Strong girl forever, 1.Comment ne pas devenir cinglée, de Holly Bourne

 

Evie est une lycéenne anglaise de 17 ans. Le roman s’ouvre sur la page d’un journal « de guérison ». Ou plutôt un journal de « normalité« , comme le revendique la triple rature et la correction manuscrite.

Le ton est donné, l’ensemble du roman tourne autour de cet axe : comment devenir normale ? Comment se sentir comme les autres quand on passé plusieurs années cloîtrée dans sa chambre, souffrant de TOC et de trouble anxieux généralisé ?

Evie, narratrice du roman, nous raconte donc son retour à la vie sociale, la vie d’une adolescente, en somme : le lycée, les copines, les garçons, les fêtes, le premier rencard, les premiers chagrins…

Strong Girls Forever, littéralement Filles fortes pour toujours (comprendre « filles indépendantes et fières de l’être« ), c’est aussi une jolie histoire d’amitié : Evie, Lottie et Amber se sont trouvées, ensemble elles fondent le « Club des Vieilles filles ». Sur fond de féminisme naissant et non moins conquérant, elles réfléchissent à la place de la femme dans les relations avec le sexe opposé, sa place dans la société en général. Et de quête de normalité à féminisme et vice versa, il n’y a qu’un pas.

Au fil de l’histoire que nous livre Evie, une ombre menace peu à peu. Le lecteur, seul vrai confident d’Evie, est témoin de l’émergence insidieuse des pensées négatives qui la grignottent petit à petit. On devine que s’annonce une lutte sans merci…

On s’attache à cette ado en souffrance, et on a envie de lui dire ce que très sagement lui dit Sarah sa thérapeute :  » Tout le monde avance constamment sur le fil du rasoir. Tout le monde a parfois l’impression de vivre un vrai cauchemar, et il n’y a aucune façon « normale » de s’en sortir. La normalité n’existe pas en tant que telle, Evie. C’est un concept relatif. Tu poursuis un mirage. « 

Une tension présente, dûe en partie à l’immersion du lecteur dans l’esprit de la narratrice, qui donne envie de ne pas lâcher le livre. Le lecteur en témoin et confident découvre, en même temps qu’elle, la menace qui pèse sur elle. Derrière les mots d’Evie, on devine la plus profonde de ses angoisses : être finalement, réellement, littéralement folle. Cette angoisse obsédante est telle qu’elle transparait jusque dans le titre du livre, en sous-titre certes, et faussement désinvolte, mais en lettres capitales tout de même : Comment ne pas devenir cinglée.

Nathalie, assistante pédagogique

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