui lui donne des cours. Savoir faire rire sans parler… tout un art auquel se passionne notre attachant adolescent et qui le rend très humain.

C’est joyeux, ça se lit très vite et ça plaît beaucoup à nos collégiens.  Un peu comme la série Journal d’un dégonflé, mais en plus profond. Ce titre a été inscrit au rallye-lecture 5ème dans la catégorie Coups de Coeur.

Et dans la même série : Le cahier de mes vacances nulles ; Le journal (nul) de mes amours nulles que nous ne possédons pas (encore) au CDI