Rester fort, d’Emilie Monk

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Rester fort, d’Emilie Monk

Rester fort est un livre qui raconte l’histoire d’une jeune fille, Émilie Monk, qui va tourner au drame. Émilie se donnera la mort le 19 décembre 2015, elle avait 17 ans.

Cette histoire est basée sur des faits réels car c’est sa mère Virginie Monk, qui l’a fait publier en hommage à sa fille. Émilie est une fille qui dans son ancien collège avait pleins d’ami(e)s, mais au moment de sa rentrée dans son nouveau collège, rien n’est plus comme avant, elle qui espérait tant retrouver une belle vie, va vite se rendre compte que ce ne sera pas une réalité. Malgré toutes ses méthodes pour se détendre, comme le bouddhisme ou encore les psys cela ne va pas l’aider à passer au dessus de tous ses malheurs.
Au fil du temps Émilie va commencer à recevoir des remarques, va se retrouver seule, ce qui va empirer son cas.
Dans ce livre, des personnes proches d’Émilie, vont lui rendre hommage, en racontant pleins de souvenirs avec elle, ce qui va parfois nous toucher très profondément. Il y a au total 14 parties dans ce livre dont une partie retranscrit l’intégralité du journal à Émilie que ses parents ont découvert après le drame,dont un passage en anglais : c’est Émilie qui l’a écrit de façon à nous raconter son désespoir.
Ses parents, particulièrement sa mère, va se sentir responsable de ce drame en se disant que c’est de sa faute et qu’elle n’a pas su se rendre compte que sa fille allait vraiment très mal.
Ce livre peut être lu par tous les collégiens, mais également les adultes et lycéens, car c’est un livre très facile à lire mais qui peut vraiment toucher beaucoup de personnes.
Virginie Monk a écrit ce livre dans l’espoir d’aider les adolescents victimes de harcèlement et d’isolement, mais aussi les parents qui auraient perdu un enfant dans de telles circonstances. Virginie cherche également à sensibiliser les élèves, collégiens, responsables de ces actes qui tournent parfois vraiment au drame, comme  en témoigne ce livre où sa fille s’est suicidée.
Il ne faut pas oublier que c’est à cause de ces personnes qui poussent d’autres à bout, parfois jusqu’au suicide, que des familles perdent un de leur proche dans des circonstances terribles. Un livre extrêmement émouvant qui m’a beaucoup touché. Un vrai coup de cœur.

Chloé, 3°- 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

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Journal d’une Peste. Moi ? Un ange ! de Virginy L. Sam , illustré par Marie-Anne Abesdris

Dans la tête de Fannette !

Bienvenue dans le journal particulier de Fannette, jeune adolescente qui en a marre des interdictions, celles de ses parents et celles de ses profs ! Fannette tient ce journal pour dire tout ce qu’elle pense et livre des conseils pour devenir une vraie peste !  Fannette a une petite sœur Eva qu’elle trouve trop mignonne mais parfois très pénible ! Elle trouve ses parents nuls, ses profs aussi, sauf la prof de français qui s’autorise à sortir du programme et propose des débats jugés intéressants par les élèves. Charly est le meilleur ami de Fannette, c’est lui qui lui montrera la papeterie où Fannette trouvera le journal parfait pour raconter sa vie. Mais pour obtenir ce joli cahier, Fannette va devoir ruser avec l’aide de sa petite sœur. Dans ce journal, elle livre tous les détails de sa vie, ce qu’elle aimerait avoir, ce qui l’agace, ce qu’elle aime, ce qu’elle a,  ses journées au collège, etc. Elle nous fait part de son amour inconditionnel pour son grand-père, pépé Gaston, le seul adulte qu’elle aime plus que n’importe qui. Fannette a hérité de son caractère visiblement, pépé Gaston aime jouer des tours farfelus aux autres habitants de la maison de retraite, une vraie petite peste à sa manière ! Fannette adore aller le voir pour jouer aux échecs avec lui et jouer des tours aux autres membres de la maison de retraite dans laquelle son grand-père vit. Si comme Fannette, tu penses que les adultes n’ont pas toujours raison, qu’il faut être soi-même et que la vie est surtout faite pour s’amuser, rejoins vite la confrérie des pestes !

