Quand l’Histoire bouleverse la quiétude d’une famille mais que l’issue est heureuse…

Le premier des convois, de Vanina Brière

La fin des années 30 est une période difficile où les conflits sont nombreux. La guerre civile fait rage en Espagne, les nationalistes sont opposés aux républicains pour des raisons politiques et sociales.Les familles sont séparées, les hommes quittent l’Espagne formant des colonnes et franchissant la frontière française pour rejoindre les camps du sud de la France.

Maria, une Espagnole, accompagnée de ses enfants prendra la même direction pour tenter de retrouver son mari Manuel, un républicain déjà parti afin d’échapper aux nationalistes…

Les membres de cette famille vont se retrouver, être séparé avant de se retrouver à nouveau après avoir vécu dans des conditions très difficiles, après avoir connu de grands moments de solitude,d’inquiétude et d’angoisse… notamment après être monté dans un train qui avait pris la direction d’un camp dont le nom évoque malheureusement des souvenirs tragiques de l’Histoire.

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Le devoir de mémoire, souvenons-nous des héros du passé

Théo, petit-fils de héros anonymes, de Vanina Brière 

Afficher l'image d'origineNous sommes le 6 juin 2014 et Théo, dix ans, est chez ses grands-parents, Raymond et Madeleine, avec sa grande soeur, Sarah. Cette date particulière correspond au 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie qui a eu lieu durant la seconde mondiale, le 6 juin 1944. Raymond et Madeleine, les grands-parents de Théo et Sarah, se rendent tous les ans à la prison de Caen pour rendre hommage au père de Raymond, Marcel Martin, assassiné par les nazis en 1944. Mais le 6 juin 2014, à l’occasion du 70ème anniversaire, une cérémonie est organisée au mémorial pour rendre hommage aux civils qui sont morts pendant la bataille de Normandie. C’est l’occasion pour les grands-parents de Théo de lui parler des héros de sa famille. Tout excité et curieux de savoir, Théo est très attentif à la cérémonie qui se déroule au mémorial. En rentrant chez ses grands-parents, il veut en savoir plus sur le père de Raymond. Nous retournons alors en 1944, propulsé dans le climat glaçant et épouvantable de la guerre, nous vivons avec lui le malheur qui s’est abattu sur sa famille, particulièrement sur son père, résistant arrêté par les Allemands en 1944 et exécuté parmi les 80 fusillés à la prison de Caen le jour du débarquement.

 

Ce livre rend compte des atrocités de la seconde guerre mondiale et rend hommage aux fusillés ainsi qu’aux victimes du 6 juin 1944. Il est plus particulièrement focalisé sur les fusillés de la prison de Caen qui ont connu un sort terrible lors du débarquement en Normandie. A la fin de l’histoire, quelques pages sont consacrées à ces victimes et racontent les conditions atroces de la tuerie des détenus de la Gestapo. Par crainte qu’ils soient libérés par les alliés, ces derniers devaient embarquer dans un train à destination du Reich. Or, la gare a été bombardée par les avions alliés. Les Allemands ont choisi de les abattre et les corps n’ont jamais pu être retrouvés.

 

Ce roman illustre parfaitement le devoir de mémoire et montre l’importance de le respecter. Il est à mettre en lien ou à compléter avec Si c’est un homme de Primo Levi et L’armée des ombres de Jospeh Kessel. Je conseille aux enseignants de le recommander aux élèves de 3ème car il s’apparente aussi à une ressource pédagogique intéressante pour introduire ou approfondir un cours en éducation morale et civique, en histoire-géographie ou encore en français avec le thème de la résistance.

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Avoir 10 ans dans l’Europe des années 30

Quand Hitler s’empara du lapin rose, de Judith Kerr

Quand Hitler s'empara du lapin rose par KerrRoman autobiographique de 233 pages.

Ce livre raconte les transformations historiques en Europe avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, à travers les yeux d’une petite fille de famille juive allemande.

