Les yeux d’Aireine, de Dominique Brisson

Les yeux comme un miroir..

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Les yeux d’Aireine commence par les années d’adolescence d’Aireine. Un passé troublant, la vie d’une jeune fille de quinze ans, qui voit son monde basculer du jour au lendemain. Une ambiance inquiétante qui perturbe Aireine, qui la fait douter. Une impression que tout dérape, que tout lui échappe. Elle ne reconnaît plus sa meilleure amie, elle n’arrive même plus à comprendre sa mère ! Les adultes changent, les jeunes de son âge n’ont plus le même comportement. Aireine consigne tous ses états d’âme dans un carnet qui l’aide à faire de l’ordre dans ses pensées. Elle va tout nous raconter, ses rencontres, ses choix….. Et puis, des années plus tard, arrive Achelle, arrière-petite-fille de Aireine. A l’âge de dix-sept ans, celle-ci s’est vu confier, en secret, le journal intime de son arrière-grand-mère. Chose étrange, personne dans la famille ne veut parler d’elle, de ce qui lui est arrivé, de ce qu’elle est devenue. Pourquoi tant de mystères et de malaise. Achelle ne sait pas qui est son père, parti alors que sa mère était enceinte. Elle a ce besoin irrésistible de mieux connaître Aireine, un besoin qui finit par l’obséder. Alors commence pour elle une importante quête, la quête d’un passé dissimulé, dérangeant. Elle veut comprendre l’histoire de son arrière-grand-mère. Elle veut trouver ce lien qui lui manque. 

Les yeux d’Aireine est un roman touchant qui met en parallèle deux générations qui vont se rapprocher, se découvrir. On ne peut rester insensible à Aireine et Achelle qui ont les mêmes convictions. Le lecteur se fraye progressivement un chemin dans l’histoire dont la fin magistrale est pleine de tendresse et d’émotions.

C’est un roman qui nous prouve également que la mémoire d’une famille, des personnes qui ont vécu avant nous est importante pour notre construction. On a tous besoin de savoir d’où l’on vient mais les relations avec les gens qu’on aime ne sont pas toujours faciles et parfois on se rend compte qu’on ne les connaît pas forcément bien.

Les fables de La Fontaine

 

Issu d’une famille bourgeoise, Jean de La Fontaine devient avocat au Parlement et comme beaucoup d’artistes, il recherche la protection des grands. Ses contes et surtout ses fables lui assurent une célébrité immédiate.

Qui n’a pas en tête quelques vers des fables de La Fontaine, Le corbeau et le renard restant la fable la plus souvent apprise en classe. La Fontaine dénonce la société, les lois qui ne sont là que pour favoriser les riches. Il ne croit pas beaucoup à la bonté de l’homme et se montre très pessimiste quant à son évolution. Pour se moquer, il décide d’imaginer des fables dont la particularité sera de mettre en scène des animaux qui parlent, qui vivent à moitié comme des hommes. Les animaux vont instruire les hommes. On trouvera toujours une morale qui sera placée à la fin pour certains écrits ou au début pour d’autres voire parfois, dissimulée à travers un personnage. Le roi et sa cour restent également la cible de l’auteur qui montre un vif intérêt pour les problèmes politiques.

C’est en 1668, que seront publiées pour la première fois les Fables de La Fontaine. 243 fables seront mises en vers. Les fables restent des récits incontournables de la langue française que beaucoup d’écoliers continuent à apprendre. Jean de La Fontaine s’est inspiré des textes du fabuliste grec de l’Antiquité, Esope.

Le CDI possède plusieurs éditions de ces fables en livres petit format, classées au rayon Poésie :

Après vous, M. de La Fontaine… « Contrefables », de Gudule

La raison du plus fort n’est plus la meilleure !

