Prisonnière de ma peur

Phobie, de Fanny Vandermeersch

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Sophia est une élève très brillante, toujours première. Mais son arrivée au collège va tout bouleverser. Elle n’arrive pas à s’habituer aux changements, la transition primaire/collège est difficile. Elle va s’angoisser, perdre ses moyens. Ses notes baissent malgré un travail acharné, ses amies l’abandonnent. Les professeurs ne comprennent pas, elle va attirer les foudres de ses parents qui ne voient Sophia qu’à travers ses notes. Tous les prétextes sont bons pour ne pas aller en cours. Elle va finir pas sécher, elle signe les bulletins à la place de ses parents  et intercepte les messages du collège. Sophia n’a jamais eu ce genre de comportement auparavant.

Phobie est en fait le journal intime de Sophia de son entrée en 6ème à la classe de 5ème. On suit progressivement la dégradation de l’état physique et mental de la jeune adolescente. On sent cette angoisse qui prend de plus en plus de place, la peur de franchir les grilles du collège, les notes qui dégringolent, la crainte de décevoir, une situation d’échec insupportable ! Personne ne la comprend, personne ne se rend compte de la gravité de la situation. Ses parents la sanctionnent pour ses mauvais résultats sans en chercher les raisons. La période de vacances  est la seule échappatoire, une délivrance. Mais retourner en cours est de plus en plus difficile pour Sophia, aucune envie… et cette même paralysie. Pour être sûre que la jeune adolescente aille en cours, sa mère  décide de l’emmener au collège :

« …..A l’approche du collège, je hurle à maman de s’arrêter. Déconcertée elle gare la voiture le long de la route. J’ouvre la portière et tombe. Je suis allongée sur le trottoir, le corps secoué de spasmes. Ma respiration est bruyante et saccadée, la vue brouillée par les larmes. Je me sens partir. Les bruits autour de moi se dissipent. Tout est flou. Je n’ai conscience que d’une chose les cris de ma mère. »

Un drame va avoir lieu qui sera un électrochoc pour les parents. Ils  vont alors prendre conscience de la gravité de la situation, vont mesurer la souffrance de leur fille. Sophia va pouvoir mettre des mots sur ce qui lui arrive. Elle souffre de phobie scolaire.

Ce roman est très réaliste et met l’accent sur un sujet délicat qu’il ne faut pas banaliser. Ce n’est pas simplement ne pas avoir envie d’aller à l’école mais c’est ne pas pouvoir y aller.

Dans une telle situation, le dialogue est très important, et, malheureusement,  il est inexistant pour Sophia. Le climat familial est tendu, les parents se disputent souvent, ils sont plus dans la sanction. Elle n’a plus d’amies. Elle se tient en retrait d’un groupe-classe dans lequel elle se noie et qui l’oppresse.

La phobie scolaire est, au même titre que le harcèlement, un problème dont on doit parler autour de soi.

Ce livre s’adressent aussi bien aux parents, aux adolescents, aux enseignants qui doivent mener ensemble le combat contre la phobie scolaire. Ce n’est pas un caprice, c’est un réel mal-être dont on n’arrive pas forcément à expliquer l’origine. Pour Sophia, le changement d’établissement et la première « mauvaise » note ont été les déclencheurs. La fin est rassurante car elle montre ce qui peut être mis en place pour accompagner l’élève et l’aider à surmonter cette peur. Des aménagements sont possibles pour permettre petit à petit à l’élève de se reconstruire, de reprendre confiance pour mieux intégrer à nouveau le système scolaire.

En annexe, un dossier intéressant pour expliquer ce qu’est la phobie scolaire.

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