Les chroniques de Zi, livre 1. Phelan de Jean-François Chabas.

Image result for chroniques de ziDans le royaume des Milles Lacs, au temps de la magie, une sorcière adorant la chair des enfants humains vole le seul prince héritier du royaume pour pouvoir le déguster… Quelques années plus tard, Phelan, fils d’un célèbre soldat tombe sous le charme de la princesse Nara des Trois Vagues. Par malheur, son cheval l’emmène dans les Monts Jaunes où l’ombre d’un ogre terrifiant plane. Phelan et son ami décident donc d’aller sauver la princesse au péril de leurs vies. Mais les deux garçons ont de quoi être découragés car leur chemin est semé d’embûche de plus, l’ombre d’une mystérieuse sorcière plane sur eux.

Tout d’abord, la première partie sur la sorcière, assez courte, nous relate le vol du prince ainsi que la cruauté dont peut faire preuve la sorcière pour arriver à ses fins. Durant cette partie, on ressent ici tout ce que peut éprouver la sorcière, c’est-à-dire pas grand chose de positif… Ensuite, on suit l’histoire de Phelan avec quelques retours dans le temps éprouvants qui évoquent les histoires de son beau père. Phelan est bien décidé à sauver la princesse des Trois Vagues et on peut donc se plonger dans les premières aventures de Phelan en dehors de sa maison. C’est donc un coup de cœur car ce premier tome est plein de rebondissements, sans longueurs et l’histoire est très accrocheuse. Le changement de personnages et de moment n’est en rien un problème, c’est même plutôt très entraînant car changer de contexte nous oblige à nous intéresser encore plus à l’histoire.

 

Deux roues de travers, de Jean-Christophe Tixier

On a tous quelque chose de travers….

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Eva, une adolescente de 14 ans est heureuse. Elle va enfin pouvoir partir avec son frère Mickaël, toute une semaine. Rien que lui et elle, loin de sa mère trop étouffante et protectrice. Il faut dire qu’Eva n’est pas une jeune fille comme les autres. Elle est en fauteuil roulant. Un handicap qui lui pourrit l’existence depuis la naissance. Ses jambes refusent de bouger. Eva veut son autonomie, une certaine indépendance que lui refuse sa maman. Elle veut être comme toutes les adolescentes de son âge. Cette opportunité que lui offre son frère est inespérée. Mickaël a 20 ans, Eva l’admire, l’adore. Il est tout pour elle. Il a quitté la maison pour ses études, la laissant en plein désarroi. Mais là, tout est beau, ce sont les vacances. Eva est sur un petit nuage, elle se prend à rêver aux plages, au sable chaud, au temps qu’elle passera avec Mika. Dès le départ, quelque chose la tracasse. Son frère est toujours au téléphone, à chuchoter, montre de l’agacement et de l’impatience. Il y a quelque chose qui cloche. Que se passe-t-il ? Mickaël est tendu. Pourquoi a-t-il demandé à Eva de l’accompagner s’il la laisse toujours toute seule ? Eva va tout mettre en œuvre pour découvrir le secret de son frère.

Deux roues de travers est un beau roman. Le lecteur est vite happé par l’action, le rythme du récit. Le handicap est le thème majeur de cette histoire avec des réflexions sur la famille, les amis, le regard des inconnus et l’image de soi. La période de l’adolescence est parfois difficile mais là, elle est encore plus délicate. Jean-Christophe Tixier a su également bien faire passer ce lien très fort qui unie un frère et une soeur et ce, malgré la différence d’âge. La difficulté de la situation va mettre à mal cette relation qui, malgré tout, va résister et se renforcer. Eva est un personnage fort, qui ne se laisse pas abattre et qui montre que, malgré le handicap, rien n’est insurmontable. Un beau moment de lecture.

L’île des disparus, 1. La fille de l’eau, de Camilla et Viveca Sten

Les humains n’ont pas de branchies…

Tuva, 12 ans, est une adolescente solitaire qui ne se sent jamais à sa place au milieu de ses camarades. Elle habite sur une île d’un archipel de Stockholm en Suède et se sent bien dans ce havre de paix entouré d’eau. Pourtant, depuis quelques temps des choses étranges viennent bousculer l’ordre établi : des gens disparaissent mystérieusement en mer. Bientôt, c’est un camarade de classe de Tuva, Axel,  qui disparaît lors d’une course d’orientation en forêt, un jour de brouillard. Tuva est alors témoin de phénomènes étranges : elle croise le chemin de Rasmus, l’ami avec qui Axel consitutait le binôme pour la course. Il semble hypnotisé et s’enfonce dans la forêt, dans une mauvaise direction, comme entraîné par des forces supérieures, guidé par de petites lumières qui scientillent autour de lui. Elle le sauve de justesse et se retrouve alors en première ligne de l’enquête menée par la police.

