Journal d’une Peste. Moi ? Un ange ! de Virginy L. Sam , illustré par Marie-Anne Abesdris

Dans la tête de Fannette !

Bienvenue dans le journal particulier de Fannette, jeune adolescente qui en a marre des interdictions, celles de ses parents et celles de ses profs ! Fannette tient ce journal pour dire tout ce qu’elle pense et livre des conseils pour devenir une vraie peste !  Fannette a une petite sœur Eva qu’elle trouve trop mignonne mais parfois très pénible ! Elle trouve ses parents nuls, ses profs aussi, sauf la prof de français qui s’autorise à sortir du programme et propose des débats jugés intéressants par les élèves. Charly est le meilleur ami de Fannette, c’est lui qui lui montrera la papeterie où Fannette trouvera le journal parfait pour raconter sa vie. Mais pour obtenir ce joli cahier, Fannette va devoir ruser avec l’aide de sa petite sœur. Dans ce journal, elle livre tous les détails de sa vie, ce qu’elle aimerait avoir, ce qui l’agace, ce qu’elle aime, ce qu’elle a,  ses journées au collège, etc. Elle nous fait part de son amour inconditionnel pour son grand-père, pépé Gaston, le seul adulte qu’elle aime plus que n’importe qui. Fannette a hérité de son caractère visiblement, pépé Gaston aime jouer des tours farfelus aux autres habitants de la maison de retraite, une vraie petite peste à sa manière ! Fannette adore aller le voir pour jouer aux échecs avec lui et jouer des tours aux autres membres de la maison de retraite dans laquelle son grand-père vit. Si comme Fannette, tu penses que les adultes n’ont pas toujours raison, qu’il faut être soi-même et que la vie est surtout faite pour s’amuser, rejoins vite la confrérie des pestes !

Journal d’une peste est un journal illustré qui se lit en une heure. Les illustrations retranscrivent assez fidèlement ce qui se passe dans la tête des ados, et plus particulièrement dans celle de Fannette. Un peu désordonnées avec des dessins personnalisés, les illustrations montrent la manière dont Fannette se représente les choses. Sous ses airs de peste, elle s’apparente à une fille attachante et intelligente, s’interrogeant sur de nombreuses questions notamment sur celles posées par sa professeure de français. L’adolescente se focalise surtout ce qu’est être soi-même et pourquoi passons-nous notre temps à envier les autres. Son grand-père lui propose une réponse pertinente, il apparaît ainsi comme la voix de la raison. Par ailleurs, ce journal permet de se glisser dans la peau d’un adolescent avec ses préoccupations et ses sentiments parfaitement illustré par le fameux jour de la photo de classe ! L’adolescence n’est pas un âge facile, se construire et se chercher n’est pas chose aisée, ce qui induit aussi de se comparer aux autres en permanence et de les juger ! Cet ouvrage permet de comprendre rapidement les problématiques adolescentes et plusieurs se reconnaîtrons à travers le journal de Fannette !

Ce livre peut-être lu dès la 6ème, le format, l’histoire, le vocabulaire et le langage adopté sauront séduire toutes les collégiennes qui se retrouveront plus ou moins dans le personnage de Fannette !  Celui-ci est le premier tome de la série, il existe trois autres tomes pour continuer à suivre les aventures de Fannette ainsi qu’un cahier pour pouvoir faire comme Fannette et écrire son propre journal !

De préadolescente à adolescente…

Le journal de Nine, tome 3. Pourquoi c’est pas juste ?, de Géraldine Maillet

Le journal de Nine - Le journal de Nine, T3Nine est passée de la pré-adolescence à l’adolescence le temps d’un été. Elle rentre en 5ème et ses préoccupations vont changer. Elle va donc dire adieu à son journal intime qui la suivait dans sa vie depuis l’âge de 9 ans 1/2… Ce qui l’intéresse désormais, c’est de devenir populaire, de ne plus avoir de boutons (qu’elle appelle du petit nom de « Chelmi » – Michel en verlan),  de se faire remarquer par Baptiste, encore plus beau que l’année précédente… Une large place sera donnée à ses vacances en Sicile, dans la famille de son beau-père et à ses rapports avec ses parents divorcés.