Journal d’une peste est un journal illustré qui se lit en une heure. Les illustrations retranscrivent assez fidèlement ce qui se passe dans la tête des ados, et plus particulièrement dans celle de Fannette. Un peu désordonnées avec des dessins personnalisés, les illustrations montrent la manière dont Fannette se représente les choses. Sous ses airs de peste, elle s’apparente à une fille attachante et intelligente, s’interrogeant sur de nombreuses questions notamment sur celles posées par sa professeure de français. L’adolescente se focalise surtout ce qu’est être soi-même et pourquoi passons-nous notre temps à envier les autres. Son grand-père lui propose une réponse pertinente, il apparaît ainsi comme la voix de la raison. Par ailleurs, ce journal permet de se glisser dans la peau d’un adolescent avec ses préoccupations et ses sentiments parfaitement illustré par le fameux jour de la photo de classe ! L’adolescence n’est pas un âge facile, se construire et se chercher n’est pas chose aisée, ce qui induit aussi de se comparer aux autres en permanence et de les juger ! Cet ouvrage permet de comprendre rapidement les problématiques adolescentes et plusieurs se reconnaîtrons à travers le journal de Fannette !

Ce livre peut-être lu dès la 6ème, le format, l’histoire, le vocabulaire et le langage adopté sauront séduire toutes les collégiennes qui se retrouveront plus ou moins dans le personnage de Fannette !  Celui-ci est le premier tome de la série, il existe trois autres tomes pour continuer à suivre les aventures de Fannette ainsi qu’un cahier pour pouvoir faire comme Fannette et écrire son propre journal !

De préadolescente à adolescente…

Le journal de Nine, tome 3. Pourquoi c’est pas juste ?, de Géraldine Maillet

Le journal de Nine - Le journal de Nine, T3Nine est passée de la pré-adolescence à l’adolescence le temps d’un été. Elle rentre en 5ème et ses préoccupations vont changer. Elle va donc dire adieu à son journal intime qui la suivait dans sa vie depuis l’âge de 9 ans 1/2… Ce qui l’intéresse désormais, c’est de devenir populaire, de ne plus avoir de boutons (qu’elle appelle du petit nom de « Chelmi » – Michel en verlan),  de se faire remarquer par Baptiste, encore plus beau que l’année précédente… Une large place sera donnée à ses vacances en Sicile, dans la famille de son beau-père et à ses rapports avec ses parents divorcés.

Un ton léger, humoristique pour un journal intime qui parlera très certainement à nos élèves… filles. Ca se lit vite, les illustrations qui égayent la mise en page et le langage parler le rendent facilement accessible aux jeunes ou faibles lecteurs.

Dernier tome de la trilogie dont nous possédons le tome 1 (mais pas le tome 2 !) mais qui peut se lire néanmoins indépendamment des premiers car le contexte familial est bien décrit et on comprend très vite le personnage (même s’il est quand même conseillé de les lire dans l’ordre !). Si vous avez aimé le personnage de Nine dans le premier opus « Pourquoi c’est plus pareil », venez vite au CDI emprunter cette suite pour la retrouver avec quelques années de plus et de nouveaux doutes et questionnements !

Sortie en librairie aujourd’hui !

