Les filles au chocolat, 3. Coeur mandarine, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les filles au chocolat, 3. Cœur Mandarine, de Cathy Cassidy

Summer a 13 ans. Elle est passionnée par la danse classique. Un jour, une dame vient voir le cours de danse. Que veut cette dame ? Pourquoi est-elle là ? C’est là que Summer apprend qu’elle est sélectionnée pour passer des examens d’entrée pour entrer dans une prestigieuse école de danse. Summer veut à tout prix réussir cet examen et même perdre quelques kilos pour être mieux.
Mais elle est déjà mince lorsqu’elle commence son régime et elle commence à avoir des vertiges…
Et personne n’est au courant de ce qu’elle fait…

Une histoire qui avance bien, un livre qui  se lit vite. On n’est pas obligé de lire les premiers livres  mais c’est quand même mieux ( Coeur cerise et Coeur guimauve). De plus, on apprend des choses sur ce qu’est l’anorexie.

Vivement le tome 4 !

Alicia, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Une série au succès jamais démenti au CDI, disponible aussi en bande dessinée (avec tout autant de succès !)

Enfermements

Le fantôme qui écrivait des romans, de Eric Sanvoisin

Afficher l'image d'origineLeï est un personnage de roman. Il est enfermé dans un asile psychiatrique avec le fantôme du chien des voisins que sa mère a sciemment écrasé sur la route.

Emilia est une adolescente que le mal-être empêche de vivre. Anorexique, le monde extérieur l’effraie tant qu’elle ne sort plus de chez elle et survit grâce à la lecture. Elle va s’attacher au personnage de Leï.

Antonin est un fantôme. Tué par son père, gourou d’une secte, lors d’un sacrifice qui a mal tourné, il hante l’ancienne demeure désertée et supporte sa condition grâce à son accès à un ordinateur et une connexion Internet. Il est l’auteur  du roman  de Leï.

Ces trois être en souffrance vont tisser des liens étroits. Trois adolescents au bord du gouffre qui cherchent à s’agripper à un espoir.

Un récit à trois voix où fiction et réalité s’entremêlent, dans la chaleur moite de la Nouvelle-Calédonie. Des parcours de vie tristes qui rendent le lecteur que nous sommes vulnérables à la souffrance d’autrui. Des thèmes forts sont abordés, effleurés, évoqués : l’anorexie, le suicide et les tentatives de suicide (TS), la folie, la vie dans l’au-delà, les relations familiales, les sectes, le corps, la mort, l’assassinat, l’anonymat d’Internet. Une histoire à la construction complexe, bien écrite, toute en finesse et poétique qui nous emmènent dans les méandres psychologiques d’êtres en souffrance. Un texte exigeant à réserver aux bons lecteurs de 4e-3e.

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Entre anorexie et boulimie

Quand je me suis arrêtée de manger, Léa Mauclère

Quand je me suis arrêtée de manger
Léa a tout pour réussir. Cette jeune adolescente, sportive, passionnée de lecture, vient d’obtenir haut la main son bac et se lance dans des études littéraires. Mais une ombre vient gâcher ce tableau : l’anorexie. Léa veut à tout prix maigrir. Ainsi, elle se sent non seulement plus légère mais aussi plus libre et plus efficace. Et pour cela, elle est prête à tout, y compris à s’affamer. Ces parents s’inquiètent. Pour leur faire plaisir plus que pour guérir, elle accepte de se faire hospitaliser. Or, c’est là, à l’abri dans un hôpital, qu’un autre piège va se refermer sur elle. Le but de l’hospitalisation est que Léa reprenne un maximum de poids en un minimum de temps. Celle-ci se met donc à se gaver de chocolats, de friandises, de sucreries …. avant de se faire vomir. L’enfer de la boulimie est là. Le besoin de manger, de s’empiffrer puis de se faire vomir devient une drogue, Léa a besoin de ses moments. Allant jusqu’à voler, allant jusqu’à mentir pour pouvoir faire ses « crises », la jeune fille sombre sans que personne ne s’en aperçoive. Car la boulimie est un monstre sournois : en voyant Léa s’alimenter normalement et son poids remonter, tout le monde pense qu’elle est sur la bonne voie. Cela durera longtemps. Jusqu’à cette crise qui tourne mal. Après s’être fait vomir, Léa panique mais a la présence d’esprit d’appeler son compagnon. Cette crise sera le déclencheur : Léa est décidée à guérir !

Ce livre est un témoignage bouleversant de sincérité sur deux maladies très liées et qui touchent de nombreuses jeunes filles. Léa se livre dans les plus infimes détails en espérant pouvoir changer les mentalités, informer et aider. L’écriture lui a permis de prendre du recul par rapport à son histoire. Mais il n’est jamais facile d’avouer ses failles, de s’avouer imparfaite. Alors même que tout le monde est imparfait. C’est justement là un paradoxe de lire cette jeune femme qu’on ressent si fragile et en même temps d’éprouver cette force en elle qui lui permet de se montrer ainsi. On ne peut s’empêcher de la trouver courageuse de se livrer ainsi et de se lancer dans cette bataille. Car Léa veut que son témoignage serve, qu’il permette à d’autres de ne pas sombrer. Et puisque cette maladie fait partie de son histoire, qu’elle a marqué sa vie et qu’il faudra toujours la garder à l’œil, on a qu’une envie : lui dire qu’on pense très fort à elle !