Un ton léger, humoristique pour un journal intime qui parlera très certainement à nos élèves… filles. Ca se lit vite, les illustrations qui égayent la mise en page et le langage parler le rendent facilement accessible aux jeunes ou faibles lecteurs.

Dernier tome de la trilogie dont nous possédons le tome 1 (mais pas le tome 2 !) mais qui peut se lire néanmoins indépendamment des premiers car le contexte familial est bien décrit et on comprend très vite le personnage (même s’il est quand même conseillé de les lire dans l’ordre !). Si vous avez aimé le personnage de Nine dans le premier opus « Pourquoi c’est plus pareil », venez vite au CDI emprunter cette suite pour la retrouver avec quelques années de plus et de nouveaux doutes et questionnements !

Sortie en librairie aujourd’hui !

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

La jeunesse israélienne, entre guerre et rêve

Afficher l'image d'origineNous sommes en 1988, Valérie a 18 ans, passionnée de littérature, musique, et cinéma, elle passe son baccalauréat. Originaire de Nice, elle vit à Beer-Sheva, en Israël,  une ville de cent mille habitants où elle passe toute son adolescence. Yulia et Rahel, originaires de Russie sont ses meilleures amies et passent le baccalauréat  aussi cette année. Dans six mois, les trois lycéennes devront passer leur service militaire, obligatoire en Israël pour les filles et les garçons. La première intifada autrement dit « guerre des pierres » a éclaté depuis peu, il s’agit du soulèvement de la population palestinienne contre Israël. Valérie est la première parmi ses amis à devoir partir pour effectuer son service militaire. En Septembre, c’est le grand jour, Valérie part à l’armée et devient soldate. Elle devient désormais au sein de l’armée le matricule 3810159. Elle emporte avec elle son kit de survie : romans, baladeur et un carnet pour écrire ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit. Entre enthousiasme, excitation, fierté de porter l’uniforme, fatigue, peur, crainte, Valérie est chamboulée par ce changement et pense souvent  à Jean-David, son ex petit ami dont elle est toujours follement amoureuse. Le régime de l’armée est strict, la nourriture est mauvaise et le rythme est soutenu. Valérie fait partie des meilleurs et finira son service militaire au service des renseignements situé dans une base à proximité de Tel-Aviv. Les permissions de sortie ont lieu environ toutes les deux semaines. Valérie en profite pour rentrer à Beer-Sheva chez ses parents pour voir ses amis du lycée mais parfois, les permissions étant plus courtes, elle préfère voyager seule. Elle passe du temps à Jérusalem puis à Tel-Aviv où elle recroisera le chemin d’un ancien ami à elle, Gali. Le début d’une nouvelle vie s’annonce pour la jeune fille de 19 ans.

Quand j’étais soldate décrit le fabuleux parcours initiatique sur lequel Valérie Zenatti revient où elle alterne avec minutie la description de sa vie en tant que soldate et celle de sa vie en tant que jeune adolescente. Ces deux modes de vie finissent de manière indéniable par se confondre notamment au vu du poids de l’impact que sa vie à l’armée a sur son quotidien. La situation de la Palestine et d’Israël est aussi dépeinte à travers son discours et montre la difficulté de vivre dans ces états où la guerre se vit au quotidien et fait partie des préoccupations majeures de la population. Les références culturelles citées, l’engouement pour la culture et plus particulièrement pour la lecture de Valérie Zenatti rendent ce roman passionnant. Elle transmet par ailleurs un message sur le plaisir de lire, lecture décrite comme échappatoire, épanouissement et partage. La question des religions, des différences n’est pas épargnée et apparait parfaitement traitée sous la plume de l’auteure, notamment lorsqu’elle décrit la ville de Jérusalem. Valérie partage aussi ses rêves faisant rêver avec elle le lecteur.

Je conseille fortement la lecture de ce roman autobiographique en classe de 3ème. Il peut parfaitement intégrer la liste des lectures cursives sur la thématique de l’autobiographie en classe de 3ème. L’histoire, le style littéraire, les références culturelles font de ce roman objet d’étude intéressant et permettent d’engager une réflexion sur un sujet étant toujours d’actualité. La plume de Valérie Zenatti est parfaitement adaptée pour des collégiens en classe de 3ème grâce au style courant, fluide et poétique qu’elle adopte. A conseiller aussi à des lycéens !

