Dernière saison

Un été pour mourir, de Lois Lowry

un été.jpg

C’est l’hiver, la famille Chalmers déménage. Le père, un universitaire, se lance dans l’écriture et pour mener à bien son projet, il décide d’installer tout son petit monde à la campagne, il a besoin de calme. A grands regrets pour ses filles Meg et Molly. Meg a 13 ans, passionnée par la photo, elle est fascinée par la beauté de sa sœur. Molly, 15 ans, elle a les garçons à ses pieds et adore les bébés. Une famille simple, cultivée avec beaucoup de valeurs humaines.

Meg fait la connaissance du propriétaire de leur maison, Will, un veuf d’un certain âge avec qui elle va partager sa passion. Il y a aussi ce couple, Ben et Maria, qui attend un bébé pour l’été. Tous sont dans l’effervescence de cet événement joyeux.

C’est l’histoire d’une mort annoncée mais dont personne n’est préparée. Une mort qui frappe à la porte de cette famille si tranquille et si soudée.

Ce roman met en parallèle cette future naissance et la mort qui arriveront à la même saison.

Papa a les yeux pleins de larmes. C’est la première fois que je le vois pleurer. Nous tendons les bras à Maman et nous nous mettons à danser ensemble tous les trois. Nous formons un petit cercle bien clos qui tient à distance le reste du monde, rien que nous trois dansant et pleurant. Je comprends alors ce qu’ils n’ont pas voulu me dire, et ils comprennent que je l’ai compris.

Meg nous raconte le quotidien de sa famille, ses amis. Cette nature toujours présente. Le lecteur se sent bien et fait partie intégrante de ce foyer. On va petit à petit être happé par le malheur qui va s’abattre. On va être frappé par la lucidité et la grande maturité de Meg face aux évènements, tant la naissance que la mort. Elle va grandir, s’ouvrir à la vie grâce à ses nouveaux amis et prendre conscience que la naissance fait partie de la vie au même titre que la perte d’un être cher. L’histoire est triste mais pas larmoyante, elle livre un message authentique sur la vie qui doit malgré tout continuer. Elle met en avant les liens intenses qui scellent la famille, les amis et dans lesquels tous les personnages vont puiser leur force. Une vie s’éteint, une autre arrive… La quatrième de couverture nous dévoile qui va mourir mais le fond de l’histoire est ailleurs. C’est vivre pour ceux qui restent, c’est ne faire qu’un pour affronter le chagrin… C’est une adolescente qui fait face à la mort pour la première fois, c’est une tranche de vie tragique, bouleversée. Mais c’est également mourir en pleine jeunesse alors que tout débute.

Au début de leur installation, Meg nous explique que sa maman décide de faire un patchwork avec les vêtements que les filles ont mis petites, symbole d’un « hier » attaché à tant de souvenirs. Elle finira de le confectionner à l’été…

Ce roman mêle des images du passé, évoque la mort, l’amitié. Il y aussi un avant et un après la disparition. Savoir vivre avec l’absence, l’apprivoiser pour avoir moins mal, pour continuer…

Le temps ne s’arrête pas, votre vie est toujours là qui continue et il faut la vivre. Après quelques temps, vous vous rappelez les bons moments plus souvent que les mauvais. Peu à peu, ce grand vide silencieux en vous se remplit à nouveaux du bruit des conversations et des rires, les lames ébréchées du chagrin s’émoussent.

Un  récit pudique, émouvant, plein de douceur, sans révolte ou colère qui sonne juste et n’a pas pris une ride malgré la couverture un peu démodée de l’édition disponible au CDI.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s