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

La jeunesse israélienne, entre guerre et rêve

Afficher l'image d'origineNous sommes en 1988, Valérie a 18 ans, passionnée de littérature, musique, et cinéma, elle passe son baccalauréat. Originaire de Nice, elle vit à Beer-Sheva, en Israël,  une ville de cent mille habitants où elle passe toute son adolescence. Yulia et Rahel, originaires de Russie sont ses meilleures amies et passent le baccalauréat  aussi cette année. Dans six mois, les trois lycéennes devront passer leur service militaire, obligatoire en Israël pour les filles et les garçons. La première intifada autrement dit « guerre des pierres » a éclaté depuis peu, il s’agit du soulèvement de la population palestinienne contre Israël. Valérie est la première parmi ses amis à devoir partir pour effectuer son service militaire. En Septembre, c’est le grand jour, Valérie part à l’armée et devient soldate. Elle devient désormais au sein de l’armée le matricule 3810159. Elle emporte avec elle son kit de survie : romans, baladeur et un carnet pour écrire ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit. Entre enthousiasme, excitation, fierté de porter l’uniforme, fatigue, peur, crainte, Valérie est chamboulée par ce changement et pense souvent  à Jean-David, son ex petit ami dont elle est toujours follement amoureuse. Le régime de l’armée est strict, la nourriture est mauvaise et le rythme est soutenu. Valérie fait partie des meilleurs et finira son service militaire au service des renseignements situé dans une base à proximité de Tel-Aviv. Les permissions de sortie ont lieu environ toutes les deux semaines. Valérie en profite pour rentrer à Beer-Sheva chez ses parents pour voir ses amis du lycée mais parfois, les permissions étant plus courtes, elle préfère voyager seule. Elle passe du temps à Jérusalem puis à Tel-Aviv où elle recroisera le chemin d’un ancien ami à elle, Gali. Le début d’une nouvelle vie s’annonce pour la jeune fille de 19 ans.

Quand j’étais soldate décrit le fabuleux parcours initiatique sur lequel Valérie Zenatti revient où elle alterne avec minutie la description de sa vie en tant que soldate et celle de sa vie en tant que jeune adolescente. Ces deux modes de vie finissent de manière indéniable par se confondre notamment au vu du poids de l’impact que sa vie à l’armée a sur son quotidien. La situation de la Palestine et d’Israël est aussi dépeinte à travers son discours et montre la difficulté de vivre dans ces états où la guerre se vit au quotidien et fait partie des préoccupations majeures de la population. Les références culturelles citées, l’engouement pour la culture et plus particulièrement pour la lecture de Valérie Zenatti rendent ce roman passionnant. Elle transmet par ailleurs un message sur le plaisir de lire, lecture décrite comme échappatoire, épanouissement et partage. La question des religions, des différences n’est pas épargnée et apparait parfaitement traitée sous la plume de l’auteure, notamment lorsqu’elle décrit la ville de Jérusalem. Valérie partage aussi ses rêves faisant rêver avec elle le lecteur.

Je conseille fortement la lecture de ce roman autobiographique en classe de 3ème. Il peut parfaitement intégrer la liste des lectures cursives sur la thématique de l’autobiographie en classe de 3ème. L’histoire, le style littéraire, les références culturelles font de ce roman objet d’étude intéressant et permettent d’engager une réflexion sur un sujet étant toujours d’actualité. La plume de Valérie Zenatti est parfaitement adaptée pour des collégiens en classe de 3ème grâce au style courant, fluide et poétique qu’elle adopte. A conseiller aussi à des lycéens !

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Le livre de mes records nuls, de Bernard Friot

Autodiplômé…

Afficher l'image d'origineBen Letourneaux, 11 ans, en a plus qu’assez de passer pour un nul aux yeux de tout son entourage. Il est nul ? Qu’à cela ne tienne, il va écrire un livre strictement confidentiel de ses records… nuls ! Voici donc son journal imtime, son carnet de bord où il va noter ses « exploits » et ses ressentis.  Le jury, composé uniquement de lui-même lui décernera un diplôme  en fin de chaque chapitre  : records de rots à table, record du fils indigne, records d’insultes, de sourires, de la fiche de lecture la plus nulle et la mieux notée, et j’en passe.

Un petit récit de vie amusant qui retourne la thématique de l’excellence et de la performance  prônée dans notre société pour la porter en dérision. Donc, finalement, c’est plus profond que le titre pourrait le laisser penser. Car l’auteur est tout de même Bernard Friot, un grand nom de la littérature de jeunesse. En parallèle à cette liste de records, l’auteur a eu l’intelligence de relater des événements de la vie quotidienne de Ben, en particulier sa passion pour l’école de cirque qu’il fréquente et le lien qu’il tisse avec le clown qui lui donne des cours. Savoir faire rire sans parler… tout un art auquel se passionne notre attachant adolescent et qui le rend très humain.

C’est joyeux, ça se lit très vite et ça plaît beaucoup à nos collégiens.  Un peu comme la série Journal d’un dégonflé, mais en plus profond. Ce titre a été inscrit au rallye-lecture 5ème dans la catégorie Coups de Coeur.

