Le silence du serpent blanc, d’Arnaud Tiercelin

Le silence du serpent blancThibault vit dans un pays où, depuis trois ans, le roi a imposé une règle très stricte : celle de limiter le bruit au maximum. Qu’est-ce que cela implique au quotidien ? Un monde terne, où les relations sociales et familiales sont complexes : plus de musique, plus de chants, plus de discussions (chaque jour, le nombre de mots est limité pour chaque personne), il faut chuchoter, tousser discrètement,  faire attention aux bruits de ses semelles lorsque l’on marche. D’autres restrictions existent aussi dans ce pays dirigé par un roi  qui impose des lois dictatoriales comme par exemple le couvre-feu ou une télé contrôlée par le pouvoir.

C’est aussi depuis ce moment-là  que le père de Thibault est parti de la maison sans prévenir. Les enfants n’ont aucune nouvelles de lui et leur mère refuse d’en parler…

Mais lorsque Pamina, une nouvelle élève, arrive dans la classe, la vision de Thibault sur la société dans laquelle il vit va évoluer, il va prendre conscience de certaines choses et chercher des réponses à ses questions… Ce qu’il va découvrir va le transporter dans un monde inconnu qui lui ouvrira les portes de la réflexion… jusqu’à la chute finale, inattendue…

Un roman étrange et décalé, facile à lire grâce à une écriture simple et directe pour des lecteurs dès le CM2. Un univers onirique pour un livre dont le genre frôle la science-fiction mais aussi le merveilleux et le récit social. Des réflexions profondes sont abordées sur la dictature, sur l’importance de la parole, sur la désobéissance civile pour combattre les injustice. Mon fils de 7 ans, attiré par la 1ère de couverture très réussie qui rappelle l’univers de Tim Burton, me demandait tous les jours de lui raconter l’avancée de cette histoire que je n’ai donc pas eu le droit de poser avant de l’avoir terminée ! 

Onirique et profond… et qui donne envie de faire du bruit et d’apporter à la vie quelques notes d’excentricité et de musique !

Radiations

Pripiat paradise, de Arnaud Tiercelin

Thomas est un adolescent somme toute banal… Collégien amoureux de Lou, il mène une petite vie tranquille. Son rêve : partir au bord de la mer pour des vacances farniente avec sa Lou chérie… Mais ses parents en ont décidé autrement. Direction Kiev, en Ukraine, pas loin du site de Tchernobyl. Là, il va rencontrer Tanya, une jeune lycéenne.

Ce très court roman débute en fait sur un chapitre introductif constituant la fin de l’histoire… En cela, il plairait sûrement à mon ancienne élève de 3ème, A. qui ne pouvait commencer un livre sans avoir d’abord lu les dernières pages… ce qui, je l’avoue, nous faisait tous hurler à chaque fois !

Ici, ce procédé sonne juste, car on est happé par le sujet ; et le fil de l’histoire, rapide et prenant, nous incite,  de page en page, à découvrir au plus vite comment notre Thomas en est arrivé là. Nous sommes le 8 juillet, il est 10h13… L’année n’est pas précisée. Pourquoi Thomas se trouve-t-il dans la ville fantôme de Pripiat, interdite d’accès à cause des radiations mortelles dûe à la catastrophe de Tchernobyl ? Chapitre suivant : retour en arrière : 26 mai, Thomas est encore cet adolescent insouciant qui suit avec plus ou moins d’entrain ses cours, en pensant à sa chérie qu’il reverra à la sortie du collège.

Un roman très vite lu, qui, de par son ancrage dans la réalité du monde, saura intégrer avec intelligence notre liste de lectures cursives en 4ème sur la thématique « Information, désinformation »… Si je l’avais eu en main 15 jours plus tôt, il aurait pu être testé dès cette année par les élèves dans ce cadre !

Une histoire finalement très sombre qui parle de faits d’actualités via une approche humaine, ancrée dans le quotidien. Un roman-nouvelle coup de poing qui m’a énormément touchée, d’autant qu’ayant fait moi-même des études de russe, tout ce qui concerne de près ou de loin la Russie ou l’URSS m’intéresse d’emblée.

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a eu lieu en 1986 en URSS dans la République d’Ukraine. Ce fut, à ce moment-là, l’accident nucléaire le plus grave qu’ait jamais connu le monde. Depuis, il y a aussi eu Fukushima en 2011. Pripiat est la ville la plus proche de la centrale de Tchernobyl. Située à 3 km de la centrale, elle a du être évacuée d’urgence après l’accident, en laissant tout sur place puisque tout était radioactif. Elle est depuis devenue une ville fantôme, toujours radioactive et interdite d’accès… Mais depuis quelques années, la ville est pillée des objets précieux abandonnés sur place qui sont revendus malgré le taux de radioactivité encore important du lieu. Un petit dossier documentaire pourrait compléter judicieusement cet ouvrage afin de donner des notions aux adolescents qui liraient le texte sans en connaître le contexte. Peut-être dans une prochaine réédition ? 

Ce livre fait partie de la collection « Rester vivant » des éditions Le Muscadier dont vous découvrirez bientôt de nouveaux titres chroniqués sur notre blog.

 

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