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Qui ne connaît pas les fables de La Fontaine ? Dès notre plus jeune âge, on apprend qu’un corbeau a perdu un fromage, qu’une grenouille jalouse un bœuf au point de vouloir lui ressembler, que le lièvre s’est fait battre à la course par une tortue, bref autant d’histoires que de personnages ! Des récits croustillants et ironiques où la force et la ruse sont toujours victorieuses. Un petit manque d’humanisme quand même. Après tout, Jean de La Fontaine ne faisait que dépeindre la société. Et si on bousculait tout ça ? Ainsi le loup deviendrait aussi doux que l’agneau qu’il comptait dévorer, il deviendrait reconnaissant de ce qu’a fait pour lui la cigogne. En rêve peut-être ?

Un peu osé comme pari ! Eh bien, Gudule l’a fait, et de très belle manière. L’auteur a revisité près de 23 fables. Elle n’a en rien modifié le contenu de l’histoire mais elle a tout simplement imaginé une suite où le faible serait mieux défendu. La médiocrité, la méchanceté, la tromperie n’ont plus leur place. Enfin une justice pour les plus malchanceux ! Gudule se fait l’avocate des plus démunis, de ceux qui n’ont que leur gentillesse et leur loyauté pour se défendre. Après vous, M. de La Fontaine est un petit bijou. Gudule a un vrai talent d’écriture nous faisant presque oublier l’original. Qu’il serait bon que la réalité dépasse les contrefables de Gudule…..

L’agenda du (presque) poète, de Bernard Friot

Un jour, un poème….

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365 pages pour voyager à travers les mots, 365 pages pour voyager au gré de notre imagination. L’agenda du (presque) poète est une sorte de bible pour les poètes en herbe. Ce livre regorge d’idées pour se lancer dans l’écriture. Chaque page comporte la citation d’un poète et les propositions de Bernard Friot pour s’essayer à la poésie. Un trésor d’activités qui montre que la poésie est avant tout un jeu d’écriture et qu’elle ne s’adresse pas forcément aux plus érudits d’entre nous. Elle est accessible à tous. Il faut savoir attendre l’inspiration, trouver ce petit quelque chose qui fera briller cette petite étincelle qui se trouve au fond de chacun de nous. Bernard Friot nous insuffle ce coup de pouce. Mais la poésie ce ne sont pas que des mots, des vers, ce sont des couleurs, des sons qui vont éveiller des émotions, des sensations transmises également par les dessins très colorés qui illustrent chaque page. Ce livre est un véritable mode d’emploi pour la poésie et souligne que pour être touchant, un texte n’a pas besoin d’être excellent, mais doit dégager avant tout quelque chose d’humain. On peut utiliser cet ouvrage lors d’ateliers d’écriture et pourquoi pas en classe pour démarrer des séquences sur la poésie.Un agenda à consulter au gré de ses envies et de ses humeurs. C’est certain, ce livre  a sa place dans les CDI.

Alors tous à vos crayons, oser, inventer, retrouvons le plaisir d’écrire! Je me lance…

Les mots sont des caresses

les mots sont des épines

les mots blessent

les mots égratignent

les mots sont des couleurs

les mots sont amour

les mots illuminent le cœur

les mots c’est pour toujours

Le Prévert, collage Natali

Le Prévert de NataliJe suis comme je suis…

Cet album de la collection Albums Dada des éditions Mango présente un florilège bien choisi de 19 poèmes de Prévert et complété, en fin d’ouvrage,  d’une petite biographie du poète, du photographe et de la graphiste en charge des illustrations. La mise en page  de l’album est très soignée et les illustrations originales sont faites de collages à partir de photographies du poète prise par le grand photographe Doisneau. Une réussite pour découvrir ce poète qui parle vraiment aux enfants et adolescents.

Retrouvez d’autres titres de cette collection au CDI :

Le Tardieu  / Le Rimbaud / La poésie médiévale / La poésie américaine / La poésie africaine

Petit, un cahier de poésie, de Julien Baer

Des petites choses d’importance…

PetitUn recueil de poésie qui se nomme cahier, et beaucoup de choses sont dites…

Petit ou grand, élégant ou laid, quelle importance, le tout est d’exister.

16 petits textes pour faire découvrir en beauté et en douceur, la poésie aux plus jeunes. Chaque texte, en vers, est comme une histoire que l’on nous raconte.