L’archipel de Stockholm, avec l’eau omniprésente et son brouillard semble le lieu idéal pour planter le décor angoissant de cette intrigue qui mèle thriller et fantastique dans un contexte de croyances nordiques  ancestrales.

Un roman pour adolescents écrit à quatre mains par un des grands noms de la littérature policière suédoise adulte actuelle – Viveca Sten – et sa fille Camilla Sten. Une ambiance et un décor particuliers où le chant des sirènes guident le lecteur vers un monde parallèle peuplé de monstres marins, de lutins, d’elfes, de changelins. Un premier tome qui, pour notre plus grand soulagement, se suffit à lui-même, ce qui ne nous empêche pas de vouloir lire la suite pour apprendre de nouvelles révélations.

A la fin de l’ouvrage, quelques pages très instructives nous alertent sur le problème environnemental de la mer Baltique, une petite mer intérieure faisant partie des mers les plus polluées au monde.

Seuls à la maison, de Geneviève Senger

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

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Morgane, 9 ans, et Thibault, 10 ans, vont devoir se passer de leur père parti en Chine pour son travail et de leur maman qui doit se rendre à Paris chez un dermatologue pour leur sœur Justine. Ils habitent dans une grande maison sur une colline, à 500 mètres du bourg. Mais pas de panique Lydie, leur marraine de cœur va les garder. Néanmoins, un petit souci : elle est en retard et maman ne peut pas attendre. Voilà donc les enfants seuls pour un court moment. La situation se complique quand l’hôpital les appelle suite à l’accident de voiture de Lydie qui doit se faire opérer le lendemain. Quelle poisse ! Mais Morgane et Thibault, bien que désolés pour leur nounou, sont excités à l’idée de rester seuls, personne pour les commander, pour leur dire quoi faire. Pas de contraintes que du plaisir ! Pas question de prévenir les parents, enfin libres ! Ils sont persuadés qu’ils vont arriver à se débrouillés sans aide. Dès le lendemain, c’est la révolution, du désordre prend déjà place, leur essai en cuisine est une catastrophe avec un rôti brûlé, un four carbonisé. La maison leur semble si triste que les enfants décident de déterrer un sapin et de mettre toutes les décorations de Noël partout dans la maison. Quel capharnaüm ! Mais quand la nuit tombe, les enfants regrettent un peu d’être seuls, ne sont pas rassurés et entendent de drôles de bruits. Un appel d’un camarade de classe, Frédéric, va intriguer le frère et la sœur. Des bruits courent qu’un monstre rôde autour du village… Les enfants mettent un plan à exécution au cas où l’affreuse bête pointerait le bout de son nez. Le téléphone sonne une nouvelle fois. De nouveau Frédéric qui leur apprend que le garde chasse a vu un homme se cacher dans la montagne, installer des pièges un peu partout. Il faut se méfier et bien s’enfermer, on ne sait jamais. Décidément, il ne fait pas bon de rester seuls en ce moment. Comment Morgane et Thibault vont-ils faire pour faire face à tout cela ? Vont-ils regretter d’avoir accepté d’être seuls à la maison ?

Une histoire agréable, facile à lire. Les jeunes personnages sont sympathiques. Ils se prennent pour des grands mais la solitude les gagne et, réflexion faite, même si les parents paraissent embêtants, leur présence reste réconfortante. Vivement que maman rentre !

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Qui ment ? de Karen McManus

Le meurtrier est dans la salle…

index     Dans un lycée américain, cinq adolescents se retrouvent ensemble en retenue, cinq adolescents populaires et déjà étiquettés par leurs camarades :  Bronwyn l’intello, Simon la commère, Nate le délinquant, Addy la jolie fille et Cooper le sportif. Etrangement, tous disent avoir été piégés et se retrouver là par erreur. Tous semblent aussi avoir un secret à cacher …

     De ces cinq protagonistes, seuls quatre sortiront vivants : une seule certitude pour les enquêteurs, le meutrier se trouvait dans la salle de colle !

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     Un roman qu’on ne lâche pas tant le suspens est intense. Puisque les quatre suspects se relaient à la narration, on ne peut que les croire et on les pense forcément honnêtes : c’est un très bon moyen de tenir le lecteur en haleine.

     L’intrigue est très bien ficelée et le quotidien de ces adolescents est très proche de nous : leurs secrets pourraient-être les nôtres. Ce roman est également un bon moyen de réfléchir à des thèmes d’actualité : le harcèlement, les dangers des réseaux sociaux, la souffrance que peuvent apporter les secrets …

A lire absolument, dès la 4e pour les bons lecteurs.

