Une bulle d’amour

L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, de Lisa Thompson

 

Matthew a 13 ans. Mais le jeune garçon ne supporte pas le chiffre 13 donc il dit qu’il a 10 plus 3. Matthew souffre de troubles obsessionnels compulsifs, de TOC pour faire plus simple. Obsédé par la propreté, il fait la chasse aux microbes, se lave les mains dix à quinze fois de suite, plusieurs fois par jour. Il porte des gants en latex et ne mange que des plateaux repas entourés de cellophane, seul, dans sa chambre. Il n’a aucun contact tactile avec ses parents, auxquels il interdit l’accès de sa mansarde de peur d’être contaminé par leurs germes. Une situation qui l’a contraint également à arrêter l’école. Il ne voit plus ses amis. Le monde extérieur l’effraie. Il passe ses journées reclus dans son alcôve, devenu un refuge qu’il maîtrise et qu’il désinfecte plusieurs fois dans la journée. Ses parents sont tristes et démunis. La situation leur échappe, ils ne comprennent pas. Matthew passe son temps derrière la fenêtre de sa chambre à observer tous les faits et gestes de ses voisins. Il note avec précision ce qu’il voit dans un petit carnet. Mais tout va basculer avec la disparition d’un petit garçon, Teddy, 15 mois, petit fils du voisin. Matthew est le dernier à avoir aperçu le jeune bambin. A-t-il été enlevé ? S’est-il tout simplement perdu ? Intrigué, notre héros va mener l’enquête, aidé par son amie Mélody qui fera le lien avec l’extérieur.

Le sujet évoqué m’a beaucoup touchée. En fait, j’ai été bouleversée par Matthew, ce jeune garçon dont la vie est un calvaire. Comment vivre avec cette maladie qui pourrit littéralement l’existence, qui parasite le quotidien au point de se refermer sur soi et de couper les ponts avec l’extérieur, avec les gens qu’on aime, pour se prémunir. Lisa Thompson a su transmettre toutes les émotions, les ressentis du jeune adolescent. Matthew, très mature, est fragile mais courageux tant sa souffrance est importante. On ressent son angoisse grandissante quand il est obligé de sortir notamment pour ses rendez-vous médicaux. Une panique l’envahit, il ne supporte plus d’être dehors, la seule chose qui va le calmer est de rentrer chez lui et de se laver. Que dire de ses parents, tellement démunis, qui ne comprennent pas le comportement de leur fils. Ils souhaiteraient le voir sortir avec ses amis et surtout reprendre le chemin de l’école. Ils perdent patience parfois et s’emportent. Mais peut-on leur en vouloir ?Ils veulent avant tout le bonheur de leur fils mais quoi faire ? Ce qui arrive à Matthew est un mystère dont ils ne connaissent pas l’origine. C’est une famille que la maladie écorche. On a mal en même temps que Matthew qui s’interdit d’être heureux. Matthew se confie à un lion, un motif du papier peint de sa chambre. Il lui parle. Et par les mots qui traversent la tête de Matthew, on devine qu’un événement survenu dans sa famille a eu un effet dévastateur sur lui. Mais quand on en connaît les raisons, on ne peut que souffrir davantage pour ce jeune. Le personnage de Mélody, qui est dans la classe de Matthew, va mettre de la couleur et du sourire à cette histoire. Elle est rigolote, un peu collante et elle fait du bien !

C’est un roman en deux temps. La première partie nous fait découvrir Matthew, son quotidien, sa maladie puis l’histoire décolle avec la disparition de Teddy. Le rythme est plus soutenu, l’auteur nous entraîne dans une enquête pleine de rebondissements ! Le personnage de Matthew prend alors une autre dimension. Au fil du récit, une intrigue se noue autour de lui. Attachant et courageux, il commencera à se dévoiler. Ce roman vise principalement nos jeunes lecteurs qui comprendront facilement les troubles dont souffre l’adolescent mais touchera également l’adulte qui ne restera pas insensible à cette histoire.

L’auteur n’a pas simplement écrit un livre policier en traitant un sujet sur les TOC. Elle est allée au-delà en évoquant entre autre les thèmes du deuil, de l’amitié avec beaucoup d’émotions et si vous êtes juste un peu sensibles, vous vous laisserez aller à verser une larme pour le final.

Une réflexion sur “Une bulle d’amour

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