Paris 2119, de Zep et Bertail

Paris en 2119, c’est-à-dire dans 100 ans…

Dans ce monde-là, à part une poignée d’irréductibles, tout le monde se déplace en Transcore, un moyen de transport ultra-rapide utilisant la téléportation. Pourtant, Tristan refuse cette évolution de la société et continue à prendre ce mode de transport ringard qu’est le métro, utilisé encore seulement par quelques nostalgiques comme lui ou les laissez pour compte de la société. Mais un jour, il est témoin de faits qu’il n’aurait pas dû voir et cherche à comprendre. Ce qu’il va découvrir risque bien de le mettre en danger.

Zep, connu par les plus jeunes pour être  le « papa » de Titeuf, signe ici une bande dessinée  plutôt destinée aux adultes, voire aux lycéens. Strictement rien à voir avec  le jeune personnage à la mèche blonde, et j’ai été bien heureuse et très surprise par cette découverte. Un scénario bien construit et profond, des illustrations sombres, aux traits justes, une représentation de Paris qui nous parle encore que ce soit celle des monuments, du métro ou des bas-fonds (cent ans, c’est dans pas si longtemps…). L’ensemble permet de réfléchir à l’importance des relations humaines et du temps qui passe.

« Le temps du voyage n’est-il pas nécessaire pour appréhender une nouvelle destination »?

Une phrase qui fait écho en moi et qui évoque, malgré moi, des souvenirs lointains : la première fois que je me suis rendue en Russie, seule, à 18 ans, c’est exactement la question que je me suis posée et qui m’a fait opter pour … le train ! Deux jours de voyage dans un train russe à traverser l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie… Une expérience inoubliable durant laquelle les personnes rencontrées, les paysages traversés nous permettent  de nous approprier lentement le lieu vers lequel on chemine. Le temps a alors une réelle signification.

Mais assez parlé de moi ! Pourtant, c’est cette notion philosophique qu’aborde cette bande dessinée. Mais également, comme la plupart des récits de science-fiction, la question cruciale des dérives potentielles de tout progrès scientifique. Que voulons-nous pour le monde de demain ?  Quelle place laissons-nous aux relations humaines ? Et quel est le prix de la liberté ?

A lire sans hésiter mais pas pour les collégiens à cause des quelques scènes de nus, et même si « Progrès et rêves scientifiques » est au programme de français de 3ème.

Un one-shot efficace mais qui appellerait quand même bien une suite ! Ne pourrait-on pas le faire devenir une trilogie ? …tant de choses pourraient encore être dites !

 

Et merci à l’éditeur pour la délicieuse tablette de chocolat noir artisanale et française « Petits carreaux de Paris »  -au design rappelant le carrelage de métro parisien-  glissée dans le colis du service de presse  : un joli clin d’oeil pour la bande dessinée ! « En 2119, vous serez plutôt métro ou téléportation ? « .

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