Sur les traces de l’histoire.

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage, 2012.

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     Emmanuel Lepage, dessinateur français, part sur les traces de Tchernobyl et nous emmène avec lui grâce à son reportage qui prend la forme d’une bande dessinée, d’un carnet de voyage.

     Cette catastrophe nucléaire, incident majeur du XXe siècle, est un événement peu connu de nos élèves : en 1986, en Ukraine (pays faisant alors partie de l’URSS), une explosion se produit dans l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les matières radioactives dispersées par cette explosion contaminent une zone immense et propagent un nuage nucléaire qui se déplace jusqu’aux pays voisins. 600 000 « liquidateurs » (les hommes qui viennent éteindre l’incendie du réacteur et construire un sarcophage autour de ce dernier) sont sacrifiés. Les habitants de la zone contaminée – 300 000 personnes – sont obligés d’évacuer, la terre est contaminée – à tout jamais sans doute. L’Europe entière est probablement touchée. Mais qu’en savent les populations ?

     L’auteur oppose deux perceptions de l’événement : le traitement qui en a été fait à l’époque dans les médias européens mais aussi soviétiques, et sa vision personnelle des choses lorsqu’il se rend sur le site vingt-deux ans plus tard. Va-t-il trouver ce à quoi il s’attendait ?

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     De magnifiques dessins. Des images sinistres qui deviennent plus sereines au fil des pages, reflets de ce que l’auteur s’attendait à voir et de ce qu’il découvre vraiment sur place.

       Ces images font bien comprendre la cruauté et la dualité des paysages, évoquées dans le texte : une terre splendide qui cache une histoire horrible. Les chiffres donnés et les récits des habitants sont là pour le rappeler.

     Cette œuvre pousse également à la réflexion : que peut-on faire dire aux images ? Où s’arrête l’objectivité du reporter ? Quelles différences entre dessins et photos – qui peuvent pourtant elles-aussi être mises en scène ?

     Enfin, cette bande dessinée permet la découverte, le voyage, l’ouverture sur des faits mais aussi sur un pays et ses habitants.

Un ouvrage à lire / à voir absolument !

     Ce reportage en bande dessinée permet aux élèves une nouvelle approche du texte documentaire. L’œuvre est particulièrement adaptée au programme de 4e (Informer, s’informer, déformer). Nous en avons lu plusieurs passages en parallèle à la lecture d’extraits de La Supplication de Svetlana Aleksievitch. Elle peut également être enrichissante en 3e pour le traitement des grands événements du XXe siècle. La lecture peut sembler difficile pour le niveau collège mais elle est intéressante à travailler par planches sélectionnées. En lecture intégrale, à réserver aux habitués du genre et aux bons lecteurs.

 

Une réflexion sur “Sur les traces de l’histoire.

  1. Effectivement, cette bande dessinée est un vrai coup de coeur pour moi… Les dessins en noir et blanc, au fusain, qui pourraient sembler austères de prime abord, prennent tout leur sens au fur et à mesure que l’histoire avance, alors même que la couleur va peu à peu trouver sa place. Alors que le paysage n’avait plus qu’à mourir, c’est la vie qui reprend le dessus, dans la nature comme dans le coeur des hommes. Les vues du site de Tchernobyl ou des zones abandonnées sont saisissantes. A posséder dans sa bibliothèque pour tout adulte adepte de bande dessinée !

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