Ceux des limbes, de Camille Brissot

Menace intérieure

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Le monde est menacé par une infection qui ne cesse de s’étendre. La nature a pris l’ascendant sur l’homme, ne lui laissant aucune chance. Elle envahit les villes, la forêt encercle le Mont-Survie, qui sert de refuge aux survivants de l’épidémie. Cette montagne ressemble à une pyramide, véritable forteresse habitée par les miraculés. Séparés de l’extérieur par une porte, cette poignée d’hommes refonde une société qui a régressé, régie par des règles strictes. Le virus, responsable de ce chaos, est un champignon qui se transmet par le sang et la salive. On l’appelle le virus limbe. Les humains contaminés sont réduits, seules les fonctions vitales sont préservées. Ils s’assemblent en grappes et se déplacent en horde dans le but de transmettre la maladie. Leur peau est grise, leur chair momifiée. Et gare à celui qui les entend, leur cri est dévastateur. Leur voix insupportable pour le cerveau, crée un mouvement de panique pour celui qui l’écoute. Une sorte de chant des sirènes. Le limbe reste un être humain mais il faut le détruire pour sauvegarder la survie de l’espèce. Parmi les rescapés, deux jeunes adolescents, Naha et Otolan. Dès 15 ans, tous les jeunes doivent faire leur preuve en évoluant seuls dans la forêt pendant dix jours, dans le seul but de prouver qu’ils peuvent survivre dans ce milieu hostile, pris d’assaut par les limbes. Naha doit passer cette épreuve, Oto, lui, bénéficie d’une immunité. En effet, à l’âge de cinq ans, il a survécu à une horde de limbes. Il est devenu une sorte de héros mais attise également les jalousies. Chaque personne qui quitte le Mont-Survie emporte avec lui un venin. Une pilule blanche destinée à être avalée en cas d’attaque. La mort survient dix minutes après l’absorption du comprimé. Le jeune garçon amoureux, n’a pas l’intention de laisser Naha seule, face à son destin. En grand secret et au péril de sa vie, il décide de la suivre, bravant ainsi les règles établies par les maîtres de la communauté. Les jours qui se succèdent ne sont que meurtrissures et cauchemars. La forêt c’est la mort assurée, cette mort qui rôde, qui agrippe et qui enlace. Une expédition sous haute tension commence.

Ceux des limbes est un roman qui met l’homme face à la nature. L’être humain l’a toujours contrôlée, l’a toujours façonnée. Ici, la forêt si belle pourtant, est une menace oppressante qui envahit l’espace. Elle se rebelle. Le lecteur part pour une folle aventure, dans un nouveau monde sauvage où l’homme est une proie pour l’homme. Le royaume sombre des morts-vivants nous plonge dans une atmosphère surnaturelle. Les limbes sont en quelque sorte des zombies, personnages qui ont beaucoup été utilisés au cinéma ou dans la littérature, une sorte de réflexion sur la nature humaine. L’homme qui se veut maître du monde, qui veut tout contrôler se retrouve face à lui-même, victime de son acharnement.

Ceux des limbes est un récit rythmé, préservant un suspens soutenu jusqu’à la fin. L’écriture de Camille Brissot est fluide, précise et met le lecteur aux premières loges. Chaque page est une image dont on ne peut se défaire. Ceux des limbes est un roman qu’on ne peut pas lâcher, une belle histoire d’adolescents amoureux qui passent à l’âge adulte, sur fond d’apocalypse. Oto et Naha sont des personnalités fortes avec, et c’est rare, le personnage féminin qui est plus robuste que les hommes, qui s’impose. Camille Brissot m’a réconciliée avec ce genre de récit dont je ne suis pas fan à l’origine. Un véritable coup de cœur.

Sortie le 05 avril – A ne pas rater !

L’héritage des Darcer, 3. L’envol, de Marie Caillet

Image result for l'héritage des darcer t3La situation d’Edrillon empire. Le Sanreth, l’envoyé de la Déléane a enfin réussi à monter sur le trône. A ses côtés, les quatre chimères qui sont les yeux et les oreilles de Welfenda, la reine de la Déléane. Mais Mydria est bien décidée à ne pas laisser son pays aux mains des envahisseurs et à renverser la situation en reprenant les rênes du royaume et à replacer la dynastie des Darcer sur le trône. Aidée d’Orest, son amour, d’Allian, l’ex-espion de la guilde des assassins et de Kebren la traqueuse kmett aux pas de velours, My tente de rallier les fauconniers à leur cause pour pouvoir avoir une force de frappe plus importante.

Le dernier tome de cette trilogie est tout aussi complet que les précédents, et même plus, en terme de rebondissement, d’actions et de suspens. Dans cette fin de l’histoire, on s’aperçoit encore une fois que l’écriture de Marie Caillet est vraiment très spectaculaire et qu’on peut réellement vivre l’aventure aux côtés des personnages. Dans certains romans, on peut prévoir à l’avance ce qui va se passer, mais là tout était comme imprévu ce qui est très surprenant parfois tellement le choc est présent. Ce troisième tome d’une trilogie fantastique, et sans longueurs, clôt en beauté cette série magiquement bien écrite.

Guillaume 3°. 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène