Primas contre Nihils

Entre chiens et loups, de Ian Edington et John Aggs – adaptation en bande dessinée du best-seller de Malorie Blackman

J’avais chroniqué il y a quelques mois le roman Entre chiens et loups de Malorie Blackman : cette histoire d’amour impossible et poignante entre Callum et Sephy. Callum est blanc, un « Nihil », Sephy est noire, une Prima, fille de ministre. Les Nihils sont opprimés par les Primas qui sont à tous les postes clés : éducation, travail. Une société de violence où le racisme et la discrimination, la révolte et le terrorisme en sont les piliers. Comment l’amour entre Callum et Sephy peut-il survivre au milieu de toute cette haine qui les poussent dans leur retranchement…

L’adaptation en bande dessinée de ce roman coup de poing est très fidèle. C’est un texte qui m’avait tellement touché et remué que je m’en souvenais parfaitement malgré le fait que je l’ai lu il y a plus d’un an et demi (et avec tout ce que je lis, c’est assez étonnant !). J’appréhendais un peu la lecture en images. Mais presque tout y est et on accroche à l’histoire dès les premières pages ! Les passages-clés sont parfaitement retranscrits et on suit l’histoire de Callum et Sephy avec toujours autant d’émotion. Leur point de vue alterne tout au long du récit et on se met successivement dans la peau de l’un puis de l’autre sans être capable de juger ou prendre partie. Le choix du noir et blanc  est un choix probablement délibéré pour montrer de manière plus intense la discrimination entre les  Blancs et les Noirs, mais dans l’ordre inversé de ce que vit notre société actuelle. Un roman graphique sur le racisme, l’apartheid, la violence et la haine, mais aussi sur l’amour qui ne peut laisser indifférent. Pour un public averti : malgré l’âge de lecture donné à la fin qui préconise à partir de 12 ans, je pense que les émotions contradictoires et denses que nous fait subir cette histoire sont difficilement assimilables avant 14-15 ans, même si en bande dessinée, la lecture est peut-être plus facile. Intense.

Et n’oubliez pas relire la chronique du roman éponyme et de venir l’emprunter au CDI !

Malorie Blackman a aussi écrit Boy’s don’t cry, un coup de coeur permanent pour mes élèves-lectrices.

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