L’homme est un animal pour l’homme

Les ogres, Christophe Blain – ill. David B.

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Nous sommes en 1881. Monsieur Lowatt, un journaliste scientifique et son ami indien monsieur Placido, sont en Alaska pour une série de conférences. A leur arrivée, ils sont pris en charge par le juge Dunbar, chef des colons d’Alaska. Mais un cauchemar les attend. Là-bas se trouve une tribu d’indiens les « Coeurs de bêtes » dirigée par le chef « le Glouton » que les habitants veulent exterminer. D’après le juge Dunbar, ils seraient anthropophages. Est-ce la vérité ? Celui-ci va leur déclarer la guerre. Le journaliste et son collaborateur vont voir là un bon sujet d’article mais ils vont se trouver confrontés à des hommes pris de folie dès qu’ils ont fini d’avaler de la chair humaine.

Une histoire fantastique qui oppose le monde sauvage au monde civilisé.  Les ogres sentent la mort, c’est un récit sur fond de cannibalisme. Le lecteur découvrira la vraie nature des hommes, jusqu’où l’être humain peut aller.

Dans ce récit, il y a deux meneurs, le chef Glouton et le juge Dunbar qui vont s’affronter. D’un côté, un chef sanglant, inhumain et de l’autre, le représentant de la justice et de la sagesse. Mais on va rapidement se rendre compte que les rôles vont s’inverser. Le juge va être en réalité un vrai barbare. Avec ses hommes, ils sont de vraies bêtes, intraitables. La tribu qui vit de la nature, quant à elle, contrainte d’agir ainsi pour sa survie n’est pas si horrible. En effet, les colons perdus d’Alaska seront les vrais monstres de  cette histoire  car ils essaient de maîtriser la nature alors que les Indiens vivent de cette nature. Ces derniers vont se revêtir de peaux de loup pour combattre la bestialité du juge.

Le journaliste Lowatt qui combat cette sauvagerie, va se perdre dans cette nature hostile et sombre. Seul et séparé de Placido, il va rejoindre les Indiens et succomber lui aussi à la barbarie. Par curiosité scientifique ? Par instinct de survie ? Ou par concurrence amoureuse ? Il devient alors une victime.

Un renversement des valeurs qui fait apparaître dans le coeur des bêtes la vraie humanité et dans le cœur des hommes la barbarie.

Un scénario noir, des illustrations très vivantes. Certaines scènes nous donnent l’impression d’être au Far West. L’atmosphère fantastique est rendue aussi par les silhouettes noires des personnages à peine réalistes. Cette bande dessinée est une histoire sanglante et sauvage .

On suit la montée de la folie des hommes tout au long du récit. La fin rejoint le début. Le roman a commencé dans le silence sur un bateau et après toutes ces horreurs, ce sang répandu, on se trouve de nouveau confronté à ce silence pesant. Un retour à la civilisation que l’histoire nous avait fait oublié.

Cette bande dessinée peut paraître difficile mais on s’immerge bien dans cette histoire noire et intrigante.

L’espèce humaine peut se montrer aussi bestiale que généreuse, toujours en quête de pouvoir et de supériorité! Je finirai par cette citation d’un auteur latin Plaute qui a dit « l’homme est un loup pour l’homme ».

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