Le destin d’Orïsha, 1. De sang et de rage, de Tomi Adeyemi

Orïsha, une contrée où jadis les maji, de puissants magiciens, et leurs enfants, les devîns, vivaient en paix avec les kosidàn. À cette époque, la magie et les dieux étaient une réalité. Jusqu’à la funeste nuit du Raid, où tous les maji furent massacrés, exterminés par les kosidàn… Ces derniers étaient convaincus que les maji fomentaient une révolte pour prendre le pouvoir.

C’est ici que débute le récit. La magie a disparu, les dieux se sont éteints. Zélie (sur)vit avec sa famille et son peuple, sous le joug des gardes du roi et sous le poids toujours plus lourd de l’impôt qui les écrase. Secrètement, elle apprend le combat avec d’autres devîns comme elle, auprès de Mama Agba.

Jusqu’au jour où… un vieux parchemin réapparaît et avec lui, l’espoir que la magie peut revenir ! Commence alors une quête périlleuse. Dans ce dédale d’aventures aussi effrayantes que palpitantes, Zélie peut compter sur son frère Tzain et sur la princesse rebelle Amari. Sur leur route, ils auront à affronter l’armée du roi conduite par le prince Inan, résolu à tout faire pour les arrêter.

Zélie saura-t-elle relever le défi que les dieux lui ont confié ? Parviendra-t-elle à ramener la magie et la liberté à son peuple ?

C’est un roman qui parle de révolte, celle d’un peuple qu’une culture dominante a voulu écraser et déraciner de ses coyances ancestrales. Une histoire bouleversante qui touche aux archétypes de l’humanité même, quand l’homme, la magie et les dieux ne faisaient qu’un. Quand l’homme, la nature et le spirituel ne faisaient qu’un.

Un pays imaginaire, Orïsha. Selon le principe du fantasy, le lecteur découvre au fur et à mesure un univers qui lui est étranger. On croise des léopardaires, des guépardaires, on vit dans des ahérés… On serait tenté de chercher un lexique en fin d’ouvrage, pour comprendre cette langue nouvelle… Mais nul besoin de traduction, on reconnaît dans Orïsha et ses maji une Afrique et son peuple meurtri par l’esclavage, asservi par le pouvoir et la haine de l’homme blanc.

Selon les propos mêmes de l’auteur Tomi Adeyemi, « tout ce que ce roman recèle de chagrin, de peur, de tristesse et de perte est réel »  Partout dans le monde, on déplore encore tant de victimes de ce fléau qu’est le racisme ! L’auteur, engagée dans la lutte pour le droit des Noirs, nous confie dans une note à la fin du récit : « Puisse ce roman être la preuve qu’il y a toujours quelque chose à faire pour riposter. »  Et en effet, ce roman fait réfléchir, jusqu’aux tréfonds de l’âme.

Nathalie – Assistante pédagogique