L’enfant, de Jules Vallès

julesDouleurs d’enfance

 Jacques Vingtras, c’est l’enfant. Jacques Vintgras c’est Jules Vallès. On notera au passage que l’auteur a donné à son personnage un prénom et un nom avec les mêmes initiales que lui. Un récit hautement autobiographique qui relate toutes les douleurs d’une enfance bafouée. Il a été humilié, battu et au fur à mesure que les années passent, les blessures grandissent. Jules Vallès dira « je saigne en dedans.. ». La mère, une paysanne autoritaire et violente défoule ses sautes d’humeur et sa colère en le frappant. L’enfant est comparé à un tambour. Mais il se persuade que la cruauté de sa mère est normale et que c’est pour son bien. Il n’ose pas se plaindre par crainte de représailles maternelles. Il est battu tous les jours, image d’une éducation qui ne veut pas d’enfants gâtés. Les parents l’aiment mais ils ont tellement peur qu’il n’y arrive pas, que la vie soit pour lui aussi injuste que pour eux, qu’ils lui infligent de mauvais traitements persuadés de lui donner le meilleur enseignement. Après avoir été surveillant, son père devient professeur dans un collège. La famille déménage au grès de ses affectations. Les seuls moments où le jeune garçon trouvera repos et bonheur seront ceux passés chez sa tante et son oncle pendant les vacances. Des instants loin de ses parents, une source de quiétude à la campagne. Jacques est pris entre deux sentiments. D’un côté, il déteste ses parents pour ce qu’ils font mais les aime malgré tout car il comprend pourquoi ils agissent ainsi. Pour être une bonne personne, il faut être battu. C’est tellement pathétique. Et pourtant, Jacques leur pardonne et justifie leurs actes par une situation financière difficile et préoccupante.

Jules Vallès parle de sa vie mais, à travers elle, il parle aussi au nom de tous les enfants qui ont connu le même calvaire.

À tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents, je dédie ce livre »

Cette dédicace, très percutante, est un message d’espoir pour tous ces enfants martyrs, ces souffre-douleurs. On peut se demander si cette maltraitance n’a pas nourri petit à petit les révoltes futures de l’auteur.

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