Esprits maléfiques, 1. la maison des possédés, d’Ellen Oh

 

Harper, jeune collégienne de 12 ans, vient de quitter New-York pour emménager à Washington… Ses parents ont acheté une très vieille maison au « charme gothique » indéniable qu’ils sont en train de retaper : une ambiance propre à un véritable film d’horreur… Et quand des faits étranges commencent à se produire, que des accidents  se succèdent, que son petit frère de 5 ans change de comportement et se montre de plus en plus agressif, il y a de quoi se poser des questions.  Aidée de sa nouvelle amie Dayo, Harper va tenter de percer le mystère de cette maison hantée, mais également revenir sur des faits étranges et inexpliqués, des secrets et mystères de son propre passé.

 

 

Un récit sur les fantômes et la possession qui utilise toutes les ficelles du genre pour happer le lecteur.  Entre le récit à la troisième personne s’insère judicieusement le journal intime (« débile »comme elle l’appelle elle-même) de Harper.  Bien dosé entre passé et présent, quotidien et surnaturel,  cultures américaine et coréenne, amitié et liens familiaux, ce roman plein de rebondissements se laisse lire sans difficultés.

Un personnage principal attachant et crédible, qui dévoile peu à peu ses atout mais aussi ses failles. La tension est palpable tout au long du roman qui est le premier tome d’une série mais qui peut aussi se lire seul puisque ce premier volet comporte une fin à lui-même (ce qui ne nous empêche pas d’être impatient de suivre avec l’héroïne de nouvelles aventures au pays des morts).

Chair de poule, de R.L Stine

Venez frissonner de peur et de plaisir !

Image illustrative de l'article Chair de poule (collection)

On aime se faire peur. Enfant, qui n’a jamais lu le soir sous un drap, à la lueur d’une lampe torche, des histoires de monstres à ne pas fermer l’oeil de la nuit ? Et c’est plus fort que nous, on sait qu’on va trembler, qu’on sera paralysé par la peur mais qu’importe. Alors faites le plein de sensations fortes en vous plongeant dans les livres de la série Chair de poule, des romans destinés aux jeunes lecteurs, publiés en France dès 1995. La couverture de chaque récit est mystérieuse et effrayante jouant avec les couleurs et les images. Ce sont toujours des histoires mettant en scène des enfants et des adolescents, confrontés à des phénomènes étranges, à des personnages «cauchemardesques» tels des momies, des fantômes, des loups-garous…. Mais l’auteur évite toujours de tomber dans l’horreur. A chaque Chair de poule un nouveau décor, tantôt l’Egypte, tantôt l’Angleterre, les Etats-Unis, un cocktail d’angoisse, de peur et de suspense. La 4ème de couverture indique que ces romans peuvent être lus dès 9-10 ans.  En 2012, Chair de poule a fêté ses vingt ans.

La série compte plus de 70 ouvrages. Le CDI en possède plus de 20 dont vous trouverez la liste ici !

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

minnie.jpg

Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !

Disparitions et sorcellerie

La sorcière de midi, de Michel Honaker.

C’est l’histoire dsoriciere midi‘un jeune garçon, Edmond Willoughby, surnommé Ed. Il est assez gros et n’a pas beaucoup d’amis à part Harold, un jeune garçon un peu bizarre qui parle avec  la nature. Il a peur de nombreuses choses et n’est pas très doué à l’école.

Dans son école, il y a William et sa bande qui adore s’en prendre aux plus faibles, et donc bien sûr à Ed. Mais un jour, alors qu’ils étaient en classe, la maîtresse, en train de montrer des diapositives à ses élèves, en eut assez d’entendre des « Bzzz Bzzz » en bruit de fond, elle ralluma la lumière et vit Nelly, qui s’était permis de changer de place pour discuter avec une de ses amies, s’amuser à faire des grimaces. Elle se mit en colère et la fit sortir dans la cours peu avant midi : ce fut la première disparition.

Celles-ci s’enchaînent alors. Qui en est responsable? Les élèves parlent d’une sorcière que l’on voit le soir sortir de la forêt. Ils la voient à travers les vitres de leur chambre, toute maigre, les yeux jaunes. Personne ne les croient. Les adultes partent à la recherche des enfants disparus mais sans résultat.

Va-t-on retrouver ces enfants ? Est ce une malédiction   ? Qui va pouvoir les sauver ? Je vous laisse lire le livre pour le découvrir !

L’auteur, dans ce livre, nous transporte à la fois, dans une histoire d’enfants mais aussi un peu dans le fantastique avec la sorcellerie. L’histoire semble banale au départ mais peut devenir angoissante au moment des disparitions, avec une part de suspense. Il y a des passages qui peuvent faire froid dans le dos mais le récit est aussi assez frais par l’approche simple de l’auteur : faire parler un jeune garçon, qui rêve de devenir écrivain, de ses histoires de cœur, de ses problèmes de la vie quotidienne avec d’autres enfants, ses parents etc… Le récit est fluide, le livre se lit rapidement même si l’aventure commence seulement lors de la première disparition car le suspens tient le lecteur en haleine !