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Le livre de mes records nuls, de Bernard Friot

Autodiplômé…

Afficher l'image d'origineBen Letourneaux, 11 ans, en a plus qu’assez de passer pour un nul aux yeux de tout son entourage. Il est nul ? Qu’à cela ne tienne, il va écrire un livre strictement confidentiel de ses records… nuls ! Voici donc son journal imtime, son carnet de bord où il va noter ses « exploits » et ses ressentis.  Le jury, composé uniquement de lui-même lui décernera un diplôme  en fin de chaque chapitre  : records de rots à table, record du fils indigne, records d’insultes, de sourires, de la fiche de lecture la plus nulle et la mieux notée, et j’en passe.

Un petit récit de vie amusant qui retourne la thématique de l’excellence et de la performance  prônée dans notre société pour la porter en dérision. Donc, finalement, c’est plus profond que le titre pourrait le laisser penser. Car l’auteur est tout de même Bernard Friot, un grand nom de la littérature de jeunesse. En parallèle à cette liste de records, l’auteur a eu l’intelligence de relater des événements de la vie quotidienne de Ben, en particulier sa passion pour l’école de cirque qu’il fréquente et le lien qu’il tisse avec le clown qui lui donne des cours. Savoir faire rire sans parler… tout un art auquel se passionne notre attachant adolescent et qui le rend très humain.

C’est joyeux, ça se lit très vite et ça plaît beaucoup à nos collégiens.  Un peu comme la série Journal d’un dégonflé, mais en plus profond. Ce titre a été inscrit au rallye-lecture 5ème dans la catégorie Coups de Coeur.

Et dans la même série : Le cahier de mes vacances nulles ; Le journal (nul) de mes amours nulles que nous ne possédons pas (encore) au CDI

Les mots qui tuent, de Agnès de Lestrade

Quand les mots servent au « bonheur de Mara »

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Ce court roman qui se lit en moins d’une heure raconte l’histoire de Mara qui vit seule avec sa mère. Sa mère vend des vêtements, qu’elle conçoit elle-même, dans sa boutique « Au bonheur de Mara ». Mara se sent seule et a des rapports difficiles avec sa mère qui accorde une grande importance à son travail de création de vêtements. Sa mère fait d’elle une fille particulière car elle crée les vêtements sur sa fille et Mara doit les porter pour aller au collège. Habillée différemment des autres, Mara a du mal à trouver sa place auprès de ses camarades et par conséquent de se faire des amis. Pour évacuer ses émotions, Mara écrit dans un journal où elle raconte toutes les « horreurs » qu’elle pense de sa mère. Ne supportant plus sa mère, elle se réfugie chez sa grand-mère Nouchka. Mais un jour, elle angoisse à l’idée que quelqu’un trouve ce journal et décide de le détruire complètement. Au moment où elle ne peut plus s’exprimer par les mots qu’elle écrivait dans ce journal, Mara n’arrive plus à gérer ses émotions. Elle va faire la rencontre de Clara, adolescente délurée. Mara est prête à tout pour que Clara s’intéresse à elle et pour que leur amitié perdure… Les mots qui tuent seront alors lâchés.

Ce court roman d’Agnès de Lestrade nous tient en haleine grâce au suspens qu’elle instaure dès les premières pages. Nombreuses sont les questions qui se bousculent dans notre tête et impatients nous sommes de connaître la suite. Une histoire basée uniquement sur des mots qui apparaissent alors plus forts que tout, que les gestes, que les actions. Mara est une adolescente perturbée qui se cherche encore et recherche constamment l’attention sur elle. Les mots sont comme sa seule arme pour se sortir dans ce mal-être. Un livre dramatique qui nous conduit à réfléchir sur le poids des mots.

Ce livre peut être lu à partir de la 5ème. En effet, il rentre dans la thématique de français « vivre en société, participer à la société » avec autrui : famille, amis, réseaux étudié en classe 5ème. Ce livre court où le suspens est au rendez-vous saura séduire et réconcilier des élèves qui ont un rapport difficile à la lecture !