Rien de sordide dans cette histoire mais on ressent bien la montée des tensions de cette période. L’enfant découvre petit à petit la réalité du monde qui la fait s’éloigner du monde de l’enfance.

Avec cette histoire, le lecteur pourra comprendre la difficulté d’être obligé de fuir son pays et la difficulté de s’intégrer dans un autre. Cela peut permettre ainsi de comprendre la situations des migrants d’aujourd’hui.

Le niveau de lecture est accessible au lecteur moyen mais il faut toutefois apprécier les textes descriptifs.

On peut conseiller ce livre à tous, de la 6ème à la 3ème et adultes aussi peuvent y trouver matière à réflexion.

 

Voyage en sous-sol

Grotte de LascauxQuand Marcel et ses amis découvrirent la grotte de Lascaux, de Régis Delpeuch

Le 8 septembre 1940, Marcel se promène avec son chien sur la colline de Lascaux, près de Montignac. Il tombe sur une anfractuosité et se promet de revenir l’explorer afin de savoir s’il s’agit du souterrain du château voisin. Accompagné de trois amis, Marcel s’introduit dans la grotte. Ils y découvrent des dizaines d’animaux peints sur les parois de la caverne. Ils décident de revenir tous les jours continuer l’exploration de la grotte et de garder secrète leur fabuleuse découverte.

C’est une surprise de taille qui nous attend lorsque ces quatre jeunes décident de descendre dans la grotte. Les peintures rupestres sont très détaillées par l’auteur et le lecteur a l’impression d’être réellement avec Marcel et ses amis. On comprend très bien la réaction de Marcel qui veut laisser une trace de son passage sur les murs comme l’ont fait ses ancêtres. Il est vrai que nous ne verrons jamais cet endroit mais, grâce à ce livre, nous sommes présents lors de sa découverte.
C’est encore une fois un grand plaisir de découvrir, sous forme de roman, des faits historiques.

Dans la tourmente de l’après-guerre

Quand les enfants Finaly devinrent une affaire d’Etat, de Yaël Hassan

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1945. Seconde guerre mondiale. Les enfants Finaly, Robert, quatre ans, et Gérard, trois ans, sont recueillis par Mme Poupaert, une amie de la famille, suite à l’arrestation de leurs parents, Juifs, bientôt transférés dans les camps de concentration. Mme Poupaert, ne pouvant elle-même s’occuper des enfants, les confie à Mme Brun, directrice de crèche, et prévient leur tante en Nouvelle-Calédonie. Mme Brun leur sauve la vie, mais n’est en rien maternelle avec eux. Alors, pourquoi refuse-t-elle obstinément de rendre les enfants à cette famille qui les réclame à cor et à cris ?

Traité sous forme de documentaire bien plus que de roman, avec une construction en chapitres très courts, cet ouvrage nous permet de suivre l’histoire improbable de ces deux jeunes enfants ballottés dans les méandres d’une sorte de guerre de religion du XXème siècle qui les dépassent complètement et qu’ils subissent sans avoir leur mot à dire.  Une histoire vraie de l’après-guerre, sous forme de docu-fiction, qui fait penser aux reconstitutions historiques à la mode à la télévision mais dont la lecture doit être encadrée par le programme scolaire d’histoire de 3ème pour prendre tout son sens. Photographies d’époque et paroles rapportées des protagonistes de l’histoire en complète l’écriture assez pédagogique.

« Il était un jour » chez Scrineo est une collection intéressante dont le concept original  est de raconter une période historique à travers un récit en particulier, souvent méconnu mais qui marque l’Histoire à sa manière… à suivre, donc !

 

Le mystère de la chambre « 12 »

La disparue de Linton Hill, de Jean-Michel Payet

9782700249378-001-GBonjour Angrissey, bonjour Linton Hill, Charlotte arrive enfin au pensionnat pour fille de l’île anglo-normande d’Angrissey. La voici ici dans le but de retrouver son amie Catherine disparue du jour au lendemain de sa chambre.

