Criminel de papier

Créature contre créateur, de Sarah K

Professeur de français au prestigieux lycée Louis-le-Grand à Paris, Victor  croit devenir fou. Depuis cette séance de spiritisme lors d’un congrès auquel il a assisté durant l’été, des choses étranges se produisent : des meurtres sont commis qui semblent l’impliquer. Mais pour lui, le meurtrier ressemble trait pour trait au personnage qu’il avait créé lors d’une ébauche de roman mais dont personne ne connait l’existence. Et les mises en scène des crimes semblent directement tirées de son histoire… La rentrée s’annonce difficile. Qui est le coupable ? Un proche, selon la police, qui est sur les dents. Victor se met à douter de tout le monde, de son meilleur ami,  de ses trop brillants élèves…

Un titre pas très bien choisi et une couverture pas très réussie pour un roman haletant et rempli de suspens. Un roman policier bien écrit dont l’intrigue tient le lecteur jusqu’au bout, avec un coupable dévoilé tardivement et une fin totalement inattendue !

Et vous savez quoi ? Je viens d’apprendre que Sarah Cohen-Scali et Sarah K ne seraient qu’une seule et même personne ! Un écrivain de littérature de jeunesse très justement réputé qui signe d’un pseudonyme des textes de qualité (voir également la nouvelle Le choc dans le recueil Les dents de la nuit (écrite par Sarah K dans une anthologie présentée par Sarah Cohen-Scali, vous me suivez toujours ?), de quoi nous embrouiller ! Mais dommage qu’elle n’ait pas pensé à nous, pauvres documentalistes, qui devons étiqueter les ouvrages… Un nom de famille d’une seule lettre, ça perturbe notre classement  (oui, je sais, je suis parfois un peu psycho-rigide !) !!!

Une intrigue  qui aurait tout à fait pu être à destination des adultes, mais l’auteur a fait le choix d’en faire une oeuvre de littérature jeunesse (que les adultes peuvent tout à fait prendre plaisir à lire). Le roman débute dans un univers fantastique qui glisse doucement vers un quotidien plus banal d’intrigue policière pure (en général c’est plutôt l’inverse !). De nombreuses références littéraires égrainent le texte. Le meurtrier s’inspire directement de la littérature classique (Hamlet et Raskolnikov)

Eh bien, pour moi, Hamlet est un criminel. Si on y réfléchit bien, son crime est encore plus atroce que celui de Raskolnikov. Tu sais, quand j’avais des troisièmes […] Une année j’ai voulu étudier Hamlet. Comme je voyais que ça ne fonctionnait pas bien, je leur ai fait visionner une cassette du Roi Lion.

Quoi ?

Oui, t’as bien entendu, Le Roi Lion de Walt Disney. C’est quasiment la même histoire ! Scar, l’oncle de Simba, tue son frère pour s’emparer de son royaume. Pour cela, il utilise le petit Simba et lui fait croire que c’est lui-même qui a tué son père au cours d’un accident. Plus tard, alors qu’il est adulte, le jeune Simba voit en songe le fantôme de son père qui lui apprendla vérité, et il décide de se venger. […]

Petit bémol cependant pour le personnage de Grillon, élève brillant sortant de banlieue pour intégrer un lycée prestigieux… un peu trop cliché (il aurait mérité un traitement plus développé pour que le lecteur trouve un intérêt réel à la présence de ce personnage dans l’histoire).

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