Cher Dylan, de Siobhan Curham

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Correspondance inattendue…

Georgie est une demoiselle de quatorze ans. Elle vit avec sa mère, son beau-père (qu’elle déteste) et sa demi-sœur qu’elle adore. Sa vie est faite de haut et de bas comme tous les adolescents. La vie familiale est parfois bien compliquée, tendue par l’attitude agressive, violente et malsaine de son beau-père. Elle peut cependant compter sur son amie qui la soutient. L’été arrive et G. doit donc garder sa sœur, elle s’ennuie et décide donc d’envoyer un premier mail à son acteur vedette Dylan Curtland, qui joue dans une fameuse série télévisée qu’elle adore. Elle lui explique à travers ses messages tous ce qui la touche, l’intéresse et lui fait du mal ! Elle ne s’attendait pas à une réponse si rapide, et pourtant de là va se nouer une très belle amitié faite de correspondances sincères entre elle et la fameuse personne qui se cache derrière l’adresse électronique de Dylan !!! sa vie va peu à peu prendre une autre tournure tant au niveau familial que relationnel.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Il est très original puisqu’il est rédigé uniquement de mails. L’auteur a parfaitement réussi à créer un style pour chacun des correspondants. Deux personnes de milieux opposés, la naïveté de l’une et l’expérience de l’autre dus à leurs âges font de ce roman un mélange de sagesse et de maturité. On s’attache vite aux personnages et à leur histoire.
J’ai donc lu ces échanges très rapidement, on souhaite toujours en apprendre davantage et connaître la fin de l’histoire au plus vite! A la fois drôle, tendre et grave, c’est un roman vivant qui donne de l’espoir et fait paraître la vie moins dure en abordant plusieurs thèmes essentiels, un très bon moment de lecture que je conseillerai dès la 6ème.

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Une poignée d’étoiles, de Rafik Schami

 

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Rester unis, vivre libre

Damas, un 12 janvier, le fils d’un boulanger vivant dans un vieux quartier de Damas nous plonge dans son journal intime. Cet adolescent est passionné par l’écriture et a pour ambition de devenir journaliste, dans un pays, la Syrie, où les libertés sont absentes, notamment la liberté d’expression. Il quitte l’école avec déception pour aider son père à la boulangerie. Désespéré par ce travail, son meilleur ami Salim lui conseille de garder espoir. Le jeune garçon va rencontrer Habib, un ancien journaliste, qui va l’aider à accomplir son objectif.

Ce roman est une autobiographie d’un adolescent issu d’une famille pauvre des vieux quartiers de Damas. A travers son journal intime, où il raconte ses aventures et ses émotions et trace le portrait des personnages qui l’entourent, il dénonce la situation politique du gouvernement de son pays, gouvernement qui opprime la presse. Des contraintes graves, des violences sont exercées sur ceux qui osent semer le désordre en exprimant leur opinion, opinion qui va à l’encontre de la politique du gouvernement.

Un livre émouvant qui permet de rendre compte des conditions de vie des habitants de la capitale syrienne et la politique d’un pays où les libertés sont absentes mais les ambitions bien présentes.  Les valeurs humaines comme la solidarité, l’amitié, l’amour sont, de plus, parfaitement illustrées dans ce roman.

 

 

 

Le journal d’Aurore, jamais contente… toujours fâchée ! de Marie Desplechin et Agnès Maupré

L’âge ingrat

Le Journal d'Aurore, tome 1 : Jamais contente... Toujours fâchée (BD) par DesplechinAurore, élève de 3ème, se trouve nulle et trouve sa vie vide… Alors, pourquoi ne pas écrire son journal intime  ? « Je me demande quel genre de film on peut faire avec une vie où il ne se passe rien, genre la mienne. Une sorte de documentaire animalier, j’imagine, la vie du rat-taupe sur les plateaux d’Abyssinie, en moins palpitant ». Et voilà, dès la première page, le ton est donné. Amour, amitié, problèmes scolaires, tensions familiales, voici un journal d’une adolescente à la fois complexée et forte tête, détestable et agaçante des plus réalistes. Dans ses doutes, ses coups de gueule, ses coups de blues, le personnage d’Aurore est attachant. Entre sa grande soeur, rebelle presque adulte, sa petite soeur, excellente élève, sage comme une image  et des parents dépassés  qui ne comprennent plus rien, Aurore a vraiment du mal à trouver sa place. Heureusement, sa grand-mère, vieille baba cool qui opte pour la zen attitude et une prof de maths qui « la harcèle », vont l’aider à surmonter ses difficultés. Les illustrations colorées et humoristiques retranscrivent bien ce quotidien banal d’une ado somme toute normale. Distrayant !