Charlotte n’a pas compris pourquoi son amie ne lui a plus donnée de nouvelles, elle a donc échafaudé un plan afin de se faire exclure de son ancienne école pour venir enquêter dans le plus grand secret sur la disparition de la mystérieuse Catherine.

Après une première journée de visite, d’explication des lieux et de l’histoire de l’île, Charlotte s’installe dans la chambre numéro « 11 », voisine de celle qu’occupait Catherine, la numéro « 12 ». Celle-ci est interdite d’accès, condamnée et mystérieuse depuis la disparition de son amie. Intriguée, notre héroïne va braver les interdits et découvrir que la chambre numéro « 12 » révèle bien des secrets. D’autant plus que, dès le premier soir, malgré la porte close, des bruits se font entendre derrière la cloison.

Quel secret renferme la chambre numéro « 12 » ?

Angrissey, Linton Hill nous embarquent rapidement vers une histoire inattendue et captivante. Une histoire portée par le personnage fort de Charlotte et du lien qu’elle entretient avec Catherine. Lecture simple, où l’action n’est pas forcément présente à toutes les pages, mais dont l’histoire est très prenante.

L’écriture est fluide et se lit facilement avec ses chapitres courts, qui n’en disent jamais assez … ou trop. Le roman nous fait découvrir l’amitié, le courage, la ténacité de cette héroïne.

J’ai appris à la fin du livre qu’il faisait partie du « feuilleton des incorruptibles », c’est-à-dire que le roman avait été écrit chapitre par chapitre par Jean-Michel Payet : pendant plusieurs semaines, des groupes de lecteurs de classes de seconde de différents lycées ont entretenu une correspondance avec l’auteur ; chaque chapitre leur était proposé et, les élèves donnaient leurs avis. Les corrections étaient ensuite effectuées en fonction des remarques de chacun.

Une écriture de livre originale qui donne un rendu plutôt bon et qui, je pense, sera apprécié par les adolescents.

Le voyage d’Abdesslem

Le tirailleur, de Piero Macola et Alain Bujak

Alain Bujak est pCOUVE_TIRAILLEUR_WEBhotographe. En 2008 et 2009, il est appelé pour photographier une résidence sociale à Dreux. C’est là qu’il rencontre Abdesslem. Une amitié va très vite se nouer entre les deux hommes, si bien que le reporter décide de retourner voir le vieil homme pour que ce dernier lui conte son histoire. Avec l’aide du dessinateur Piero Macola, il relate les aventures de ce jeune berger marocain à travers cet album.

A la fin des années 30, Abdesslem vit avec ses parents et ses sœurs dans les montagnes de la région de Taza. Alors qu’il se rend à pied au souk de la ville pour chercher du pétrole, il croise un ami qui lui s’y rend afin d’intégrer l’armée française. Il réussit à convaincre le berger de le suivre en lui vantant les camions français. N’en ayant jamais vu, Abdesslem le suit et, tandis qu’il admire de près la mécanique de l’engin, trois hommes l’empoignent pour le faire monter dedans. Enrôlé de force, le jeune homme devient ainsi soldat alors que la Deuxième Guerre Mondiale vient de commencer.

Ce livre magnifique, tant par les dessins que par l’écriture, nous raconte l’histoire de ce vieil homme avec une simplicité troublante, sans critiquer ni approuver les événements. Et pourtant ce qu’il en ressort, c’est un sentiment d’injustice. L’injustice de la guerre tout d’abord qui parachuta des hommes à peine adultes au milieu des bombes et des fusils tout en exploitant leur ignorance. Mais aussi l’injustice du destin de ceux qu’on appelait les indigènes, ces jeunes soldats issus des colonies françaises et que la République a trop rapidement oubliés une fois qu’elle n’a plus eu besoin d’eux. Je conseillerai la lecture de ce récit poignant principalement à des élèves de 3ème voir de lycée qui auront suffisamment de connaissances historiques pour appréhender l’album et qui auront ainsi un nouvel éclairage sur l’Histoire.