Et dans la même série : Le cahier de mes vacances nulles ; Le journal (nul) de mes amours nulles que nous ne possédons pas (encore) au CDI

Les mots qui tuent, de Agnès de Lestrade

Quand les mots servent au « bonheur de Mara »

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Ce court roman qui se lit en moins d’une heure raconte l’histoire de Mara qui vit seule avec sa mère. Sa mère vend des vêtements, qu’elle conçoit elle-même, dans sa boutique « Au bonheur de Mara ». Mara se sent seule et a des rapports difficiles avec sa mère qui accorde une grande importance à son travail de création de vêtements. Sa mère fait d’elle une fille particulière car elle crée les vêtements sur sa fille et Mara doit les porter pour aller au collège. Habillée différemment des autres, Mara a du mal à trouver sa place auprès de ses camarades et par conséquent de se faire des amis. Pour évacuer ses émotions, Mara écrit dans un journal où elle raconte toutes les « horreurs » qu’elle pense de sa mère. Ne supportant plus sa mère, elle se réfugie chez sa grand-mère Nouchka. Mais un jour, elle angoisse à l’idée que quelqu’un trouve ce journal et décide de le détruire complètement. Au moment où elle ne peut plus s’exprimer par les mots qu’elle écrivait dans ce journal, Mara n’arrive plus à gérer ses émotions. Elle va faire la rencontre de Clara, adolescente délurée. Mara est prête à tout pour que Clara s’intéresse à elle et pour que leur amitié perdure… Les mots qui tuent seront alors lâchés.

Ce court roman d’Agnès de Lestrade nous tient en haleine grâce au suspens qu’elle instaure dès les premières pages. Nombreuses sont les questions qui se bousculent dans notre tête et impatients nous sommes de connaître la suite. Une histoire basée uniquement sur des mots qui apparaissent alors plus forts que tout, que les gestes, que les actions. Mara est une adolescente perturbée qui se cherche encore et recherche constamment l’attention sur elle. Les mots sont comme sa seule arme pour se sortir dans ce mal-être. Un livre dramatique qui nous conduit à réfléchir sur le poids des mots.

Ce livre peut être lu à partir de la 5ème. En effet, il rentre dans la thématique de français « vivre en société, participer à la société » avec autrui : famille, amis, réseaux étudié en classe 5ème. Ce livre court où le suspens est au rendez-vous saura séduire et réconcilier des élèves qui ont un rapport difficile à la lecture !

Cher Dylan, de Siobhan Curham

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Correspondance inattendue…

Georgie est une demoiselle de quatorze ans. Elle vit avec sa mère, son beau-père (qu’elle déteste) et sa demi-sœur qu’elle adore. Sa vie est faite de haut et de bas comme tous les adolescents. La vie familiale est parfois bien compliquée, tendue par l’attitude agressive, violente et malsaine de son beau-père. Elle peut cependant compter sur son amie qui la soutient. L’été arrive et G. doit donc garder sa sœur, elle s’ennuie et décide donc d’envoyer un premier mail à son acteur vedette Dylan Curtland, qui joue dans une fameuse série télévisée qu’elle adore. Elle lui explique à travers ses messages tous ce qui la touche, l’intéresse et lui fait du mal ! Elle ne s’attendait pas à une réponse si rapide, et pourtant de là va se nouer une très belle amitié faite de correspondances sincères entre elle et la fameuse personne qui se cache derrière l’adresse électronique de Dylan !!! sa vie va peu à peu prendre une autre tournure tant au niveau familial que relationnel.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Il est très original puisqu’il est rédigé uniquement de mails. L’auteur a parfaitement réussi à créer un style pour chacun des correspondants. Deux personnes de milieux opposés, la naïveté de l’une et l’expérience de l’autre dus à leurs âges font de ce roman un mélange de sagesse et de maturité. On s’attache vite aux personnages et à leur histoire.
J’ai donc lu ces échanges très rapidement, on souhaite toujours en apprendre davantage et connaître la fin de l’histoire au plus vite! A la fois drôle, tendre et grave, c’est un roman vivant qui donne de l’espoir et fait paraître la vie moins dure en abordant plusieurs thèmes essentiels, un très bon moment de lecture que je conseillerai dès la 6ème.

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