 

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J’ai 14 ans et je suis détestable, Gudule

 

J’en ai marre

Afficher l'image d'origineLéa, âgée de 14 ans, est assez forte et très gourmande, elle se trouve moche et elle pense que tout le monde la hait. Les querelles avec ses parents sont fréquentes et, en particulier, au sujet du rangement de sa chambre. Après une journée au collège très difficile, elle découvre que sa mère a débarrassé, nettoyé et rangé sa chambre ; elle a même enlevé tous les trésors de Léa, ses posters d’Afrique.Léa, en colère, décide de quitter sa chambre et de s’installer dans le grenier ; là, elle retrouve ses sensations d’enfant…

Dans ce livre, Léa nous raconte son quotidien difficile d’adolescente avec les autres élèves, les professeurs, les garçons, son amie et ses parents. Elle ne s’aime pas, elle se sent laide, personne ne l’aime, personne ne la comprend, elle s’isole et le seul endroit où elle se sent à l’aise, c’est sa chambre aux allures de savane africaine. Sa mère a détruit son monde mais, dans le grenier, elle se trouve un autre refuge et, là, l’imaginaire prend le relais. D’un récit actuel, on entre dans un monde tout à fait irréel et fantastique dans lequel Léa trouve sa place, elle est aimée et finalement elle s’aime, une jolie fin à cette histoire.

 

Bulles & Blues, de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Voilà, c’était nous deux

Soan et Chloé vivent ensemble depuis l’âge de huit ans, depuis que le père de Soan est tombé amoureux de la mère de Chloé. Mais leur relation ne se limite pas à une simple cohabitation. Ils sont très proches, comme s’ils avaient enfin retrouvé leur jumeau manquant, leur âme sœur. Mais depuis quelque temps, Soan semble prendre ses distances par rapport à sa sœur, il s’est même inscrit à un club de théâtre sans lui en avoir parlé. Auparavant, Chloé pouvait tout encaisser : les moqueries, les disputes avec sa mère au sujet de ses notes… puisque Soan était là pour la soutenir et la faire rire. La jeune fille prend tout cela très mal et la solitude la pousse à se tourner vers son journal intime pour lui raconter ses crève-cœurs sous forme de dessins…

Ce mélange de journal intime et de bande dessinée aborde un thème très important : l’amitié. Mais loin dans la facilité d’une belle amitié routinière, les auteures ont décidé de dépeindre les amitiés qui, au fil des ans, de l’âge et des changements de personnalité, s’effritent ; une expérience toujours dure à faire à un âge où l’on a au contraire besoin de repères et de sécurité. C’est ce qui arrive à Chloé, qui se retrouve comme abandonnée et trouve dans son journal son seul et unique confident. Mais cette épreuve va paradoxalement aussi lui permettre de s’ouvrir, de redécouvrir les personnes qui l’entourent et leurs problèmes.  Au départ, les dessins me semblaient un peu enfantins mais on s’y fait vite et les élèves, qui l’ont déjà lu, eux, accrochent beaucoup !

Il existe deux autres tomes Rouge Tagada et Mots rumeurs, Mots cutters qui traitent tous deux de sujets tout aussi intéressants (l’homosexualité et le harcèlement) et dont les destins des personnages s’entrecroisent avec celui de Chloé. A noter aussi que les dessins du journal de Chloé ont été réalisés par Léo Sapolsky, une élève de seconde arts plastiques et jeune talent prometteur du manga et de la bande-dessinée, à qui Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini ont décidé de donnertéléchargement (1) un coup de pouce.

Voilà, c’était nous deux.

Quand nous étions frères et sœurs.

Quand nous étions âmes sœurs.

Avant.