C’est encore loin, la vie ? de Bernard Friot

C’est encore long l’adolescence ?

Afficher l'image d'origineDeux récits d’adolescence, autobiographiques, qui relatent une période sombre pour l’auteur.

Bernard, 14 ans mais n’en paraissant que 10, est un garçon réservé, mal dans sa peau.

Je ne suis pas un enfant. Je n’ai jamais été un enfant. Trop sage, trop peureux, trop appliqué à plaire aux adultes. « Tellement mûr pour son âge », n’est-ce pas… Oui, j’ai des pensées de vieux, et ça fait une drôle de discordance avec mon corps de garçonnet épargné par la puberté ».

Dans la première nouvelle intitulée « Un dernier été », Bernard et son frère sont en camp de vacances, lorsque leur père vient les chercher pour les ramener à la maison familiale… Leur grand-père est à l’hôpital… Va-t-il mourir ? Cette fin d’été coïncide également avec l’attente de l’entrée en pension pour l’auteur… moment vécu comme une autre mort.

Dans deux jours je serai mort et vous ne le saurez pas. Parce que je bougerai encore, je parlerai, je marcherai sous vos regards étrangers. Mais celui qui sera là, ce ne sera pas moi.

Les deux thématiques de l’attente et de la mort sont omniprésents dans ce texte où l’adolescence est vécue comme une véritable souffrance.

Dans la deuxième nouvelle intitulée « Un autre que moi », l’auteur relate ses années de pension, douloureuses, qu’il vit comme un étranger à sa propre vie. Les journées sont ponctueés par les cours, les heures d’étude, et l’attente de ce dimanche où il rentrera chez lui… mais toujours avec cette sensation d’être étranger dans cette famille qui reste ensemble toute la semaine, etdans l’attente du soir et de son retour en pension au lycée.

C’est encore loin ? Ca dure encore longtemps ? Autour de moi, ils vont tous à un rythme différent, je ne sais pas à quel pas marcher. Alors, je reste immobile à les regarder. Et j’attends. Je n’attends rien ni personne. J’attends que ça se termine.

Très poétique, très bien écrit, ces textes ont une réelle force, mais sont si noires…L’adolescence est une mort et la fin de l’adolescence sera peut-être l’entrée dans la vie… En attendant, il faut vivre, survivre, comme un étranger, et attendre des jours meilleurs, s’ils arrivent un jour, au milieu d’une famille qui semble ne pas faire cas de lui, de ses sentiments et de ses réelles souffrances ! Un texte qui s’adresserait plutôt à des adultes déjà passés par les affres de l’adolescence, ou à des adolescents heureux, qui seront émus par ce récit mais ne le prendront pas pour eux… Mal-être, malaise, attente, mort.

En vrai, je lis par paresse de vivre. Il faut si peu d’énergie pour lire, et il en faut tant pour vivre. Je lis en tournant le dos, pour fuir les regards et disparaître entre les lignes.

 

Une réflexion sur “C’est encore loin, la vie ? de Bernard Friot

  1. Bernard Friot livre ici ses souvenirs d’adolescent. Un jeune mal dans sa peau, qui a du mal à trouver sa place. Une sorte de journal qui montre que l’adolescent attend que ça passe, attend des changements dans une vie qui ne lui convient pas. Des textes sombres à ne pas lire quand le moral est en berne. Le passage à l’adolescence est une période délicate mais à voir ce qu’est devenu Bernard Friot , on se dit qu’on s’en sort bien . Le titre est en ce sens très évocateur. Un livre très touchant.

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