 

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Phobie, de Fanny Vandermeersch

Prisonnière de ma peur

phobie.gif

Sophia est une élève très brillante, toujours première. Mais son arrivée au collège va tout bouleverser. Elle n’arrive pas à s’habituer aux changements, la transition primaire/collège est difficile. Elle va s’angoisser, perdre ses moyens. Ses notes baissent malgré un travail acharné, ses amies l’abandonnent. Les professeurs ne comprennent pas, elle va attirer les foudres de ses parents qui ne voient Sophia qu’à travers ses notes. Tous les prétextes sont bons pour ne pas aller en cours. Elle va finir pas sécher, elle signe les bulletins à la place de ses parents  et intercepte les messages du collège. Sophia n’a jamais eu ce genre de comportement auparavant.

Phobie est en fait le journal intime de Sophia de son entrée en 6ème à la classe de 5ème. On suit progressivement la dégradation de l’état physique et mental de la jeune adolescente. On sent cette angoisse qui prend de plus en plus de place, la peur de franchir les grilles du collège, les notes qui dégringolent, la crainte de décevoir, une situation d’échec insupportable ! Personne ne la comprend, personne ne se rend compte de la gravité de la situation. Ses parents la sanctionnent pour ses mauvais résultats sans en chercher les raisons. La période de vacances  est la seule échappatoire, une délivrance. Mais retourner en cours est de plus en plus difficile pour Sophia, aucune envie… et cette même paralysie. Pour être sûre que la jeune adolescente aille en cours, sa mère  décide de l’emmener au collège :

« …..A l’approche du collège, je hurle à maman de s’arrêter. Déconcertée elle gare la voiture le long de la route. J’ouvre la portière et tombe. Je suis allongée sur le trottoir, le corps secoué de spasmes. Ma respiration est bruyante et saccadée, la vue brouillée par les larmes. Je me sens partir. Les bruits autour de moi se dissipent. Tout est flou. Je n’ai conscience que d’une chose les cris de ma mère. »

Un drame va avoir lieu qui sera un électrochoc pour les parents. Ils  vont alors prendre conscience de la gravité de la situation, vont mesurer la souffrance de leur fille. Sophia va pouvoir mettre des mots sur ce qui lui arrive. Elle souffre de phobie scolaire.

Ce roman est très réaliste et met l’accent sur un sujet délicat qu’il ne faut pas banaliser. Ce n’est pas simplement ne pas avoir envie d’aller à l’école mais c’est ne pas pouvoir y aller.

Dans une telle situation, le dialogue est très important, et, malheureusement,  il est inexistant pour Sophia. Le climat familial est tendu, les parents se disputent souvent, ils sont plus dans la sanction. Elle n’a plus d’amies. Elle se tient en retrait d’un groupe-classe dans lequel elle se noie et qui l’oppresse.

La phobie scolaire est, au même titre que le harcèlement, un problème dont on doit parler autour de soi.

Ce livre s’adressent aussi bien aux parents, aux adolescents, aux enseignants qui doivent mener ensemble le combat contre la phobie scolaire. Ce n’est pas un caprice, c’est un réel mal-être dont on n’arrive pas forcément à expliquer l’origine. Pour Sophia, le changement d’établissement et la première « mauvaise » note ont été les déclencheurs. La fin est rassurante car elle montre ce qui peut être mis en place pour accompagner l’élève et l’aider à surmonter cette peur. Des aménagements sont possibles pour permettre petit à petit à l’élève de se reconstruire, de reprendre confiance pour mieux intégrer à nouveau le système scolaire.

En annexe, un dossier intéressant pour expliquer ce qu’est la phobie scolaire.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Toute seule dans la nuit, de Sandrine Beau

Mais où est passé papy ?

Afficher l'image d'origineLa petite Miette, 10 ans, est venue passer quelques jours chez son grand-père qu’elle adore… Lui, au moins, la comprend ! Alors qu’elle somnolait sur le canapé, elle se réveille bientôt en sursaut. Elle entend des bruits étranges, elle est seule dans la maison et la nuit est tombée… Son grand-père s’est absenté pour une course. Mais pourquoi tarde-t-il tant ?  Et qui s’est introduit dans cette ferme isolée  ?

Voilà un petit thriller pour les plus jeunes ! Ce huis-clos angoissant met en scène une enfant, seule alors qu’elle ne devrait pas l’être et aux prises avec un rôdeur. Où se cacher, comment fuir sans se faire remarquer, voici l’histoire du point de vue de Miette qui donne son nom aux chapitres la concernant. Et puis, il y a les autres chapitres, ceux qui donnent la voix à Roberto le grand-père et qui nous permet de comprendre son absence prolongée et involontaire qui l’empêche de rejoindre sa petite fille. Aucun des deux ne sait ce qui arrive à l’autre et tous les deux sont inquiets de la situation. A travers ces deux voix, c’est la petite histoire familiale de Miette qui nous est révélée par petits bouts. Ainsi, l’air de rien, des thématiques touchant les adolescents sont abordées : relations intergénérationnelles, éducation, conflit avec les parents sur des sujets comme le portable, la nourriture, le choix du prénom…

La peur sans les monstres, avec de vrais malfrats, le suspens et la tension qui montent : une histoire bien menée, très réaliste et simple à lire avec de jolies illustrations.  Pour les jeunes amateurs du genre !