Difficile de vivre sur des échasses !

Les grandes jambes,  de Sophie Adriansen

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Marion est une collégienne complexée. Elle est effondrée par la longueur de ses jambes qui n’en finissent pas de grandir ! A chaque fois qu’elle veut acheter un jean, c’est la cata, toujours trop court ! Alors au collège, c’est moquerie sur moquerie. Elle n’en peut plus d’être la plus grande, surtout vis à vis des garçons.

Il faut dire qu’elle a remarqué Grégory, il est très mignon. Heureusement, lui, est super grand mais il ne fait pas attention à elle. Pourquoi n’est-elle pas comme tout le monde ? La période de l’adolescence n’est pas toujours facile, on se cherche et apparaissent les premières émotions amoureuses. Marion n’a pas confiance en elle surtout avec des jeans qui arrivent aux chevilles. Elle est passionnée de dessin et là elle peut s’exprimer, elle a un véritable talent. Sa classe part en voyage à Amsterdam, c’est l’occasion pour Marion de regarder vers l’extérieur.

Elle va vivre son séjour à fond surtout lorsqu’elle va visiter la maison d’Anne Franck et un musée d’art. Ne compte alors que sa passion, elle est fascinée !

Très joli roman qui met en avant les malaises de l’adolescence. Un corps qui bouge, l’acceptation de soi. On ne peut rien contre la croissance, on ne peut pas la maîtriser mais elle finira par s’arrêter ! C’est Marion qui raconte ses sentiments et l’impression n’en est que plus forte, le lecteur se sent proche d’elle .

L’auteur adresse un joli message aux adolescents à la fin du roman. Le lecteur va découvrir que Sophie Adriansen a connu ce problème de croissance donc Marion c’est un peu elle. L’important est de s’accepter, il n’y a pas de morphologie idéale. Etre bien dans son corps et dans sa tête est le plus important. La confiance en soi est mise à rude épreuve quand on ne se trouve pas « normal ». Mais c’est quoi être normal ?

« Dans la cour du collège, les paires d’yeux sont des mitraillettes. Aucune faute de goût ne passe inaperçue. Les jugements sont immédiats, les conclusions définitives. Les blagues fusent, souvent gratuites, parfois cruelles ».

Marion est attachante et très intéressante. Sa passion pour l’art est son refuge et le lecteur apprend beaucoup de chose. Notamment avec son périple en Hollande. L’auteur nous donne beaucoup de précisions historiques et j’ai notamment bien apprécié la description du tableau de Rembrandt si précise que j’avais l’impression d’avoir la peinture face à moi. Et puis il y a Anne Franck..Marion va comparer ce que fut la courte vie de cette adolescente et la sienne. Et ainsi débute une prise de conscience pour Marion :

« je me sens plus chanceuse qu’elle. Je regarde mes chaussures. Est-ce vraiment si important, cette affaire de centimètres de tissu ? »

Ce livre révèle que lorsqu’on a une passion, un domaine dans lequel on peut s’exprimer et se laisser aller, les complexes disparaissent et on prend confiance. On se valorise, nos qualités sont reconnues. Tout ne tourne pas autour du physique !

Petite note personnelle, j’ai connu la même chose que Marion. Dès mon entrée en sixième, j’étais la « girafe « de la classe. J’en ai beaucoup souffert surtout avec les garçons toujours trop petits. C’était vraiment un mal de vivre.

L’histoire n’est pas tragique, il n’y a pas de gravité dans le récit. Marion est une adolescente heureuse malgré tout, avec des obsessions normales pour son âge. Au fil du temps, elle apprend à se tempérer car ses préoccupations seront ailleurs.

Mais le souci du paraître touche tout le monde, adultes, ados ! La société est ainsi faite, certains se trouvent trop gros, d’autres trop maigres !! Enfin on a tous quelque chose en nous qui ne nous plaît pas.

Un récit frais, drôle, bien écrit qui transmet un beau message de vie.

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