Petit, nous rappelle l’importance des petites choses qui nous entourent, Le tapir nous permet de ne pas oublier qu’il ne faut pas juger les êtres sur leur apparence, Ma voiture, en faisant l’éloge du bruit et de la pollution, prend à contre-pied la réalité pour nous la dévoiler de manière plus intense :

Comme j’aime beaucoup les animaux

Elle aura des sièges en cuir bordeaux

J’aimerais aussi qu’elle fasse du bruit

Pour faire plaisir aux gens la nuit

Elle consommera beaucoup d’essence

C’est bon pour la nature je pense

Et il y a aussi l’histoire des enfants qui s’ennuient au restaurant, ou de l’appartement beaucoup trop grand…

Ces textes dans leur apparente simplicité m’ont touchés. C’est beau, court,  joliment illustré, coloré et imagé et ça parle à tout le monde.

Un petit cahier à mettre entre toutes les mains, dès le primaire (et je pense qu’il intègrera ma liste du rallye-lecture de cycle 3 dès la rentrée prochaine)

 

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans…

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Dans une banlieue parisienne feuillue, Tatiana, 14 ans, fait la connaissance de Eugène, 17 ans, garçon de bonne famille, benjamin de trois sœurs. Elle a une soeur Olga. Eugène est aussi l’ami du petit copain de Olga. Tout l’été, les jeunes garçons rendent visite aux deux sœurs. Au début, Eugène et Tatiana sont un peu maladroits mais peu à peu ils s’apprivoisent. Tatiana est obsédée par Eugène, elle n’en dort plus. Elle décide alors de lui écrire une lettre pour lui avouer ses sentiments. Depuis cette déclaration, Eugène ne donne plus de nouvelles. Un drame et dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard dans le métro.

Songe à la douceur est un roman déroutant, écrit en vers. Un formidable exercice d’écriture inspiré  par Eugène Onéguine de Alexandre Pouchkine et de l’opéra de P.I Tchaïkowski. Une double histoire d’amour séparée de dix ans. Le thème de l’amour-passion est abordé de belle manière alternant un style moderne et classique. Tatiana est tiraillée entre les compliments d’un homme qui est obsédé par elle mais qui dix ans auparavant l’a laissée, et le souhait de se protéger d’un amour qui peut encore lui faire mal. Les liens qui les unissent vont faire qu’ils se revoient. Tatiana veut des réponses sur le passé, Eugène veut construire quelque chose au présent. Il découvre l’adolescente devenue une femme mûre, confiante. Les relations amoureuses sont complexes. Deux personnages, deux êtres qui se tournent autour mais les rôles sont inversés. Il y a dix ans, Tatiana se mourait d’amour alors qu’Eugène la délaissait, aujourd’hui c’est lui qui se trouve à ne vivre que pour cet amour ressurgi du passé. La jeune femme a une vie professionnelle bien remplie, elle a des projets, lui ne vit que pour elle. L’auteur joue avec les mots en alternant les périodes dans le temps. Leur histoire est simple et le style de Clémentine Beauvais lui donne un côté poétique. Peut-on reconstruire une histoire d’amour dix ans après ? Peut-on rattraper le temps perdu ?Dix ans qui ont changé leur vie …

Je pense que Songe à la douceur s’adresse à de bons lecteurs. Attendons les réactions qu’il peut susciter sur les adolescents. Je dois avouer que par moment, j’ai eu du mal avec ce style d’écriture qui m’obligeait à faire des pauses. Attention, je ne remets pas en cause le talent de Clémentine Beauvais. Je m’explique. J’ai simplement eu l’impression d’être plus « envahie » par la forme d’écriture que par le sujet en lui -même,  bien que mettre en parallèle deux histoires d’amour à dix ans d’intervalle est original. Pour moi, le style a pris le dessus sur le contenu. Mon attention s’est portée d’avantage sur la façon d’ écrire de Clémentine Beauvais que sur le récit. Une fin surprenante qui me laisse un goût d’inachevé tout simplement parce que je ne suis pas fan de ce genre d’épilogue. Avec du recul, l’histoire reste belle. Bien que mon avis soit mitigé, j’espère que beaucoup seront tentés par ce roman… et feront des commentaires sur notre blog !

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