La victoire ensanglantée

Lettres de jeunes résistants, de Guy Krivopissko

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Qui étaient-ils ? Que vivaient-ils ? Que ressentaient-ils ? Guy Krivopissko, conservateur du Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne et professeur d’histoire nous livre les conditions morales dans lesquelles ont été écrites les lettres. En amont de ces écrits, il nous donne des renseignements sur l’âge, la nationalité, les convictions politiques et les conditions de la disparition de chaque victime.

C’est un livre fort en émotion. Un recueil de 11 lettres et 4 poèmes de jeunes résistants qui s’adressent pour la dernière fois à leurs proches, qui leur annoncent leur mort imminente. Trop jeunes pour mourir mais qui n’avaient de cesse de défendre dignement leur patrie. Heureux du devoir accompli que la mort n’effraie pas et qui trouvent les mots pour réconforter leur famille. Des jeunes courageux fusillés, déportés, emprisonnés, pour le combat qu’ils ont mené.

Extrait de la lettre de Henri Fertet condamné à mort, une lettre poignante :

Chers parents,

Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin…..

…. Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

Maman rappelle-toi :

“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée ; mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort ; j’ai la conscience tellement tranquille.

Les lettres sont comme une sorte de testament et certains s’excusent même auprès de leur proche de la peine que leur mort pourra leur causer. C’est édifiant et ça fait froid dans le dos, ces jeunes donnent l’impression d’avoir un sang froid hors norme devant ce néant qui arrive. Pour chacun la mort a un sens. En fait, ils appréhendent plus la détresse dans laquelle leur famille sera plongée que leur propre disparition . Ils consolent et réconfortent ceux qui restent. Tous ces jeunes ont combattu pour une liberté commune, liberté que nous savourons de nos jours.Tous ont foi dans un monde meilleur, tous gardent confiance en l’avenir. En lisant toutes cse lettres, j’ai eu l’impression qu’ils ressentaient comme une délivrance. Comment peuvent-ils être aussi sereins…

Je ne sais pas quelle attitude j’aurai adoptée dans de telles circonstances mais j’imagine que la panique m’aurait gagnée, une terreur horrible et indescriptible.

Tous ces jeunes à peine sortis de l’adolescence avec un esprit d’homme et de femme unis dans la résistance jusqu’à la mort.

Un livre bouleversant. Tous ces courriers et poèmes donnent le vertige. Il ne faut jamais oublier tous ces êtres humains d’hier qui ont payé de leur vie pour notre liberté d’aujourd’hui.

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